• Le pouvoir de l\'Iris - Chapitre 16

     

    iris
     
     
     
    CHAPITRE 16




    Le soleil qui se répandait dans la pièce me faisait mal aux yeux alors qu’ils étaient encore fermés. Je m’étirais et ouvrait un œil constatant la dure réalité, je n’avais pas rêvé. J’étais bien dans un château au milieu de nulle part avec des vampires dont un qui voulait me posséder.

    Je me tournais regardant autour de moi un plus intensément que la veille.

    Il y avait deux portes qui j’en étais sûre étaient verrouillées. Je me suis levée et je me suis dirigée vers les grandes fenêtres à petits carreaux pour essayer de savoir où je me trouvais. A l’extérieur du vert partout, une étrange sensation de déjà vu. Mouis peut-être l’Irlande ou l’Ecosse mais vu que j’étais dans un château je pencherais plus sur l’Ecosse.

    Mes parents devaient s’inquiéter. Ils avaient sans doute appeler la police.
    Ils étaient à ma recherche et donc à la recherche de Raphaël par la même occasion puisque mes parents étaient au courant de ma relation avec lui.

    J’étais seule dans ce monde hostile. Je me permettais à penser à l’amour que j’avais perdu. En fait je n’aurais voulu aucun autre homme que lui. Je pensais à la chaleur qui m’entourait lorsqu’il était à proximité ou qu’il pensait à moi. Mais depuis qu’il était partie aucune sensation, rien. Que des souvenirs de nos soirées, de nos nuits. Tous ces instants où j’ai cru qu’il m’aimait, tous ces instants où j’avais été si heureuse, si comblée.

    Je lui en voulais maintenant d’être parti sans aucune explication, ni même une lettre. Il était sorti de ma vie comme il en était entré. Allait-il venir ? Quelque part je le souhaitais mais de l’autre non. Toujours ces mêmes questions qui envahissaient mon esprit.

    Je voulais m’enfuir d’ici. Je voulais revoir mes parents, revoir une dernière fois Raphaël….

    La porte de la pièce s’est ouverte et je me suis retournée brusquement regardant autour de moi ce qui pourrait me servir d’arme si on s’approchait trop près de moi. A ma droite une petite statuette qui ferait peut-être l’affaire.

    Ce n’était qu’Abigail, celle qui m’avait apporté le plateau.

    - Bonjour, lui dis-je essayant de paraitre sûre de moi.

    - Bonjour, me dit-elle sans un regard d’une voix monotone.

    - Est-ce que vous savez ce qui va m’arriver ?

    - Vous allez servir le maitre.

    - Et si je ne veux pas.

    - Le maitre est bon.

    Je m’approchais de la jeune femme. Elle ressemblait à un automate sans vie et surtout sans âme. Je reculais en prenant conscience de ce qui pouvait m’attendre. Mon dieu non ! Je vais devenir comme elle, je n’aurais plus aucun souvenir de ma vie passée, il va faire en sorte que je le serve jusqu’à la fin de mes jours. La peur m’envahissait et mon cœur battait de plus en plus fort.

    Je regardais Abigail reprendre le plateau sans un mot, et fermer derrière elle la lourde porte qui m’emmènerait vers la liberté ou la soumission.

    Je n’avais pas eu le temps de m’apitoyer sur mon compte qu’une toux s’élevait derrière moi. L’homme en costume gris se tenait dans la pièce alors que je ne l’avais pas vu ni entendu entrer.

    - Bonjour Léna !

    - Qu’est-ce que vous voulez ? Vous voyez bien que votre « fils » n’est pas là donc tout votre stratagème ne sert plus à rien. Je vous demande, non je vous supplie de me laisser partir. Je ne suis pas celle que vous pensez. D’ailleurs je ne comprends rien à votre histoire. Je ne sais pas pourquoi je suis là et pourquoi vous faites ça à Raphaël.

    - Tu t’inquiètes pour lui n’est-ce pas ? me dit-il d’une voix mielleuse.

    - Non ! Je suis juste curieuse.

    - Je sais qui tu es Léna. Je sais beaucoup de choses, plus que ce que les gens pensent. Tu veux vraiment savoir de quoi il s’agit ?

    - Oui. Si je dois mourir ou … je préfère savoir pourquoi même si c’est la dernière chose que j’aurais apprise.

    - Tu es plus sereine sur ton sort que je ne le pensais.

    - Je vais être franche, je suis morte de peur. Vous êtes content, c’est ce que vous vouliez ?

    - Si tu savais comme je me moque de ta petite personne. Je veux juste donner une leçon à Raphaël.

    - Mais pourquoi ? Que vous a-t-il fait ?

    - Il a connu l’amour et moi non. Tu comprends je suis son créateur et il n’a pas à me surpasser en quoi que ce soit. Il doit toujours m’être soumis.

    - En quoi est-ce mal de connaitre l’amour ?

    - Le pouvoir jeune Léna. Le pouvoir du sang. Si un vampire et un humain mélange leur sang, c’est à dire si l’un et l’autre boivent respectivement leur sang et bien un lien magique et indestructible les uni. Un lien qui remplacera celui que le vampire a avec son créateur.

    - C’est ça ! Vous ne voulez pas perdre Raphaël, vous le voulez encore à votre merci.

    - Bien sûr. Tu te crois tellement irrésistible qu’il me faut t’avoir comme maitresse et servante ? Tu te fais des illusions ma petite, j’ai de bien plus belle pouliche dans ma demeure.

    - Ça tombe bien je ne veux pas vous appartenir alors laissez moi partir.

    - Non ! Encore une fois tu te berces d’illusions et puis je venais t’annoncer que Raphaël est en chemin. Abigail te préparera pour ce soir, j’organise une grande fête et je suis curieux de voir vos réactions.

    - Et si je ne veux pas y assister ?

    - Tu n’as pas le choix, tu seras en première ligne d’ailleurs et tu auras le privilège d’avoir la plus belle vue de la soirée.

    Je n’avais pas eu le temps de répliquer qu’il avait déjà disparu. Je m’écroulais sur le parquet afin de me calmer. J’avais fait preuve de courage me semblait-il mais maintenant je tremblais de partout et j’avais du mal à retrouver une respiration régulière.

    Raphaël était en chemin. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Venait-il pour me sauver ou pour montrer à son maitre qu’il était obéissant ? Comment je vais faire pour le regarder en face maintenant qu’il m’a laissé tomber ?

    Je restais là pendant des heures sans voir personne. La fin de la journée approchait et le temps m’avait paru interminable. Enfin la porte s’est ouverte sur Abigail suivie de deux autres jeunes femmes plus jolies les unes que les autres. Mais en les regardant bien elles avaient la même expression sur leur visage, enfin elle n’avait plus aucune expression, ni joie, ni tristesse, rien. Pour elles aussi leurs âmes avaient disparues.

    Elles ont tourné autour de moi, me déshabillant, me lavant, m’enfilant une robe d’outre-temps, oui une qui allait avec ce château comme dans les anciennes histoires d’Ecosse. J’avais l’impression de remonter le temps de quelques siècles et j’aurais apprécié ce moment si je n’avais pas su ce qui m’attendait dans le futur. Elles finirent par me faire une de ces coiffures sophistiquées et tenues par d’innombrables pinces.

    Elles n’ont pas dit un seul mot pendant tout le temps des préparatifs. Mon cerveau ne s’en préoccupait pas, il était en ébullition, cherchant un moyen de profiter de la situation pour m’échapper. Il fallait que je sois vigilante et sur le qui-vive pour sauter sur la moindre occasion si elle se présentait.

    Je me demandais si il aurait des humains enfin des êtres tout à fait normaux à cette soirée afin que je puisse au moins faire passer un message. Bref je passais en revue toutes mes possibilités.

    Enfin deux hommes sont venus me chercher, deux vampires à toute évidence. Chacun me tenait fermement de chaque côté et m’ont emmené dans la grande pièce éclairée où tout le monde s’affairait aux préparations afin que tout soit parfait.

    Puis au fond de la pièce j’ai vu un énorme siège de velours rouge, on aurait dit le trône d’un souverain. Et en fait c’est ce que l’homme en gris devait être dans la société vampirique. A côté quelque chose qui me fit m’arrêter brusquement, une cage dorée. Les deux hommes m’ont poussé à l’intérieur avant de fermer la porte à clef. Puis ils ont soulevé la cage me laissant tanguer au dessus de la salle. On me traitait comme un animal et la seule chose à laquelle je pensais c’était que je n’avais plus aucune chance de m’échapper.

    Mes larmes ont coulés longtemps le long de mes joues mais je ne leur montrais pas. J’étais recroquevillées mes bras se joignant sous mes jambes alors que ma tête était posée sur mes genoux.

     

     

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