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    âmes

     

    Chapitre 10

     

    Un long silence s’était instauré dans la pièce. Je n’osais pas lever la tête, quelque part je m’en voulais un peu de lui avoir posé cette question. C’était beaucoup trop tôt. Mais elle a pris la parole. Sa voix était tremblante et son regard était d’une telle tristesse.

    -          - J’étais fiancée. Peter et moi nous nous aimions énormément et nous étions pratiquement  inséparables. Il… il est mort il y a plusieurs mois.

    Sa voix était fébrile et des larmes coulaient le long de ses joues. Je voulais lui prendre la main pour lui montrer mon soutien. J’arrêtais mon geste je ne voulais pas me montrer indescent.

    -          - Il te manque, c’est normal. Mais tu devrais essayer de te battre pour vivre. Tu es si jeune. Tu as tellement de choses à vivre encore. Je …

    -          - Non ! Je n’ai plus rien à vivre. Tu ne comprends pas, je veux le rejoindre. C’est peut-être puéril de ma part mais je sais que l’on sera ensemble dans l’au-delà. Il m’attend, je le sens. Il vient souvent me voir, il vient me chercher.

    -          - Je voudrais te dire que vous serez réunis dans la mort mais je ne te le dirais pas. Tout d’abord parce que je ne suis pas sûr de cela. Ensuite je ne crois pas que Peter voudrait que tu meures.

    -          - Qu’est-ce que tu en sais ! Tu ne le connaissais pas.

    -          - Tu as raison, je ne le connaissais pas. Mais si j’avais été dans sa situation c’est ce que j’aurais voulu pour celle que j’aime. C’est terrible ce que tu es en train de vivre mais je ferais tout pour que tu retrouves le sourire et surtout le goût de vivre.

    -          - Bon courage, rajouta-t-elle en se levant rapidement.

    -          - Attends ! Tu crois vraiment qu’il vient te voir ? lui demandais-je d’une voix douce.

    Elle s’arrêtait dans son élan et s’est retournée vers moi.

    -          - Tu crois que je suis folle. Que ma dépression me fait voir des choses c’est ça ?

    -          - Non. Justine vient t’assoir. S’il te plait.

    Elle a repris sa place sur le fauteuil. Je ne voulais pas lui montrer mais j’étais heureux qu’elle est fait ce que je lui avais demandé. Elle commençait à s’ouvrir au monde, à vouloir discuter. C’était un début.

    -          - Merci, lui dis-je. Je ne te crois pas folle. Cependant c’est clair que tu souffres de dépression. Ta douleur est toujours là et tu as besoin de quelqu’un pour t’aider. Laisses-moi essayer. Laisses-moi devenir ton ami, ton confident, ton infirmier, ton psy, bref ce que tu veux du moment que tu me laisses un peu entrer dans ta vie.

    -          - Pourquoi tu veux faire ça pour moi ? Qu’est-ce que je suis pour toi ? Rien juste une étrangère.

    -          - Disons que je n’ai peut-être rien d’autres à faire que de sauver les jolies jeunes femmes en détresse, essayais-je de plaisanter.

    -          - Très drôle !

    -          - Justine ! Dis-moi ce qui te fait croire que Peter vient te rendre visite.

    -          - Je ne sais pas. C’est juste une impression. Depuis que Peter est mort je sens une présence. Et quand je lui parlais je sentais une chaleur m’envelopper.

    -          - Une chaleur ? Tu es sûre ?

    -          - Oui. C’était comme une caresse sur ma peau.

    Alors là je crois que je vais avoir une conversation avec Peter. En fait c’était lui qui l’empêchait de tourner la page, de faire en sorte que sa douleur ne s’efface pas. Je n’y comprenais plus rien. Pourquoi voulait-il qu’elle rencontre quelqu’un d’autres alors qu’il était le seul responsable de son état actuel. Il n’aurait jamais dû lui faire prendre conscience de sa présence. J’étais furieux et inquiet à la fois. Ça ne collait pas.

    -          - Est-ce que tu l’as vu ?

    -          - Non. Je sais que c’est lui mais je ne peux pas expliquer pourquoi j’en suis sûre. Par contre depuis quelques jours je ne ressens plus rien. C’est bizarre. C’est comme si on me retirait petit à petit un voile.

    -          - Hummm… depuis quand au juste ?

    -          - Et bien quand je me suis réveillée après…. Enfin tu comprends, il était moins présent. Et depuis mercredi plus rien.

    Ça coïncidait au jour de ma dernière conversation avec Peter. Depuis que je lui avais demandé de ne plus venir sinon j’arrêtais tout.

    Beaucoup trop de choses me paraissaient incompréhensibles, il fallait que j’entre en contact avec Sam. Il m’avait promis d’être là au cas où.

    Mais pour l’instant impossible pour moi de sortir d’ici sans elle. D’ailleurs si je lui proposais une sortie comment réagirait-elle ?

    -          - Justine ?

    -          - Oui.

    -          - Ça te dirait d’aller à la patinoire avec moi ?

    Elle me jetait un regard noir mais montrait également des signes d’incompréhension.

    -          - Comment sais-tu que j’aime patiner ? me dit-elle surprise.

    -          - Je ne sais pas ça m’est venu comme ça.

    J’espérais que le ton de ma voix ne trahirait pas mon mensonge.

    -          - Tu es sûr ?

    -          - Oui.

    -          - C’est bizarre quand même. Tout d’abord tu sors de nulle part pour me sauver et puis ensuite tu me parles de choses que j’aime et qui me tient à cœur. Qu’est-ce que tu me caches ?

    -          - Rien. Ce sont de pures coïncidences. J’aime bien la patinoire et nous sommes en hiver. J’ai pensé au cinéma mais je ne sais pas ce quels films passent en ce moment et puis pour tout t’avouer je ne voulais pas d’une sortie banale.

    -          - Je suis désolée Grégoire mais je déteste que l’on me mente. C’est une des choses que je ne peux pas pardonner.

    Cette dernière phrase a eu l’effet d’une douche froide. J’étais mal barré. Un jour elle allait savoir la vérité. Un jour elle me rejetterait à cause de mes mensonges.

    -          - Ça ne va pas Grégoire ? me demanda-t-elle d’une voix tendue. Tu es devenu très pâle tout d’un coup.

    -          - Oui, ça va. Ne t’inquiètes pas. J’ai seulement eu un coup de fatigue je pense.

    Elle me dévisageait. Etait-elle en train de me juger, de comprendre que je lui cachais quelque chose ?

    Je me sentais mal sous ses regards persistants. Je ne savais pas si je devais baisser les yeux d’un air coupable ou bien la regarder intensément, plongeant dans ses yeux corps et âmes. J’avais choisi de la fixer, de faire en sorte de la captiver comme le ferait un serpent regardant sa proie.

    Mais Justine n’était pas une proie. Elle était  une jeune fille débordante de beauté mais débordante d’amour pour un autre.

     

     

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    âmes

     

    Chapitre 11

     

     

    Mathilda venait de m’appeler, elle rentrait demain en fin de journée. J’allais pouvoir contacter Sam. Il avait été convenu avec notre charmante vieille amie qu’elle tiendrait compagnie à Justine jusqu’à mon retour.

    En attendant la matinée défilait et je n’avais pas encore vu la jeune fille de la chambre d’à côté. Je commençais à tourner en rond et tout d’un coup j’ai eu comme un déclic et j’ai stoppé net mes allées et venues. Et si elle avait réussi à se donner la mort ? N’écoutant que mon cœur plutôt que ma tête je me suis précipité livide dans la pièce où elle se trouvait.

    Justine a eu si peur qu’elle s’est redressée brusquement me laissant apercevoir ses épaules délicates et le haut de sa poitrine et plus encore si elle n’avait pas remonter délicatement la bretelle de sa nuisette. Mes joues de blanc avaient dû passer au rouge et un peu gêné je sentais les sensations qui me submergeaient et qui tout d’un coup me faisait me sentir  très à l’étroit dans jean.

    -          - Non mais ça ne va pas de me faire une telle peur, s’écria-t-elle.

    -          - J’ai cru t’avoir perdu, lui répondis-je un peu rapidement prenant conscience de ce que je venais d’avouer.

    -          - Qu’est-ce que tu as dit ?

    -          - Rien, laisse tomber, rajoutais-je en sortant de la chambre.

    Pourquoi étais-je si bête ? J’avais tout gâché encore une fois. Je n’étais pas faire pour être heureux. Sam j’ai besoin de toi. J’étais perdu comme lorsque je me suis retrouvé seul chez moi sans mon ami, sans ma fiancée.

    J’étais assis sur le fauteuil, les coudes sur mes jambes et ma tête enfouie dans mes mains complètement désemparé.

    -          - Tu m’emmènes toujours à la patinoire ? me dit une voix douce non loin de moi.

    Je levais la tête dans sa direction sans tout de fois croiser son regard.

    -          - Tu en as envie ? lui demandais-je.

    -          - Je crois oui.

    Elle avait enfin envie de sortir de chez elle. J’aurais dû m’en réjouir mais je n’y arrivais pas.

    -          - On ira après manger, ça te va ?

    -          - Ok ! Je vais me préparer.

    -          - Et moi je vais voir ce que je peux faire pour le repas.

    Je me levais vers la cuisine reprenant une respiration régulière en même temps que j’entendais la porte de sa chambre se fermer.

    Le repas se passait dans le silence. Je n’arrivais pas à faire comme si je n’avais rien dit et pourtant il le fallait. Je n’allais pas rester comme ça indéfiniment.

    Mais contre toute attente c’est elle qui a pris en main le fil de la conversation. Elle me parlait du temps, me posait des questions sur mon boulot, sur ce que j’aimais. Petit à petit je reprenais de l’assurance espérant qu’en fait elle n’ait pas compris ce que j’avais dit plus tôt.

    Nous marchions côte à côte dans le froid. Elle portait un jean et un gros pull écru en dessous de son manteau noir cintré à la taille. Ses cheveux attachés dépassaient de son bonnet de la même couleur que son pull. Je crois que si dans vingt ans on me demandait de la décrire, je m’en souviendrais jusqu’au moindre détail.

    Elle patinait admirablement bien. La voir évoluer sur la glace avec un tel bonheur me rendait heureux. Mais pas pour moi mais pour elle. Elle souriait, elle était radieuse. Je ne me débrouillais pas trop mal sur des patins  ce qui nous a permis de passer une agréable après-midi.

    Il faisait déjà nuit lorsque nous sommes rentrés dans son appartement. Elle avait changé, c’était comme si tout allait bien. Mais je savais qu’il n’en était rien, qu’il fallait que je sois vigilent. Elle était intelligente et elle pouvait me jeter de la poudre aux yeux afin qu’on la laisse seule plus rapidement. Et puis je crois que c’était moi en fait qui n’étais pas prêt à sortir de sa vie.

    -          - Et si on se faisait livrer une pizza ? demanda-t-elle.

    -          - Est-ce que ça veut dire que tu n’aimes pas ma cuisine ?

    -          - Non, dit-elle gênée. Je voulais juste que tu n’ais rien à faire ce soir.

    -          - Oh ! C’est gentil d’y avoir pensé. Alors ok pour une pizza, lui dis-je en prenant mon portable.

    Je passais seul la fin de la soirée, Justine était fatiguée de son après-midi. C’est vrai que c’était sa première sortie depuis des semaines. Je ne lui en voulais pas, au moins elle dormirait d’un sommeil profond et réparateur sans cauchemars.

    C’est l’odeur du café qui m’a réveillé. J’étais pourtant sûr qu’il n’y en avait plus hier alors… je me levais me dirigeant encore endormi vers la cuisine.

    Justine était déjà levée et avait même préparé le petit déjeuner.

    -          - Bonjour.

    -          - Bonjour, me dit-elle se tournant vers moi et rougissant lorsque son regard s’est posé sur ma personne.

    Je me suis rappelé que j’étais en caleçon et en tee-shirt. Elle rougissait de me voir ainsi ? Etait-elle en train de prendre conscience qu’il existait d’autres hommes sur Terre, qu’elle pouvait encore être attirée par un homme ?

    J’étirais mes lèvres d’un sourire, l’espoir était enfin là !

    -          - Pourquoi ce sourire en coin ? me dit-elle.

    -          - Je suis impatient de goûter ce que tu as préparé voilà tout.

    -          - Tu n’as pas confiance ? ajouta-t-elle légèrement sur la défensive.

    -          - Hummm qui sait, je suis prudent.

    Je riais à mes mots alors qu’elle me jetait à la figure le torchon qu’elle tenait dans sa main. Les jours passaient et j’apprenais à la connaitre et ce que je voyais ce matin me plaisait énormément.

    Mathilda est arrivée en fin d’après-midi comme elle nous l’avait dit. Je voulais en profiter pour faire quelques courses et passer chez moi. Je devais passer des coups de fil pour prévenir que je retournais dès le lendemain à mon travail. J’avais besoin de me changer et de prendre quelques vêtements. Je m’activais afin de ne pas arriver trop tard au cimetière.

    La lune éclairait encore une fois les tombes et donnait un air mystérieux à l’endroit. Le froid s’était installé et je me demandais si nous n’aurions pas de la neige plus tôt que prévu dans la saison.

    Je me rendais comme à mon habitude au fond du cimetière. Là où avec Sam nous rencontrions tous ces êtres qui voulaient être libérés de leurs chaines.

    -          - Bonsoir Grégoire, me dit la voix que j’attendais justement.

    -          - Bonsoir Sam, tu m’as manqué mec.

    -          - Je sais mais on m’avait ordonné de m’éloigner de toi.

    -          - Mais pourquoi ? On faisait du bon boulot.

    -          - Oui. Mais tu n’avais pas de vie en dehors. Nous étions ensemble, deux potes d’enfance, inséparables.

    -          - Explique ! lui demandais-je en m’installant sur la stèle habituelle.

    -          - Ils ne veulent plus qu’on soit si proche. On m’a confié quelqu’un d’autre Greg. J’ai eu du mal au début mais je commence à avoir des résultats positifs.

    -          - Oh ! Je suis content pour toi. Tu le mérites.

    -          - Mais toi aussi tu le mérites. Tu mérites de vivre une belle vie avec une femme et des enfants. Je t’empêche de vivre tout ça.

    -          - Alors adieu les missions ?

    -          - Non. Il va falloir que tu t’en charges seul. Mais au moins lorsque tu en auras terminé tu pourras te consacrer à celle que tu aimes.

    -          - Il faudrait déjà que je la trouve.

    -          - Mais tu l’as déjà trouvé et tu le sais aussi bien que moi. Justine c’est elle la femme de ta vie. Mais tu as encore du chemin à faire pour la conquérir et surtout il y a Peter. Fais très attention, il est dangereux.

    -          - Je m’en doutais qu’il n’était pas clair. Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi Peter serait-il dangereux ?

    -          - Il t’a dit la vérité concernant sa mort et aussi sur son amour pour Justine. Seulement ce n’est pas pour la sauver qu’il est resté mais pour l’emporter avec lui dans les abîmes de l’oublie et se cachant afin de ne pas franchir la porte. Ce sont mes supérieurs qui lui ont suggéré de te demander de l’aide. Peter a accepté pour montrer sa bonne foi mais aussi parce qu’il était sûr que Justine ne pourrait jamais vivre sans lui. Il va se rendre compte de ce qui se passe. Il va devenir dangereux, il va essayer de vous nuire à tous les deux.

    -          - Est-ce qu’ils savent que tu es venu me dire la vérité ?

    -          - Non. Enfin je pense que si on ne peut pas leur cacher les choses trop longtemps mais je me moque des conséquences, je te devais la vérité. Je t’avais dit que je serais toujours là en cas de besoin. Et ça sera toujours le cas. Il faut que je file. Salut mec ! Prends soin de toi. Ah et puis tu es sur la bonne voie.

    -          - Comment ?

    -          - Avec Justine !

    Et il a disparu comme il est apparu. Je restais là dans la nuit, réfléchissant à ce que je venais d’apprendre.

    Ce que je comprenais c’est que Justine était mon cadeau des êtres supérieurs de l’au-delà pour me récompenser pour tous mes bons et loyaux services.

    Etait-ce un jeu ? Je ne voulais pas encore une fois souffrir, cette fois-ci sans Sam je savais que je ne m’en sortirais pas.

     

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    âmes

     

    CHAPITRE 12

     

    Les jours qui passaient se ressemblaient incontestablement.

    La journée Mathilda tenait compagnie à Justine alors que moi je prenais le relais à la tombée de la nuit.

    Mes weekends je les passais chez Justine et nous sortions chaque semaine. Cela faisait des années que je n’avais pas été au cinéma et je me laissais guider par les choix de la jeune femme. Nos doigts se frôlaient mais elle retirait sa main dès le moindre contact.

    Je n’insistais pas, je patientais.

    Le mercredi je me rendais au cimetière comme chaque semaine. Je faisais mes rapports à Peter mais je sentais qu’il était furieux de ma réussite.

    Cette fois-ci je voulais en avoir le cœur net, je voulais le percer à jour.

    -          - Bonjour Grégoire. Alors  comment se passent vos sorties ?

    -          - Ça peut aller. Mais j’ai des choses à te dire ce soir et j’aimerais bien qu’on joue franc jeu.

    -          - Ouh ! ça a l’air sérieux, dit-il d’un air moqueur.

    Son visage était plus sévère, je crois qu’il comprenait où je voulais en venir.

    -          - Un problème ?

    -          - Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu te dévoilais à elle ?

    -          - Et bien tu en as mis du temps pour le comprendre.

    -          - Non. Je le sais depuis longtemps mais je voulais donner une chance à Justine de pouvoir s’en sortir quand même.

    -          - Oh non ! Elle ne s’en sortira pas. Je continue de lui rendre visite chaque nuit pendant que tu dors sur le matelas pourri dans le salon.

    -          - Tu n’as pas le droit de vie ou de mort sur elle. Tu dois partir.

    -          - C’est ce que tu crois. Justine m’appartient et m’appartiendra pour l’éternité.

    -          - Justine n’appartient qu’à elle-même Peter. Je sais que tu l’as aimé jusqu’à ta mort mais maintenant laisse lui une chance d’être heureuse.

    -          - Jamais.

    Il s’approchait de moi rapidement comme si il voulait me traverser mais stoppait au dernier moment nous retrouvant les yeux dans les yeux.

    -          - Toi ? Ce n’est pas possible. Je n’ai pas été idiot à ce point ? Tu aimes Justine, tu a veux pour toi seul.

    Avec sa brusquerie il me percutait et j’atterrissais lourdement sur le sol en terre.

    -          - Ha ! Ha ! Ha ! Pauvre imbécile. Elle m’a tellement dans la peau que tu peux lui dire adieu. Elle ne peut pas aimer un minable comme toi.

    -          - Elle a déjà changé. Tu ne pourras plus la manipuler. Elle commence à t’oublier, je le sens.

    Dans un cri, Peter est parti faisant soulever la poussière grise du sol en un brouillard opaque. Je ne voyais rien mais je sentais un déplacement d’air sur ma droite.

    -          - Tu vas la regarder mourir et ensuite prépare-toi car ma vengeance sera au-delà de tes espérances. Tu vas mourir bientôt, souffla-t-il à mon oreille.

    Le brouillard de terre s’évanouissait faisant réapparaitre les tombes et les stèles autour de moi. Ma respiration était difficile et l’air pur qui entrait maintenant dans mes poumons me faisait mal. J’avais respiré plus de poussière que je ne le pensais. Je toussais bruyamment et crachait évacuant ce qui était en moi.

    Lorsque ma respiration est redevenue normale je suis partie en courant. J’avais du chemin à faire avant d’arriver devant l’immeuble de Justine. J’espérais arriver à temps priant pour que Peter attende que je baisse la garde pour agir.

    Je montais les marches quatre à quatre et c’est complètement  essoufflé que je franchissais la porte.

    -          - Oh mon dieu ! Qu’y a-t-il Grégoire ? me demanda Mathilda un peu paniquée.

    -          - Où est Justine ? lui demandais-je difficilement.

    -          - Je suis ici, répondit-elle en venant dans ma direction. Grégoire, tu t’es fait agressé ?

    Elle me regardait de a tête au pied d’un air inquiet. Je me rappelais que je devais être couvert de terre de haut en bas sans compter mon essoufflement.

    -          - Mathilda vous pouvez rester avec Justine le temps que je prenne une douche ?

    Le ton de ma voix peu rassurante l’a fait accepter tout de suite.

    Je me dépêchais et prenais des vêtements propres avant de rejoindre ces dames.

    -          - Que s’est-il passé ? me demanda la vieille dame.

    -          - C’est de ma faute, j’ai voulu prendre par le parc pour me rendre chez moi et on m’a un peu bousculé. Mais je me suis débattu et je suis tombé.

    -          - Vous n’êtes pas blessé c’est déjà ça, rajouta Mathilda. Mais pourquoi cet essoufflement ?

    -          - Je ne sais pas. J’ai eu comme un pressentiment, j’ai eu peur qu’il ne soit arriver quelque chose…

    Je levais ma tête et mon regard s’est tourné vers la jeune femme qui se tenait devant moi. Mathilda a vu mon manège et m’a tapoté la main avant de prendre congé de nous.

    Ça se voyait tant que ça que j’étais amoureux d’elle ?

    Nous nous sommes retrouvés tous les deux  debout dans le couloir. Je la regardais et cette fois je m’approchais. J’ai pris son visage dans mes mains et je lui ai déposé un baiser sur ses lèvres. Elle reculait instinctivement et je me suis senti honteux d’avoir pris autant de liberté à son égard. Mais je voulais goûter à ses lèvres depuis si longtemps que je n’ai pas pu me contrôler.

    -          - Je suis désolé. Excuse-moi !

    Je m’éloignais vers la cuisine afin de préparer le diner. Elle m’a suivi sans un mot. J’ai pris la planche à découper et commençait à couper en rondelles quelques carottes.

    J’ai senti son souffle chaud et ennivrant dans mon dos alors que sa main s’approchait inévitablement de la mienne. Ses doigts laissaient une empreinte chaude sur les miens. Je lâchais le couteau laissant la liberté à mes doigts de se mêler aux siens.

    Je me retournais et avec mon autre main je passais mon pouce doucement sur ses lèvres.

    J’enregistrais le contour de sa bouche et me penchais encore une fois pour pouvoir l’embrasser.

    Ma main passait délicatement sous ses cheveux et mes baisers devenaient plus intenses.

    Je cherchais à entrer doucement dans sa bouche et elle m’y autorisait joignant nos langues dans un ballet langoureux.

    Nous nous sommes arrêtés pour reprendre notre souffle, mon front contre son front, nos mains enlacés.

    -          - Justine tu sais ce que je ressens pour toi n’est-ce pas ?

    -          - Oui.

    -          - Je ne te brusquerais pas. Nous irons à ton rythme.

    -          - Je sais.

    -          - Te sens-tu prête à vivre autre chose ?

    -          - Pourquoi tu me demandes cela ?

    -          - Il faut qu’on parle.

    Elle me repoussait légèrement afin de mieux me regarder, un air inquiet sur son visage.

    -          - Tu es marié ? me demanda-t-elle.

    -          - Non. Je te jure que ce n’est pas ça. Mais si nous voulons que ça fonctionne nous deux je dois te dire certaines choses sur moi.

    -          - Est-ce que ça peux attendre demain ?

    -          - Oui ça peut attendre demain, lui soufflais-je à l’oreille glissant mes lèvres dans son cou pour lui déposer de légers baisers.

    Elle est partie dans sa chambre encore troublée de ce qui s’était passé.

    J’étais à la fois heureux et malheureux. Je savais que mon bonheur ne tenait qu’à un fil et j’avais peur de sa réaction lorsque je lui dirais la vérité sur ce que je suis. Mais j’étais prêt à courir le risque de la perdre plutôt que lui mentir un jour de plus.

     

     

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    âmes

     

     

    CHAPITRE 13

    Justine

     

     

    Je m’installais sur mon lit troublée par les baisers de Grégoire. Je passais un doigt sur mes lèvres encore gonflées par ses tendres baisers. Je sentais encore la chaleur de ses doigts sur ma nuque, dans mon dos.

    J’avais honte, honte de me sentir revivre. J’avais l’impression de tromper Peter et la douleur dans mon cœur s’ouvrait de nouveau. Mais cette douleur était moins forte depuis que Grégoire était entré dans ma vie.

    Jour après jour j’allais mieux et depuis quelques temps je comptais même les minutes qui me séparaient de lui. J’aimais nos discussions, nos rires, son air taquin lorsqu’il souriait légèrement. Avec lui je me sentais revivre, je me sentais belle et désirable.

    Mais je ne pouvais pas oublier Peter, du moins je n’y arrivais pas. Je voulais être libre de cet amour perdu mais quelque chose m’en empêchait.

    La journée je n’attendais qu’une chose passer du temps avec Grégoire et la nuit c’était Peter qui me hantait.

    Je m’enfouissais la tête dans mon oreiller mouillant le tissu de mes larmes.

     

     

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    âmes

     

    CHAPITRE 14

    Grégoire

     

    Je voulais savoir si elle allait bien alors j’ai ouvert doucement la porte de sa chambre.

    Elle pleurait. L’avais-je blessé ?

    Je m’approchais doucement vers son lit et je me suis assis près d’elle.

    Elle n’a pas bougé, ses sanglots faisaient bougés son corps en léger subresaut.

    J’ai caressé ses cheveux doucement, tendrement.

    Elle s’est finalement redressée pour se blottir dans mes bras.

    -          - Qu’est-ce que je vais faire de toi mon amour ? lui dis-je tendrement.

    Elle a haussé les épaules et s’est accroché encore un peu plus fort à moi.

    Je voulais lui crier mon amour. Je voulais lui dire les mots que j’avais au fond de mon cœur depuis que mon regard c’était posé sur elle.

    Je n’ai pas pu lui dire, quelque part je voulais me préserver. Comment pourrais-je surmonter cette douleur si elle ne voulait plus me voir lorsque je lui dirais que je vois des fantômes et surtout que je vois Peter.

    Mais pour le moment j’étais bien. Je me contenterais de ce qu’elle me donnera même si ce n’était que pour un court instant.

    Un vent frais tournait autour de nous. Je savais ce que ça voulait dire. Je savais aussi qu’il pouvait être fort et dangereux. J’ai senti Justine frissonnée et j’ai resserré mon étreinte.

    -          - Peter est là, me dit-elle doucement.

    -          - Chut ! Calme-toi.

    -          - Il veut que je vienne avec lui.

    -          - Et toi qu’est-ce que tu veux ?

    -          - Je te veux toi !

    Mon cœur cognait dans ma poitrine. Mais brusquement des flacons se sont brisés contre le mur et Peter m’est apparu. Il était en colère. Sa haine le rendait comme fou.

    -          - Justine écoute-moi. Je sais que tu peux m’entendre. Viens me rejoindre. Ce mec est un looser il ne te mérite pas. Il joue avec tes sentiments.

    -          - Ce n’est pas vrai. Laisse-moi maintenant. Laisse-moi vivre ma vie.

    -          - Non ! Tu m’appartiens.

    -          - Peter arrête ! Je te jure que je ne voulais pas. C’est arrivé comme ça, lui dis-je.

    Justine s’est levée d’un bond me faisant face.

    -          - Qu’est-ce que tu veux dire Grégoire ? Tu entends Peter ?

    -          - Oui. Justine c’est ce que je voulais te dire. Je le vois aussi.

    -          - Non ! Non ! Non !

    Je voulais la prendre dans mes bras mais elle se débattait et s’éloignait de moi.

    -          - Pourquoi Grégoire ? Pourquoi ? me dit-elle en pleurs.

    -          - Parce que depuis mon accident je vois des fantômes, ils viennent me trouver pour que je les aide à passer dans l’autre monde.

    -          - Alors tu m’as joué la comédie tout ce temps là ?

    -          - Non !

    -          - Si tu as joué la comédie, sifflait Peter. Justine écoute-moi, tu sais que je t’aime que je t’aime même au-delà de la mort. Viens me rejoindre et plus personne ne te fera du mal.

    -          - Ne l’écoute pas. Depuis sa mort il ne supporte pas d’être seul, il ne veut pas que tu sois heureuse. Il est dangereux.

    -          - Justine, tu sais que je ne t’ai jamais fait de mal. Je t’aime ma chérie.

    Elle n’arrivait plus à réagir. A cet instant nous lui faisions du mal et ça je ne le voulais pas.

    -          - Justine laisse-moi t’expliquer et ensuite si tu le désires je partirais.

    -          - Mets-le dehors tout de suite. Nous n’avons pas besoins de ses explications.

    -          - Peter ! Tais-toi ! Grégoire dis ce que tu as à dire et ensuite je te demanderais de quitter cet appartement et ne jamais y revenir.

    Ma main est allée à sa rencontre mais elle a une fois de plus reculé sous les yeux rieurs de Peter.

    Et voilà le moment était arrivé. Mon cœur se déchirait en mille morceaux mais elle avait raison je devais tout lui dire.

    J’ai commencé mon histoire par mon accident, je lui ai parlé de Sam, de ce que nous faisions depuis et enfin de ma rencontre avec Peter et de sa demande si particulière. Je lui ai enfin parlé des révélations de Sam concernant son fiancé. Je voulais la mettre en garde mais à chaque fois Peter s’arrangeait pour détourner l’attention de Justine.

    Elle n’a pas dit un mot. Ses larmes coulaient le long de ses joues. J’ai pris mes affaires et j’ai quitté l’appartement laissant sur la table la clef de chez elle.

    Elle n’a rien fait pour me retenir et je me suis retrouvé devant l’immeuble le cœur brisé.

    J’ai pris le temps d’appeler Mathilda pour lui dire qu’elle m’avait mis dehors sans rentrer dans les détails en lui demandant de veiller sur Justine pour moi.

    Je jetais un œil à la fenêtre de l’appartement et là Peter me narguait en me faisant un signe de la main.

    Que pouvais-je faire ? Comment combattre un fantôme devenu fou ?

     

     

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    âmes

     

    CHAPITRE 15

     

    Après une nuit sans sommeil c’est complètement déprimé que je me rendais au travail.

    Je n’avais plus envie de sortir de chez moi mais n’ayant pratiquement rien de côté il me fallait un salaire pour me loger et me nourrir.

    La journée a été très longue et je voulais me retrouver seul. Je ne voulais aller jusqu’au cimetière mais il me fallait terminer ma dernière mission, car oui ce serait la dernière.

    J’ai ouvert mon ordinateur et prenais les feuilles où j’avais noté mes idées et mes orientations de recherches. Je n’avais pas encore commencé, tout mon temps libre je l’avais passé à m’occuper de Justine. Plus rien ne comptait à part elle. Et maintenant j’étais seul, seul à tout jamais.

    Je me demandais parfois pourquoi on avait sauvé ma vie pour que je sois aussi malheureux. D’abord Jane puis mes parents, Sam et ….. Justine.

    Qu’avais-je à me faire pardonner pour expier à ce point ?

    Il fallait que je me ressaisisse. J’allais sur mes sites habituels mais rien absolument rien. Mon fantôme était un fantôme même de son vivant. Dans quelle galère j’étais encore tombé. Pourquoi il n’y avait aucune trace, aucune adresse, aucun article de journaux ? Rien.

    C’était bizarre. C’était la première fois que ça m’arrivait. Demain soir j’irais voir le type du journal qui me donnait quelquefois des infos. Leur base de données était assez complète et il avait également accès aux archives.

    Je m’installais sur le canapé mais aucun programme ne me plaisait.

    Je m’allongeais et regardais mon plafond. Je n’avais jamais remarqué toutes ces aspérités, tous ces défauts. Etrange distraction pour me faire oublier son visage. Il fallait pourtant que je dorme, je ne devais pas prendre le risque de me faire virer.

    Encore une semaine et j’étais en vacances. Cela faisait plus d’un mois que je n’avais revu Justine. Mais elle va bien, du moins en apparence d’après Mathilda. J’avais pris l’habitude de passer chaque nuit devant son immeuble. Je reste là un moment dans la pénombre à fixer sa fenêtre plongée dans le noir.

    Peter veille. Il sait que je suis là tout comme moi je sais qu’il ne me laissera plus jamais l’approcher. Il ne se manifestait pas mais le vent qui m’entourait me mettait en garde.

    A quoi bon !

    Mais une chose était sûre, il n’était toujours pas arrivé à ses fins. Justine était toujours en vie et pour moi c’était le plus important.

    Chaque soir je rentrais chez moi dans l’espoir que demain serait un jour meilleur.

    Ah ! J’avais oublié ! Ma dernière affaire était totalement bidon. Etait-ce l’œuvre de Peter ? Des supérieurs de Sam ? Je n’avais eu aucune réponse jusqu’à présent.

    Je n’étais toujours pas retourné au cimetière et Sam n’était pas réapparu depuis le soir où il m’avait parlé de Peter.

     

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    âmes

     

    CHAPITRE 16


    Justine




    Je ne croyais toujours pas que j’avais vécu une histoire quelque peu surnaturelle. Ce soir là Peter m’était apparu, je le voyais, je l’entendais. Je n’étais pas folle c’était rassurant.

    Il avait choisi le soir où j’avais pris la décision de lui dire adieu et de dire à Grégoire que je l’aimais pour réapparaitre.

    Je ne savais plus ce que je devais penser de l’aveu de Grégoire. Son histoire était tellement étrange et inattendue. Il m’avait menti et je ne pouvais pas lui pardonner.

    Comment avait-il fait pour se jouer de moi à ce point-là, étais-je si naïve ?

    La nuit je l’avais passé à discuter avec Peter. Je ne croyais pas au fait que l’on pouvait discuter comme avant et c’était assez perturbant.

    Au petit matin je me suis levée un peu perdue, cherchant Grégoire. C’est lorsque j’ai vu les clefs que je me suis rappelée qu’il ne reviendrait plus. La tristesse envahissait encore une fois mon cœur mais mes idées étaient trop confuses pour m’en donner la cause.

    Les jours et les nuits passaient. Je recommençais à me recroqueviller sur moi-même, à ne plus sortir, attendant Mathilda seule personne vivante que je m’autorisais à voir.

    Elle ne comprenait pas mon rejet envers Grégoire. Mais je ne pouvais pas lui dire la vérité, il aurait fallu pour cela lui parler de Peter.

    Peter qui était présent chaque nuit à mes côtés. J’aurais tellement aimé que ce soit suffisant, mais j’avais de plus en plus de mal à retrouver celui qui avait partagé ma vie.

    Il était méfiant et m’empêchait d’aller à la fenêtre et pourtant il n’y a pas si longtemps je l’avais entendu me suggérer de me jeter par là afin de pouvoir le rejoindre pour l’éternité.

    Ses propos étaient toujours les mêmes, il voulait que nous soyons réunis pour l’éternité. Peut-être que mon histoire avec Grégoire m’avait donné envie de reprendre ma vie en main car je me posais beaucoup de question.
    Si j’étais morte avant Peter, j’aurais essayé de faire en sorte qu’il soit heureux mais en vie. Bien sûr que j’aurais voulu qu’il me rejoigne mais qu’est-ce que c’était l’éternité pour l’autre monde. Peut-être que le temps passait plus vite et que naturellement nous aurions enfin été ensemble.

    Je rêvais souvent de mes sorties avec Grégoire et me réveillais brusquement vidée de mes larmes. J’étais puérile à ne pas savoir ce que je voulais. Lorsque j’avais Grégoire je voulais Peter et maintenant que j’avais Peter je désirais Grégoire.

    Peter le sentait et me montrait de plus en plus d’agressivité. Les nuits passaient et nous ne nous parlions pratiquement plus. Il était toujours sur le qui-vive, déambulant dans la chambre comme un fou jour et nuit.

    -  Peter, je t’en supplie arrête, tu me rends folle.

    - Non !

    - Tu ne vas pas me laisser le choix, je vais partir.

    - Tu ne peux pas te cacher, je te retrouverais.

    - Peter je t’ai aimé profondément mais maintenant toi et moi nous devons passer à autre chose.

    - Tu veux rejoindre l’autre imbécile c’est ça ? L’espèce de dingue qui parle aux fantômes.

    - Et qu’est-ce que je suis en train de faire en ce moment ? Hein ?

    Il n’y avait rien à faire, il s’était fermé et avait même disparu me laissant un air frais dans la pièce me faisant comprendre qu’il était toujours là malgré tout.

    Je ne savais plus quoi faire, j’étais épuisée.

    Mathilda m’a pris par la main un matin et m’a entrainé avec elle dans la cuisine.

    - Parle-moi ma petite chérie. Quelqu’un te fait du mal n’est-ce pas ?

    - Non. Enfin c’est compliqué.

    - Je peux t’aider tu sais.

    - Personne ne le peux Et puis c’est peut-être moi qui devient folle.

    - Tu vois le fantôme de Peter c’est ça ?

    - Mais…. Comment le savez-vous ?

    - Je le sens. Je sais qu’il est là dans ta chambre.

    - Vous le voyez ?

    - Non ! Mais je sens son énergie. Justine je suis une descendante d’une très vieille famille de sorcières. Je suis ici pour te protéger.

    - Une sorcière ? Vous vous moquez de moi là ?

    - Non, je t’assure.

    - Grégoire, il le savait ?

    - Non ! Il n’a jamais rien su. J’ai reçu des ordres et des indices pour entrer dans vos vies. Il me fallait juste les interpréter.

    - De qui sont les ordres ?

    - Ils me viennent des forces supérieures, c’est tout ce que je suis autorisée à te dévoiler.

    - Pourquoi moi ?

    Elle me prenait les mains et me faisant face me racontait que je devais vivre pour rendre quelqu’un heureux. Quelqu’un qui n’avait plus foi en l’amour, ni en la vie. Peter se serait révélé au grand jour même si il était resté en vie. Il était dangereux et les anges essayaient de trouver une solution pour le faire partir sans encombre. Mais jusqu’à présent il leur avait tout le temps échappé.

    Mathilda ferait le nécessaire pour le capturer et le maintenir ainsi le temps pour elle de s’échapper de son appartement.

    - Tu as un endroit où aller ? me demanda-t-elle.

    Je faisais non de la tête cherchant désespérément à me réveiller après un très long cauchemar.

    - Attends-moi là ! Je reviens.

    Au bout de dix minutes elle est revenue les bras chargés.

    Elle a positionné des bougies de chaque côté de la porte de ma chambre, puis , elle a écrit des symboles au-dessus de l’entrée de ma chambre tout en récitant, ce que je supposais, quelques formules bizarre.

    Ensuite, elle s’est retournée vers moi et a déposé un papier dans le creux de ma main.

    - Ne lis ce papier que lorsque tu seras sortie du bâtiment. C’est une adresse où tu seras en lieu sûr, pour le moment, je te le promets. Dépêche-toi, je ne pourrais pas le contenir dans la pièce longtemps, une heure ou deux peut-être trois.

    - Mais je ne peux pas partir comme ça !

    - Aies confiance, il le faut si tu tiens à la vie.

    Elle me donnait mon sac, mon manteau et me poussait à l’extérieur de l’appartement fermant la porte derrière moi.

    J’entendais des bruits, j’entendais Peter m’appeler, me prier de lui pardonner. Il savait ! Mais j’ai fait ce que Mathilda m’avait demandé, j’ai fui.

     

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    CHAPITRE 17

     

    Grégoire

     

    J’étais affalé dans mon canapé regardant un match. Je fixais l’écran sans grand intérêt pensant au temps pas si lointain où avec Sam nous passion des heures à regarder le sport à la TV, à faire nos commentaires et crier contre les joueurs.

    Seulement il n’y avait que moi qui entendais les cris de Sam, les voisins eux, n’entendaient que mes seuls commentaires.

    Jusqu’à présent cela ne m’avait pas gêné mais aujourd’hui la solitude me pesait.

    J’avais l’impression d’être un zombie ne faisant les choses que par obligation, mais sans conviction. Sam me manquait et Justine également.

    Je m’étais pourtant jurée de ne plus y faire allusion mais il était encore trop tôt sans doute.

    Des coups rapides à ma porte m’ont sorti de ma léthargie et je me suis levé brusquement.

    Je n’avais jamais de visite à part le proprio mais mes loyers étaient à jour et je me demandais qui cela pouvait-il être d’autre.

    J’ouvrais et me trouvais face à face avec la jeune femme qui hantait mes jours et mes nuits.

    -          - Justine ?

    -          - Grégoire ? Mais comment… ah ! j’aurais dû me douter que c’était chez toi que Mathilda m’envoyait.

    -          - Entre et explique-moi.

    -          - Merci, mais avant j’ai très envie de faire ça.

    Elle s’est jetée à mon cou m’embrassant avec fougue ce qui n’était pas pour me déplaire, au contraire. Mes bras l’enveloppaient d’une tendre étreinte et j’ai fini par la soulever, fermant ma porte d’un coup de pied, l’emmenant dans ma chambre.

    Les explications attendront, j’avais un besoin presque vital de me retrouver avec elle, de la toucher, de l’embrasser, de la sentir vivante.

    Ses yeux brillaient d’envie autant que les miens. J’avais sa permission. Mes mains caressaient son corps encore couvert de vêtements. Je pouvais sentir ses courbes parfaites sous mes doigts.

    J’ai enlevé son manteau, ses chaussures, puis une de mes mains est passée sous son pull, la mettant en contact avec sa peau. Mon cœur battait vite, trop vite. Il fallait que je me calme légèrement malgré le fait que l’objet de mon intimité était déjà près à passer à l’action.

    Je remontais vers ses seins rebondis, sentant sous mes caresses la pointe se durcir sous la dentelle de son soutien gorge.

    J’enlevais son pull cherchant son regard. Je m’y prenais mal et elle est venue à mon secours en le retirant elle-même.

    J’embrassais son cou et mes lèvres descendaient doucement vers sa poitrine ferme m’appelant à la goûter.

    J’ai dégrafé le soutien gorge plus habillement  que le pull et j’ai pu enfin prendre le bout de son sein durcit entre mes lèvres.

    Elle se cambrait et gémissait légèrement  me caressant les cheveux de ses doigts délicats. Je descendais ma main vers ses jambes que je caressais, elles étaient douces comme du satin, je m’attardais un peu m’imprégnant du moindre détail, de la moindre sensation.

    Puis à force de caresses nous nous sommes retrouvés nus et enlacés. Nos corps s’accordaient à la perfection et retrouvaient leur place à chacun de nos mouvements comme une évidence, comme les pièces d’un puzzle.

    Je sentais son souffle chaud contre ma peau, ses légers gémissements à mon oreille me donnaient l’ordre d’aller plus loin.

    Ne faire plus qu’un avec celle que l’on aimait était une sensation incroyable et magique. Nous étions connectés par un fil invisible qu’on appelait l’amour, le désir.

    La lenteur de mes mouvements la faisait tressaillir sous mes mains. Puis j’ai accéléré légèrement pour commencer puis plus rapidement jusqu’à ce qu’elle s’accroche à moi poussant des cris de plaisir me prouvant qu’elle reprenait goût à la vie.

    Essoufflé mais heureux j’ai posé ma tête sur sa poitrine écoutant son cœur battre rapidement, trop rapidement pour ensuite reprendre petit à petit un rythme régulier.

    -          - Je t’aime, me dit-elle enfin en me caressant en passant ses doigts dans mes cheveux décoiffés.

    Je me redressais à ses mots. J’avais tellement espéré les entendre un jour. Mes yeux plongèrent dans les siens et ma bouche prenait d’assaut ses lèvres jusqu’à ce que nos corps excités par le désir ne s’enchevêtrent à nouveau. Cette fois-ci mes envies mes désirs étaient plus  bestiales donc plus intenses. Nous nous accrochions l’un à l’autre dans l’euphorie du moment emportant nos cris de plaisir.

     

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    CHAPITRE 18

     

    La nuit était tombée et nous sortions de la douche où d’autres plaisirs nous ont attardés quelque peu. Je la regardais s’habiller alors que j’avais encore envie d’elle. Comment était-ce possible alors que nous étions si épuisés de notre journée passée dans la chambre ?

    C’était la première fois que je passais autant de temps à faire l’amour à une femme et pourtant mon désir était intact.

    Elle s’est retournée me souriant.

    -          - Qu’est-ce qu’il y a ? me demanda-t-elle.

    -          - Tu es si belle, si désirable mon amour.

    -          - Je crois que je ne vais jamais cesser de te dire je t’aime.

    -          - Pourquoi ?

    -          - Parce que si à chaque fois que je te dis ces mots tu me rends aussi heureuse qu’aujourd’hui j’en redemanderais tous les jours, me répondit-elle rougissant légèrement.

    -          - Justine, tu n’as pas à rougir. Je t’aime comme un fou et je te promets de te rendre heureuse même si tu dois faire de moi ton esclave sexuel.

    -          - Je ne veux pas d’esclave. Je te veux toi, celui qui à force de persévérance m’a redonné goût à la vie.

    Je lui ai pris la main et je l’ai entrainé dans la cuisine. Elle s’est assise sur le tabouret me regardant lui préparer un repas comme je le faisais il y a quelque temps chez elle, à son appartement.

    C’est alors que je me suis souvenue qu’elle n’était pas arrivée chez moi par hasard.

    -          - Justine qu’est-ce qui s’est passé chez toi ?

    -          - Mathilda m’a aidé à fuir. Peter est devenu complètement dingue et il me retenait prisonnière.

    -          - Mathilda ? Et bien les vieilles dames ont des ressources insoupçonnables.

    -          - Oh ! J’ai oublié de te dire c’est une sorcière.

    -          - Une quoi ? Une sorcière ? Comme ma sorcière bien aimée, Harry Potter, Merlin,… dis-je un peu moqueur.

    -          - Ne fais pas l’imbécile, je te dis la vérité. Elle a fabriqué une barrière à l’aide de bougie, de signes bizarres et d’incantation, une barrière pour empêcher Peter de sortir de ma chambre. Elle m’a donné un morceau de papier avec une adresse et voilà comment sans le savoir je suis arrivée chez toi. Elle m’a dit qu’à cette adresse je serais en sécurité.

    -          - Il va me falloir quelques explications. Et je sais très bien qui peut me les donner.

    La faim étant là nous avons englouti tout ce que j’avais préparé laissant les explications à plus tard.

    Une fois dans le salon j’ai commencé à faire les cent pas cherchant un autre moyen que celui-là pour nous débrouiller seul.

    Je savais que mon appartement avait des barrières de protection empêchant les revenants de venir me déranger, seul exigence que j’avais désiré afin d’essayer d’avoir une vie normale. Mais nous ne pouvons pas rester à tout jamais enfermés ici. Peter attendrait le bon moment pour agir, il a toute l’éternité. Il était devenu dangereux et incontrôlable et c’était de leur devoir là-haut de protéger les humains.

    Justine était assise sur le canapé, tordant ses doigts nerveusement mais prenant soin de me laisser à mes réflexions.

    -          - Sam ! dis-je tout haut. Sam rapplique tes fesses je voudrais te voir immédiatement. Sam !

    -          - Oh ! Gueule pas ! J’suis là.

    -          - Et bien je ne sais pas avec qui tu traines dans ton monde mais ton langage laisse à désirer.

    Justine me regardait d’un air ahuri et j’ai compris qu’elle ne voyait ni n’entendait mon ami.

    -          - Est-ce que tu peux te montrer à Justine s’il te plait ? Je sais que tu peux le faire et cette conversation la concerne aussi.

    J’ai su qu’il avait réussi en regardant la jeune fille assise sur le canapé la bouche ouverte de stupéfaction.

    -          - Merci Sam. Est-ce que tu as quelque chose à me dire ?

    -          - Quoi ? Qu’est-ce que tu veux ?

    -          - La vérité sur toute cette histoire. Tu es plus malin que tu veux bien le faire croire et tu ne peux rien me cacher. Tout ça c’est toi ?

    -          - Non ! Je te jure que non. Disons que je t’ai un peu aidé mais pour le reste et bien ça vient de plus haut.

    -          - Comment ça ? Ils me veulent quoi au juste ?

    -          - Ils veulent te récompenser. Ils ont été conscients  de ce que tu as enduré pendant toutes ces années. Ta solitude pesante  sans jamais t’égarer de tes missions. Ils sont reconnaissants pour toutes les âmes vivantes ou mortes que tu as sauvé. Ils ont pris alors la décision de t’offrir une compagne.

    -          - Quoi ? Je suis un cadeau pour Grégoire ? demandait Justine légèrement énervée.

    -          - Excuse-moi Justine mais ce n’est pas tout à fait comme ça qu’il faut prendre les choses. Ils ont trouvé l’âme sœur de Grégoire et ça ne pouvait être que toi. Mais sans notre aide vous ne vous seriez jamais trouvé. Des âmes sœurs se reconnaissent au premier regard mais pour cela il faut qu’ils se rencontrent. Et vu ce que vous viviez chacun de votre côté ce n’était pas gagné. Justine un jour où l’autre Peter t’aurait fait du mal même si il était resté en vie. Il a une âme noire depuis longtemps déjà.

    -          - Peter c’est eux qu’ils l’ont fait mourir ? demandais-je.

    -          - Bien sûr que non. Si ils avaient le droit de vie ou de mort sur les humains imagine qu’elle serait les conséquences. Il était déjà passé dans l’autre monde lorsqu’ils se sont rendus compte que leur plus fidèle agent était si malheureux.

    -          - Comment ils ont su que nous étions des âmes sœurs ? demanda Justine soudainement.

    -          - Chaque âme a une essence particulière, quelque chose d’unique un peu comme un ADN. Sauf que pour les âmes sœurs cet ADN est en double. C’est comme ça qu’ils savent exactement qui correspond à un autre humain. Grégoire je sais déjà que lorsque tu as posé ton regard sur Justine tu l’as aimé instantanément et toi Justine ?

    -          - Moi aussi j’ai ressenti la même chose mais je me refusais à le croire ou même l’imaginer car pour moi il ne pouvait y avoir que Peter. Mais je comprends maintenant ce que tu veux dire.

    -          - Quel a été ton rôle dans tout ça ? demandais-je à mon ami.

    -          - Et bien j’ai fait en sorte que tu croises le chemin de Mathilda. En fait elle n’habite pas le même immeuble que Justine. Je l’ai envoyé pour vous protéger là où je ne pouvais intervenir. J’avais des ordres, je devais réellement m’éloigner de toi pour te laisser faire tes propres choix.

    -          - C’est tout ?

    -          - Oui bon c’est moi qui lui ai indiqué ton adresse pour qu’elle y envoie Justine dès que possible. Je savais qu’elle serait en sécurité ici. Ce sont des anciens qui ont créé les barrières et moi seul était autorisé à les franchir.

    -          - Comment nous débarrasser de Peter ? Parce que nous ne pouvons pas rester indéfiniment ici.

    -          - Nous n’avons pas encore la solution.

    -          - Pardon ! Tu peux répéter ?

    -          - Nous essayons de l’envoyer là où il doit être mais il nous échappe à chaque fois. Il est décidé à rester sur terre tant que Justine ne le suivra pas. Et maintenant qu’elle s’est enfuie sa rage doit être absolue. Nous sommes persuadés qu’il existe une solution et nous sommes presque sûr que vous êtes la solution. Mais ce qu’il nous manque c’est le mode d’emploi.

     

     

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    CHAPITRE 19

     

    Sam était parti aux nouvelles nous laissant Justine et moi dans l’incompréhension de ce que nous venions d’apprendre. Au moins nous pouvions réfléchir sereinement ici car Peter ne pouvait pas entrer.

    -          - Grégoire. J’ai réfléchi à ce que Sam nous a dit. Peter va savoir ce qui est arrivé, j’en suis sûre. Sa colère va tomber sur nous, il fera tout pour nous séparer.

    -          - Non Justine. Il ne le peut pas. Il est mort et nous sommes vivants. En plus il ne peut pas franchir ses murs.

    Et cette fois-ci m’adressant au ciel.

    -          - Et je jure devant dieux que si ils nous arrivaient quoi que ce soit il n’y aurait pas assez de l’éternité pour que je me venge. Vous avez compris le message ? Je ne perdrais pas le si peu de bonheur que j’ai enfin.

    Justine est venue me rejoindre et s’est blottie dans mes bras. Je me suis enfin calmé mais la colère était toujours là dans un coin de mon esprit.

    -          - J’ai du mal à croire à toute cette histoire. Nous sommes des âmes sœurs ? me demandait Justine.

    -          - Oui. C’est incroyable ! J’en suis très heureux. Tu es celle que je cherchais depuis longtemps. Celle qui accepte ce que je suis sans me prendre pour un dingue. Mais ces derniers jours m’ont paru aussi long que l’éternité, sans toi j’étais si malheureux. Tu m’avais chassé de ta vie..

    -          - Je suis désolée. J’étais en colère, déboussolée. J’ai toujours eu du mal à pardonner les mensonges. Mais avec tout ce que j’ai vu depuis quelques temps j’ai compris pourquoi tu l’avais fait. J’ai compris aussi que je n’aimais plus Peter mais que je t’aimais toi.

    Elle passait ses mains sur mon visage, me caressant tendrement, son regard rivé sur le mien. Ses yeux brillaient me laissant apercevoir les larmes qui se formaient attendant impatiemment de s’échapper le long de ses joues.

    Je lui ai pris une de ses mains et la dirigeait vers ma bouche pour que je puisse l’embrasser.

    Nous n’avions plus besoin de parler, nous nous comprenions comme une seule âme.

    Mais c’était sans compter Peter qui dans la nuit nous avait enfin trouvé. Je pense que pour lui ça n’avait pas été trop difficile à comprendre.

    Je savais que dès qu’il aurait assez de force il sortirait du piège que lui avait tendu Mathilda et qu’il viendrait ici, chez moi.

    Je ne voulais pas le dire à Justine mais j’espérais que la vieille dame ne soit pas trop mal en point.

    Nous nous étions endormis sur le canapé. Lorsque j’ai ouvert les yeux comme par instinct, une ombre passait devant mes fenêtres et je me suis précipité pour tirer les lourds rideaux opaques. Justine s’est réveillée au même moment et comme poussée par la peur elle m’a aidé malgré le fait qu’elle ne voyait rien pour l’instant.

    Peter ne se révélait pas à elle, il avait un plan certainement.

    -          - C’est lui ? me demanda-t-elle.

    -          - Oui. Il est là dehors. Ne t’inquiète pas il ne peut pas entrer ici. Mais cela ne va pas l’empêcher de mettre nos nerfs à rude épreuve.

    -          - Je serais forte. Je te le promets.

    -          - Viens ! Retournons nous assoir. Tu frissonnes mon amour.

    Un coup s’est abattu sur une des fenêtres. Il avait certainement entendu mes derniers mots et il ne pouvait pas le supporter.

    -          - Tu es sûr qu’on est en sécurité ?

    -          - Oui. Pour l’instant. Viens dans mes bras.

    Je savais qu’elle avait entendu le bruit tout comme moi. Elle avait peur et je devais la protéger. Il fallait que l’on trouve une solution. Sam nous a dit qu’il était persuadé que c’était nous la solution. Que voulait-il me dire ?

    Justine restait silencieuse son corps contre le mien. Son oreille contre mon cœur, ce cœur qui lui appartenait.

    Réfléchir ! Il fallait que je réfléchisse, la solution existait.

    Mes bras entouraient le corps de Justine comme dans un étau de protection. Elle se recroquevillait et m’agrippait. Elle tremblait et j’essayais de la rassurer.

    -          - Nous allons nous en sortir. Calme-toi et aies confiance en nous, en notre amour, lui dis-je calmement lui caressant les cheveux afin d’essayer de l’apaiser.

    Encore un coup brutal se faisait entendre, cette fois-ci du côté de la porte d’entrée. Justine sursautait et m’agrippait pendant que moi je me forçais à rester calme afin de la rassurer.

    Je ne voulais pas m’imaginer la tête de Peter en ce moment précis où la colère et la folie avaient atteint le plus haut niveau. Comment nous sortir de ce piège infernal ? Lui laisser Justine ? Il en était hors de question. Me sacrifier ? Oui certainement si j’étais sûr qu’il la laisserait vivre ensuite. Mais je savais qu’il n’arrêterait que lorsqu’il aurait ce qu’il voulait. Donc deux solutions impossibles.

    Je savais aussi que là-haut ils avaient la solution mais comme à leurs habitudes ils aimaient jouer avec les humains, leur seule distraction. J’avais espéré que Sam nous mettrait un peu plus sur la voie mais il était pris par le secret dû à ses supérieurs et je ne voulais qu’il soit sévèrement puni à cause de moi. Je m’en voulais tellement d’être en vie alors que lui était mort.

    Voilà peut-être un début de solution. Pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt. C’est ce que j’ai tout le temps avec les autres revenants. Justine et moi nous ne nous pardonnons pas la mort de quelqu’un. Justine était accaparé par le chagrin d’avoir perdu Peter et moi je m’en voulais de ne pas être mort en même temps que mon  meilleur ami.

    Je me redressais poussant légèrement Justine pour qu’elle me fasse face.

    -          - Justine ! J’ai peut-être une idée pour nous sortir de là.

    Elle n’a pas dit un mot pendant que je lui exposais  mes pensées.

    -          - Cela parait clair, me dit-elle. Mais comment procéder ?

    -          - Je crois qu’il faut que nous ayons le courage de leur dire au-revoir. Il faut que nous soyons sincères et que dans notre cœur il n’y est plus aucune trace de culpabilité.

    -          - Mais Peter n’écoutera pas, il est devenu fou à lier. Et s’il me faisait du mal ?

    -          - Je crois que je sais qui peut nous aider.

    -          - Mathilda !

    -          - Oui Mathilda. Mais pour la retrouver il nous faut Sam. Car j’ai déjà essayé d’appeler chez toi et chez elle pour savoir si elle allait bien et personne ne répond. Je ne voulais pas t’inquiéter c’est pour ça que je ne t’ai rien dit.

    -          - Il va falloir que tu arrêtes de me mentir pour mon bien. Si tu veux que ça fonctionne nous deux plus de cachotteries.

    -          - C’est promis !

     

     

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