• Loin de la Rue - chapitre 9

     
     

    loin
     
     
    CHAPITRE 9
     

    Alice




    Je n’arrivais pas à croire que ce soit justement lui qui me trouve pratiquement à l’agonie.

    Je m’en voulais de lui parler si brusquement mais j’avais perdu l’habitude qu’on prenne soin de moi. J’étais devenue méfiante sans doute parce que j’avais peur de souffrir.

    Je me rappelais du loup me poussant légèrement et puis plus rien. Comment se faisait-il qu’il connaisse cet homme justement ? Et pourquoi celui-ci l’avait suivi aveuglément pour venir me sauver ? Tant de questions sans réponse qui m’embrumaient l’esprit.

    Matthiew m’avait proposé d’aller dans son salon mais je voulais encore rester seule. J’avais peur de succomber à cet homme qui me plaisait un peu trop.

    Je regardais un peu mieux autour de moi. La chambre était masculine et je rougissais à l’idée qu’il m’avait installé dans sa chambre. Je me levais fébrilement prenant soin de ne pas faire de gestes brusques. Il avait raison, je n’avais pas encore assez de force pour rejoindre mon abri.

    Mon abri !

    Je ne devais plus en avoir. Une semaine sans être occupé et c’était sûr que quelqu’un d’autres s’y était installé. Je n’avais plus qu’à tout recommencer. Ce n’était pas la première fois.

    Je prenais mon sac qui était posé contre le lit. Je regardais à l’intérieur rien ne manquait.
    Matthiew n’avait pas fouillé dedans, il avait tenu à respecter mon intimité et je lui étais reconnaissante pour cela.

    Je touchais quelques objets déposés sur une commode. Ils avaient l’air rare et ancien. Sur une étagère des petites sculptures de loup. Lui aussi les aimait. C’est sans doute pour cela que l’animal était allé le chercher lui. A moins que mon loup n’ait deviné que je ne voulais être sauvé que par lui.

    Matthiew aimait les livres. Il y en avait pas mal. Je les caressais délicatement sans les prendre. Je souriais en lisant les titres.

    La porte s’est ouverte doucement et Matthiew est entré lorsqu’il m’a vu debout devant sa bibliothèque.

    - Vous trouvez votre bonheur ? me dit-il en souriant.

    - Je regardais. Je comprends pourquoi vous venez souvent à la boutique de Mr Blackwells.

    - Je tiens ça de ma mère.

    - Et vous vous échangez vos lectures ?

    - Non, malheureusement, dit-il tristement, elle est morte il y a quelques années déjà.

    - Je suis désolée. Je ne voulais pas vous peiner.

    - Vous ne pouviez pas savoir.

    - C’est très joli, lui dis-je en montrant les objets sur la commode.

    - Ce sont des objets qui ont appartenu à mes ancêtres. Ils sont rares et j’y tiens beaucoup.

    - Je ne vais pas les prendre, lui dis-je vexé.

    - Oh ! Je ne pensais pas à cela. Je sais très bien que vous n’êtes pas de ce genre là. Je voulais juste souligné le côté sentimental de ces objets.

    - Pardon. Une vieille habitude.

    - Je comprends. Et avant que vous me posiez la question c’est moi qui ait sculpté les loups.

    - C’est vous ? Incroyable ! Ils sont magnifiques.

    - Merci.

    Malheureusement pour moi je n’étais pas encore assez forte et je me sentais faiblir. Il me rattrapait juste à temps m’enveloppant de ses bras afin de me porter jusque sur le lit.

    - Ça va mieux ? me dit-il tendrement en levant la main vers mon visage mais s’arrêtant au dernier moment.

    - Oui. Je crois que j’ai abusé des quelques forces que j’avais.

    - Reposez-vous ! Oh et puis merde. Est-ce que je peux te tutoyer ?

    - En fait je préfèrerais.

    - Alors repose-toi, je t’apporterais un plateau tout à l’heure, dit-il en refermant la porte derrière lui.

     

    loinrue2

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :