• Le pouvoir de l\'Iris - Chapitre 10

     

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    CHAPITRE 10




    Les jours passaient. L’été était pourtant là mais je n’avais pas envie de sortir. Mes parents avaient changé leurs habitudes et ils avaient changé d’équipes pour que je ne sois que très rarement seule. Ils avaient même fait poser une alarme super sophistiquée après avoir parlé avec les inspecteurs qui leur avait dit que je pouvais très bien être la prochaine victime.

    Cela aurait pu me réjouir de leur présence incessante mais non. Je m’en moquais. Je ne supportais plus la présence de qui que ce soit. Lisbeth avait essayé de me faire sortir mais je refusais à chaque fois. Jusqu’au jour où elle s’est lassée et n’est plus revenue.

    Je regardais sur mon ordi les photos de moi et d’Ashley, nos délires, nos grimaces, nos fou-rires dans les cabines d’essayage, nos poses mannequins. Elle était tellement pleine de vie, je lui devais beaucoup. Elle m’avait permis de m’intégrer dans ce pays et de m’y sentir chez moi. Elle m’avait fait découvrir tellement de choses. C’était dur de savoir que je ne la reverrais plus jamais.

    En regardant son visage, je me suis rappelée des paroles des policiers. Elle avait été vidée de son sang. C’était incroyable quand même et pas banal. Mais comment avait-elle été vidé de son sang ? Je n’avais pas posé la question en fait. Est-ce qu’on lui avait tranché la gorge ?

    En cliquant ici et là sur mon ordinateur, je me suis surprise à chercher des images de Raphaël. Il me manquait mais je n’avais plus eu de nouvelles depuis notre baiser. Il m’avait dit qu’il était amoureux de moi et pourtant il ne m’avait donné aucun signe de vie.

    Les vidéos défilaient et je ne remarquais qu’il n’y avait rien de changé chez lui. Il regardait droit devant lui faisant planer le mystère à son sujet. Il avait été vu dans plusieurs boites de nuit de Berlin. Comment ne pas l’imaginer avec une fille ?

    J’en avais assez. J’ai éteint l’objet de mes tourments et je suis allée me coucher. Je me suis réveillée plusieurs fois dans la nuit. Encore des cauchemars. Je voyais Ashley se faire trancher la gorge, j’essayais nuit après nuit de la sauver, d’arriver à temps, et à chaque fois elle était sur le sol sans vie.

    J’étais essoufflée à chacun de mes réveils. J’aurais dû prendre le temps de lui parler. Mais non je lui avais tourné le dos pour un simple rendez-vous avec un garçon. Pourquoi la vie est-elle si injuste ?

    Je me levais et allais dans la salle de bain afin de boire un verre d’eau.

    A mon retour je n’étais pas seule. Mon corps avait retrouvé cette sensation qu’on le déshabillait du regard. Cette chaleur sur ma peau qui m’envoutait toujours autant.

    - Raphaël ! dis-je dans un souffle.

    - Oui. Je suis là !

    Il s’approchait de moi et me prit dans ses bras. Je le repoussais et allais dans l’autre coin de la pièce.

    - Pourquoi tu reviens me voir ?

    - Parce que tu me manquais !

    - Non. C’est faux ! Si je t’avais manqué tu m’aurais donné de tes nouvelles. Si tu t’intéressais à moi tu m'aurais demandé mon numéro de portable et alors tu aurais su que j’avais besoin de toi.

    - je ne sais pas comment m'y prendre. Je n’ai pas l’habitude.

    - Tu…. Tu n’as pas l’habitude ? ça veut dire quoi ? Que tu n’as pas l’habitude de donner des nouvelles à chacune des filles à qui tu dis que tu es amoureux d’elle ? Pas l’habitude de réconforter celle que tu aimes alors qu’elle a perdu sa meilleure amie dans des circonstances plus que suspectes ? Hein ? Dis-moi !

    - Tu es fâchée, je ferais mieux de partir. Je savais que ce n’était pas une bonne idée de reprendre contact avec toi.

    - Alors pourquoi tu l’as fait ?

    - Je ne pouvais pas m’en empêcher. J’avais envie de sentir ta peau, de reprendre notre baiser là où on l’avait laissé. J’avais envie de discuter aussi. J’avais besoin d’être avec toi.

    Il restait là dans la pénombre attendant certainement une réaction de ma part. Je savais que j’avais tort mais j’avais moi aussi besoin de lui.

    J’avais besoin que quelqu’un me prenne dans ses bras, j’avais besoin de me sentir vivante. Mais je lui en voulais de ne pas avoir été là pour moi.

    - J’avais besoin de toi, tu comprends ? lui dis-je d’une voix tremblante.

    - Je suis désolé. Je regrette de ne pas être venu te rejoindre. C’est la première fois qu’on a besoin de moi.

    - Quoi ?

    - Oui. Je me débrouille seul depuis très longtemps déjà et j’ai oublié certaines choses.

    - Embrasse-moi.

    - Quoi ? me répondit-il.

    - Embrasse-moi.

    J’ai senti sa présence auprès de moi presque automatiquement. Il avait dû avancer vers moi sans que je m’en rende compte. Il passait sa main sous mes cheveux et l’autre m’enveloppait au niveau du bas du dos. Il m’a attiré vers lui et son souffle m’enivrait jusqu’à ce que ses lèvres touchent les miennes. Cette fois-ci mes lèvres se sont entrouvertes, j’en voulais plus. Il jouait avec ma langue et passait la sienne sur mes lèvres comme pour se délecter d’un met succulent. J’étais comme une poupée de chiffon dans ses bras. Je n’avais plus de force, je me laissais porter par son baiser et j’aimais ça.

    - Arrête Léna. Je ne peux pas aller trop loin dans nos baisers.

    - Je ne comprends jamais rien à ce que tu me dis et tes paroles ont toujours l’air d’être à double sens. Je sens toujours un danger planer lorsque je suis avec toi mais je m’en moque.

    - Je ne veux pas que tu t’en moques Léna. Je veux justement que tu gardes dans un coin de ta mémoire que je suis dangereux. Promets-le moi mon amour.

    - Qui tu es Raphaël ? Est-ce qu’un jour tu auras assez confiance en moi pour me dire la vérité sur toi ?

    - Je ne préfèrerais pas. Mais je sais qu’un jour je n’aurais pas le choix.

    - Alors dis-le moi ce soir !

    - Pas ce soir. Ce soir je veux me réchauffer de tes baisers, de ta peau.

    - De mon odeur.

    - Non pas de ton odeur car elle ne m’a jamais quitté.

    Il s’est penché pour me faire quelques baisers dans le cou me consumant sur place. C’était tellement excitant et électrisant. Je lui caressais le dos puis j’ai passé ma main sous son tee-shirt afin de toucher sa peau si douce. Je le sentais aussi fébrile que moi, j’ai continué à explorer son corps de mes caresses jusqu’à ce qu’il m’arrête brusquement.

    - Laisse-moi du temps Léna. Je ne peux pas aller plus loin.

    - Tu ne veux pas aller plus loin avec moi ?

    - Ce n’est pas ça mais oh, Léna, il y a des choses que tu ne sais pas sur moi. Des choses perturbantes. Je ne voudrais pas te faire du mal.

    - Mais pourquoi tu me ferais du mal alors que tu me dis que tu tiens à moi. Je ne comprends toujours pas et ça devient très frustrant.

    - Je veux que l’on prenne un peu de temps pour nous connaitre. Je ne veux pas que tu regrettes surtout pour la première fois.

    - Com….comment tu sais que ce serait la première fois ?

    - Je le sais c’est tout.

    J’allais m’allonger sur mon lit, légèrement perturbée par sa révélation. Il est venu me rejoindre, s’allongeant près de moi. Cette sensation qu’on me touchait, qu’on me caressait a pris le relais m’empêchant de réfléchir plus longtemps. Je me demandais si c’était comme ça avec chaque garçon. Je n’avais pas entendu de filles parler de cette sensation qui m’enveloppait en ce moment.

    Je fermais les yeux me délectant encore un peu de ces caresses imaginaires. Lorsque j’ouvrais mes yeux à nouveau Raphaël me fixait souriant légèrement.

    - Tu as aimé ?

    - Nos baisers ? Bien sûr et ils m’ont manqué pendant ton absence.

    - Non pas ça. Tu as aimé ce que tu viens de ressentir ?

    - C’est toi n’est-ce pas ? Comment fais-tu ça ?

    - Par la pensée. Je m’imagine en train de caresser chacune de tes formes et je te le transmet.

    - Raphaël ! Personne ne peut faire ce que tu as fait.

    - Tu l’as ressenti n’est-ce pas ? Je sais que ça fait longtemps que tu le ressens, à chacune de mes pensées intimes tu l’as ressenti. Je te voyais fermer les yeux lorsque tu étais à ta fenêtre, je t’ai vu lorsque ton corps appelait chacune de mes caresses au Pearl et lorsque tu as mis ta lèvre inférieure sensuellement entre tes dents. Et là j’ai vu les sensations que ça te procurait.

    - Raphaël ! Je peux te poser une question ?

    - Oui. Bien sûr mon amour.

    - Es-tu humain ?

    Cette question m’était venue comme naturellement et surtout comme une évidence. Mais j’avais peur de sa réponse et surtout de ce qu’il pouvait être. Je me suis rappelée Ashley et le fait qu’elle est été vidé de son sang. Le danger que représentait Raphaël. Les rumeurs dont son groupe était l’objet. Y’avait-il dans tout ça un semblant de vérité ?

    - Raconte-moi ce qui est arrivée à ton amie, Ashley ?

    - Tu ne répondras pas à ma question ?

    Il me fixait le regard noir me glaçant sur place.

    - Tu n'as pas lu les journaux ? Ashley a été retrouvé morte dans une rue de Londres vidé de son sang.

    A mes mots Raphaël s’est raidi et a légèrement reculé. L’expression de son visage était dure et froide. Qu’avais-je dit qui le perturbait autant.

    - Comment ça vidé de son sang, me demanda-t-il d’une voix que je ne lui connaissais pas.

    - C’est tout ce qu’on m’a dit. Elle a été vidé de son sang mais il n’y en avait aucune trace autour de son corps. Les policiers supposent qu’elle a été transporté après sa mort.

    - Que t’ont-ils dit d’autres ? Je dois savoir, me dit-il en m’attrapant fermement les bras.

    - Tu me fais mal. Raphaël lâche-moi.

    - Dis-moi ce que tu sais.

    - Raphaël ! Tu me fais peur. Qu’est-ce que tu as ? Tes yeux sont bizarres. Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Qu’est-ce qu…

    J’étais pétrifiée et ne croyait pas ce que j’avais sous mes yeux. Dans sa colère, il ne s’était pas rendu compte de son état mais moi oui. J’avais vu briller quelque chose dans sa bouche, quelque chose d’impossible et pourtant j’aurais dû le savoir. J’aurais dû le deviner.

    - Oh mon dieu ! criais-je.

    C’est à cet instant il a compris et m’a lâché. Il ne m’a même pas regardé et a disparu si rapidement que je me demandais encore ce qui venait d’arriver.

    Ce n’était pas possible. Des êtres comme lui n’existaient pas. Et pourtant toutes les rumeurs qui courraient sur lui et son groupe ne disaient en fait que la vérité. Etait-ce possible que ce soit lui qui… Non ! Je n’y croyais pas ! En fait tout ce mettait en place. Toutes ses paroles, tous ces mystères, toutes ses mises en garde.

    Je vérifiais ma fenêtre, ma porte, avant d’aller me réfugier sous ma couette. J’avais peur qu’il revienne, j’avais peur de subir le même sort qu’Ashley. Mais plus que tout je voulais savoir, je voulais avoir une explication. En aurais-je la force maintenant que je savais ce qu’il était ?

    Mes sentiments sont tellement contradictoires, d’un côté la peur, de l’autre l’amour que j’ai malgré tout pour lui.

    Est-ce qu’il reviendra vers moi maintenant que je sais qui il est ?

     

     

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