• Le pouvoir de l\'Iris - chapitre 15

     

    iris
     
     
     
    CHAPITRE 15




    J’ai attendu toute la journée mais il n’est pas rentré. Qu’est-ce qui c’était passé ? Etait-ce de ma faute ? Je n’aurais pas dû le laisser boire mon sang, c’est ça qui avait déclenché sa fuite. Pourquoi étais-je aussi conne ?

    Et pourtant je n’avais jamais rien connu de tel ! Je touchais l’endroit où ses crocs s’étaient enfoncés. Rien que ce geste me donnait encore des frissons. Et puis il y avait cette histoire, celle que j’avais entendue. Je n’avais pas eu le temps de lui poser des questions. Tout ce que je savais c’est qu’il était en colère après moi lorsqu’il a su que j’étais derrière la porte.

    Je n’arrêtais pas d’envoyer des sms et d’essayer de le joindre sur son portable mais rien. Toujours cette boite vocale à mon oreille. Je n’arrivais pas à me calmer faisant les cent pas dans cette maison vide et silencieuse.

    Je ne voulais pas dormir dans la chambre alors je me suis installée sur le canapé avec une couverture. Je zappais sans grande conviction, rien ne m’emballais. J’ai trouvé sur le meuble le dvd du dernier concert à Berlin. Je voulais le voir, entendre sa voix.

    Il était magnifique sur scène, je ne me lassais pas de le regarder, jusqu’à ce que je finisse par m’endormir.

    A mon réveil je me suis précipitée dans la chambre, elle était vide. Complètement vide. Les armoires étaient ouvertes, ses vêtements avaient disparus.

    Je m’écroulais au sol pleurant à chaudes larmes.

    Il m’avait quitté et je ne comprenais pas pourquoi.

    Je rassemblais mes affaires et prenais mon sac pour me diriger vers la porte d’entrée. Je m’arrêtais pour prendre le dvd et le mettre dans mon sac avant de déposer sur la table de salon mon pass. Je n’en aurais plus jamais besoin. Je regardais encore une fois la pièce avant de sortir le cœur brisé.

    Je n’avais pas fait deux mètres que j’étais entourée de plusieurs personnes. Je reculais machinalement mais mon dos est entré en contact avec quelque chose, enfin quelqu’un. Je n’osais pas me retourner.

    Je savais à qui j’avais à faire, j’avais appris à les reconnaitre. C’était des vampires ! Ils étaient six autour de moi, me fixant mais disant aucun mot. Puis une voix a retenti quelques mètres plus loin leur demandant de s’écarter.

    Un homme d’une quarantaine d’années s’avançait d’un pas léger et mondain vers moi. Il avait un costume gris qui visiblement devait couter très cher.

    - Bonjour ! me dit-il.

    - Bonjour, lui répondis-je peu rassurée.

    - Tu dois être le nouveau pot de miel de Raphaël ? me demanda-t-il en regardant mon cou.

    Mince j’avais oublié de mettre un foulard.

    - Non, répondis-je sèchement. Si vous voulez voir Raphaël il n’est pas là et je ne sais pas quand il réapparaitra. Excusez-moi mais je suis pressée.

    - Et bien ça attendra. Emmenez-la dans l’antre tout de suite.

    Je n’ai pas eu le temps de m’enfuir, on m’emportait déjà. Allais-je subir le même sort qu’Ashley ?

    On m’engouffrait de force dans un véhicule sombre aux vitres fumées. Je ne pouvais pas m’enfuir à cause des deux molosses qui m’encadraient me laissant peu de place pour respirer d’ailleurs.

    La peur était là, bien présente. Je n’allais plus revoir mes parents et je sentais mes larmes sur mes joues. J’avais essayé d’être forte et arrogante mais en faite je n’étais qu’une toute petite humaine insignifiante qui avait aimé un être hors du commun. On m’emmenait vers un lieu inconnu où l’on allait probablement me tuer, me vider de mon sang et me jeter quelque part comme un vulgaire déchet. Mais bizarrement je ne regrettais rien enfin je ne regrettais pas d’avoir rencontré Raphaël. J’avais connu l’amour, le véritable amour et sur ce plan je me sentais chanceuse. Je jurais silencieusement que lors de mon dernier souffle c’est à lui que je penserais.

    Un de mes deux gardes du corps me regardait avec envie et prenait régulièrement mes cheveux pour les respirer et se lécher les babines comme si j’étais une friandise. Je me sentais prise dans un étau et je n’aimais pas ça.

    Je regardais devant moi essayant de me repérer. Je me demandais où ils pouvaient m’emmener mais nous étions déjà sortis de la ville et je n’arrivais pas à me repérer. Je ne connaissais rien des environs, juste quelques endroits à Londres. J’étais déprimée et quelque peu désorientée.

    Comment me réjouir de ce moment alors que j’allais mourir.

    Nous étions dans la voiture depuis un moment déjà et il faisait nuit.

    J’avais faim mais personne ne s’est soucié de moi de toute la journée. Nous nous sommes juste arrêtés une fois pour faire le plein. Je n’avais pas osé leur demander une bouteille d’eau ou même un paquet de gâteau. De toute façon à quoi cela aurait-il servi ? Au moins je serais faible lorsqu’ils se nourriront de mon sang et peut-être que la mort viendrait plus vite.

    Je commençais à tomber de sommeil mais j’essayais de résister. Je voulais savoir où l’on m’emmenait et pourquoi l’homme avait dit de me conduire dans l’antre. Ça faisait un peu film d’horreur genre l’antre de la bête. La bête c’étaient les vampires bien entendu, du moins j’en venais à cette conclusion.

    J’essayais aussi de me souvenir de la conversation que j’avais entendu dans la maison de Raphaël. Calum ou Kéryan lui avait dit qu’ils devaient être au courant pour lui et moi. Que c’était dangereux, que j’étais en danger. Je n’y comprenais rien. Etait-ce les vampires dont ils parlaient qui m’avaient kidnappé ?

    Je n’avais pas le temps de réfléchir plus longtemps car la voiture venait de s’arrêter devant une énorme grille qui s’ouvrait devant nous très lentement laissant apparaitre une bâtisse avec ici et là des lumières dans les pièces du ré de chaussée.

    Il faisait nuit noir et c’est tout ce que je voyais malheureusement.

    On m’a tiré à l’extérieur et on me tenait fermement le bras jusqu’à l’intérieur. L’homme qui me tenait me faisait mal mais je n’osais pas me plaindre et encore moins leur faire le plaisir de gémir.

    De toute façon je ne pouvais rien tenter ni même m’échapper dans un endroit clos en plein milieu de la nuit et surtout entouré de vampires qui couraient plus vite que n’importe quel être existant sur Terre.

    On me conduisait dans une pièce éclairée par le feu de la cheminée. Si je ne m’avais pas senti si en danger j’aurais peut-être apprécié l’endroit bien que très vieillot côté déco. Les murs étaient de pierres apparentes, les fenêtres étaient telles que l’on pouvait se les imaginer dans un château. Mais oui j’étais bel et bien dans un château. Je frissonnais ça me faisait penser à un vieux film en noir et blanc sur le comte Dracula. Je regardais déjà vers la porte m’attendant à voir apparaitre un homme avec des crocs apparents et une cape noire, les cheveux gominés et peignés vers l’arrière.

    Je frottais mon bras qui me faisait encore mal et me dirigeais vers la porte d’où je venais. J’essayais de l’ouvrir, elle était comme je me l’imaginais fermée. J’étais faible et fatiguée, tellement fatiguée que je suis allée m’assoir sur un haut fauteuil près de la cheminée.

    Je ne sais pas combien de temps j’avais dormi lorsqu’une voix me tira de mon sommeil.

    - Réveillez-vous ! Nous avons à parler ! me dit l’homme en costume gris.

    - Je n’ai pas envie de vous parler, je veux que vous me rameniez chez moi, dis-je consciente que je parlais pour ne rien dire mais il fallait que je le fasse.

    - Oh…. Même aussi faible vous voulez vous révolter. Intéressant mais complètement inutile.

    - Qu’est-ce que vous me voulez ?

    - Vous bien sûr. Je vous veux jeune demoiselle.

    - Je n’appartiens à personne et plutôt mourir que de vous appartenir.

    - Mais je ne te laisse pas le choix. Tu subiras très bientôt le pouvoir de l’iris et donc tu seras mienne. Je disposerais comme bon me semble de ton sang mais aussi de ton corps.

    Je frissonnais à ces paroles. Non ! Je ne voulais pas que cet homme me touche. Je pourrais encore supporter qu’il se nourrisse mais pas qu’il pose ses sales pattes sur mon corps.

    - Je me suis trompé une fois de personne mais cette fois-ci je sais que j’ai trouvé l’âme pure que mon fils aime.

    - Votre fils ? n’osant demander si c’était de Raphaël qu’il parlait.

    - Oui. Raphaël est mon fils. Pas comme vous pouvez le concevoir vous les humains, je suis celui qui a donné l’immortalité à ce garçon.

    - Et en quoi cela me concerne ?

    - Il t’aime. Et je ne pourrais le tolérer. Il n’y a que son maitre qui a le droit à l’amour pas ses serviteurs.

    - Vous vous trompez il ne m’aime pas. Il a quitté ma vie il y a quelques jours vous avez un métro de retard sur ce coup là !

    - Je ne crois pas non ! Et puis nous allons voir si c’est toi qui a raison ou si c’est moi. J’ai fait passer le message que tu étais ma prisonnière. Nous verrons bien s’il te laisse à ton sort ou bien s’il vient à ton secours. Bien qu’inutile pour cela également puisqu’il n’a aucune autorité en ce qui me concerne. Nous n’avons plus qu’à attendre. Oh ! Et comme je veux te garder en vie je vais te faire apporter un plateau de nourriture.

    - Vous avez dit tout à l’heure que vous vous étiez trompée de personne. Ne me dites pas que c’est vous qui avez tué mon amie Ashley ?

    - Alors c’est comme ça qu’elle s’appelait. Je l’ai vu avec le groupe et Raphaël lui a fait quelques suggestions donc j’ai supposé que c’était elle l’élue. Mais elle sentait l’odeur de ce Calum et j’ai tout de suite su que nous nous étions trompés alors j’ai décidé que ce serait un message intéressant pour Raphaël. Et ça a marché à merveille. Il s’est rapproché de toi pour te protéger n’est-ce pas ? Je vous ai fait surveiller et nous avons attendu que tu sois vulnérable pour te prendre à lui.

    - Vous êtes un beau fumier ! Elle était innocente, vous comprenez ! Vous n’aviez pas à la tuer, criais-je en pleurs.

    - Vous les humains vous êtes beaucoup trop sentimentaux ce qui vous rend pathétique et agréablement vulnérables. Mais jeune fille c’est la dernière fois que vous élèverez la voix sur moi, sinon je me ferais un plaisir d’abimer ce si jolie minois. N’ayez crainte ça ne m’empêchera pas de profiter de vous, même défigurée. Ai-je été clair ?

    - Oui. Très clair.

    Un coup à la porte me faisait frissonner et une femme est apparue avec un plateau.

    - Pose-le sur la table Abbigail. Et retire-toi pour la nuit.

    - Merci maitre ! dit-elle en se courbant devant lui.

    Puis sans un mot il se retirait à son tour me laissant encore une fois seule dans cette grande pièce.

    Je n’arrivais pas à croire à ce que m’avait dit cet odieux vampire. Il était celui qui avait transformé Raphaël en ce qu’il était, un vampire. Il était celui qui avait tué Ashley, Raphaël le savait. Pourquoi ne me l’a-t-il pas dit ? Je comprenais maintenant pourquoi il avait été si protecteur alors que je croyais qu’il m’aimait sincérement et pourtant il m’a laissé seule et vulnérable sachant certainement que ça allait courir à ma perte. J’espérais sincérement qu’il ne vienne jamais. Je ne voulais pas voir son dédain en m’apercevant. Je voulais garder son souvenir intact jusqu’à ce que l’on m’enlève de ma mémoire tous mes souvenirs, tous ce qui fait de moi un être humain et non un zombie sans âme.

    Je me suis approchée du plateau. Il contenait des fruits, du pain, de la confiture et du jus d’orange. Mais je ne voulais pas y toucher. Je ne prendrais pas le risque de goûter ce qui pourrait me conduire à ma perte en ingurgitant de la drogue.

    Je retournais me recroqueviller dans le fauteuil près de la cheminée attendant que le sort s’acharne sur moi.

     

     

    05.wir.skyrock.net16

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :