• Le pouvoir de l\'Iris - chapitre 8

     

     

    iris

     

    CHAPITRE 8

     

    Chaque soir il venait me rendre visite. Cela durait plus ou moins longtemps en fonction de son emploi du temps je supposais. Nous apprenions à faire connaissance. Mais toujours pas le moindre baiser. Des caresses, c’est tout ce que j’avais droit, pour le moment. Du moins je l’espérais.

    Il y a des soirs où il restait à l’extérieur me fixant comme à son habitude. Je ne savais plus quoi en penser. J’essayais juste de faire avec.

    Mes parents partaient le lendemain sans moi. Ils avaient accepté que je reste ici en Angleterre. Mon père avait raison je n’avais pas trouvé de travail mais je ne sais pas si j’en avais vraiment envie en fait. Ashley et moi avions envie de partir toutes les deux à l’aventure comme elle aimait le souligner. Mais nous n’étions pas encore décidées pour une destination.

    La fin des cours est arrivée avec soulagement.  J’avais enfin fait mes papiers pour mon permis et mes parents avaient décidés de me laisser leur voiture pendant leur absence. J’étais ravie de ne plus être tributaire de mon amie, je me sentais plus libre qu’avant et je râlais intérieurement de ne pas l’avoir fait plus tôt.

    Mes parents étaient partis, je les avais déposés à l’aéroport et sur le chemin du retour j’avais fait quelques achats.

    Raphaël devait venir ce soir, il partait demain pour l’Allemagne. Le temps avait passé si vite.

    Je me préparais tôt, je voulais pouvoir passer le plus de temps possible avec lui. Ce soir je passerais à l’acte il ne partirait pas d’ici sans me donner un baiser. J’ai mis dans le four une pizza fraichement sorti du congélateur car je n’étais pas une très bonne cuisinière. J’ai pris ma douche, me suis habillée avec un top et une jupe. Je suis descendue juste au moment où la minuterie du four sonnait ainsi que la sonnette de la porte d’entrée.

    Je me suis précipitée vers la porte rayonnante de bonheur jusqu’à ce que je vois Ashley à la place de celui que j’attendais.

    Elle me regardait de la tête au pied d’un air soupçonneux.

    -          - Tu ne me cacherais pas quelque chose ? me dit-elle en se dirigeant vers la cuisine.

    -          - Qu’est-ce qui te fait croire ça ?

    -          - Et bien tu es radieuse, les yeux qui pétillent comme j’ai rarement vu depuis un moment. Tu as rendez-vous ?

    -          - Oui.

    -          - Qui ?

    -          - Raphaël.

    -          - Merci de me tenir au courant. Je croyais être ton amie.

    -          - Tu l’es ! Mais je n’arrive pas comprendre ce qui m’arrive et ce que ça va donner. Comme tu le sais il part demain pour l’Allemagne. Je ne sais même pas si je vais le revoir après ce soir.

    -          - Mouais ! Bon je te pardonne parce que moi aussi j’ai rendez-vous et je voulais t’en parler. Et puis je crois avoir une idée pour les vacances mais ça je t’en parlerais un autre jour. Bon je te laisse on se téléphone demain.

    -          - Et ton rendez-vous ?

    -          - Et bien tu attendras demain ça t’apprendras à me cacher tes rendez-vous avec Rafie !

    -          - Ne l’appelle pas comme ça !

    -          - Salut et bonne soirée avec Rafie, me dit-elle en riant et sortant de ma maison.

    Elle avait lâché prise un peu trop facilement, je trouvais ça bizarre. Sa soirée devait être très importante pour elle pour qu’elle ne s’acharne pas sur moi pour savoir les moindres détails.  Je retournais dans la cuisine, prenant dans mes mains mon portable. Je tapais rapidement un message pour mon amie lui demandant d’être prudente et de m’appeler au moindre problème.

    Pour seule réponse j’ai eu oui maman.

    J’attendais, regardant ma pizza froide devant moi. Pourquoi n’était-il toujours pas là ? Mon humeur était à la tristesse et je montais dans ma chambre m’assurant que toutes les portes soient bien fermées. En fait je me coucherais tôt. Mais avant je regarderais si il n’était pas dehors à son emplacement habituel. Personne, il n’y avait personne. Je m’effondrais sur mon lit pleurant à chaudes larmes mon amour perdu.

    Il ne voulait pas me laisser de l’espoir et il voulait être libre de tout attachement pour sa tournée. J’aurais dû m’en douter. J’avais baissé ma garde et je m’en voulais.

    J’ai dû m’endormir car je n’ai pas senti tout de suite la main qui caressait ma joue, mes cheveux. Je me tournais doucement cherchant dans le noir celui que j’espérais.

    -          - Tu as pleuré, me dit-il.

    -          - Je t’ai attendu, lui répondis-je.

    -          - J’ai eu quelques problèmes. Je ne peux pas rester longtemps.

    -          - Quels problèmes ?

    -          - Je ne peux pas t’en parler.

    -          - Encore des secrets.

    -          - Tu veux que je parte ?

    -          - Non. Reste. Même si…

    -          - Oui ?

    -          - Même si c’est la dernière fois que je te vois.

    -          - Tu veux me dire adieu, me dit-il d’une voix remplie de tristesse qui me déstabilisait.

    -          - C’est toi qui viens me dire adieu. Tu veux être libre et je le comprends.

    -          - Tu n’as pas encore compris ?

    -          - Compris quoi ?

    -          - Que je suis amoureux fou de toi.

    -          - Alors pourquoi c’est aussi platonique entre nous ?

    -          - Je …. Je ne veux pas que tu souffres. Je ne devrais pas être avec toi.

    -          - Alors pars !

    C’est ce qu’il a fait, me laissant là sans comprendre. J’allumais la lumière de ma chambre, ma porte était entre ouverte et la pièce était vide. Je criais désespérément son nom dévalant les escaliers.

    Deux bras m’ont attrapé et j’ai senti ses lèvres se poser sur les miennes. Je m’agrippais à son cou comme à une bouée lors d’un naufrage.

    Notre baiser était intense cependant je sentais quelque peu de la retenue de sa part. Mais peu importais, j’avais tellement attendu qu’il m’embrasse.

    J’étais essoufflée lorsqu’il prit l’initiative d’arrêter de nous délecter l’un de l’autre.

    -          - Tu me rends fou Léna, me dit-il à l’oreille.

    -          - Raphaël, reste encore s’il te plait, lui dis-je d’une voix tremblante.

    -          - Je ne peux pas mon amour, je ne veux pas te faire de mal, et là si je ne pars pas tout de suite je ne sais pas si je serais capable de me retenir.

    -          - De quoi tu parles ? Je n’y comprends rien. Raphaël …

    -          - J’adore quand tu m’appelles par mon prénom. Tu es la seule à m’appeler comme ça maintenant. Prends soin de toi.

    Il était parti. Je le savais cette fois c’était fini. Sa chaleur ne m’enveloppait plus. J’étais déjà en manque.

    Je me rappelais ses paroles. Pourquoi me ferait-il du mal ? Pourquoi il devait se retenir ?

    Je montais dans ma chambre et je me couchais essayant de dormir un peu alors que les larmes coulaient le long de mes joues.

     

     

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