• Loin de la rue - chapitre 27

     

    loin
     
     
     
    CHAPITRE 27
     
     
     
     
    J'avais fait le chemin jusqu'au domicile de Mr Blackwells afin d'être sûr qu'il rentre chez lui sans problèmes. Nous avons marché côte à côte sans dire un seul mot.

    Avant de refermer la porte il m'a pris la main qu'il a tapotée légèrement.

    - Promets-moi de la retrouver.

    - Je vous le promets.

    Le vieil homme était épuisé et son visage montrait toute la tristesse qui était en lui.

    Je n'avais pas parlé de cette histoire de beau-père. Je voulais que ce soit Alice qui nous en parle. J'aurais tellement aimé qu'elle se confie à moi. Bon sang pourquoi ce silence alors que mon père faisait pression sur elle.

    Nathan était au volant de ma voiture et commençait à s'agiter.

    - Je croyais que tu étais pressé d'aller à San Francisco. Nous n'avons plus de temps à perdre si nous voulons prendre cet avion.

    - Je sais mais Mr Blackwells est quelqu'un d'important surtout pour Alice. Je devais lui dire pour moi.

    - Pour nous ! N'oublies pas que tu lui as dit que nous étions assez nombreux. J'espère que tu ne vas pas le regretter.

    - J'ai confiance en cet homme. Bien plus que j'ai eu confiance en mon propre père.

    - En parlant de ton père, j'ai remarqué que tu n'avais rien demandé sur ses obsèques.

    - Parce qu'il n'y avait rien n'a demandé. Vous avez procédé au rite de passage et vous avez brûlé le corps comme il est fait pour chaque membre de la tribu et cela depuis des générations.

    - Ça fait bizarre !

    - Quoi ?

    - Et bien c'était à toi que revenait la place de chef. Tu étais l'espoir.

    - L'espoir de quoi ? De suivre les traces de mon père ? De faire une révolution dans les mœurs ?

    - Plutôt la deuxième question.

    - Au moins tu redeviens honnête.

    - Tu vas m'en vouloir pendant longtemps ? Nous n'avions pas le choix que d'obéir à l'Alpha et tu le sais. Je t'enviais tellement d'avoir trouvé la force de briser le lien.

    - Excuse-moi ! Allez dépêchons-nous, plus que trente minutes.

    Finalement il n'y avait pas beaucoup de personnes à l'embarquement et nous sommes arrivés dans l'avion avec dix minutes d'avance.

    Nous n'avions que des bagages à main ce qui nous a permis de ne pas perdre du temps à l'enregistrement.

    Nous avions à peine décollé que Nathan dormait déjà comme un louveteau. Il me faudrait encore un peu de temps pour refaire confiance à mon ami mais j'étais heureux de l'avoir à mes côtés.

    San Francisco ! Mais pourquoi avait-elle choisi San Francisco ? Connaissait-elle quelqu'un ? Venait-elle de cette ville ? Tant de questions qui ne trouvaient pas encore de réponses.

    Nous étions installés dans un petit hôtel modeste et pas cher. L'endroit était calme et propre c'était déjà ça.

    Il y avait beaucoup de gens de passage, beaucoup de représentants commerciaux qui ne rentraient que pour dormir.

    Deux jours que nous cherchions Alice. Mais c'était trop vaste pour la trouver rapidement à moins d'avoir la chance inouïe de la croiser dans la rue.

    Nathan voulait que l'on fasse les boites de nuit, les bars et autres endroits où des jeunes femmes pourraient trouver très facilement un travail. Mais je n'y croyais pas, Alice n'aurait jamais accepté de faire ce genre de boulot. Elle avait certains principes et c'est ce qui l'avait conduite dans la rue.

    Il m'a fallu encore deux jours de plus sans le moindre succès que j'ai cédé à Nathan et que nous avions arpenté les quartiers où se trouvaient ce genre d'endroit.

    Le premier soir n'a rien apporté sauf de se faire virer d'un bar de nuit parce que nous posions des questions aux filles et que ça les empêchait de travailler.

    Il nous en aurait fallu peu pour mettre les gros bras en miettes mais j'avais demandé à Nathan de faire profil bas.

    Le deuxième soir après avoir fait deux ou trois établissements nous sommes entrés dans ce qui semblait-il un bar avec des danseuses exotiques. Elles se débrouillaient vraiment bien et Nathan était prêt à faire connaissance avec une des filles et peu lui importait laquelle.

    Nous étions au bar et je sirotais mon whisky pendant que mon ami hésitait encore sur son cocktail.

    - Bonjour beau mâle, me dit une voix féminine derrière moi. Son souffle chaud se propageait dans mon cou, elle savait y faire.

    Je me suis retourné regardant à qui j'avais à faire.

    - Bonjour ! répondis-je sans grande conviction.

    Elle était assez jolie mais assez banale en fait.

    - Tu m'offres un verre ?

    - Si tu veux. Tu prends quoi ?

    - Un verre de champagne.

    Je levais la main afin que le barman regarde dans ma direction et sans rien demander a apporté une coupe à la demoiselle.

    - C'est plutôt un service express.

    - Oh ! Dany sait ce que je prends. Mais parlons plutôt de toi. Tu fais quoi dans la vie ?

    - Et en quoi ça vous regarde ?

    - C'est pour faire connaissance mais si ça pose un problème on peut parler d'autres choses. Vous êtes là pour les affaires ou bien êtes-vous en vacances ?

    - Ni l'un ni l'autre. Je cherche quelqu'un.

    - Une femme ?

    - On ne peut rien vous cacher.

    - Si elle est partie, elle avait peut-être ses raisons.

    - Oui. Mais de mauvaises raisons.

    - Tous les hommes disent la même chose. Si vous la retrouvez vous la ramènerez avec vous ?

    - Si elle le désire oui.

    - Vous ne l'obligerez pas à vous suivre ? dit –elle étonnée.

    - Non. Si c'est ce qu'elle veut je la laisserais vivre sa vie mais je veux qu'elle me le dise. Je veux qu'elle me dise au revoir.

    - Vous l'aimez assez pour cela ?

    - Oui et bien plus encore.

    - Ça fait longtemps que vous cherchez ?

    - Oui plusieurs jours.

    - Elle s'appelle comment ?

    - Alice.

    J'ai vu une légère hésitation lorsqu'elle a trempé ses lèvres dans sa coupe de champagne.

    - Ça vous dit quelque chose ?

    - Non ! Enfin si c'est le prénom de ma petite sœur et ça fait des années que je ne l'ai vu donc j'ai eu un petit pincement au cœur lorsque je vous ai entendu prononcer ce prénom.

    - Ça fait longtemps que vous n'avez pas vu votre famille ?

    - Une dizaine d'années. Ma sœur avait huit ans lorsque j'ai quitté le domicile de mes parents et mon frère avait deux ans de plus que moi.

    - Et vous aviez ?

    - 17 ans. Mais on s'habitue à vivre loin de ses racines.

    - Oui je sais très bien de quoi vous parlez. Alors vous êtes sûr vous ne connaissez aucune Alice ?

    - Non. Mais vous savez ici la plupart ne donne pas leur vrai nom. Vous voyez l'homme au fond de la salle et bien c'est mon patron il se fait appeler Sergio. En fait il s'appelle Serge et ce n'est pas très classe pour ce genre d'endroit.

    - En tout cas merci et bonne chance à vous.

    - Bonne chance à vous aussi.

    J'agrippais Nathan au passage, je devais m'éloigner d'ici au plus vite. Je ne voulais pas imaginer Alice se trémoussant comme ces filles.

    - Eh mec attends ! J'avais une touche. Et toi aussi d'ailleurs.

    - Nathan tu es un grand malade. Tu crois que je vais draguer une autre fille alors que j'en cherche une autre ?

    - Ce n'est pas ton genre.

    - Mais c'est le tien.

    - Et oui tu as percé mon mystère. Ahh j'aurais pu passer une excellente soirée.

    - Et revenir les poches vides. Tu es beaucoup sorti du village ces dernières années ?

    - Oui, un peu, pourquoi ?

    - Dans ce genre de bar les filles sont payées pour faire en sorte que les clients dépensent un max mais sans coucher si tu vois ce que je veux dire.

    - Rien ? nada ?

    - Nada ! Sauf si après leur travail elle décide de suivre le mec mais en général les patrons ne sont pas très chaud, du moins ouvertement.
     
     
     
    loinrue2

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