• Loin de la rue - chapitre 11

     

    loin
     
     
    CHAPITRE 11




    Mes forces revenaient petit à petit. Le médecin avait effectué sa dernière visite la veille, pour lui j’étais guérie.

    Je prenais mes repas avec matthiew et je l’aidais à débarasser.

    Nous parlions de choses et d’autres sauf de la question de mon départ ou non. Je crois qu’il avait compris que plus il me mettrait la pression et plus j’aurais envie de m’enfuir. Il était gentil et patient.

    Lorsque je lisais sur le canapé il profitait du calme de la pièce pour se mettre dans un fauteuil près de la fenêtre avec un bloc note ou un bloc à dessin. Je le voyais promener son crayon sur les feuilles piquant ma curiosité.

    - Tu travailles sur quoi en ce moment ?

    - Une histoire avec des êtres fantastiques.

    - C’est pour ça les livres sur les légendes et les contes ?

    - Oui. Ça m’aide un peu.

    - Et ton histoire parlera de guerres entre des mondes fantastiques ? Un peu comme Tolkien ?

    - Non. Cette fois-ci ce sera une histoire d’amour.

    - Je pensais que les romans d’amour étaient une histoire de femme, lui dis-je intriguée.

    - Ce n’est pas seulement un roman à l’eau de roses. J’y mets aussi ma touche masculine. Et puis pourquoi un homme ne pourrait-il pas parler d’amour ? Nous avons notre propres sensibilité, nous ne sommes pas tous des machos ou des monstres.

    - Je te crois. Alors je peux en savoir plus ?

    - Grosso modo c’est une jeune fille qui tombe amoureuse d’un être fantastique.

    - Du déjà vu ! Quel genre d’être fantastique, fées, vampires, démons ou même pourquoi pas des loups-garous ?

    - Et bien plutôt une espèce de métamorphe.

    - Et tu crois qu’une jeune fille serait assez naïve pour s’amouracher d’un animal ?

    - Je l’espère, dit-il en reprenant son air triste comme à chaque fois que je l’avais blessé. Sauf que là je ne voyais pas ce que j’avais pu lui dire.

    Le silence a repris le dessus jusqu’à ce qu’il se lève et dépose ses blocs dans le tiroir du haut.

    - Est-ce que tu aimerais aller faire un tour ?

    - Tu sais on me connait dans le quartier. Je ne voudrais pas que l’on me voit avec toi.

    - Alice, je te fais honte ?

    - Non. Bien sûr que non. C’est à toi que je pense. Tu as sans doute une bonne réputation dans le quartier.

    Il s’est approché de moi, le regard noir.

    Il a mis ses mains sur mes épaules et m’a fixé.

    - Pourquoi tu gâches tout à chaque fois ? Dès que je fais un pas en avant tu me rejettes. Quand est-ce que tu vas comprendre que je veux juste être ton ami. Jamais tu ne me feras honte.

    - Regarde à quoi je ressemble ! Je n’ai pas de beaux vêtement, mes cheveux sont souvent sales, je vis dans un abri fait de carton, lui criais-je en le repoussant.

    - Aline ! Réponds-moi franchement. Est-ce que tu veux vraiment t’en sortir ?

    - Oui, dis-je à voix basse.

    - Alors donne-toi les moyens de le faire. Aies confiance aux gens qui te tendent la main. Tu n’es plus seule, il y a Mme et Mr Blackwells, ils t’aiment beaucoup, et il y a moi. Je te propose de t’installer dans la chambre d’amis, pour tes vêtements il n’y a pas de problèmes je t’emmène où tu veux et on t’achète le nécessaire. Pour le reste et bien tu peux utiliser la douche autant que tu veux. Tu resteras libre de tes mouvements, je t’en fais la promesse. Je n’essaierais pas de te changer.

    - Tu n’as donc rien d’autres à faire que de venir en aide aux jeunes filles en détresse, essayais-je de dire avec humour.

    - Pas en ce moment, me répondit-il en souriant à pleines dents réalisant que sans lui dire directement j’avais accepté sa proposition.

    De retour dans la chambre je me regardais enfin dans une glace. Mon teint était encore pâle et mes joues étaient légèrement creusées. Je me voyais enfin tel que j’étais. J’avais les cheveux ternes et ma maigreur faisait peine à voir. Sous mes yeux des cernes violacés faisait ressortir la pâleur de ma peau.

    Je n’avais pas remarqué que j’avais un tee-shirt qui ne m’appartenait pas. Il avait osé me changer et il avait eu sous les yeux ce corps immonde.

    Les larmes montèrent toutes seules sans me demander mon avis et je me laissais glisser sur le sol désemparée.

    Une ombre s’est accroupie près de moi, ne sachant quoi faire pour soulager ma douleur. Je levais les yeux et Matthiew se trouvait là devant moi.

    - Alice, qu’y a-t-il ?

    - Je ne sais pas. C’était comme si j’avais besoin de lâcher la pression. Et puis …

    - Oui ? dit-il d’une voix tendre.

    - Je me suis regardée dans le miroir, ce que j’ai vu m’a fait peur.

    - Il n’y a pas de quoi avoir peur. Tu as été gravement malade, tes couleurs reviendront.

    Il savait que je n’étais pas belle à voir et pourtant son regard sur moi me réconfortait. Il avait eu la délicatesse de ne parler que de ma pâleur et avait omis le reste.

    Pourquoi était-ce si facile de se sentir bien à ses côtés ? C’était comme si je reconnaissais sa chaleur et surtout comme si je connaissais déjà son regard.

    Je respirais profondément tout en regardant Matthiew. J’avais retrouvé mon calme.

    - Tu peux me demander ce que tu veux, je te l’ai déjà dit.

    - C’est toi qui as enlevé mes vêtements ?

    - Non ! dit-il en riant. Je ne me serais pas permis sauf si cela avait été urgent. J’ai immédiatement fait appel à Mr Blackwells qui a eu la gentillesse de nous envoyer sa femme. C’est elle qui a pris soin de toi pour ces choses là.

    - Il faudrait que je la remercie, répondis-je soulagée.

    - Nous leur demanderons de passer demain pour que tu puisses les remercier et nous fêterons ensemble notre premier jour de colocation officielle. Ça te va ?

    - Oui. Merci.

    - Mais avant cela, tu vas aller dans la salle de bain te préparer, tes vêtements t’attendent. Je t’emmène à la sortie de la ville faire du shopping. Et il n’y a pas de mais.

    Mon cœur battait fort. Je n’arrivais pas à croire ce que je vivais. C’était un rêve, j’allais me réveiller d’un instant à l’autre.

     

    loinrue1

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