• Lorsque les âmes s\'en vont - Chapitre 6

     

     

     

    âmes

     

    Chapitre 6

     

    Ça faisait un moment déjà que Peter était parti. Il fallait que je réfléchisse à la situation et que je parle à Sam. Pourquoi ne s’était-il pas montré ce soir, où était-il ? Dans le cimetière ?

    Je m’installais dans un des fauteuils que j’avais transporté dans la chambre de Justine pour être plus à mon aise pour surveiller le sommeil de la belle endormie. L’aube pointait tout doucement le bout de son nez et la fatigue m’emportait de temps en temps pendant quelques secondes. Mais je ne devais pas m’endormir, je devais tenir bon au cas où elle se réveillerait.

    Sachant que les urgentistes lui avaient donné comme tranquilisant dans la seringue qui avait percé sa peau délicate je savais qu’elle n’était pas prête de se réveiller.

    Dans une heure j’appellerais un menuisier pour qu’il vienne réparer cette porte et je chercherais une solution pour ne pas la laisser seule pendant que je me rendrais au travail. J’aurais voulu rester à ses côtés aujourd’hui mais ce n’était vraiment le moment surtout si je ne voulais pas perdre mon boulot.

    -          - Hum ! Hum ! faisait quelqu’un dans mon dos.

    Je me redressais et me tournais vers la voix de mon ami.

    -          - Sam ! Bon sang, tu étais où ? lui dis-je furieux.

    -          - Je devais te laisser régler ça tout seul. On me l’avait demandé.

    -          - Qui ? Qui t’a demandé une chose pareille ? J’avais besoin de toi, j’avais besoin que tu te charges de Peter, que tu m’aides à lui parler.

    -          - Mes supérieurs. C’est eux qui m’ont obligé à rester en dehors de ça.

    -          - Pourquoi ?

    -          - Pour faire tes preuves sans moi, me dit-il tristement.

    -          - Qu’est-ce qui se passe ? Explique-moi.

    -          - Ils m’envoient sur une autre mission Grégoire.  Je ne pourrais plus être autant à tes côtés.

    -          - Mais … Ils n’ont pas le droit. Oh Sam ! Ne t’en vas pas. Si tu veux je peux leur expliquer.

    -          - Non ! Je dois partir mais je te fais la promesse de venir te voir régulièrement. Tu dois faire tes propres choix maintenant et suivre ta route sans moi.

    -          - Tu viendras si je t’appelle ?

    -          - Oui je viendrais dès que tu auras réellement besoin de moi. Tu n’es pas prêt d’être débarrasser de moi mon pote.

    Je sentais quelque chose se poser sur mon épaule, sa main, avant qu’il ne disparaisse comme il était apparu. Je prenais mon visage dans mes mains, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je devais faire passer les fantômes de l’autre côté sans mon ami de toujours.

    Je ne voulais plus de cette vie qui m’éloignait des gens que j’aimais. Pourquoi m’avait-on mis sur le chemin de Sam pour me l’enlever quelques années plus tard. Je savais au fond de moi qu’il y avait une raison derrière tout ça mais pour l’instant je ne voyais pas laquelle.

    Je levais la tête, Justine remuait dans son sommeil. Elle marmonnait.

    Je me suis approché afin d’entendre ce qu’elle disait. Elle rêvait encore de son amour perdu. Elle prononçait le nom de Peter et lui demandait de venir la chercher.

    -          - Elle prononce ces mots toutes les nuits.

    -          - Putain Peter, tu ne pouvais pas t’annoncer, j’ai cru faire une crise cardiaque, lui dis-je sèchement.

    -          - Excuse-moi je n’y ai pas pensé.

    -          - C’est rien ! Je vais m’habituer à te voir apparaitre aussi brusquement.

    -          - J’ai pris ma décision. Je ne veux pas faire le grand saut pour l’instant. Je veux attendre qu’elle aille mieux.

    -          - Mais…

    -          - Attends ! Je n’ai pas fini. J’attendrais mais ailleurs. Tu avais raison tant que nous serons aussi proche elle ne pourra pas retrouver une vie normale. Je te la confie Grégoire, prends soin d’elle. Si tu as des questions je serais tous les mercredis soirs vers 22 heures dans le petit cimetière où nous nous sommes rencontrés la première fois.

    Il s’approchait du lit et tendit sa main afin de faire le même mouvement que moi sur son visage sachant qu’elle ne sentirait rien pas plus que lui d’ailleurs avant de disparaitre.

    Et voilà elle était aussi seule que moi. Mais j’avais une raison de me relever et d’avancer, faire en sorte qu’elle aille mieux.

    Je regardais le réveil posé sur la table de nuit, il était 7H30. Je m’étirais et me levais un peu engourdi d’être resté toute la nuit dans ce modeste fauteuil. Je m’approchais de la fenêtre et regardais la ville reprendre, petit à petit, vie.

    Justine dormait toujours et elle avait cessé de parler depuis peu. Je me dirigeais vers le salon et trouvais dans un tiroir un annuaire. Après avoir passé quelques coups de fil, je trouvais quelqu’un qui voulait bien passer dans la journée pour réparer la porte et surtout mettre une nouvelle serrure.

    J’allais reprendre l’annuaire pour trouver une infirmière qui pourrait rester la journée avec Justine lorsque l’on frappait à la porte.

    J’allais ouvrir et devant moi se trouvait une femme d’une soixantaine d’années, le cheveu  gris et un sourire avenant.

    -          - Je voulais avoir des nouvelles de la jeune demoiselle mais je vous dérange peut-être.

    -          - Non. Enfin si un peu. Je dois passer des coups de téléphone. Je dois me rendre à mon travail mais je ne veux pas la laisser seule, vous comprenez ?

    -          - Oh ! Mais je peux rester avec elle si vous voulez ? Je ne vois jamais personne et ça me ferait énormément de bien de pouvoir rendre service.

    -          - Je ne veux pas vous déranger.

    -          - Mais non, mais non ! ça ne me dérange pas. Si ça ne vous embête pas je vais chercher dans mon appartement quelques petites choses pour la journée et ensuite vous pourrez partir à votre travail.

    -          - Merci Madame. Ne vous inquiétez pas je vous dédommagerais.

    -          - Ta ! Ta ! Ta ! Pas de ça pour l’instant jeune homme. Et puis ne m’appelez pas Madame mais plutôt Mathilda.

    Je n’avais pas pu rajouter autre chose car elle était repartie en direction de son appartement. Bien sûr je culpabilisais de mettre à contribution cette dame mais d’un autre côté elle m’enlevait une épine du pied.

    Un quart d’heure c’était écoulé lorsque je l’ai vu réapparaître avec un panier rempli de nourriture, de magasines et même d’un …. Tricot. Je lui donnais les instructions du médecin et lui racontait brièvement que sa jeune voisine avait tenté de se suicider après la perte de son fiancé. Je priais pour qu’elle reste vigilante et après lui avoir donné mon numéro de téléphone franchissait en courant la porte de l’immeuble.

    Je savais que j’allais être en retard mais je devais absolument passer par chez moi pour me changer. Heureusement pour moi mon patron n’était pas apparu de la journée et n’avait toujours pas donné signe de vie. En tant normal je me serais sans doute inquiété mais mon esprit était ailleurs.

    Les heures défilaient lentement, trop lentement. La fatigue que j’avais accumulé commençait à se faire ressentir et je n’avais qu’une hâte rentrer chez moi et dormir.

    Mais je savais que ce ne serais pas pour cette nuit, je devais aller voir Justine, prendre le relais afin que Mathilda puisse rentrer chez elle.

    Lorsqu’enfin je me trouvais devant la porte de l’appartement une agréable odeur me léchait les narines et faisait gargouiller mon ventre m’ouvrant ainsi l’appétit.

    Je frappais doucement constatant que la porte avait été changée. Mathilda est venue m’ouvrir m’offrant un large sourire lorsqu’elle m’a aperçu.

    -          - Bonsoir Mathilda. Ça s’est bien passé ? lui demandais-je impatiemment.

    -          - Oui. Très bien. Le menuisier est venu cet après-midi et je lui ai donné votre adresse pour la facture comme vous me l’aviez demandé.

    -          - Merci c’est gentil. Mais je voulais savoir si la jeune femme allait mieux.

    -          - Oui. Elle va mieux. Enfin elle a toujours son cœur brisé mais elle s’est montrée conciliante à chaque fois que je lui ai présenté un bol de bouillon.

    -          - Elle vous a dit quelque chose ? lui demandais-je nerveusement.

    -          - Qu’elle était désolée d’avoir créé autant d’ennuis.

    -          - C’est tout ?

    -          - Elle voulait savoir qui l’avait sauvé. Je lui ai dit que c’était charmant garçon et qu’il était resté à son chevet toute la nuit. Elle m’a demandé comment vous vous appeliez mais je ne connaissais que votre nom de famille.

    -          - Grégoire. Je m’appelle Grégoire. C’est de ma faute j’ai manqué de temps ce matin pour vraiment me présenter.

    -          - Suivez-moi à la cuisine Grégoire. Vous devez avoir faim ?

    -          - Il ne fallait pas, lui dis-je en arrivant dans la pièce qui sentait si bon et qui me mettait en appétit.

    -          - Pfff… Il fallait bien que je m’occupe pendant que la demoiselle dormait. Servez-vous autant que vous voulez, je vais rentrer chez moi, à moins que vous n’ayez encore besoin de moi ?

    -          - Non. Ça va aller pour ce soir. Avez-vous réfléchi à ma proposition ? Si vous voulez bien vous occuper de Justine je vous paierais un salaire en tant que dame de compagnie.

    -          - Et bien je ne roule pas sur l’or et un peu d’argent supplémentaire n’est pas négligeable. J’accepte votre proposition. Nous verrons demain pour les détails. Bonne nuit Grégoire.

    -          - Bonne nuit Mathilda.

    -          - Oh ! J’oubliais je lui ai donné ses médicaments et elle devrait dormir un moment.

    -          - Merci.

    Je la raccompagnais et fermais la porte à clef et la retirais de la serrure afin de la glisser dans la poche de mon pantalon. Je ne voulais pas qu’elle se sente prisonnière mais je ne voulais pas prendre le risque que Justine ne m’échappe et n’aille se jeter d’un pont. Je savais qu’elle n’était pas prête à vivre du nouveau.

    Je rangeais et nettoyais la vaisselle après l’excellent repas que je venais d’avaler. Je ne voulais pas que Mathilda aie du travail supplémentaire sous prétexte que je l’employais. Elle était là pour s’occuper de Justine, pour prendre soin d’elle pas pour me servir.

    Une fois terminé, je m’approchais enfin de la chambre. J’avais lutté pour ne pas le faire dès mon arrivé. J’avais peur que Peter ne surveille de loin mes faits et gestes et se rende compte que sa fiancé me plaisait plus que je ne voulais l’admettre moi-même.

    Elle était endormie dans une position plus naturelle que la veille. Elle avait repoussé ses draps et une jambe délicate dépassait légèrement.

    Je sentais encore en moi cette attirance pour cet être si fragile. Je fermais les yeux afin de reprendre mes esprits et reculais afin de sortir de cet endroit.

    Je m’installais sur le fauteuil en mettant mes jambes sur l’autre qui se trouvait en face. C’est alors que la fatigue m’a emporté et que je me suis endormi.

     

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