• Loin de la rue - chapitre 19

     

     

     

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    Chapitre 19

     

    Nous avions le souffle court et nos lèvres étaient brûlantes et gonflées à force de nos baisers.

    J’avais le cœur qui battait très vite et mes yeux étaient rivés aux siens.

    -         - J’ai quelque chose à te révéler mais je ne sais pas comment te le dire sans te faire peur, lui dis-je en restant fixés à ses grands yeux expressifs. J’aurais aimé avoir plus de temps pour le préparer à ce terrible secret mais je préfère que tu l’apprennes de ma bouche par d’autres tu prendrais ça comme une trahison.

    -         - Tu commences à me faire peur. Il y a pire sur ta famille ? Sur toi ?

    -         - Les deux, lui dis-je tout en bas en baissant la tête.

    -         - Parle-moi. J’ai besoin de savoir.

    -         - Je t’aime Alice. Je t’aime depuis le jour où mon regard s’est posé sur toi et j’ai peur que tu ne veuilles plus me voir, j’ai peur que tu me fuis.

    -         - Pourquoi ?

    -         - Parce que je suis un monstre, un être abject, je suis contre nature.

    -         - Je ne comprends pas, me dit-elle d’une voix inquiète en s’écartant de moi.

    -         - Regarde mes yeux Alice. A qui te font-ils penser ? Essayes de deviner. Fais un effort, c’est trop dur.

    -         - Tes yeux ? dit-elle d’une voix tremblante. C’est vrai que tes yeux m’ont toujours fait penser à …

    -         - Oui Alice, vas-y, continue. Je t’en supplie !

    -         - Mais c’est impossible.

    -         - Si Alice c’est possible, vas au bout de ta pensée.

    -         - Tu as les mêmes yeux que mon loup. La même couleur, le même éclat, les mêmes expressions. Tu ne veux quand même pas me faire croire que…

    -         - Que je suis…. Ton….. loup ? Si, c’est exactement ce que je suis. Je t’ai sauvé cette nuit là parce que j’étais déjà avec toi.

    -         - Arrête ! dit-elle en se levant brusquement. Je ne peux pas croire en tes paroles. C’est impossible, les loups-garous n’existent pas.

    -         - Je ne suis pas un loup-garou. Rappelle-toi la conversation que nous avons eu au sujet de mon manuscrit.

    J’essayais de m’approcher d’elle doucement et de prendre ses mains mais elle reculait toujours et gardait ses mains contre son corps. J’essayais d’accrocher ses yeux comme nous le faisions il y a encore peu de temps mais j’y voyais la peur et la colère alors je n’ai pas insisté.

    -         - C’était l’histoire d’un homme que se transformait en animal et qui tombait amoureux d’une simple humaine. Tu avais dit que c’était un métamorphe. Alors tout est vrai ? Tu me parlais de notre histoire ?

    -         - Oui mon amour. Tout est vrai, lui dis-je en m’asseyant sur mon lit complètement désespéré mais tellement soulagé de ne plus avoir de secret pour elle.

    -         - Je ne peux pas encore te dire que j’accepte le fait que tu te transformes en loup. J’avoue que ça me fait peur mais je comprends mieux certaines choses. J’aimerais que tu me racontes tout maintenant.

    J’essayais tant bien que mal à tout lui expliquer. Elle restait loin de moi et évitait de me regarder. Elle était attentive et me posait des questions. Au moment où je terminais mon récit on a frappé à la porte de ma chambre.

    -         - Matthiew ! C’est l’heure ! Ton père et les autres t’attendent pour le conseil.

    -         - Mya va t’en d’ici ! Et dis à mon père d’aller se faire voir.

    Toute ma colère montait en moi et je n’avais qu’une envie de me transformer et de courir à travers bois jusqu’à ce que je sois plus calme. Mais je n’étais pas seul, je devais veiller sur Alice. Je voulais rentrer chez moi avec elle, reprendre là où on s’était arrêté. J’avais envie de m’endormir près d’elle et de me réveiller avec l’odeur de ses cheveux et la chaleur de son corps.

    -         - Matthiew ! Tu dois parler à ton père, dit Alice subitement me faisant sortir de mes rêveries brusquement. C’est peut-être ta dernière chance de t’expliquer avec lui.

    -         - Je ne veux pas te laisser seule. Et puis ils t’ont enlevé et amené ici. Je ne leur pardonnerais jamais pour ce qu’ils t’ont fait.

    -         - Nous en reparlerons plus tard. Vas ! J’ai besoin d’être seule, de réfléchir sur toi, sur nous.

    -         - S’il te plait ne t’enfuis pas dès que j’aurais le dos tourné. Même si tu ne veux plus de moi je veillerais à ce que tu retournes à Seattle auprès de Mr et Mme Blackwells et si tu me le demandes je sortirais de ta vie.

    -         - Je te jure de ne pas m’enfuir.

    Je franchissais la porte en prenant soin de la refermer derrière moi. J’étais anéantie et j’en voulais à mon père, à la meute, pour avoir gâché ma vie depuis de longues années maintenant.

    J’ai traversé les quelques bâtisses du village et me dirigeais vers un bâtiment un peu plus grand que les autres, l’endroit même où mon père avait l’habitude de réunir la meute.

    A mon entrée tous les hommes et les adolescents qui se trouvaient là se sont tues et m’ont regardé avancer vers leur chef.

    -         - Fils ! Assieds-toi ! Tu es en retard pour le conseil.

    -         - Je ne viens pas assister au conseil. Je viens vous dire que je quitte la meute et ce village dès demain. J’emmène avec moi la jeune fille que tu as fait enlever et je compte bien ne jamais revenir.

    -         - De quel droit oses-tu parler ainsi à notre chef ? me dit Kurt d’une voix éraillée et pleine de colère et de rage.

    -         - De quel droit ? C’est peut-être votre chef mais pour moi il est mon père, criais-je en regardant Kurt comme si j’allais d’un instant à l’autre lui sauter dessus.

    -         - Calmez-vous ! suggéra un vieil homme au fond de la salle. Je savais sans même me retourner à qui appartenait cette voix. Mon oncle avait été un allier mais les années avaient passées sans que je sache si les choses avaient changé ou non. Je pense que Matthiew a besoin de parler seul à seul à son père. Je te suggère donc d’ajourner le conseil jusqu’à demain.

    Mon père acquiesça de la tête et tout le monde s’est levé afin de nous laisser seul un moment mais c’était sans compter Kurt qui m’a bousculé en passant près de moi.

    -         - Veux-tu qu’on reste ici ou bien qu’on rentre chez nous ? me demandait mon père.

    -         - Ici ça fera l’affaire. Alors commençons. Pourquoi veux-tu absolument que je revienne ?

    -         - Parce que ta place est ici.

    -         - Non ! Je veux la vérité tout de suite.

    -         - A quoi bon, de toute façon tu pars demain.

    -         - Et je t’ai trouvé un peu trop calme sur ce coup-là.

    -         - Je vois que tu me connais bien. Parle-moi de la jeune fille, tu l’aimes ?

    -         - Cela ne te regarde pas. Tu n’avais pas le droit non plus de m’envoyer presque toute ta meute pour me ramener. J’ai fait une croix sur toi et sur ce village le jour où je suis parti il y a un peu plus de deux ans.

    -         - Tu devais épouser Mya, son père avait accepté cette union.

    -         - Nous ne sommes plus au moyen âge. J’ai le droit de décider de ma vie, d’épouser qui je veux.

    -         - Comme cette fille ?

    -         - Oui comme cette fille. Alors ne t’avise pas à te mettre en travers de ma route.

    -         - Tu m’en veux encore pour ta mère ?

    -         - Laisse ma mère reposer en paix. Tu ne la méritais pas et elle en est morte.

    -         - Tu n’as pas le droit de me juger. Je suis le chef et je dois prendre certaines décisions.

    -         - Je m’en vais, on ne pourra jamais avoir une conversation normale.

    Je tournais les talons et je filais vers la sortie lorsque la voix de mon père m’a stoppé net.

    -         - Je suis malade Matthiew. Je n’ai plus beaucoup de temps à vivre.

    -         - C’est encore un moyen de pression ? Tu veux me prendre par les sentiments, lui demandais-je amèrement.

    -         - Non ! Je te dis la vérité. Il est temps pour toi de prendre ma place.

    -         - Quoi ? Il n’en est pas question. Je ne veux pas de ce rôle et tu le sais très bien.

    -         - Tu n’as pas le choix, tu es mon fils, mon héritier et puis tu dois prendre Mya comme épouse à ma mort, c’est nos lois.

    -         - A voilà ! Nous y sommes ! Tu as tout calculé. Je n’aime pas Mya et je ne l’aimerais jamais.

    -         - Mais qui te dis de l’aimer. C’est comme ça que ça doit se passer, un membre de la famille doit la prendre comme épouse.

    -         - Alors choisis quelqu’un d’autre.

    -         - Non ! Tu obéiras je t’en fais le serment.

    -         - C’est une menace ?

    -         - Prends-le comme tu l’entends.

     

    loinrue3

     

     


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