• Lorsque les âmes s\'en vont - Chapitre 11

     

     

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    Chapitre 11

     

     

    Mathilda venait de m’appeler, elle rentrait demain en fin de journée. J’allais pouvoir contacter Sam. Il avait été convenu avec notre charmante vieille amie qu’elle tiendrait compagnie à Justine jusqu’à mon retour.

    En attendant la matinée défilait et je n’avais pas encore vu la jeune fille de la chambre d’à côté. Je commençais à tourner en rond et tout d’un coup j’ai eu comme un déclic et j’ai stoppé net mes allées et venues. Et si elle avait réussi à se donner la mort ? N’écoutant que mon cœur plutôt que ma tête je me suis précipité livide dans la pièce où elle se trouvait.

    Justine a eu si peur qu’elle s’est redressée brusquement me laissant apercevoir ses épaules délicates et le haut de sa poitrine et plus encore si elle n’avait pas remonter délicatement la bretelle de sa nuisette. Mes joues de blanc avaient dû passer au rouge et un peu gêné je sentais les sensations qui me submergeaient et qui tout d’un coup me faisait me sentir  très à l’étroit dans jean.

    -          - Non mais ça ne va pas de me faire une telle peur, s’écria-t-elle.

    -          - J’ai cru t’avoir perdu, lui répondis-je un peu rapidement prenant conscience de ce que je venais d’avouer.

    -          - Qu’est-ce que tu as dit ?

    -          - Rien, laisse tomber, rajoutais-je en sortant de la chambre.

    Pourquoi étais-je si bête ? J’avais tout gâché encore une fois. Je n’étais pas faire pour être heureux. Sam j’ai besoin de toi. J’étais perdu comme lorsque je me suis retrouvé seul chez moi sans mon ami, sans ma fiancée.

    J’étais assis sur le fauteuil, les coudes sur mes jambes et ma tête enfouie dans mes mains complètement désemparé.

    -          - Tu m’emmènes toujours à la patinoire ? me dit une voix douce non loin de moi.

    Je levais la tête dans sa direction sans tout de fois croiser son regard.

    -          - Tu en as envie ? lui demandais-je.

    -          - Je crois oui.

    Elle avait enfin envie de sortir de chez elle. J’aurais dû m’en réjouir mais je n’y arrivais pas.

    -          - On ira après manger, ça te va ?

    -          - Ok ! Je vais me préparer.

    -          - Et moi je vais voir ce que je peux faire pour le repas.

    Je me levais vers la cuisine reprenant une respiration régulière en même temps que j’entendais la porte de sa chambre se fermer.

    Le repas se passait dans le silence. Je n’arrivais pas à faire comme si je n’avais rien dit et pourtant il le fallait. Je n’allais pas rester comme ça indéfiniment.

    Mais contre toute attente c’est elle qui a pris en main le fil de la conversation. Elle me parlait du temps, me posait des questions sur mon boulot, sur ce que j’aimais. Petit à petit je reprenais de l’assurance espérant qu’en fait elle n’ait pas compris ce que j’avais dit plus tôt.

    Nous marchions côte à côte dans le froid. Elle portait un jean et un gros pull écru en dessous de son manteau noir cintré à la taille. Ses cheveux attachés dépassaient de son bonnet de la même couleur que son pull. Je crois que si dans vingt ans on me demandait de la décrire, je m’en souviendrais jusqu’au moindre détail.

    Elle patinait admirablement bien. La voir évoluer sur la glace avec un tel bonheur me rendait heureux. Mais pas pour moi mais pour elle. Elle souriait, elle était radieuse. Je ne me débrouillais pas trop mal sur des patins  ce qui nous a permis de passer une agréable après-midi.

    Il faisait déjà nuit lorsque nous sommes rentrés dans son appartement. Elle avait changé, c’était comme si tout allait bien. Mais je savais qu’il n’en était rien, qu’il fallait que je sois vigilent. Elle était intelligente et elle pouvait me jeter de la poudre aux yeux afin qu’on la laisse seule plus rapidement. Et puis je crois que c’était moi en fait qui n’étais pas prêt à sortir de sa vie.

    -          - Et si on se faisait livrer une pizza ? demanda-t-elle.

    -          - Est-ce que ça veut dire que tu n’aimes pas ma cuisine ?

    -          - Non, dit-elle gênée. Je voulais juste que tu n’ais rien à faire ce soir.

    -          - Oh ! C’est gentil d’y avoir pensé. Alors ok pour une pizza, lui dis-je en prenant mon portable.

    Je passais seul la fin de la soirée, Justine était fatiguée de son après-midi. C’est vrai que c’était sa première sortie depuis des semaines. Je ne lui en voulais pas, au moins elle dormirait d’un sommeil profond et réparateur sans cauchemars.

    C’est l’odeur du café qui m’a réveillé. J’étais pourtant sûr qu’il n’y en avait plus hier alors… je me levais me dirigeant encore endormi vers la cuisine.

    Justine était déjà levée et avait même préparé le petit déjeuner.

    -          - Bonjour.

    -          - Bonjour, me dit-elle se tournant vers moi et rougissant lorsque son regard s’est posé sur ma personne.

    Je me suis rappelé que j’étais en caleçon et en tee-shirt. Elle rougissait de me voir ainsi ? Etait-elle en train de prendre conscience qu’il existait d’autres hommes sur Terre, qu’elle pouvait encore être attirée par un homme ?

    J’étirais mes lèvres d’un sourire, l’espoir était enfin là !

    -          - Pourquoi ce sourire en coin ? me dit-elle.

    -          - Je suis impatient de goûter ce que tu as préparé voilà tout.

    -          - Tu n’as pas confiance ? ajouta-t-elle légèrement sur la défensive.

    -          - Hummm qui sait, je suis prudent.

    Je riais à mes mots alors qu’elle me jetait à la figure le torchon qu’elle tenait dans sa main. Les jours passaient et j’apprenais à la connaitre et ce que je voyais ce matin me plaisait énormément.

    Mathilda est arrivée en fin d’après-midi comme elle nous l’avait dit. Je voulais en profiter pour faire quelques courses et passer chez moi. Je devais passer des coups de fil pour prévenir que je retournais dès le lendemain à mon travail. J’avais besoin de me changer et de prendre quelques vêtements. Je m’activais afin de ne pas arriver trop tard au cimetière.

    La lune éclairait encore une fois les tombes et donnait un air mystérieux à l’endroit. Le froid s’était installé et je me demandais si nous n’aurions pas de la neige plus tôt que prévu dans la saison.

    Je me rendais comme à mon habitude au fond du cimetière. Là où avec Sam nous rencontrions tous ces êtres qui voulaient être libérés de leurs chaines.

    -          - Bonsoir Grégoire, me dit la voix que j’attendais justement.

    -          - Bonsoir Sam, tu m’as manqué mec.

    -          - Je sais mais on m’avait ordonné de m’éloigner de toi.

    -          - Mais pourquoi ? On faisait du bon boulot.

    -          - Oui. Mais tu n’avais pas de vie en dehors. Nous étions ensemble, deux potes d’enfance, inséparables.

    -          - Explique ! lui demandais-je en m’installant sur la stèle habituelle.

    -          - Ils ne veulent plus qu’on soit si proche. On m’a confié quelqu’un d’autre Greg. J’ai eu du mal au début mais je commence à avoir des résultats positifs.

    -          - Oh ! Je suis content pour toi. Tu le mérites.

    -          - Mais toi aussi tu le mérites. Tu mérites de vivre une belle vie avec une femme et des enfants. Je t’empêche de vivre tout ça.

    -          - Alors adieu les missions ?

    -          - Non. Il va falloir que tu t’en charges seul. Mais au moins lorsque tu en auras terminé tu pourras te consacrer à celle que tu aimes.

    -          - Il faudrait déjà que je la trouve.

    -          - Mais tu l’as déjà trouvé et tu le sais aussi bien que moi. Justine c’est elle la femme de ta vie. Mais tu as encore du chemin à faire pour la conquérir et surtout il y a Peter. Fais très attention, il est dangereux.

    -          - Je m’en doutais qu’il n’était pas clair. Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi Peter serait-il dangereux ?

    -          - Il t’a dit la vérité concernant sa mort et aussi sur son amour pour Justine. Seulement ce n’est pas pour la sauver qu’il est resté mais pour l’emporter avec lui dans les abîmes de l’oublie et se cachant afin de ne pas franchir la porte. Ce sont mes supérieurs qui lui ont suggéré de te demander de l’aide. Peter a accepté pour montrer sa bonne foi mais aussi parce qu’il était sûr que Justine ne pourrait jamais vivre sans lui. Il va se rendre compte de ce qui se passe. Il va devenir dangereux, il va essayer de vous nuire à tous les deux.

    -          - Est-ce qu’ils savent que tu es venu me dire la vérité ?

    -          - Non. Enfin je pense que si on ne peut pas leur cacher les choses trop longtemps mais je me moque des conséquences, je te devais la vérité. Je t’avais dit que je serais toujours là en cas de besoin. Et ça sera toujours le cas. Il faut que je file. Salut mec ! Prends soin de toi. Ah et puis tu es sur la bonne voie.

    -          - Comment ?

    -          - Avec Justine !

    Et il a disparu comme il est apparu. Je restais là dans la nuit, réfléchissant à ce que je venais d’apprendre.

    Ce que je comprenais c’est que Justine était mon cadeau des êtres supérieurs de l’au-delà pour me récompenser pour tous mes bons et loyaux services.

    Etait-ce un jeu ? Je ne voulais pas encore une fois souffrir, cette fois-ci sans Sam je savais que je ne m’en sortirais pas.

     

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