• Loin de la rue - chapitre 17

     

    loin
     
     
    Chapitre 17
     

    Matthiew




    Pendant un fragment de seconde j’avais eu la sensation qu’Alice savait ce que j’étais, du moins qu’elle avait fait le rapprochement entre moi et le loup. Mais c’était tout bonnement impossible. J’essayais d’engager la conversation histoire de ne plus penser à elle.

    - Où va-t-on ?

    - Chez nous ! me dit Nathan.

    - Il n’en est pas question ! Nous devions seulement avoir une conversation, leur dis-je en stoppant la marche.

    - Je crois que si, me dit Kurt. Nous avons enlevé la jeune fille pour être sûr que tu obéisses. Lorsque tu as vu qu’elle était en difficulté tu t’es précipité vers elle sans refermer ta porte. Certains de nos frères en ont profité pour se cacher chez toi. Cela a été beaucoup plus facile que prévu.

    - Vous allez la relâcher, elle n’a rien à voir dans nos histoires. Elle ne sait rien pour nous, pour moi.

    - Elle est en route maintenant. Ce n’est pas à moi de prendre cette décision mais à ton père.

    - C’est lui qui vous envoie ?

    - Il savait que tôt ou tard, tu reprendrais ta forme animale. Il fallait juste être patient.

    - Nathan ! Pourquoi tu me fais ça ? Nous étions amis.

    - Parce que tu dois reprendre ta place parmi nous. C’est comme ça et tu le sais au fond de toi.

    - Vous ne comprenez pas ! Je veux vivre une vie normale. Mon père voulait m’imposer cette fille pour que je puisse procréer pour le bien être de la meute. Tout était déjà planifié sans que j’ai eu mon mot à dire.

    - C’est la tradition, dit Kurt d’une voix grave.

    - Les traditions sont faites pour s’adapter au monde extérieur. Si nous continuons sur cette lancée ce sera notre perte.

    - Et bien tu vas dire tout ça à ton père. Maintenant ça suffit nous devons y aller.

    Je me suis rendue compte que nous étions à l’écart de la ville. Et que la meute transformée nous attendait déjà.

    Me retrouver à proximité des miens a eu un effet immédiat sur mon côté animal.

    Je courais comme le faisait les autres en pensant que je n’étais qu’un sombre crétin pour m’avoir fait avoir aussi facilement. J’aurais dû le savoir, j’aurais dû sentir leur présence dans l’appartement. Il avait dû envoyer des novices et sous leur forme humaine je n’ai pas détecté leurs odeurs. Je n’avais qu’une hâte voir Alice, savoir si elle allait bien. Pour le reste et bien je garderais dans un coin secret de ma tête afin que les autres ne puissent pas entendre mes pensées. Ça au moins j’y arrivais encore.

    Les odeurs familières me revenaient petit à petit, je savais que nous étions près du village.
    Nous nous sommes arrêtés afin de reprendre nos formes humaines alors que quelqu’un nous attendait avec des vêtements.

    J’ai pris le jean et le tee-shirt qu’on me tendait ainsi que des vieilles baskets en me demandant à qui j’avais à faire.

    - Mya ? demandais-je surpris.

    - Oui. C’est bien moi. Bonjour Matthiew.

    - Bonjour !

    - Ton père t’attend, suis-moi. Les gars on vous attendait plus tard. Vous avez fait du bon travail. A ce soir.

    - A ce soir Mya ! dirent les autres en chœur.

    Les choses avaient changées par ici. Depuis quand Mya donnait des ordres ?

    - Certaines choses t’échappent n’est-ce pas ?

    - Pour être honnête oui.

    - Comme tu n’as pas voulu de moi j’ai épousé ton père.

    - Quoi ? Mais ce vieux fou est totalement timbré. Tu avais quoi 15 ans ?

    - 16. Mais il a attendu mes 18 ans. Nous nous sommes mariés il y a deux mois. Il devait le faire pour tenir sa parole faite à mon père.

    - Je suis désolé. Je ne voulais pas ça.

    - Tu as pris ta décision. Tu es parti parce que tu ne voulais pas de moi.

    - Je ne voulais pas qu’on me marie à une enfant et qu’on décide avec qui je m’unirais. Si ça avait été une autre que toi cela aurait été la même chose.

    - Je sais.

    Nous étions déjà devant la maison de mon père. La maison dans laquelle j’avais grandi.

    - Je te laisse avec ton père. A tout à l’heure Matthiew.

    - Ouais c’est ça ! Attends ! Est-ce qu’ils ont emmené une jeune fille ici ?

    - Oui. Elle est à l’intérieur dans ton ancienne chambre. C’est ta fiancée ?

    - Non !

    - Mais tu tiens à elle.

    - Oui. Enormément.

    Elle est partie sans rien ajouter et j’ai franchi avec angoisse le seuil de la maison le cœur battant.

     

    loinrue1

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :