• Le pouvoir de l\'Iris - chapitre 2

     

     

    iris

     

    CHAPITRE 2

     

     

    La pluie tombait alors qu’il y a quelques heures la chaleur étouffante nous accommodait quelque peu. En tant normal je n’aimais pas la pluie mais cette fois-ci je la sentais bénéfique nous lavant de cette sueur qui collait à mes vêtements.

    Nous avons couru jusqu’à la voiture et je jubilais d’avoir au pied mes baskets plutôt que des chaussures  à talons.

    Nous avons trouvé des mouchoirs en papier dans la boite à gants de la vieille guimbarde du père d’Ashley et nous nous sommes essuyées tant bien que mal quittant nos blousons trempés et mettant le chauffage de la voiture à fond.

    Le chemin du retour a été court et nous nous sommes engouffrés chez Ashley rapidement. Vu l’heure tardive je dormais chez elle afin de ne pas réveiller mes parents qui prenaient leur poste à l’hôpital de bonne heure. Mon père était un médecin reconnu qui avait exercé pendant des années en Asie. Ma mère passionnée et infirmière de surcroit l’avait suivi dans sa quête d’aider les plus faibles. Ils ne m’avaient pas demandé mon avis et m’on embarqué avec eux dans leur voyage alors que j’avais dix ans. J’avais grandi aux Etats-Unis dans la banlieue de San Francisco mais je n’en avais plus aucun souvenir. Enfin très peu à vrai dire. Une maison beige avec des volets bleus foncés, un chien qu’on avait dû laisser à mes grands-parents maternels et une amie qui s’appelait Mitsy.

    J’avais maintenant 19 ans et ça faisait quelques mois que nous étions partie de Bangkok parce que mon père avait une proposition pour diriger une équipe dans un hôpital en Angleterre. Evidemment la condition était que ma mère fasse partie de son équipe. Encore une fois ils ne m’ont pas demandé mon avis et j’ai suivi.

    A mon âge j’aurais pu prendre la décision de rester mais j’étais plutôt réserver et j’avais très peu d’amis. Rien ni personne ne me retenait dans ce pays et mes parents me manqueraient plus que je ne pourrais leur dire.

    Et puis je voulais reprendre mes études. Je voulais aller au cours du soir pour apprendre le dessin et la peinture mes véritables passions.

    Au début j’ai eu du mal à reprendre un rythme scolaire mais avec du travail et de la méthode j’y suis arrivée en peu de temps. Mon seul problème la météo. Oui l’Angleterre n’était pas gâté par un soleil radieux et des températures élevées. Sans compter ce foutu brouillard.

    Je n’aime pas la chaleur étouffante. Bizarre me direz-vous pour quelqu’un qui vient d’Asie mais la chaleur n’est pas la même et on s’habitue, on vit en fonction des températures et des saisons. Ici  c’était comme si c’était exceptionnel. Le monde s’arrêtait dès qu’il faisait plus chaud qu’à l’habitude. Et puis tout le monde s’agglutinait au même endroit, au même moment. Je détestais le métro et pourtant c’était tellement utile pour se déplacer sans être obligé de demander à mes parents de me déposer ici ou là.

    Lorsque je suis arrivée à mon premier cours de sociologie j’étais perdue et me suis assise au fond de la classe essayant de suivre le cours le mieux que je pouvais.

    Au bout d’une semaine j’étais complètement intégrée et je partageais ma table avec Ashley qui m’avait pris sous son aile. Elle rêvait d’aventures et de partir de ce pays alors évidemment lorsqu’elle a su d’où je venais pour elle s’était comme une évidence de me poser des tonnes de questions, me trouvant très intéressante.

    En fait elle l’était beaucoup plus que moi. Elle m’apprenait beaucoup de choses et me permettait de m’intégrer dans mon nouveau pays. Elle m’a appris à me battre pour des fringues lors des soldes, à héler un taxi, à me débrouiller dans la jungle du métro, à me repérer à la fac et m’organiser avec mes cours.

    Bref quelque part on se complétait. Nous étions pourtant le jour et la nuit. Elle, blonde aux yeux bleus, de taille moyenne, cheveux mi longs et extravagante. Moi, brune aux yeux marron, de taille moyenne, cheveux très longs et plutôt calme.

    Malgré le fait qu’elle aimait faire la fête elle était plutôt studieuse et deux soirs par semaine elle assistait à des cours de théâtre.

    Les soirées étudiantes me déplaisaient mais Ashley m’y entrainait souvent me disant que si je ne sortais pas je ne pourrais pas trouver un gentil garçon avec qui flirter. Je n’osais pas lui dire que je n’avais jamais été vraiment avec la gente masculine. J’avais eu quelques amoureux là bas mais la plupart était de famille très traditionnelle et respectait certains principes. Donc à part embrasser je n’avais pas été plus loin. Et pourtant je rêvais souvent de caresses sur mon corps qui m’emporteraient vers des sentiments forts et puissants, une certaine extase qui ne ferait qu’un de deux êtres, de deux âmes sœurs.

    Une fois douchée et pyjama enfilé je me glissais dans le lit de sa sœur ainée qui avait quitté la maison depuis plus d’un an. Ses parents espérant toujours qu’elle rentrerait au bercail n’avait pas accepté qu’Ashley refasse sa chambre à son idée et ainsi de se débarrasser de ce deuxième lit. Moi je le trouvais très utile pour venir passer mes weekends chez elle, mes parents n’étant pas beaucoup à la maison le samedi et le dimanche.

    J’attendais impatiemment que mon amie sorte à son tour de la salle de bain car je voulais qu’elle me parle de ce garçon, Raphaël.

    -          - Léna ! Tu ne dors pas ? me demanda-t-elle inquiète. Tu  as encore eu un malaise ?

    -          - Non, je voulais qu’on parle un peu.

    -          - D’habitude tu es déjà dans un état second lorsque je reviens dans la chambre. Tu n’es pas fatiguée de ta soirée ? On s’est bien amusée hein ?

    -          - Oui ! J’ai adoré !

    -          - C’est vrai ?

    -          - Oui. C’est dingue hein ! Qui l’eut cru ! lui dis-je en riant.

    -          - En tout cas tu as les yeux qui brillent ce soir. Alors de quoi veux-tu parler ? Ou de qui veux-tu parler ?

    -          - Comment tu sais que je veux te parler de quelqu’un ?

    -          - Et bien j’ai des yeux pour voir et ce que j’ai vu était incroyable. Raphaël n’a eu d’yeux que pour toi et c’était réciproque ma vieille. Tu le dévorais toi aussi.

    Je me sentais rougir et mon cœur s’est mis à battre un peu plus vite lorsque j’ai entendu qu’il m’avait regardé plus que la normale.

    -          - Oh tu sais il doit regarder toutes ses fans comme ça ! Il m’a pris juste pour une groupie de plus ou pour une folle à le dévisager de la tête au pied.

    -          - Non je t’assure ! Il n’est pas comme ça d’habitude. Bien sûr il a des conquêtes mais lors de ses concerts il laisse planer le mystère et disparait de la scène aussi vite qu’il est apparu.

    -          - Comment ça ?

    -          - Je n’en sais rien c’est ce que disent les journaux. C’est un vrai courant d’air. Il apparait quelquefois dans les boites de la région avec son groupe, ils se mettent dans un coin, commandent à boire et passent la soirée comme ça.

    -          - Vu comment ça s’est passé ce soir il doit y avoir une émeute à chacune de ses sorties, demandais-je curieuse.

    -          - Je ne sais pas. Sur le net il y a plusieurs  témoignages. Certains disent qu’ils sont entourés d’armoire à glace, d’autres qu’ils font passer le message au micro que si on les laisse tranquille ils choisiront quelques personnes pour passer la soirée avec eux.

    -          - Et qu’est-ce que tu crois ?

    -          - Je suis partante pour les gros bras. Et puis, à mon avis ils ne vont que dans des endroits très sélect où ni toi ni moi nous n’avons accès. En tout cas il ne t’a pas laissé indifférente. Je te l’avais dit que tu craquerais pour ce mec. Mais ne te fait pas trop d’illusion quand même ce n’est jamais bon de s’accrocher à des chimères.

    -          - Venant de toi qui criait son nom comme toutes les autres et qui était excitée en le voyant arriver ça m’étonne de t’entendre parler comme ça. Mais tu as raison sur une chose nous ne sommes pas de ce monde. Bonne nuit.

    Je me tournais en espérant que mon amie ne tarderait pas à éteindre la lumière afin de pouvoir mettre mes idées en place dans la nuit et en attendant que le sommeil m’emporte vers des rêves magnifiques.

    Comme je pouvais me l’imaginer ma nuit a été agitée et le visage de Raphaël est souvent venu troubler mon sommeil. J’avais l’impression de revivre ma soirée. Seulement cette fois-ci je m’approchais de l’endroit où je l’avais vu se cacher. Je tendais ma main vers lui comme pour lui dire de s’approcher. Mais à chaque fois que je pensais pouvoir le toucher il s’évaporait me laissant de plus en plus frustrée.

    Lorsqu’Ashley me secouait doucement afin de me sortir de mon sommeil j’avais l’impression que je venais tout juste de m’endormir. La fatigue m’accompagnerait toute la journée et je ne serais pas de bonne compagnie.

    En fait nous avons rejoint des copains au bowling mais je n’arrivais à rien et je suis rentrée un peu plus tôt.

    Me retrouver seule chez moi me faisait un bien fou. Surtout après des weekends organisés par Ashley. 

    Je regardais comme à mon habitude sur le frigo le petit papier que me mettait mes parents. Toujours la même chose ils sont partis au resto histoire de décompresser après deux jours intensifs.

    J’avais du mal à comprendre comment ils pouvaient être toujours aussi complices après toutes ces années passées ensemble sans jamais se quitter. Personnellement je ne pourrais pas travailler avec l’homme que j’aime. Etre 24 heures sur 24 avec la personne qui partage sa vie, avoir les mêmes hobbies, les mêmes plaisirs, les mêmes désirs étaient pour moi impossible dans le monde actuel.

    Bien sûr j’étais contente de les voir ainsi mais quelquefois ça me paraissait tellement irréel que j’avais peur un matin de me réveiller en m’apercevant que j’avais rêvé tout ça.

    Je montais dans ma chambre et là je me suis arrêtée net. Une étrange sensation planait dans la pièce et une odeur subtile et enivrante me chatouillait légèrement les narines. Je regardais autour de moi mais rien n’avait changé, rien n’avait disparu.

    J’ai mis ça sur le compte de la fatigue et après une douche bien chaude et un passage éclair dans la cuisine je suis remontée me coucher pour cette fois m’endormir d’une seule traite.

     

     

    05.wir.skyrock.net

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :