• Lorsque les âmes s\'en vont - Chapitre 4

     

     

    âmes

     

    Chapitre 4

     

    J’étais de retour dans mon appartement et j’étais assis dans le noir, une bière à la main.

    Je n’arrêtais pas de penser à cette nouvelle mission, qui pour moi n’en étais pas une d’ailleurs.

    Je leur avais demandé quarante huit heures de tranquillité, deux jours pour réfléchir, c’est tout ce que je voulais.

    Allais-je accepter ? Je n’en savais rien. Bien sûr son histoire me touchait mais je n’étais pas la bonne personne pour réaliser ce genre de chose. Je n’étais pas un bon exemple à suivre et côté amour c’était plutôt le désert pour moi. En fait, depuis Jane, il  n’y avait jamais rien eu de sérieux, j’arrivais à conclure avec une fille tous les 3 ou 4 mois et ça se résumait à une seule nuit.

    Je me rappelais de Jane et de son sourire. Ses cheveux soyeux et blonds qui tombaient jusqu’au milieu de son dos. De la douceur de ses caresses et de ses baisers. Un moment de nostalgie emplissait mon cœur qui me faisait me lever pour aller me servir un whisky, sans glace. Juste un verre pas plus, c’est ce que je me disais à chaque fois que ma vie d’avant venait me hanter.

    Cette fois-ci j’ai tenu bon et me levais vers la salle de bain pour prendre une douche. L’eau était si chaude que la vapeur se répandait dans la pièce. Je restais un moment laissant l’eau couler sur mon corps m’enveloppant d’un voile bienfaiteur et apaisant. Je devais être en forme pour demain au cas où j’aurais une journée de plus à supporter la mauvaise humeur de mon patron.

    Il était huit heures et j’arrivais au boulot avec un mal de tête exécrable. J’aurais mieux fait de me saouler complètement, j’étais en meilleur forme que ce matin avec la gueule de bois.

    Tout le monde à l’étage était à son poste et attendait plus ou moins de voir si cette journée serait la même que la veille. En fait tout s’est passé pour le mieux, mon boss n’avait pas montré son nez de la journée et  j’avais dû le remplacer au pied levé pour deux vidéos conférences. J’aimais avoir ce genre de responsabilités et espérait un jour créer ma propre boite. Ce qui je le savais pertinemment n’était qu’un rêve vu mes moyens financiers très restreint.

    Sur le chemin du retour je me suis arrêté à l’épicerie du coin car j’avais subitement envie de cuisiner ce soir. La cuisine n’avait jamais été mon fort jusqu’au jour où il a bien fallu que je me nourrisse d’autres choses que de pizza et de hot dog. J’avais envie de me faire un mélange de légumes et de blanc de poulet nappé d’une sauce de mon invention.

    Je montais les escaliers, mes bières dans une main, un sac à provision en papier dans l’autre. En fait j’avais trouvé dans la cuisine un côté bienfaisant et j’arrivais à ne plus penser à rien d’autres qu’à mon plat et mes ingrédients. J’avais enfin trouvé le plaisir d’apprécier ce que je faisais.

    Dès que j’ai ouvert la porte j’ai senti la fraicheur touché ma peau qui se traduisait par le fait que je n’étais pas seul. J’avais pourtant demandé à Sam de les éloigner. D’habitude ils ne prenaient plus le risque de venir de peur que je leur refuse mon aide.

    J’avançais doucement laissant mes achats sur le sol devant la porte d’entrée. Le fantôme était dans mon salon. A savoir maintenant si celui-ci me voulait du bien ou non.

    Il était de dos, aucun mouvement ne sortaient de lui, il était comme une statue, immobile. Cette silhouette m’était familière et je soufflais en me disant pourquoi moi.

    -          - Je t’avais demandé deux jours. C’est trop te demander ?

    -          - Je sais mais ça devient urgent, elle est passée à la pharmacie aujourd’hui et elle avait l’air grave et déterminé. J’ai peur qu’elle ne fasse une bêtise cette nuit.

    -          - Peter que veux-tu que je fasse ? ajoutais-je en me laissant tomber sur mon canapé.

    -          - Viens avec moi. Allons la voir, maintenant. Si elle a fait ce que je crois, je ne pourrais pas appeler les secours, toi oui.

    -          - Es-tu sûr de toi ?

    -          - Oui. Elle était tout pour moi, je la connais par cœur.

    -          - Donne-moi quelques minutes et je te suis.

    Je me dirigeais vers le couloir là où j’avais laissé les quelques achats du jour et partait les ranger dans la cuisine. Je me demandais dans quoi j’allais encore m’embarquer mais je n’avais pas le droit d’ignorer ce qui se passait, je n’avais pas le droit de la laisser mourir.

    J’enfilais des vêtements plus approprié à une escapade nocturne dans le froid et suivais déjà Peter dans les escaliers me demandant tout d’un coup pourquoi Sam n’avait toujours pas fait son apparition.

    Le vent glacial cinglait sur mon visage et le froid m’aurait rattrapé si nous n’avions pas avancé d’un pas rapide à travers les rues de la ville. Apparemment le chemin le plus court était de passer à travers Central Park mais à cette heure tardive l’endroit était un vrai coupe-gorge.

    J’aurais pu prendre un taxi mais suivre les explications de Peter devant un étranger n’était pas la bonne solution surtout que ce dernier ne savait pas l’adresse exacte de sa belle.

    -          - Pourquoi n’as-tu aucun souvenir de votre adresse ? lui demandais-je agacé de ne pas encore être arrivé.

    -          - Mais je la connais. C’est celle de Justine que je ne connais pas. Elle a déménagé peu après ma mort, elle ne pouvait pas supporter de vivre là-bas avec nos souvenirs. Elle avait espérer aller mieux.

    Je comprenais ce qu’elle avait voulu faire. Fuir les souvenirs c’est ce que j’avais fait également.

    -          - A quoi ressemble Justine ? lui demandais-je plus calmement.

    -          - Elle est magnifique mais je préfère que tu voies par toi-même.

    -          - Tu es bien mystérieux la concernant. Si tu veux mon aide, attention je n’ai pas encore pris de décision, il va falloir que tu m’en dises d’avantage.

    -          - On verra les détails si tu acceptes ma demande.

    -          - Bien vu. Mais ça pourrait m’aider à prendre ma décision.

    Il ne répondait pas et continuait d’avancer lorsqu’il s’immobilisa brusquement devant un charmant immeuble modeste mais très bien entretenu.

    -          - Tu attends là. Je vais voir si tout va bien.

    Il franchissait la porte d’entrée comme si il traversait un épais brouillard et réapparu quelques secondes plus tard encore plus pâle et plus transparent qu’il ne l’était déjà. Les mots avaient du mal à sortir de sa bouche et j’ai compris qu’il paniquait.

    -          - Etage ? Numéro ? lui demandais-je d’une voix grave.

    -          - 1er étage, numéro 127, me répondit-il comme dans un souffle.

    Heureusement pour moi il n’y avait aucune sécurité à la porte de l’immeuble et j’ai pu monter rapidement l’escalier et me diriger grâce à Peter vers le numéro 127. Je frappais à la porte bruyamment sans aucun résultat. Les gens commençaient à sortir sur le palier furieux d’avoir été réveillé par un tel vacarme.

    Il m’a fallu expliquer en quelques mots la situation me faisant passer pour un ami de la jeune femme et avec l’aide d’un voisin nous avons réussi à ouvrir la porte avec fracas pendant qu’une vieille dame appelait les secours.

    Je n’avais pas le temps de visiter et je fus guidé par Peter qui savait déjà où elle était.

    Lorsque j’entrais dans la chambre une lumière douce et faible m’accueillit. Justine était allongée sur son lit vêtue d’une superbe robe blanche. Je fus stupéfait par sa beauté mais je ne devais pas m’y attarder du moins pas pour le moment. Elle attendait la mort et je ne devais pas le permettre. Je m’approchais d’elle et sentais son cœur battre encore régulièrement. Je devais me presser, ne pas perdre de temps et la prenais dans mes bras. Je l’ai emmené dans la salle de bain et essayait de la réveiller  sous la douche afin de la faire réagir. Elle a eu un sursaut et s’est débattu me repoussant légèrement.

    Lorsque je l’ai senti capable de marcher un peu je l’ai sortie de la douche, elle et moi étions trempés mais je savais que ce que je faisais en valait la peine. Je la frictionnais avec les serviettes que je trouvais et ôtais sa robe afin de lui passer son peignoir. J’aurais cru qu’elle montrerait plus de résistance mais se laissait faire.

    Je la forçais à marcher dans l’appartement sans m’apercevoir qu’il y avait tous ces curieux à la porte. Tout d’un coup j’ai senti qu’elle levait sa main à sa bouche et je l’ai emmené rapidement là où elle pourrait vomir toutes ces saloperies.

    C’est à ce moment là qu’ont choisi les urgentistes pour faire leur apparition. Ils prirent le relais alors que je m’écartais les laissant faire leur travail. Je me suis aperçu alors que Peter allait et venait complètement anéanti par son impuissance à la sauver. Et pourtant c’était grâce à lui que nous étions arrivés à temps.

     

     

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