• Loin de la rue - chapitre 25

     

    loin
     
     
    CHAPITRE 25
     
     
    Alice
     
     
     
     
     
    Je ne pouvais pas dire que j'étais heureuse on en était loin. Mais j'avais un toit et un boulot. Oh ce n'était pas le nirvana je ne gagnais pas suffisamment d'argent pour avoir mon propre chez moi.

    En fait tout ça c'était grâce à Mary-Anne, une jeune femme que j'avais rencontré dans le bus. Elle était danseuse exotique le soir et avait réussi à me faire embaucher pour nettoyer les salles au petit matin. Elle avait également eu la gentillesse de me loger. Je participais au loyer et aux repas mais j'aurais aimé faire plus.

    - Alice je t'ai déjà dit que tu n'étais pas obligée.

    - Je veux participer, je ne suis pas du genre à vivre aux crochets des autres. Je me suis toujours débrouillée seule.

    - Sergio est prêt à te former si tu le désires.

    - Non merci. Ce n'est pas pour moi.

    - Ça paie bien tu sais.

    - Peut-être mais comment dire.

    - Ça ne fait pas parti de ta religion, me dit-elle en souriant.

    - On peut dire ça comme ça.

    - Tu sais c'était ça, le tapin ou la rue.

    - Je comprends.

    Je sentais qu'elle avait elle aussi un passé qu'elle voulait oublier.

    C'est peut-être ce qui nous rapprochait sans le savoir.

    Elle m'a laissé seule comme chaque soir. Me laissant à ma solitude et à mes pensées moroses. Elle ne m'a pas posé une seule question. Elle avait juste compris que j'avais fui.

    Chaque soir j'attendais que Mary-Anne soit parti pour sortir de mon sac le dessin que j'avais pris à Matthiew. Je me demandais si il allait bien, ce qu'il était en train de faire, si il m'avait oublié ou si il me cherchait.

    Je rêvais souvent de nos retrouvailles. Nous nous pardonnions au premier regard et nous restions enlacés assez longtemps pour nous réchauffer de nos corps. Mais comme je le disais ce n'était que des rêves rien de plus.

    Je m'endormais souvent par la fatigue d'avoir tant pleuré, serrant dans ma main un des loups en bois, petite chose miniature qui tenait dans mon poing fermé.

    Et chaque matin je me réveillais lorsque Mary-Anne allait se coucher. Il était 5 heures du matin. A 5heures 30 je devais être à mon travail nettoyant la boite de nuit jour après jour. Heureusement pour moi je n'avais vu qu'une seule fois le patron. C'était le jour où Mary-Anne m'a présenté à lui.

    Je n'aimais pas son genre. Il avait tout du mac et je m'en méfiais.

    A 8 heures je rentrais sans faire de bruit, Mary-Anne pointerait le bout de son nez en début d'après-midi.

    J'avais décidé de sortir, prendre l'air me ferait du bien. Avec moi mon sac qui ne me quittait jamais. J'avais appris à être méfiante même envers les personnes qui se disaient être mon ami. Et puis la réalité était là, je ne connaissais Mary-Anne depuis une vingtaine de jours tout au plus. Je lui étais reconnaissante mais pour l'instant c'est tout ce que je pouvais lui accorder.

    Je suis passée devant un kiosque où l'on vendait des cartes postales. Je regardais les paysages en me disant que je ferais bien de visiter la ville quand je suis tombée sur la photo d'une vieille librairie. Tout de suite j'ai eu un nœud dans la gorge, une peine immense m'a submergé. Inconsciemment, ou non, j'ai pris la carte et j'ai payé le commerçant. Je tenais dans ma main cette chose sans vraiment savoir pourquoi je l'avais acheté.

    J'avais promis de donner de mes nouvelles à Mr Blackwells.

    Je me suis assise sur un banc et j'ai fouillé dans mon sac à la recherche d'un stylo. Je ne devais pas mettre de détails sur ma vie. J'ai écrit juste quelques mots « je vais bien ne vous inquiétez pas pour moi. Alice ».

    J'étais soulagée de l'avoir fait. C'était comme si je me rendais compte que j'avais toujours ce fil qui me liait à mon ancienne vie.

    Combien de vies allais-je vivre avant d'être enfin heureuse ? C'est ce que je me demandais en prenant le chemin qui me ramenait chez moi. Enfin chez Mary-Anne.
     
     
     
    loinrue3

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