• Lorsque les âmes s\'en vont - chapitre 16

     

     

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    CHAPITRE 16


    Justine




    Je ne croyais toujours pas que j’avais vécu une histoire quelque peu surnaturelle. Ce soir là Peter m’était apparu, je le voyais, je l’entendais. Je n’étais pas folle c’était rassurant.

    Il avait choisi le soir où j’avais pris la décision de lui dire adieu et de dire à Grégoire que je l’aimais pour réapparaitre.

    Je ne savais plus ce que je devais penser de l’aveu de Grégoire. Son histoire était tellement étrange et inattendue. Il m’avait menti et je ne pouvais pas lui pardonner.

    Comment avait-il fait pour se jouer de moi à ce point-là, étais-je si naïve ?

    La nuit je l’avais passé à discuter avec Peter. Je ne croyais pas au fait que l’on pouvait discuter comme avant et c’était assez perturbant.

    Au petit matin je me suis levée un peu perdue, cherchant Grégoire. C’est lorsque j’ai vu les clefs que je me suis rappelée qu’il ne reviendrait plus. La tristesse envahissait encore une fois mon cœur mais mes idées étaient trop confuses pour m’en donner la cause.

    Les jours et les nuits passaient. Je recommençais à me recroqueviller sur moi-même, à ne plus sortir, attendant Mathilda seule personne vivante que je m’autorisais à voir.

    Elle ne comprenait pas mon rejet envers Grégoire. Mais je ne pouvais pas lui dire la vérité, il aurait fallu pour cela lui parler de Peter.

    Peter qui était présent chaque nuit à mes côtés. J’aurais tellement aimé que ce soit suffisant, mais j’avais de plus en plus de mal à retrouver celui qui avait partagé ma vie.

    Il était méfiant et m’empêchait d’aller à la fenêtre et pourtant il n’y a pas si longtemps je l’avais entendu me suggérer de me jeter par là afin de pouvoir le rejoindre pour l’éternité.

    Ses propos étaient toujours les mêmes, il voulait que nous soyons réunis pour l’éternité. Peut-être que mon histoire avec Grégoire m’avait donné envie de reprendre ma vie en main car je me posais beaucoup de question.
    Si j’étais morte avant Peter, j’aurais essayé de faire en sorte qu’il soit heureux mais en vie. Bien sûr que j’aurais voulu qu’il me rejoigne mais qu’est-ce que c’était l’éternité pour l’autre monde. Peut-être que le temps passait plus vite et que naturellement nous aurions enfin été ensemble.

    Je rêvais souvent de mes sorties avec Grégoire et me réveillais brusquement vidée de mes larmes. J’étais puérile à ne pas savoir ce que je voulais. Lorsque j’avais Grégoire je voulais Peter et maintenant que j’avais Peter je désirais Grégoire.

    Peter le sentait et me montrait de plus en plus d’agressivité. Les nuits passaient et nous ne nous parlions pratiquement plus. Il était toujours sur le qui-vive, déambulant dans la chambre comme un fou jour et nuit.

    -  Peter, je t’en supplie arrête, tu me rends folle.

    - Non !

    - Tu ne vas pas me laisser le choix, je vais partir.

    - Tu ne peux pas te cacher, je te retrouverais.

    - Peter je t’ai aimé profondément mais maintenant toi et moi nous devons passer à autre chose.

    - Tu veux rejoindre l’autre imbécile c’est ça ? L’espèce de dingue qui parle aux fantômes.

    - Et qu’est-ce que je suis en train de faire en ce moment ? Hein ?

    Il n’y avait rien à faire, il s’était fermé et avait même disparu me laissant un air frais dans la pièce me faisant comprendre qu’il était toujours là malgré tout.

    Je ne savais plus quoi faire, j’étais épuisée.

    Mathilda m’a pris par la main un matin et m’a entrainé avec elle dans la cuisine.

    - Parle-moi ma petite chérie. Quelqu’un te fait du mal n’est-ce pas ?

    - Non. Enfin c’est compliqué.

    - Je peux t’aider tu sais.

    - Personne ne le peux Et puis c’est peut-être moi qui devient folle.

    - Tu vois le fantôme de Peter c’est ça ?

    - Mais…. Comment le savez-vous ?

    - Je le sens. Je sais qu’il est là dans ta chambre.

    - Vous le voyez ?

    - Non ! Mais je sens son énergie. Justine je suis une descendante d’une très vieille famille de sorcières. Je suis ici pour te protéger.

    - Une sorcière ? Vous vous moquez de moi là ?

    - Non, je t’assure.

    - Grégoire, il le savait ?

    - Non ! Il n’a jamais rien su. J’ai reçu des ordres et des indices pour entrer dans vos vies. Il me fallait juste les interpréter.

    - De qui sont les ordres ?

    - Ils me viennent des forces supérieures, c’est tout ce que je suis autorisée à te dévoiler.

    - Pourquoi moi ?

    Elle me prenait les mains et me faisant face me racontait que je devais vivre pour rendre quelqu’un heureux. Quelqu’un qui n’avait plus foi en l’amour, ni en la vie. Peter se serait révélé au grand jour même si il était resté en vie. Il était dangereux et les anges essayaient de trouver une solution pour le faire partir sans encombre. Mais jusqu’à présent il leur avait tout le temps échappé.

    Mathilda ferait le nécessaire pour le capturer et le maintenir ainsi le temps pour elle de s’échapper de son appartement.

    - Tu as un endroit où aller ? me demanda-t-elle.

    Je faisais non de la tête cherchant désespérément à me réveiller après un très long cauchemar.

    - Attends-moi là ! Je reviens.

    Au bout de dix minutes elle est revenue les bras chargés.

    Elle a positionné des bougies de chaque côté de la porte de ma chambre, puis , elle a écrit des symboles au-dessus de l’entrée de ma chambre tout en récitant, ce que je supposais, quelques formules bizarre.

    Ensuite, elle s’est retournée vers moi et a déposé un papier dans le creux de ma main.

    - Ne lis ce papier que lorsque tu seras sortie du bâtiment. C’est une adresse où tu seras en lieu sûr, pour le moment, je te le promets. Dépêche-toi, je ne pourrais pas le contenir dans la pièce longtemps, une heure ou deux peut-être trois.

    - Mais je ne peux pas partir comme ça !

    - Aies confiance, il le faut si tu tiens à la vie.

    Elle me donnait mon sac, mon manteau et me poussait à l’extérieur de l’appartement fermant la porte derrière moi.

    J’entendais des bruits, j’entendais Peter m’appeler, me prier de lui pardonner. Il savait ! Mais j’ai fait ce que Mathilda m’avait demandé, j’ai fui.

     

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