• Loin de la Rue - chapitre 10

     

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    CHAPITRE 10




    C’est avec une odeur alléchante que je me réveillais. J’ouvrais les yeux et un plateau fumant avait été posé sur la table de nuit.

    Je me redressais légèrement pour voir ce qui m’attendait. La soupe était chaude et délicieuse. La sentir dans mon corps me revigorait. Une salade de pomme de terre accompagnait des lardons fris et un fruit terminait mon repas.

    J’essayais de me lever pour la deuxième fois de la journée. J’attendais quelques instants, histoire de voir si je n’allais pas m’écrouler.

    Lorsque je me suis sentie rassurée sur mon état de santé du moment j’ai pris le plateau et je suis sortie de la chambre.

    En un éclair Matthiew était près de moi et me prit des mains ce que je tenais.

    Je lui jetais un regard noir n’appréciant pas sa sollicitude.

    - Je voulais juste t’aider, me dit-il un peu penaud.

    - Des vieux réflexes, il va falloir t’y habituer, lui répondis-je en essayant de lui faire un beau sourire.

    - La cuisine est par ici, me dit-il en montrant du doigt la direction que je devais prendre.

    Il me suivait de près sans dire un mot. Je savais qu’il attendait la moindre défaillance de ma part, la moindre faiblesse qui ferait de lui encore une fois mon sauveur.

    La cuisine était claire et sans chichi. Tout y était à sa place, rien ne trainait. Etais-je tombée sur quelqu’un de maniaque ? Il ne serait pas déçu j’ai toujours été un peu bordélique c’est pour ça je crois que ce qui m’appartenais ne tenait que dans un sac.

    Je déposais la vaisselle dans le lave-vaisselle et lui demandais de l’aide pour le reste.

    - Un café ? me demanda-t-il.

    - Je veux bien, répondis-je en prenant place sur une chaise de la cuisine. Tu as tout le confort moderne, qu’est-que tu fais dans la vie ?

    - Alors je réponds à ta première question oui j’ai tout le moderne parce que je suis seul, je suis un homme et je préfère regarder un match à la télé plutôt que perdre du temps dans la cuisine. Et pour la deuxième question je suis écrivain.

    - Oh ! Je comprends mieux ton amour des livres. Et tu arrives à gagner ta vie ?

    - Euh oui je crois. Assez pour faire ce que j’ai envie mais pas plus. Je ne roule pas sur l’or non plus.

    - Je suis sans doute un peu trop curieuse, dit-elle en remuant son café fumant.

    - Non. Ça va. Tu as tout à fait le droit de savoir à qui tu as à faire.

    - Je pense que d’ici deux ou trois jours je pourrais repartir. Je ne t’embêterais pas plus longtemps.

    - Je ne te chasse pas. Tu peux rester ici autant que tu veux.

    - Et en contrepartie je devrais coucher avec toi, c’est ça ? m’emportais-je.

    - Quoi ? Tu délires ma vieille. Comment une si jolie fille peut-elle être aussi exaspérante ? dit-il d’une voix tremblante alors qu’il s’en allait de la pièce.

    Je l’avais encore une fois blessé avec mon fichu caractère. Je devais pourtant être reconnaissante pour ce qu’il avait fait. Je me souvenais très bien de l’avoir vu à mon chevet. Il ne m’avait pas quitté et c’est lui que je voyais à chaque fois que j’avais ouvert les yeux.

    Pourquoi cette haine en moi ?

    Je n’avais pas ouvert mon cœur depuis si longtemps que j’en avais perdu la clef. Etait-ce des sentiments nouveaux qui se réveillaient en moi depuis ma première rencontre avec Matthiew qui me faisait peur.

    A chaque fois que j’avais aimé quelqu’un, ils étaient partis. Pourquoi en serait-il autrement avec lui ? Et pourquoi lorsqu’il a dit que j’étais jolie mon cœur s’est emballé. Je devais être plus gentille, je voulais vraiment donner une chance à notre amitié nouvelle en premier lieu.

    Je laissais ma tasse sur l’évier, je regardais le café froid. Je me suis dirigée vers le salon, il était là, debout, les mains à plat sur son bureau.

    - Alice ! Reste encore un peu avec moi. Je te promet d’être sage. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose dehors. On trouvera un moyen de s’entendre. Je ne te fais pas la charité. Tout à l’heure tu m’as demandé ce que je voulais en échange de t’avoir sauvé. Et bien voilà rend-moi ce service, comme on le ferait à un ami.

    Ce n’est que lorsqu’il s’est tu à nouveau qu’il s’est retourné vers moi les yeux me suppliant d’accepter sa proposition.

    - Laisse-moi y réfléchir, ont été les seuls mots que j’ai pu lui dire.

     

     

    loinrue3

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