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    iris
     

    CHAPITRE 1

     

    Vendredi était arrivé très vite et je me trouvais devant mon psyché me regardant pour la dixième fois au moins sans grande conviction.

    Je me demandais encore pourquoi j’avais accepté d’accompagner Ashley à ce concert. Je détestais ce genre d’endroit toujours trop bruyant, rempli de fumée, d’odeur plus ou moins agréable. Je ne savais pas ce qu’on devait porter à ces soirées. Et j’avais sorti tout ce que j’avais de potable dans mon armoire.

    La porte s’est ouverte doucement laissant passer le visage lutin de mon amie.

    -          - Et bien j’arrive à temps on dirait.

    Elle entrait dans la chambre et je la scrutais de la tête au pied. Elle portait un jean, des converses, un débardeur que je connaissais bien vu que c’était le mien et son blouson fétiche en cuir. En fait elle était décontractée alors que je me triturais l’esprit afin de trouver la tenue idéale.

    Elle fouillait avec entrain le tas de vêtement sur mon lit et me jetait un jean légèrement délavé, un top bleu et dans chacune de ses mains un cintre avec d’une part un blouson en jean et de l’autre un autre plus kitch. Je pointais mon doigt vers la veste en jean. Pour les chaussures je mettrais mes baskets.

    Je laissais mes cheveux bruns tomber en cascade dans mon dos alors qu’Ashley  avait remonté les siens afin, comme elle le disait, de ne pas transpirer pendant la soirée.

    -          - C’est quoi le style de musique ? lui demandais-je.

    -          - Je te l’ai déjà dit c’est du Rock, enfin du Pop Rock plus précisément. Allés on va bien s’amuser. C’est dingue quand même tu n’es jamais allée à un concert ?

    -          - Non. Jamais. Ça ne m’intéresse pas plus que ça. Tu sais la foule, la transpiration, la sono à fond ce n’est pas mon truc.

    -          - Je suis sûre que ça va te plaire et puis tu ne peux pas me laisser y aller seule n’est-ce pas ?

    -          - Evidemment !

    C’était clair qu’elle savait s’y prendre pour m’embarquer dans des soirées comme celle-ci.

    Nous sommes arrivées vers 23 heures dans un des quartiers populaires de Londres, la rue où nous nous trouvions était sombre mais loin d’être déserte.  Il y avait une queue de plusieurs mètres et la température extérieure était assez élevée pour un mois de juin. Plus loin un groupe de filles hystériques attendait devant une porte certainement là où les groupes devaient entrer. C’était pathétique et irréel.

    Je ne me sentais pas à ma place et voulais rentrer chez moi. Mais je n’avais pas beaucoup d’amies à part Ashley, j’étais en Angleterre depuis six mois après des années et des années d’absences.

    Les cris derrière moi m’ont fait sursauter et je me tournais brusquement une voiture s’était  arrêtée  juste devant la porte que je regardais quelques minutes auparavant. Ashley était aussi excitée que ces groupies mais ne me quittait pas.

    Je ne voyais rien, pas même un visage. Pourtant une étrange sensation s’est emparée de moi, quelque chose d’indéfinissable. Une sensation forte et agréable mais la peur aussi. La peur qui m’a enveloppé un court instant avant de disparaitre  rapidement.

    J’ai eu l’impression que des yeux s’étaient posés sur moi mais regardant furtivement autour de moi personne ne me prêtait attention. Tous les regards étaient dirigés vers la masse de personne rassemblée sur le côté du bâtiment.

    Je me sentais mal. Etais-je en danger ?

    J’aurais aimé avoir plus de temps pour réfléchir à la question  mais je sentais une main m’attrapée m’entrainant avec elle à l’intérieur de la salle de concert.

    Pour Ashley nous étions assez bien placées pour pouvoir voir en détail les superbes beaux garçons qui passeraient sur scène. Je crois même qu’elle avait fait le déplacement plus pour les mecs que pour le style de la musique. Je regardais autour de moi et je bénissais Ashley de m’avoir écouté afin d’être au moins sur les bords pour que je puisse respirer un peu. J’avais une vue d’ensemble sur la foule et sur la scène. Je faisais attention au moindre détail, au moindre brouhaha qui m’aurait fait fuir il y a peu de temps.

    Ashley essayait tant bien que mal de me parler des différents groupes qui passeraient sur cette scène. Le moindre détail sur tel ou tel bassiste, chanteur, et autres. Je ne retenais qu’une seule chose un de ces groupes ne chantait que la nuit. Jamais personne ne les avait vus jouer en plein jour. D’après mon amie c’est pour cela qu’ils avaient autant de succès, ils avaient créé un tel mystère autour d’eux que les plus invraisemblables rumeurs  parcouraient  le net.  Le groupe était composé de quatre garçons et ils se faisaient appeler les night hearts.

    J’écoutais plus ou moins le blabla répété de mon amie et repérais quelqu’un caché derrière un poteau. Je n’arrivais pas à voir si c’était un homme ou une femme mais cette personne c’est moi qu’elle regardait. Un frisson me parcourait la colonne vertébrale jusqu’à dresser le duvet de mon cou. Je savais à cet instant que les sentiments qui m’avaient traversé à l’extérieur étaient les mêmes. La peur, l’attraction, l’envie….

    Mon regard scrutait l’obscurité, je voulais savoir à qui j’avais à faire. Nos yeux se rencontrèrent et un léger malaise m’a submergé pendant quelques secondes. Je m’accrochais à Ashley qui s’est inquiétée immédiatement.

    -          - Tu vas bien ? me demanda-t-elle. C’est la foule, la chaleur ? Tu veux sortir ?

    -          - Non ça va. Merci. Je ne sais pas ce que j’ai eu mais c’est terminé je vais bien. Alors tu es prête à danser et chanter jusqu’au bout de la nuit ? lui dis-je espérant me faire oublier ce moment déstabilisant.

    -          - Et bien te voilà raisonnable.

    Dans le noir nous n’avions pas remarqué que le batteur avait pris place et c’est sur un rythme soutenu que le concert a débuté. Pris dans l’euphorie je me suis prise au jeu et je me suis dandinée comme tout le monde. Je n’aurais jamais imaginé qu’on pouvait autant s’amuser dans un endroit pareil. Ashley connaissait déjà quelques chansons par cœur mais moi je me contentais de taper dans mes mains et gesticuler mes bras dans tous les sens.

    J’avais chaud et je transpirais à grosses gouttes. Le gros point négatif de cette soirée qui touchait à sa fin.  Nous attendions le dernier groupe qui faisait déjà l’unanimité vu les cris et les appels qui s’échappaient dans la salle. Comment s’appelait-il déjà ? Les …. Night hearts ! Ridicule ! Mais bon je trouvais toujours plus ou moins risible les différents noms que se donnaient les musiciens.

    Comme les autres j’appelais le groupe comme d’une même voix tapant dans nos mains à l’unisson.

    Enfin ils montaient en scène sous les cris stridents qui me perçaient les oreilles. La musique prit le relais. Sur l’estrade trois garçons nous faisaient face et un autre nous tournait le dos. Ashley m’agrippait en me disant que c’était le chanteur, qu’il était d’une telle beauté que j’allais en être accro c’était sûr.  Je haussais les épaules et continuais à me tordre afin de suivre la musique.

    -          - Rafy, Rafy, Rafy, scandait la foule.

    Je me suis remémorée  qu’Ashley m’avait dit que le chanteur s’appelait Raphaël alors qu’il se retournait vers ses fans.

    Mon dieu ! Il était d’une beauté époustouflante. Mais tout d’un coup son regard a croisé le mien et j’ai su que c’était lui l’inconnu qui m’avait épié tout à l’heure.

    Il a su ce que je pensais à cet instant car j’ai vu un léger sourire au coin de ses lèvres avant de tourner la tête vers l’ensemble de la foule envoutant la pièce littéralement.

    Je restais immobile mon regard toujours sur lui comme envoutée à mon tour.

     

     

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    CHAPITRE 2

     

     

    La pluie tombait alors qu’il y a quelques heures la chaleur étouffante nous accommodait quelque peu. En tant normal je n’aimais pas la pluie mais cette fois-ci je la sentais bénéfique nous lavant de cette sueur qui collait à mes vêtements.

    Nous avons couru jusqu’à la voiture et je jubilais d’avoir au pied mes baskets plutôt que des chaussures  à talons.

    Nous avons trouvé des mouchoirs en papier dans la boite à gants de la vieille guimbarde du père d’Ashley et nous nous sommes essuyées tant bien que mal quittant nos blousons trempés et mettant le chauffage de la voiture à fond.

    Le chemin du retour a été court et nous nous sommes engouffrés chez Ashley rapidement. Vu l’heure tardive je dormais chez elle afin de ne pas réveiller mes parents qui prenaient leur poste à l’hôpital de bonne heure. Mon père était un médecin reconnu qui avait exercé pendant des années en Asie. Ma mère passionnée et infirmière de surcroit l’avait suivi dans sa quête d’aider les plus faibles. Ils ne m’avaient pas demandé mon avis et m’on embarqué avec eux dans leur voyage alors que j’avais dix ans. J’avais grandi aux Etats-Unis dans la banlieue de San Francisco mais je n’en avais plus aucun souvenir. Enfin très peu à vrai dire. Une maison beige avec des volets bleus foncés, un chien qu’on avait dû laisser à mes grands-parents maternels et une amie qui s’appelait Mitsy.

    J’avais maintenant 19 ans et ça faisait quelques mois que nous étions partie de Bangkok parce que mon père avait une proposition pour diriger une équipe dans un hôpital en Angleterre. Evidemment la condition était que ma mère fasse partie de son équipe. Encore une fois ils ne m’ont pas demandé mon avis et j’ai suivi.

    A mon âge j’aurais pu prendre la décision de rester mais j’étais plutôt réserver et j’avais très peu d’amis. Rien ni personne ne me retenait dans ce pays et mes parents me manqueraient plus que je ne pourrais leur dire.

    Et puis je voulais reprendre mes études. Je voulais aller au cours du soir pour apprendre le dessin et la peinture mes véritables passions.

    Au début j’ai eu du mal à reprendre un rythme scolaire mais avec du travail et de la méthode j’y suis arrivée en peu de temps. Mon seul problème la météo. Oui l’Angleterre n’était pas gâté par un soleil radieux et des températures élevées. Sans compter ce foutu brouillard.

    Je n’aime pas la chaleur étouffante. Bizarre me direz-vous pour quelqu’un qui vient d’Asie mais la chaleur n’est pas la même et on s’habitue, on vit en fonction des températures et des saisons. Ici  c’était comme si c’était exceptionnel. Le monde s’arrêtait dès qu’il faisait plus chaud qu’à l’habitude. Et puis tout le monde s’agglutinait au même endroit, au même moment. Je détestais le métro et pourtant c’était tellement utile pour se déplacer sans être obligé de demander à mes parents de me déposer ici ou là.

    Lorsque je suis arrivée à mon premier cours de sociologie j’étais perdue et me suis assise au fond de la classe essayant de suivre le cours le mieux que je pouvais.

    Au bout d’une semaine j’étais complètement intégrée et je partageais ma table avec Ashley qui m’avait pris sous son aile. Elle rêvait d’aventures et de partir de ce pays alors évidemment lorsqu’elle a su d’où je venais pour elle s’était comme une évidence de me poser des tonnes de questions, me trouvant très intéressante.

    En fait elle l’était beaucoup plus que moi. Elle m’apprenait beaucoup de choses et me permettait de m’intégrer dans mon nouveau pays. Elle m’a appris à me battre pour des fringues lors des soldes, à héler un taxi, à me débrouiller dans la jungle du métro, à me repérer à la fac et m’organiser avec mes cours.

    Bref quelque part on se complétait. Nous étions pourtant le jour et la nuit. Elle, blonde aux yeux bleus, de taille moyenne, cheveux mi longs et extravagante. Moi, brune aux yeux marron, de taille moyenne, cheveux très longs et plutôt calme.

    Malgré le fait qu’elle aimait faire la fête elle était plutôt studieuse et deux soirs par semaine elle assistait à des cours de théâtre.

    Les soirées étudiantes me déplaisaient mais Ashley m’y entrainait souvent me disant que si je ne sortais pas je ne pourrais pas trouver un gentil garçon avec qui flirter. Je n’osais pas lui dire que je n’avais jamais été vraiment avec la gente masculine. J’avais eu quelques amoureux là bas mais la plupart était de famille très traditionnelle et respectait certains principes. Donc à part embrasser je n’avais pas été plus loin. Et pourtant je rêvais souvent de caresses sur mon corps qui m’emporteraient vers des sentiments forts et puissants, une certaine extase qui ne ferait qu’un de deux êtres, de deux âmes sœurs.

    Une fois douchée et pyjama enfilé je me glissais dans le lit de sa sœur ainée qui avait quitté la maison depuis plus d’un an. Ses parents espérant toujours qu’elle rentrerait au bercail n’avait pas accepté qu’Ashley refasse sa chambre à son idée et ainsi de se débarrasser de ce deuxième lit. Moi je le trouvais très utile pour venir passer mes weekends chez elle, mes parents n’étant pas beaucoup à la maison le samedi et le dimanche.

    J’attendais impatiemment que mon amie sorte à son tour de la salle de bain car je voulais qu’elle me parle de ce garçon, Raphaël.

    -          - Léna ! Tu ne dors pas ? me demanda-t-elle inquiète. Tu  as encore eu un malaise ?

    -          - Non, je voulais qu’on parle un peu.

    -          - D’habitude tu es déjà dans un état second lorsque je reviens dans la chambre. Tu n’es pas fatiguée de ta soirée ? On s’est bien amusée hein ?

    -          - Oui ! J’ai adoré !

    -          - C’est vrai ?

    -          - Oui. C’est dingue hein ! Qui l’eut cru ! lui dis-je en riant.

    -          - En tout cas tu as les yeux qui brillent ce soir. Alors de quoi veux-tu parler ? Ou de qui veux-tu parler ?

    -          - Comment tu sais que je veux te parler de quelqu’un ?

    -          - Et bien j’ai des yeux pour voir et ce que j’ai vu était incroyable. Raphaël n’a eu d’yeux que pour toi et c’était réciproque ma vieille. Tu le dévorais toi aussi.

    Je me sentais rougir et mon cœur s’est mis à battre un peu plus vite lorsque j’ai entendu qu’il m’avait regardé plus que la normale.

    -          - Oh tu sais il doit regarder toutes ses fans comme ça ! Il m’a pris juste pour une groupie de plus ou pour une folle à le dévisager de la tête au pied.

    -          - Non je t’assure ! Il n’est pas comme ça d’habitude. Bien sûr il a des conquêtes mais lors de ses concerts il laisse planer le mystère et disparait de la scène aussi vite qu’il est apparu.

    -          - Comment ça ?

    -          - Je n’en sais rien c’est ce que disent les journaux. C’est un vrai courant d’air. Il apparait quelquefois dans les boites de la région avec son groupe, ils se mettent dans un coin, commandent à boire et passent la soirée comme ça.

    -          - Vu comment ça s’est passé ce soir il doit y avoir une émeute à chacune de ses sorties, demandais-je curieuse.

    -          - Je ne sais pas. Sur le net il y a plusieurs  témoignages. Certains disent qu’ils sont entourés d’armoire à glace, d’autres qu’ils font passer le message au micro que si on les laisse tranquille ils choisiront quelques personnes pour passer la soirée avec eux.

    -          - Et qu’est-ce que tu crois ?

    -          - Je suis partante pour les gros bras. Et puis, à mon avis ils ne vont que dans des endroits très sélect où ni toi ni moi nous n’avons accès. En tout cas il ne t’a pas laissé indifférente. Je te l’avais dit que tu craquerais pour ce mec. Mais ne te fait pas trop d’illusion quand même ce n’est jamais bon de s’accrocher à des chimères.

    -          - Venant de toi qui criait son nom comme toutes les autres et qui était excitée en le voyant arriver ça m’étonne de t’entendre parler comme ça. Mais tu as raison sur une chose nous ne sommes pas de ce monde. Bonne nuit.

    Je me tournais en espérant que mon amie ne tarderait pas à éteindre la lumière afin de pouvoir mettre mes idées en place dans la nuit et en attendant que le sommeil m’emporte vers des rêves magnifiques.

    Comme je pouvais me l’imaginer ma nuit a été agitée et le visage de Raphaël est souvent venu troubler mon sommeil. J’avais l’impression de revivre ma soirée. Seulement cette fois-ci je m’approchais de l’endroit où je l’avais vu se cacher. Je tendais ma main vers lui comme pour lui dire de s’approcher. Mais à chaque fois que je pensais pouvoir le toucher il s’évaporait me laissant de plus en plus frustrée.

    Lorsqu’Ashley me secouait doucement afin de me sortir de mon sommeil j’avais l’impression que je venais tout juste de m’endormir. La fatigue m’accompagnerait toute la journée et je ne serais pas de bonne compagnie.

    En fait nous avons rejoint des copains au bowling mais je n’arrivais à rien et je suis rentrée un peu plus tôt.

    Me retrouver seule chez moi me faisait un bien fou. Surtout après des weekends organisés par Ashley. 

    Je regardais comme à mon habitude sur le frigo le petit papier que me mettait mes parents. Toujours la même chose ils sont partis au resto histoire de décompresser après deux jours intensifs.

    J’avais du mal à comprendre comment ils pouvaient être toujours aussi complices après toutes ces années passées ensemble sans jamais se quitter. Personnellement je ne pourrais pas travailler avec l’homme que j’aime. Etre 24 heures sur 24 avec la personne qui partage sa vie, avoir les mêmes hobbies, les mêmes plaisirs, les mêmes désirs étaient pour moi impossible dans le monde actuel.

    Bien sûr j’étais contente de les voir ainsi mais quelquefois ça me paraissait tellement irréel que j’avais peur un matin de me réveiller en m’apercevant que j’avais rêvé tout ça.

    Je montais dans ma chambre et là je me suis arrêtée net. Une étrange sensation planait dans la pièce et une odeur subtile et enivrante me chatouillait légèrement les narines. Je regardais autour de moi mais rien n’avait changé, rien n’avait disparu.

    J’ai mis ça sur le compte de la fatigue et après une douche bien chaude et un passage éclair dans la cuisine je suis remontée me coucher pour cette fois m’endormir d’une seule traite.

     

     

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    CHAPITRE 3

     

    Les cours se passaient bien mais mon esprit avait tendance à vagabonder quelque peu. Ashley me donnait régulièrement des coups de coude pour me remettre les pieds sur terre.

    Nous avions décidé d’aller prendre un café et un sandwich à la pause de midi dans le centre de Londres. Il fallait nous dépêcher si nous voulions avoir de la place pour nous assoir les endroits branchés étaient littéralement pris d’assaut pendant les pauses.

    En fait nous avons enfin pris place après une demi-heure d’attente à une table au fond de la salle. Ce que nous n’avions pas pensé c’est qu’ils ne servaient pas de sandwich. Après un rapide coup d’œil au menu et surtout au tarif  qui accompagnait chaque plat je choisissais une salade, une eau gazeuse et une part de tarte aux pommes. Ashley tentait le poisson et la mousse au citron.

    Nous étions en train de parler de tout et de rien, enfin si pour mon ami c’était des sujets de conversation très importante sur le choix de telle ou telle paire de chaussures.

    J’ai réussi à m’échapper quelque peu à son bavardage pour aller aux toilettes. Je m’avançais vers un serveur lui demandant mon chemin. Je devais monter l’escalier et tourner sur la droite. Avec la chance que j’avais je finirais bien par me tromper de porte.

    C’est bien ce que j’imaginais au premier étage il y avait des portes partout, je me dirigeais dans la direction que l’on m’avait dit et heureusement je trouvais facilement l’endroit que je cherchais.

    Une chose étrange s’est emparée de moi. Toujours cette même sensation. Un frisson qui partait de ma nuque et suivait ma colonne vertébrale jusqu’au bas de mon dos.  Un mélange de désir intense et de terreur.

    Que pouvait-il m’arriver ? J’ouvrais la porte pour retourner dans la salle et j’ai senti cette odeur, l’odeur que j’avais sentie dans ma chambre. Mon esprit me jouait des tours je ne voyais que ça.

    Je me retournais j’avais vraiment l’impression que l’on m’épiait encore une fois. Mais personne juste une porte qui visiblement venait de se fermer. Sans doute un employé. Je secouais la tête afin de reprendre mes esprits  

    -          - On y va ? demandais-je à Ashley en la rejoignant à notre table.

    -          - Tu ne prends pas de café ?

    -          - Non. On le prendra tout à l’heure sur le campus si ça ne te dérange pas.

    Elle me suivait sans un mot mais le front plissé. Je savais que je n’échapperais pas à un questionnaire sur ma santé mentale.

    -          - Euhh… en fait je ne me sens pas très bien tu peux me ramener et prendre les cours pour moi ?

    -          - Oui bien sûr ! Tu es vraiment bizarre en ce moment. Tu m’expliques ? Des problèmes avec tes parents, ils ont décidés de déménager à nouveau.

    -          - Non. Tout va bien de ce côté-là, je t’expliquerais c’est promis il faut juste que je vois plus clair en moi avant.

    -          - Pas de soucis. Si tu veux je passe après les cours ?

    -          - Ok.

    J’avais tout l’après-midi devant moi et surtout j’étais enfin seule.

    J’allumais instinctivement mon ordinateur j’avais besoin de revoir son visage. Je cherchais le nom de son groupe, et mon dieu, il y avait une tonne de sites, de forum, de blog de fans à leur sujet. Je n’étais pas de nature patiente mais je jetais un œil sur tout ce qui se racontait. Ashley avait raison il créait le mystère autour d’eux, les rumeurs les plus inimaginables parcouraient le net. Des jeunes filles se voyaient déjà partager les nuits de ces quatre musiciens mais pour la plupart elles voulaient être dans les bras de Raphaël. Bizarrement elles l’appelaient toutes Rafy. Moi je trouvais ça moche, Raphaël lui allait si bien.

    Prononcer son nom à voix haute était comme un appel à la gourmandise. Oh là ! Il faut que j’arrête de délirer à mon tour. Et pourtant j’aimais ce visage si parfait, trop parfait peut-être. J’avais 19 ans et pourtant j’avais l’impression d’en avoir 16, peut-être à cause de la nouveauté des sentiments dans ce monde si loin d’où j’avais grandi.

    J’avais l’impression d’avoir été perdu dans une forêt loin de toute civilisation moderne et que j’étais comme une petite fille devant de nouveaux jouets.

    Il ne m’a fallu qu’une soirée à un concert pour que tout bascule, Pour que j’ai envie de devenir une femme, une vraie, pas une ado attardée. Une soirée où l’envie qu’un garçon de son doigt me fasse frémir comme je pouvais le ressentir depuis samedi soir. Et ce garçon je voulais que ce soit lui, celui que je voyais en ce moment à travers un écran figé sur une photo.

    J’avais dû passer beaucoup plus de temps que je l’aurais cru devant mon ordi car la sonnette de la porte d’entrée s’est mis à chanter sa douce mélodie.

    Je regardais l’heure, Ashley bien entendu. Je descendais pour lui ouvrir et ouvrais la porte rapidement. Mais il n’y avait personne. Je sortais légèrement regardant à droite et à gauche mais rien. J’allais refermer la porte quand l’odeur enivrante m’a enveloppé doucement. Encore cette odeur. Je baissais les yeux et un iris noir était posé sur le sol. Je le prenais dans ma main et je refermais la porte derrière moi.

    Qu’est-ce que ça voulait dire ? C’était étrange d’offrir un iris noir. D’ailleurs pourquoi moi ? Et qui pouvait faire cela ? Une blague certainement.

    Ashley est arrivée une demi-heure plus tard et nous sommes montés dans ma chambre immédiatement.

    -          - Ashley, je crois que quelqu’un cherche à me faire peur. Lui dis-je d’un air soucieux.

    -          - Quoi ? Explique-moi.

    Je lui racontais le parfum que j’avais senti chez moi et au resto ce midi. Je lui montrais la fleur et le fait que j’avais toujours cette impression de peur et de désir.

    Je savais au ton de sa voix qu’elle était inquiète pour moi. Mais elle essayait de minimiser les choses sans succès.

    -          - Tu vas aller voir la police ? me dit-elle brusquement. Tu as peut-être à faire à un malade.

    -          - Non.

    -          - Préviens tes parents au moins.

    -          - Je ne crois pas que je suis en danger, enfin si, oh et puis zut, laisse-moi du temps, s’il te plait.

    -          - D’accord mais si ça va trop loin c’est moi qui appellerais la police.

    Elle s’approchait de mon ordi et cliquait sur l’écran.

    -          - En tout cas tes pensées vont plutôt vers ce beau garçon ténébreux.

    -          - Oh Ashley je sais je suis ridicule.

    -          - Non ! Je t’assure moi aussi je le trouve super craquant. Mais tu vois c’est plutôt celui-ci qui me tente me dit-elle en me montrant un des musiciens.

    -          - Tu te rends compte qu’on devient pathétique. On est supposé être adulte et on se comporte comme si nous avions quinze ou seize ans.

    -          - Ça m’est égal ! Nous sommes encore jeunes, nous avons le droit de rêver. Attends je vais te faire voir un site où ils ont mis les vidéos de samedi soir. Je pense que ça va t’intéresser.

    En moins de 30 secondes elle avait trouvé et la même attraction s’opérait en le regardant. Quelque chose me frappait, Raphaël regardait très souvent dans une seule direction et cette direction c’était l’endroit où je me trouvais. Je ne m’étais pas rendue compte qu’il m’avait regardé aussi souvent.

    -          - Lena il faut que tu le rencontres, me dit Ashley. C’est clair qu’il s’est passé quelque chose entre vous au concert. Jamais il ne sait comporter comme ça sur scène. Regarde !

    Elle me mettait quelques vidéos plus anciennes et c’était vrai il regardait le fond de la salle droit devant lui ou bien il fermait les yeux, il ne fixait personne.

    J’étais troublée et ne savait pas quoi répondre à mon ami. Est-ce que je devais lui dire que j’avais envie qu’il me prenne dans ses bras  et en même temps une envie de le fuir comme si ma vie en dépendait.

    Elle ne comprendrait pas. D’ailleurs moi je ne me comprenais pas non plus. Je ne comprenais pas les sentiments différents qui se bousculaient dans ma tête.

    -          - Non. Je ne pense pas que je dois le rencontrer, je ne suis pas du même monde que lui, je fais des études, j’aime peindre alors que lui il aime la scène, le gothique apparemment, sans doute la drogue et l’alcool et tous les excès qui vont avec.

    -          - En parlant d’excès tu parles des filles n’est-ce pas ?

    -          - Oui un peu. Il y a une chose que tu ne sais pas sur moi. Au niveau des mecs je suis nulle, je n’ai jamais …. Couchés. Ne te moque  pas !

    -          - Et bien les asiatiques devaient être tous moches dans ton bled parce qu’être encore vierge à 19 ans c’est assez rare de nos jours. C’est clair que ça risque d’être un problème.

    -          - Ah tu vois !

    -          - Mais non ! J’rigole ! Je voulais juste te charrier un peu. Bon il faut que je te laisse il se fait tard et  mes parents vont faire une crise si je ne suis pas là pour le repas.

     

     

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    CHAPITRE 4

     

    Mes parents avaient parlé de nos prochaines vacances pendant tout le repas. Ils étaient si enthousiastes, plus que moi apparemment. Mais j’ai joué le jeu et j’ai posé des questions. Ça faisait du bien de pouvoir discuter en famille ça me manquait tellement. Je me sentais tellement seule depuis qu’on était en Angleterre. Ici ils n’avaient plus beaucoup de temps à me consacrer, ils devaient penser qu’à 19 ans je rêvais de liberté et de vivre ma vie en me laissant m’échapper de leur cage dorée.

    Oui c’est ce que je voulais mais j’avais encore besoin d’eux, de leur soutien, de leur amour.

    Je montais dans ma chambre. Une fois douchée et en pyjama je m’installais sur mon fauteuil près de la fenêtre. Je regardais machinalement à l’extérieur et je l’ai vu. Enfin j’ai vu une ombre devant la maison. J’ai poussé les rideaux pour essayer de voir son visage mais il était déjà parti.

    Quelqu’un m’épiait j’en avais eu la certitude ce soir. Devais-je m’inquiéter ?

    Je prenais la décision d’attendre et surtout de ne plus sortir seule le soir.

    Le lendemain à mon retour des cours un autre iris noir était posé sur le sol devant ma porte. Je le prenais et l’emportait dans ma chambre la posant à côté de celle de la veille.

    Chaque soir, une fleur m’attendait devant ma porte. Quelque part j’attendais avec impatience ce moment.

    Chaque soir avant d’aller me coucher je regardais par la fenêtre et je voyais cet homme dans l’obscurité.

    Ashley avait prévu une sortie pour ce weekend, je devais dormir chez elle. Elle avait réussi à avoir des entrées pour une boite dans le centre de Londres, non loin de la salle où nous avions été au concert.

    Je voulais me changer les idées et j’ai accepté. Mon amie était ravie de voir que le changement opérait petit à petit chez moi. Je commençais à devenir comme elle, un peu plus insouciante. J’aimais bien ce que je devenais. Bien sûr je ne serais jamais Ashley mais de pouvoir affronter la vie à pleine dent était exaltant.

    Cette fois-ci j’avais choisi une robe noire courte et légèrement moulante sur les hanches, des chaussures à talons noires tenues par des lacets de satins. J’avais remonté mes cheveux en un léger chignon d’où débordaient quelques mèches.

    L’entrée était assez sélect et je me demandais encore comment Ashley avait fait pour nous avoir des tickets. L’endroit était magnifique. J’aurais peut-être trouvé toutes les boites extraordinaires vu que pour moi encore une fois c’était une première.

    Nous nous amusions comme des folles et quelques garçons tournaient autour de nous. Mais pour l’instant aucun n’eut nos faveurs.

    Des cris retentissaient soudain sur la piste et je me retournais vers la cabine du DJ. Celui-ci faisait immédiatement une annonce nous apprenant la visite surprise du groupe de …. Raphaël.

    En fait les rumeurs n’avaient pas tout à fait tord. Il demandait à la clientèle de les laisser tranquille et que dans une heure ils choisiront quelques personnes pour partager leur salon vip.

    Ashley me regardait attendant certainement que je rajoute quelque chose mais je restais dans mon silence et continuait à danser sans faire attention à ce qui se passait autour de nous. La seule chose qui changeait c’était les battements rapides de mon cœur que moi seul entendait.

    -          - Tu crois qu’ils vont nous choisir ? me demanda-t-elle n’en pouvant plus de mon silence.

    -          - Je ne sais pas et je m’en moque. En fait j’aimerais rentrer !

    -          - Ah non ! Tu ne vas pas me faire ça. Je te promets que dès qu’ils vont avoir fait leur choix on partira. S’il te plait.

    Je ne savais pas quoi lui répondre. En fait je n’avais pas envie de voir les filles qui passeraient la soirée près de lui. Mais je lui ai fait un signe de tête avec un léger sourire et elle m’a entrainé dans une danse endiablée.

    J’avais l’impression qu’on me touchait le dos, la même sensation agréable qui était ce soir un peu plus intense. Délicieusement intense. Je prenais ma lèvre inférieure entre mes dents fermant les yeux et me balançant au son de la musique. J’avais vraiment l’impression à cet instant qu’on me déshabillait du regard et j’aimais ça.

    Ashley m’attrapait par la main un des quatre garçons se tenait à côté du Dj et lui parlait à l’oreille.

    Elle tremblait et sa main était moite. Mon cœur reprenait un rythme irrégulier et je voulais m’enfuir.

    Enfin le moment tant attendu par la clientèle de la boite était arrivé. La musique était empreinte de suspens et le musicien fit le tour de la salle, s’arrêtant devant les personnes qui devaient monter dans le salon privé. Ils étaient déjà une dizaine à peu près égale entre les filles et les garçons.

    Il venait enfin dans notre direction, mes jambes étaient tremblantes, Ashley me serrait la main jusqu’à l’écrasement. Et contre toute attente il nous pria de les rejoindre également. Nous étions les dernières qu’il a choisi et après nous avoir fait un signe pour prendre la bonne direction, il ferma la marche.

    Dans le salon deux garçons nous accueillaient chaleureusement et nous priaient de s’assoir sur les canapés et poufs se trouvant là. La pièce était grande et confortable. Ashley était aux anges et avait déjà pris place non loin du garçon qu’elle m’avait montré sur le net.

    Je respirais plusieurs fois à fond histoire de reprendre mes esprits. Il n’était pas là et je pouvais dire à mon cœur de se calmer. Je m’approchais d’une fenêtre. J’étais stupéfaite on voyait toute la piste de danse ainsi qu’une bonne partie de la boite. Je me demandais s’ il était resté assez longtemps pour me regarder danser.

    Un souffle dans mon cou est venu me sortir de ma rêverie. Quelqu’un était derrière moi. Je n’osais pas bouger, je continuais à regarder les gens danser en essayant de rester calme. Je respirais à fond lorsque j’ai reconnu cette odeur. J’avais peur mais j’étais excité. Je voulais savoir à qui j’avais à faire. Etait-ce lui depuis tout ce temps ?

    -          - Bonjour Léna ! me souffla-t-il enfin à côté de mon oreille.

    -          - Bonjour ! lui répondis-je d’une voix faible et me tenant sur le muret qui se trouvait près de moi.

    -          - Tu es très belle ce soir. Et j’ai aimé te voir danser.

    Il m’avait regardé. Cette sensation c’était lui aussi.

    -          - On va s’assoir ? me demanda-t-il.

    -          - Si tu veux.

    Je le suivais n’osant toujours pas le regarder dans les yeux. Ashley me faisait un clin d’œil alors qu’il m’entrainait au fond de la pièce un peu à l’écart des autres invités. Je sentais sur moi le regard méprisant de certaines filles et l’indifférence complète de la part des garçons qui s’amusaient, riaient et buvaient énormément.

    Deux verres se trouvaient là, il avait certainement tout prévu depuis le début. A chacun de ses pas son souffle enivrant me rappelait que cette odeur était dans ma chambre. Quelque chose m’échappait.

    -          - C’est un cocktail sans alcool, me dit-il en me tendant le verre qu’il venait de prendre sur la table devant nous.

    -          - Merci, mais comment sais-tu que je ne prends pas d’alcool ? C’est toi qui m’espionne depuis le concert n’est-ce pas ? lui demandais-je en le regardant enfin.

    -          - Oui, me dit-il tout simplement essayant de fixer son regard au mien.

    -          - Pourquoi ?

    -          - C’est une longue histoire, pour faire court tu m’as envouté ce soir là. C’était comme si je me réveillais d’un très long sommeil.

    -          - C’est ta façon de draguer les filles, lui demandais-je impulsivement.

    -          - Non ! rajouta-t-il un peu sèchement ce qui m’a fait frissonner et reculer légèrement.

    Il s’est tout de suite rendu compte qu’il m’avait fait peur et il s’est levé retournant vers le miroir sans teint qui servait de fenêtre.

    Je voyais ses poings se fermer, il était en proie à une colère certaine. Je ne savais pas ce que je devais faire mais contre toute attente je me suis levée à mon tour pour m’approcher doucement derrière lui.

    Je pense qu’il lui a fallu faire un effort certain pour se retourner le plus lentement possible, comme si il essayait de se fondre dans une certaine normalité.

    -          - Je suis désolé, me dit-il d’une voix douce et suave, je ne voulais pas être impoli mais je ne suis pas l’être que l’on décrit dans les journaux.

    -          - Tu es pire ou mieux que ce que l’on peut lire, essayais-je de plaisanter.

    -          - Un peu des deux, me répondit-il souriant légèrement les yeux pétillants de je ne sais quoi qui me faisait tressaillir.

    -          - Ai-je des raisons de m’inquiéter ?

    -          - Oui et non.

    -          - C’est vague et ce n’est pas fait pour me rassurer.

    -          - Disons que je ferais tout pour ne pas te faire de mal.

    -          - Je peux te poser une question délicate ?

    Je voyais qu’il hésitait et qu’il me toisait du regard comme pour chercher en moi ce que je voulais savoir.

    -          - Oui mais je ne sais pas si j’aurais envie de te répondre.

    -          - Es-tu venu dans ma chambre ?

    -          - Qu’est-ce qui te fait penser cela ?

    -          - Ton odeur, lui dis-je gênée.

    Il me regardait mais ne dit pas un mot. Je savais qu’il ne répondrait pas à ma question.  De toute façon plus j’y réfléchissais et plus je trouvais cela improbable. Comment aurait-il fait ?

    Il m’a fait un signe m’invitant à retourner m’assoir. Je buvais une gorgée de ce breuvage fascinant.

    -          - Ça te plait ?

    -          - Oui c’est excellent. Comment s’appelle-t-il ?

    -          - Il n’a pas encore de nom, c’est moi qui aie fait ce cocktail en pensant à toi.

    Je devais rougir jusqu’aux oreilles vu la chaleur qui s’est répandu rapidement sur mon visage. Je ne savais pas quoi lui dire. J’étais gênée et à la fois charmée.

    -          - Tu avais planifié cette soirée ? lui demandais-je.

    -          - Oui. J’ai fait en sorte que ton amie ait des places pour entrer ici ce soir. Je savais que tu l’accompagnerais.

    -          - Pourquoi tu n’as pas pris contact avec moi comme n’importe quel autre garçon ? A cause de ta notoriété ?

    -          - Ma notoriété n’est pas si facile à gérer pour sortir sereinement dans la  rue comme n’importe qui. Mais je voulais que notre rencontre soit exceptionnelle.

    -          - Est-ce qu’elle l’a été ?

    -          - Oui. Mais elle aurait été parfaite si je ne m’étais pas emporté tout à l’heure.

    -          - C’est un peu ma faute, je me suis montrée un peu jalouse je crois.

    -          - Tu es jalouse des autres filles qui peuvent tourner autour de moi ? me demanda-t-il les yeux brillants comme si je lui avais appris une super nouvelle.

    -          - Je préfère garder ma réponse.

    Le silence a pris le dessus pendant un certain temps jusqu’à ce qu’Ashley ne vienne pour me dire qu’il était l’heure de partir. Je me levais regardant Raphaël qui n’avait d’yeux que pour mes jambes, ce qui m’a fait tirer sur ma robe espérant qu’elle recouvrirait un peu plus ma peau. A ce geste, mon inquiétant interlocuteur levait ses yeux vers les miens souriant légèrement. J’avais l’impression de me consumer sur place. Nous leur avons dit au revoir sans manquer remercier le groupe pour leur charmante soirée.

    Raphaël n’avait rien ajouté et m’avait suivi du regard jusqu’à ma sortie de l’établissement. J’avais senti cette sensation qui commençait à m’être familière. Je savais que je le reverrais. Où et quand c’était un mystère mais j’en étais sûre il ne s’arrêterait pas là.

     

     

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    iris

     

     

    CHAPITRE 5

     

    -          - Léna ! Léna ! Réveille-toi !

    J’entendais une voix lointaine qui voulait me tirer de me rêves. J’ai fini par me réveiller ouvrant les yeux légèrement.

    -          - Putain Ashley, ça va pas ! Qu’est-ce qu’il y a ? J’suis crevée ! lui dis-je encore endormie.

    -          - Oh s’il te plait. Je veux savoir !

    -          - Savoir quoi ?

    -          - Ce qui s’est passé hier soir avec Rafy.

    Je me suis assise sur le lit et je l’ai regardé ahurie. Elle me regardait avec un large sourire. Je savais que mon silence d’hier n’allait pas lui convenir. Il fallait que j’en passe par là pour pouvoir être tranquille je suppose.

    -          - Ça va. Ok, qu’est-ce que tu veux savoir ?

    -          - Tout évidemment. Ça avait l’air d’être chaud entre vous deux. Qu’est-ce que tu lui as dit pour le mettre en pétard.

    -          - Je lui ai demandé s’ il me surveillait.

    -          - Et….

    -          - Il me surveille mais lorsque je lui ai demandé s’il faisait ça à toutes les filles il s’est fâché. Disons qu’il était en colère.

    -          - Tu es folle ou quoi. Rafy s’intéresse à toi et tu trouves le moyen de le mettre en pétard ?

    -          - Arrête de l’appeler Rafy on dirait le nom d’un chien !

    -          - Oh…. Mademoiselle est susceptible on dirait.

    -          - Mais non mais c’est vrai quoi Rafy c’est débile comme surnom !

    -          - Est-ce que tu te rends compte qu’il t’a dévoré du regard pendant tout le temps de ta présence ?

    -          - Tu crois ?

    -          - Oh oui ma vieille, ce mec il t’a dans la peau.

    -          - Peut-être un peu trop d’ailleurs. Par moment il me fait peur. Je ne sais pas comment l’expliquer j’ai toujours cette crainte qui ne me quitte pas. Par moment je suis terriblement attirée par lui et à d’autre j’ai envie de fuir le plus loin possible.

    -          - C’est sans doute toutes ces rumeurs qui t’inquiète. Est-ce que tu t’en rends compte de la beauté de ce mec ? Et tu as l’air de l’intéresser. Ne laisse pas passer ta chance.

    -          - Je ne sais pas. Ashley ça ne peut pas marcher. Lui il a sa musique, les concerts, ses fans, son groupe. Moi je suis des cours à l’université, des cours de dessin, je n’aime pas spécialement faire la fête et encore moins boire de l’alcool, fumer, me droguer. A quoi je dois m’attendre avec lui ? Quelle serait mon avenir avec quelqu’un comme lui.

    -          - Tu es l’exception Léna, j’en suis certaine. Jamais il ne sait comporter comme ça. Même les autres garçons du groupe en ont parlé hier soir.

    -          - Et ? Qu’est-ce qu’ils ont dit ?

    -          - Je ne sais pas, la plupart du temps lorsqu’ils se parlaient on n’entendait rien, c’était comme si ils parlaient très vite.

    -          - Super ! Alors comment tu sais qu’ils parlaient de moi et Raphaël ?

    -          - Parce qu’ils n’arrêtaient pas de vous regarder.

    -          - Et toi ? Dans tout ça je ne t’ai même pas demandé si tu t’étais bien amusée, lui dis-je en espérant passer à  autre chose.

    -          - Super ! Calum est extraordinaire. Il s’est montré charmant et prévenant.

    -          - Et…

    -          - Rien ! Il ne m’a même pas demandé mon numéro de téléphone, rajouta-t-elle tristement.

    -          - Je suis désolée. Mais si ça peut te rassurer Raphaël ne m’a rien donné et ne m’a rien demandé. Crois-moi si ils veulent nous revoir ils nous trouveront.

    -          - Tu crois ?

    -          - Bien sûr ! J’peux aller me préparer ?

    -          - Ouais ! Je t’attends devant le ptit dèj.

    -          - Ok, lui dis-je en me précipitant dans la salle de bain contente que mon interrogatoire soit terminé.

    Sous la douche chaude qui m’enveloppait de bien-être je réfléchissais enfin je pensais plutôt à Raphaël. Il était si mystérieux. Je me rappelais que je voulais lui demander si les iris noirs venaient de lui également mais j’avais oublié. Dès l’instant où je me suis trouvée près de lui plus rien n’avait d’importance, je ne voyais plus ce qui se passait autour de moi. J’avais l’impression de ne respirer que pour lui et ça me faisait peur. Très peur !

    De toute façon il partirait bientôt. Avec ses concerts il ne serait plus beaucoup présent en ville.

    Je me sentais si malheureuse à cette idée. Je le connaissais à peine et pourtant j’étais incroyablement attirée par lui. Une chose était sûre il était dangereux.

    Je descendais enfin au bout d’une demi-heure, j’avais passé un peu plus de temps que prévu sous la douche et Ashley commençait à s’impatienter. Nous devions aller chez Steve un mec de la fac qui organisait des tournois de Poker.

    Je ne jouais pas, et je m’ennuyais beaucoup mais Ashley adorait et ça lui permettait de se faire un peu d’argent de poche, elle était douée.

    Elle était en veine et ne pouvait pas me ramener. Je décidais de rentrer par mes propres moyens c'est-à-dire le bus. Heureusement qu’on était dimanche il y avait peu de monde et le trajet me paru très court. Mon amie me ramènerait mes affaires demain en venant me chercher pour les cours.

    J’avais demandé à mes parents une voiture mais il me fallait repasser mon permis ici en Angleterre. Le mien n’était pas valide ici. Oh ! Ce n’était qu’une formalité mais je n’avais pas encore eu le temps de faire les démarches administratives.

    Sur le seuil de ma porte, un iris noir était posé sur le sol. Mon cœur battait très vite. Je le ramassais doucement et je me tournais pour voir si il y avait quelqu’un. Mais personne pas même une voiture de garée dans la rue.

    Je rentrais et filais dans ma chambre sachant qu’une fois de plus je serais seule pour la soirée.

     

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    iris

     

     

    CHAPITRE 6

     

     

    Deux semaines s’étaient écoulées et pas de nouvelles du groupe. Ashley suivait leur déplacement espérant qu’ils repasseraient bientôt à Londres.

    Un matin, en venant me chercher, je voyais que mon amie était très excitée. Elle me faisait des signes pour que je me presse et que je monte rapidement dans sa mini.

    -          - Léna. Ils sont à Londres.

    -          - Quoi ?

    -          - Le groupe, Raphaël, Calum, ils sont là pour trois semaines avant leur tournée en Allemagne. Ce weekend on retourne au Pearl.

    -          - Mais on n’a pas d’entrée. Non ça ne me dit rien. Je t’assure je préfère m’abstenir. Et puis je te l’ai déjà dit nous ne sommes pas de leur monde.

    -          - Oh va au diable ! J’irais et tu t’en mordras les doigts.

    -          - N’y vas pas seul.

    -          - Si puisque tu ne veux pas venir, rajouta-t-elle d’un air boudeur.

    -          - Pas cette fois, je suis désolée. Mais fais-moi la promesse de ne pas y aller seule.

    -          - Oui ça va ! J’vais voir ça avec Lisbeth.

    J’ai trouvé la journée longue. Mon esprit vagabondait encore une fois mais je savais que j’avais pris la bonne décision. Je ne suis pas une de ces groupies qui se pavanent devant eux. C’était mieux comme ça, autant ne plus avoir de contact avec Raphaël, bien que je ne savais pas si il désirait encore me voir.

    Ce soir là lorsque je suis montée dans ma chambre, j’ai été surprise de la fraicheur de la pièce. Ma fenêtre était ouverte et la température extérieure était très agréable. Mais c’était comme si un vent glacial s’était concentré dans la pièce. Je frissonnais et frottais mes bras en allant fermer la fenêtre.

    J’avais l’impression de ressentir la même sensation que l’autre soir, j’avais l’impression que l’on me touchait, que l’on me caressait. J’aimais ça ! Je regardais par la fenêtre et je l’ai vu. Il était là en bas appuyé contre un arbre me regardant intensément même si je ne le voyais pas clairement. Je savais que c’était Raphaël c’était une évidence pour moi. C’était comme si je l’attendais depuis toujours.

    Je reculais et sans attendre une seconde je suis sortie, me dirigeant vers l’endroit où je l’avais vu. Il n’y avait plus personne. C’était comme si j’avais rêvé encore une fois.

    Je sentais à la fois une frustration et une tristesse. Je désirais tellement le revoir même si je savais que c’était mal.

    Soir après soir il était là dans la nuit me dévorant du regard. M’enveloppant de sensation si étrange. Au début je descendais à chaque fois dans l’espoir de le surprendre mais à chaque fois il avait disparu. Maintenant je restais sagement dans ma chambre le couvant du regard. Il ne disparaissait plus aussi rapidement.

    Pourquoi jouait-il à ce petit jeu ? Que cherchait-il ? Je n’osais pas en parler à Ashley qui était elle-même frustrée depuis qu’on n’avait pas voulu la faire entrer le weekend dernier.

    Je me surprenais à me dépêcher de manger donnant le prétexte à mes parents que je devais bosser mes prochains examens. Mais ils étaient tellement dans leur bulle qu’ils ne voyaient même pas que j’avais également perdu l’appétit.

    Ce soir là je montais comme tous les soirs et me dirigeais vers la fenêtre. Il n’y avait personne, il n’était pas là. J’ai attendu plus de deux heures fixant l’arbre avant de me rendre à l’évidence que c’était terminé, il s’était certainement lassé.

    -          - Non, jamais je me lasserais de te contempler, dit une voix dans l’obscurité de ma chambre.

    J’allais m’effondrer lourdement sur le sol mais il arrêtait ma chute en me prenant dans ses bras. J’avais du mal à respirer. Je voulais crier pour alerter mes parents mais je n’en ai pas eu la force, ce n’était pas un inconnu, je reconnaissais cette voix.

    Il m’a déposé délicatement sur le lit et a reculé pour laisser une certaine distance entre lui et moi.

    Je me suis assise sur mon lit, ma main sur ma poitrine, reprenant doucement mon souffle. Je le regardais, il avait l’air si inquiet.

    -          - Tu vas mieux ? me demanda-t-il enfin.

    -          - Oui, mais tu m’as fait peur. Comment es-tu entré ?

    -          - Par la porte.

    -          - Et comment tu as fait pour ne pas te faire remarquer ?

    -          - Je sais me déplacer dans la nuit, un peu comme un chat.

    -          - Pourquoi ?

    -          - Pourquoi quoi ? Pourquoi je suis venu me cacher dans ta chambre ? Pourquoi je t’ai fait peur ? Je ne sais pas par quoi commencer.

    -          - Par la première question.

    -          - Je ne suis pas venu me cacher dans ta chambre, j’avais seulement envi d’être avec toi.

    -          - Et tu ne pouvais pas frapper à la porte, te présenter à mes parents et demander à me voir.

    -          - En fait…. Je n’y ai pas pensé.

    -          - Tu n’y as pas pensé ? Mais tu viens de quelle planète ? Depuis la première fois que je t’ai vu tu cherches à me faire faire une crise cardiaque chaque jour. Donc j’en viens à la deuxième question pourquoi tu essaies de me faire peur ?

    -          - Je ne veux pas que tu ais peur, je m’y prends mal c’est tout. Et puis de toute façon j’aurais beau faire des efforts tu auras toujours peur de moi, c’est dans mes gênes.

    -          - Je ne vois pas de quoi tu parles. Je n’ai pas peur de toi mais de tes réactions si bizarres. Je voulais aussi savoir est-ce que c’est toi qui dépose un iris noir devant chez moi ?

    -          - Oui et non.

    -          - C’est oui ou c’est non ! ça ne peut pas être les deux.

    -          - Et bien c’est moi qui donne les ordres mais ce n’est pas moi qui les dépose.

    -          - Comment ça ?

    -          - Et bien je suis très pris dans la journée alors j’ai demandé à quelqu’un de t’en déposer une chaque jour. Cette personne doit s’assurer que c’est toi qui la trouvera et non tes parents.

    -          - Et pourquoi un iris noir ?

    -          - Parce que ça me représente.

    -          - Je ne vois pas pourquoi. Tu m’expliques ?

    -          - Non je préfère attendre encore.

    -          - Ce n’est pas juste dis-moi.

    -          - Je sais.

    Il s’approchait de moi et s’est assis sur mon lit. Je ne voulais pas le regarder, je savais ce qui allait arriver si je plongeais dans son regard.

    -          - Pourquoi moi ? lui demandais-je prudemment.

    -          - Parce que tu m’attires comme j’avais personne ne m’avait attiré.

    -          - Aucune fille ?

    -          - Si bien sûr mais là c’est différent. C’est comme si j’avais….

    -          - Oui !

    -          - C’est comme si j’avais trouvé la femme de mes rêves.

    Cette fois-ci je ne pouvais pas l’éviter et je le regardais intensément. Je savais que je devais rougir mais je m’en fichais. Il pensait la même chose que moi et c’était déroutant. Mais une alarme tintait dans ma tête me répétant sans cesse que c’était le leader d’un groupe à succès. Que c’était sans doute le moyen de me mettre dans son lit. Et pourtant je voulais y croire.

    -          - Pourquoi tu disparaissais dès que je descendais pour te rejoindre ?

    -          - J’attendais le bon moment.

    -          - Le bon moment ça veut dire quand je serais tellement accro et que tu pourrais jouer avec mes sentiments.

    Il se levait brusquement comme il l’avait fait l’autre soir. Ses poings étaient fermés et il s’est dirigé vers la porte de ma chambre.

    -          - Attends !

    -          - Je dois partir.

    -          - Je vais te revoir ?

    -          - Tu le veux vraiment ?

    -          - Je crois oui.

    -          - A demain alors.

    -          - Où ?

    -          - Ici, si ça ne te dérange pas.

    -          - Mes parents ?

    -          - Disons qu’ils ne me verront pas pour l’instant.

    J’aurais aimé qu’il reste encore un peu mais je comprenais qu’il avait un besoin urgent de me quitter. Pourquoi ? Je n’en savais rien, du moins pour le moment.

    Il avait des secrets, trop de secrets. Mais il m’attirait à un point que des frissons parcouraient le bas de mon ventre lorsqu’il s’approchait trop près de moi.

     

     

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    iris

     

    CHAPITRE 7

     

    Je n’ai rien dit à Ashley. Du moins je voulais attendre. Elle est tellement prévisible que tout le monde s’inviterait chez moi pour pouvoir l’apercevoir. Sans compter qu’elle me demanderait de parler de Calum à Raphaël.

    J’étais nerveuse pendant tout le repas et j’ai été surprise de voir que mes parents s’inquiétaient pour moi.

    -          - Tu vas bien ma chérie ? Tu es toute pâle et la seconde d’après tu es toute excitée.

    -          - Laisse-la  Marianne. Elle est peut-être amoureuse, rajouta mon père d’un air espiègle. Ce serait de son âge.

    -          - Papa ! ça va j’ai plus dix ans. Si un jour je tombe amoureuse ce sera mon problème.

    -          - Tu sais qu’on part dans quinze jours. On voulait savoir si tu voulais inviter Ashley.

    -          - Euhhh ! Ce n’est pas au programme pour l’instant. Et puis en parlant de vacances et d’Ashley je voulais vous demander si vous ne seriez pas contre des vacances séparés ?

    -          - Comment ça !

    -          - Et bien j’avais envie de partir entre filles cette année. Et de chercher un petit boulot pour me payer mes vacances.

    -          - Ça va être un peu tard pour trouver un boulot tu sais. A l’hôpital ils ont déjà pris tous les stagiaires alors ailleurs…

    -          - Je verrais ! Je veux juste votre accord pour ne pas partir avec vous cette année.

    -          - On t’ennuie tant que ça ? Je croyais pourtant qu’on te manquait. L’autre jour encore tu nous en voulais de ne plus être autant présent qu’avant.

    -          - Je sais. Mais là c’est différent. Et puis je pense que vous seriez ravis de passer des vacances en amoureux. D’ailleurs la plupart du temps vous allez en randonnée et moi je reste devant la piscine avec un bon bouquin.

    -          - On peut y réfléchir ? demanda mon père.

    -          - Bien sûr ! De toute façon je n’ai pas encore parlé de mon idée à Ashley.

    C’est le sourire aux lèvres que je montais dans ma chambre. J’avais réussi à dire à mes parents que les vacances en famille c’était terminé.

    J’avais la main sur la poignée et j’hésitais à entrer. Je me demandais s’il était là à m’attendre ou s’il m’avait dit ça pour me faire languir. Je ne savais pas sur quel pied danser avec lui.

    Avec une bonne respiration je suis entrée dans la pièce plongée dans la pénombre, éclairé par la lumière du réverbère de la rue. Je savais où me diriger et j’allais allumer la lumière de mon bureau.

    Il était là ! Contre toute attente il avait tenu sa parole. J’ai sursauté légèrement lorsque je me suis tournée vers mon lit et que je l’ai vu allongé me regardant avec un léger sourire au coin des lèvres.

    -          - Tu ne vas pas tomber ? me demanda-t-il.

    -          - Non. Pas cette fois. Je m’attendais à te voir.

    -          - Et si je n’étais pas venu ?

    -          - J’aurais été déçu.

    -          - Hummm j’aime bien cette réponse.

    -          - Je n’ai pas trouvé d’iris noir aujourd’hui, lui dis-je déçu.

    -          - C’est parce que j’ai préféré te l’apporter moi-même, ajouta-t-il en me tendant la fleur.

    -          - Merci. Est-ce qu’un jour tu me diras ce qu’elle représente pour toi ?

    -          - Peut-être, me répondit-il tristement.

    Je ne savais pas quoi lui dire. Il était tellement susceptible sur certains sujets. Et pourtant je n’arrêtais pas de penser qu’il faisait ce numéro à toutes les filles.

    -          - Qu’est-ce que tu fais de tes journées ? lui demandais-je histoire d’avoir un début de conversation.

    -          - Je dors, je joue de la guitare, mais surtout je compose.

    -          - Tu as oublié que tu devais manger.

    -          - Tu as raison je dois me nourrir également.

    -          - Tu as vraiment une drôle de façon de parler, tu sais ?

    -          - Je ne te dis que la vérité.

    -          - Ce qui veut dire ?

    -          - Je préfère que tu devines seule !

    Il se levait pour me rejoindre. Mon cœur s’est accéléré. Il s’est avancé vers moi, me faisant face. Sa main s’est posée sur mon bras, du bout de ses doigts il est remonté jusqu’à mon épaule comme si j’étais fragile. Sa douceur m’enveloppait et son attraction m’attirait contre son torse. Tout doucement il a passé ses bras autour de mon corps, ses mains cette fois caressait mon dos protégé par le tissu de mon chemisier.

    Je sentais son souffle et son odeur si familière. J’étais là dans ses bras comme protégée de tout danger. Je n’osais pas bouger, j’avais tellement peur qu’il s’en aille.

    -          - Tes cheveux sentent bons. Un mélange de pomme et de Jasmin.

    -          - Oui c’est ça !

    -          - J’adore !

    -          - Et si nous allions nous assoir ?

    -          - Tu n’as pas peur que tes parents débarquent dans la chambre ? me demanda-t-il soudain.

    -          - Non. Ils ne viennent plus dans ma chambre depuis longtemps. En plus dans cette maison leur chambre est au rez de chaussée, mais ça je crois que tu le savais déjà ?

    -          - Oui, me dit-il en souriant. Mais je voulais savoir ce que tu allais dire.

    Il s’allongeait sur le lit et je suis venue le rejoindre. Je ne savais pas ce qu’il attendait de moi et donc je ne voulais pas m’imposer dans ses bras. Je me suis mise à côté de lui et je le regardais.

    -          - Qu’est-ce qu’il y a ? me demanda-t-il.

    -          - Rien. Je te regarde enfin, lui dis-je en riant. Ça me pose moins de problème pour le faire.

    -          - Explique !

    -          - Disons que ton regard me perturbe. Je ne suis pas totalement moi-même lorsque tu es dans les parages.

    -          - Oh ! Tu as éveillé ma curiosité là ! Décris-moi ce que tu ressens.

    -          - Et bien, la peur tout d’abord. Ensuite l’envie de m’approcher de toi, de te toucher. Et pour finir j’ai l’impression de savoir lorsque tu me regardes, j’ai l’impression que…

    -          - Que ….

    -          - Que tu me déshabilles du regard, lui dis-je d’une voix tremblante.

    -          - Mais c’est le cas.

    -          - Quoi ?

    -          - Oui. Tu m’intéresses Léna. Mais je crois que tu t’en es rendu compte.

    -          - Tu es perturbant. J’aimerais tellement être sûre.

    -          - Etre sûre de quoi ?

    -          - Que tu ne me feras aucun mal. J’ai peur de souffrir si je m’attache un peu trop. Tu es musicien, tu pars souvent en tournée, je ne suis peut-être qu’une fille comme tant d’autres que tu désires sur le moment et à qui tu dis de belles paroles.

    -          - C’est ainsi que tu me vois ?

    -          - Oui peut-être. J’aimerais tellement avoir confiance à cent pour cent.

    -          - Je te prouverais que je suis sincère.

    -          - Tu ne t’es pas énervé c’est déjà ça.

    -          - J’essaie de prendre sur moi. J’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi.

    -          - Quoi ?

    -          - Que tu viennes dans mes bras.

    Je lui souriais et me blotissais dans ses bras, ce que j’avais espéré depuis qu’il était allongé sur mon lit. Nous restâmes un moment ainsi, jusqu’à ce que je m’endorme en fait.

    A mon réveil, le jour s’était levé et Raphaël n’était plus là.

     

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    iris

     

    CHAPITRE 8

     

    Chaque soir il venait me rendre visite. Cela durait plus ou moins longtemps en fonction de son emploi du temps je supposais. Nous apprenions à faire connaissance. Mais toujours pas le moindre baiser. Des caresses, c’est tout ce que j’avais droit, pour le moment. Du moins je l’espérais.

    Il y a des soirs où il restait à l’extérieur me fixant comme à son habitude. Je ne savais plus quoi en penser. J’essayais juste de faire avec.

    Mes parents partaient le lendemain sans moi. Ils avaient accepté que je reste ici en Angleterre. Mon père avait raison je n’avais pas trouvé de travail mais je ne sais pas si j’en avais vraiment envie en fait. Ashley et moi avions envie de partir toutes les deux à l’aventure comme elle aimait le souligner. Mais nous n’étions pas encore décidées pour une destination.

    La fin des cours est arrivée avec soulagement.  J’avais enfin fait mes papiers pour mon permis et mes parents avaient décidés de me laisser leur voiture pendant leur absence. J’étais ravie de ne plus être tributaire de mon amie, je me sentais plus libre qu’avant et je râlais intérieurement de ne pas l’avoir fait plus tôt.

    Mes parents étaient partis, je les avais déposés à l’aéroport et sur le chemin du retour j’avais fait quelques achats.

    Raphaël devait venir ce soir, il partait demain pour l’Allemagne. Le temps avait passé si vite.

    Je me préparais tôt, je voulais pouvoir passer le plus de temps possible avec lui. Ce soir je passerais à l’acte il ne partirait pas d’ici sans me donner un baiser. J’ai mis dans le four une pizza fraichement sorti du congélateur car je n’étais pas une très bonne cuisinière. J’ai pris ma douche, me suis habillée avec un top et une jupe. Je suis descendue juste au moment où la minuterie du four sonnait ainsi que la sonnette de la porte d’entrée.

    Je me suis précipitée vers la porte rayonnante de bonheur jusqu’à ce que je vois Ashley à la place de celui que j’attendais.

    Elle me regardait de la tête au pied d’un air soupçonneux.

    -          - Tu ne me cacherais pas quelque chose ? me dit-elle en se dirigeant vers la cuisine.

    -          - Qu’est-ce qui te fait croire ça ?

    -          - Et bien tu es radieuse, les yeux qui pétillent comme j’ai rarement vu depuis un moment. Tu as rendez-vous ?

    -          - Oui.

    -          - Qui ?

    -          - Raphaël.

    -          - Merci de me tenir au courant. Je croyais être ton amie.

    -          - Tu l’es ! Mais je n’arrive pas comprendre ce qui m’arrive et ce que ça va donner. Comme tu le sais il part demain pour l’Allemagne. Je ne sais même pas si je vais le revoir après ce soir.

    -          - Mouais ! Bon je te pardonne parce que moi aussi j’ai rendez-vous et je voulais t’en parler. Et puis je crois avoir une idée pour les vacances mais ça je t’en parlerais un autre jour. Bon je te laisse on se téléphone demain.

    -          - Et ton rendez-vous ?

    -          - Et bien tu attendras demain ça t’apprendras à me cacher tes rendez-vous avec Rafie !

    -          - Ne l’appelle pas comme ça !

    -          - Salut et bonne soirée avec Rafie, me dit-elle en riant et sortant de ma maison.

    Elle avait lâché prise un peu trop facilement, je trouvais ça bizarre. Sa soirée devait être très importante pour elle pour qu’elle ne s’acharne pas sur moi pour savoir les moindres détails.  Je retournais dans la cuisine, prenant dans mes mains mon portable. Je tapais rapidement un message pour mon amie lui demandant d’être prudente et de m’appeler au moindre problème.

    Pour seule réponse j’ai eu oui maman.

    J’attendais, regardant ma pizza froide devant moi. Pourquoi n’était-il toujours pas là ? Mon humeur était à la tristesse et je montais dans ma chambre m’assurant que toutes les portes soient bien fermées. En fait je me coucherais tôt. Mais avant je regarderais si il n’était pas dehors à son emplacement habituel. Personne, il n’y avait personne. Je m’effondrais sur mon lit pleurant à chaudes larmes mon amour perdu.

    Il ne voulait pas me laisser de l’espoir et il voulait être libre de tout attachement pour sa tournée. J’aurais dû m’en douter. J’avais baissé ma garde et je m’en voulais.

    J’ai dû m’endormir car je n’ai pas senti tout de suite la main qui caressait ma joue, mes cheveux. Je me tournais doucement cherchant dans le noir celui que j’espérais.

    -          - Tu as pleuré, me dit-il.

    -          - Je t’ai attendu, lui répondis-je.

    -          - J’ai eu quelques problèmes. Je ne peux pas rester longtemps.

    -          - Quels problèmes ?

    -          - Je ne peux pas t’en parler.

    -          - Encore des secrets.

    -          - Tu veux que je parte ?

    -          - Non. Reste. Même si…

    -          - Oui ?

    -          - Même si c’est la dernière fois que je te vois.

    -          - Tu veux me dire adieu, me dit-il d’une voix remplie de tristesse qui me déstabilisait.

    -          - C’est toi qui viens me dire adieu. Tu veux être libre et je le comprends.

    -          - Tu n’as pas encore compris ?

    -          - Compris quoi ?

    -          - Que je suis amoureux fou de toi.

    -          - Alors pourquoi c’est aussi platonique entre nous ?

    -          - Je …. Je ne veux pas que tu souffres. Je ne devrais pas être avec toi.

    -          - Alors pars !

    C’est ce qu’il a fait, me laissant là sans comprendre. J’allumais la lumière de ma chambre, ma porte était entre ouverte et la pièce était vide. Je criais désespérément son nom dévalant les escaliers.

    Deux bras m’ont attrapé et j’ai senti ses lèvres se poser sur les miennes. Je m’agrippais à son cou comme à une bouée lors d’un naufrage.

    Notre baiser était intense cependant je sentais quelque peu de la retenue de sa part. Mais peu importais, j’avais tellement attendu qu’il m’embrasse.

    J’étais essoufflée lorsqu’il prit l’initiative d’arrêter de nous délecter l’un de l’autre.

    -          - Tu me rends fou Léna, me dit-il à l’oreille.

    -          - Raphaël, reste encore s’il te plait, lui dis-je d’une voix tremblante.

    -          - Je ne peux pas mon amour, je ne veux pas te faire de mal, et là si je ne pars pas tout de suite je ne sais pas si je serais capable de me retenir.

    -          - De quoi tu parles ? Je n’y comprends rien. Raphaël …

    -          - J’adore quand tu m’appelles par mon prénom. Tu es la seule à m’appeler comme ça maintenant. Prends soin de toi.

    Il était parti. Je le savais cette fois c’était fini. Sa chaleur ne m’enveloppait plus. J’étais déjà en manque.

    Je me rappelais ses paroles. Pourquoi me ferait-il du mal ? Pourquoi il devait se retenir ?

    Je montais dans ma chambre et je me couchais essayant de dormir un peu alors que les larmes coulaient le long de mes joues.

     

     

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    iris
     
     
     
    CHAPITRE 9




    Des coups frappaient à la porte et m’a fait sortir de mon sommeil. J’ai mis mon peignoir par-dessus ma nuisette et descendait les pieds nus afin d’ouvrir.

    J’étais stupéfaite, des policiers se trouvaient devant moi. Mon cœur battait très vite, je savais par instinct qu’ils n’étaient pas là pour me vendre des calendriers ou des tickets pour la tombola du commissariat.

    - Melle Léna Blaire ? me demanda un type grand au regard froid.

    - Oui, répondis-je fébrilement.

    Tout de suite j’ai pensé à mes parents. Et s’ils leur étaient arrivés quelque chose de grave ? J’essayais de ne pas y penser alors que mes jambes avaient du mal à me porter.

    - Nous avons une triste nouvelle à vous annoncer. Nous avons retrouvé ce matin le corps d’une jeune fille Ashley Adams. Nous voudrions vous posez quelques questions.

    Cette fois-ci mes jambes ont flanchées et je suis tombée sur le carrelage avec fracas perdant connaissance.

    A mon réveil, j’étais sur le canapé et un médecin m’auscultait. Je regardais autour de moi à la recherche d’un visage connu mais personne à part le type qui se trouvait à ma porte. Je n’avais pas rêvé, je me suis rappelée ses paroles. Ashley ! Ce n’était pas possible, ils avaient dû se tromper.

    - Vous allez mieux mademoiselle ? me dit le policier.

    - Oui.

    - Il faut excuser mon coéquipier, me dit une voix de femme. Je lui avais dit de m’attendre avant de vous parler.

    - Excusez-moi mademoiselle, je ne voulais pas.

    - Oui mais tu l’as fait quand même.

    - Est-ce vrai ce que vous m’avez appris ? demandais-je enfin.

    - Oui. Ses parents sont venus à la morgue, ils l’ont identifié. C’est un meurtre et nous avons besoin de votre aide.

    - Un meurtre ?

    - Oui. Quelque chose d’affreux et d’incompréhensible.

    - Comment ça ?

    - Etes-vous assez forte pour l’entendre ?

    - Je préfère savoir.

    Le médecin m’apportait un verre d’eau et un cachet et me priait de le prendre. Il me laissait une ordonnance et m’a demandé de ne pas rester seule.

    Mais j’étais seule. Mes parents ne rentraient pas avant deux semaines, mais je savais que si je les appelais ils rentreraient sur le champ. Oui c’est ce que j’allais faire, j’allais les appeler. C’était trop important !

    - Vous pouvez y aller. Je suis prête.

    - Elle a été vidée de son sang !

    - Pardon !

    - C’est comme si on l’avait saigné pour la vider de son sang, seulement où nous l’avons trouvé il n’y avait pas de sang. On suppose qu’elle a été tué ailleurs et transportée ensuite.

    - Est-ce qu’elle a souffert ? demandais-je en pleurant.

    - Nous aurons cette réponse après l’autopsie. Pouvez-vous nous dire ce que vous faisiez hier soir ?

    - Pourquoi ?

    - Nous demandons à tout ceux qui la connaissait leur emploi du temps, c’est la routine, Mademoiselle Blaire.

    - Appelez-moi Léna s’il vous plait. Et bien hier soir je suis restée chez moi toute la soirée. J’ai même vu Ashley.

    - Comment ça ? demanda le type au regard froid.

    - Et bien elle était venue me dire qu’elle avait un rendez-vous.

    - Avec qui ?

    - Je ne sais pas, elle ne me l’a pas dit.

    - D’après ses parents vous étiez pratiquement inséparables et elle ne vous a rien dit.

    - C'est-à-dire qu’elle était un peu fachée après moi.

    - On peut savoir pourquoi ?

    - Parce que j’avais également un rendez-vous. La personne devait venir passer la soirée avec moi et elle était déçue que je ne lui en ai pas parlé. Alors pour me punir elle m’a dit que je ne saurais qu’aujourd’hui avec qui elle passait la soirée.

    - C’est tout ?

    - Oui bien sûr !

    - On peut savoir avec qui vous étiez ?

    - Hummm…. J’y suis obligée ?

    - C’est préférable.

    - Avec le chanteur du groupe Night Hearts, dis-je en rougissant.

    - Oh ! Le groupe à la mode, des punks ou des gothiques c’est ça ?

    - Oui c’est ça !

    - Et on peut le joindre où ce jeune homme ?

    - Et bien il est parti ce matin pour l’Allemagne, il est en tournée pour un mois.

    - Vous avez son téléphone ?

    - Non.

    - Et vous étiez ensemble, bizarre quand même. Mon fils a un portable et vous pouvez me croire il donne son numéro à n’importe qui.

    - Nous en sommes au début de notre relation. Je vous avoue que moi-même je n’ai pas pensé lui demandé.

    - Mouais, bon. Nous allons vous laisser. Vous avez quelqu’un qui peut veiller sur vous ?

    - Pourquoi ?

    - On ne sait jamais. La personne qui a tué votre amie pensera peut-être qu’elle vous a parlé de lui. Je serais vous je ne resterais pas seule. Vos parents sont là ?

    - Non. Ils sont en vacances. Mais je les appelle tout de suite. Et puis pour la nuit prochaine je vais demander à une amie de la fac de m’héberger.

    - Je vous demanderais de ne pas quitter la ville pour le moment.

    - Je suis suspecte ?

    - Non. Du moins pas pour le moment.

    La femme m’a donné sa carte s’excusant encore du comportement de son coéquipier. Je fermais la porte et me suis laissée tomber sur le sol, pleurant à chaudes larmes, la tête entre mes jambes.

    Lorsque je me suis enfin calmée, j’ai pris le téléphone et j’ai appelé mes parents. Ils étaient dans un état pas possible en apprenant la nouvelle et prenaient le prochain vol pour rentrer à la maison.

    Je leur ai promis de ne pas rester dans la maison et j’ai raccroché.

    Lisbeth était dans le même état que moi et a malgré tout accepté que je passe la nuit chez elle. Je n’étais pas vraiment amie avec elle. C’était Ashley qui la connaissait et des fois elle trainait avec nous. Mais c’était mieux pour moi en attendant le retour de mes parents.

    Des choses trottaient dans ma tête. Il fallait que j’y vois plus clair mais ça m’était impossible pour le moment. J’avais trop de chagrin pour réfléchir sereinement.

    Mes parents sont rentrés le lendemain. Evidemment lorsque mes yeux se sont posés sur leur visage je me suis précipitée vers eux, j’avais tellement besoin de leur chaleur et leur tendresse.

    Les funérailles ont eu lieu deux jours plus tard. Ses parents étaient anéantis, d’ailleurs sa mère n’était pas présente, elle avait été admise en urgence à l’hôpital, elle avait fait une crise de nerf importante et ma mère avait trouvé qu’il fallait mieux la faire dormir afin qu’elle ne mette par sa vie en danger. Son père était au bras de son autre fille, Sacha, la grande sœur d’Ashley. Lorsqu’il m’a vu il m’a pris dans ses bras pleurant toutes les larmes de son corps. Il y avait énormément de monde. Derrière j’apercevais les policiers qui étaient venus m’annoncer la mort de mon amie. Mes parents m’entouraient de leur présence et de leur amour. Mes larmes coulaient encore alors que j’avais tellement pleuré que je ne croyais plus en être capable. Je ne comprenais toujours pas ce qui était arrivée à Ashley. Pourquoi elle ? Qu’avait-elle fait ? Avec qui avait-elle rendez-vous ? Moi aussi je voulais savoir ! Et ce qui me faisait peur c’était que je pouvais être la prochaine.

    Malgré que je sois entourée pour cette épreuve, il y avait quelqu’un qui me manquait, quelqu’un qui aurait pu effacer si facilement ma peine, Raphaël.

    Mais aucune nouvelle, juste ce que je pouvais voir sur le net. Bien que ces derniers jours je n’avais plus la tête à regarder des vidéos amateurs de la tournée alors que je venais de perdre ma meilleure amie.

    Je prenais conscience que j’étais seule. J’avais perdu Ashley. Je ne la reverrais plus. Je m’imaginais la voyant franchir la porte de ma chambre en riant de la bonne blague qu’elle venait de me faire. Bon sang ! Je lui avais dit d’être prudente, que son insouciance la perdrait !

    Une semaine plus tard, je me rendais au commissariat histoire de savoir si il y avait du nouveau.

    L’autopsie avait révélé qu’elle avait souffert et qu’elle s’était vu mourir doucement. C’était terrible, quel être ignoble avait pu faire ça.

    Les inspecteurs me donnèrent la permission de quitter le pays à ma guise, je n’étais plus suspecte. Celui qui avait tué mon ami avait certainement une très grande force et devait être beaucoup plus grand que moi. D’après ce que j’avais compris c’était un homme et elle avait eu des rapports sexuels avec lui juste avant.

    J’avais dû mal à y croire. Ashley n’était pas du genre à coucher dès le premier soir. Il devait être particulier pour avoir accepté. A moins que je ne connaissais pas si bien que ça mon amie.

    Je rentrais chez moi. C’est à cet instant que j’ai pris conscience que je ne recevais plus d’iris noir depuis le départ de Raphaël. Mon cœur s’est rempli de tristesse. Je me disais que plus jamais je ne serais heureuse.

     

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    CHAPITRE 10




    Les jours passaient. L’été était pourtant là mais je n’avais pas envie de sortir. Mes parents avaient changé leurs habitudes et ils avaient changé d’équipes pour que je ne sois que très rarement seule. Ils avaient même fait poser une alarme super sophistiquée après avoir parlé avec les inspecteurs qui leur avait dit que je pouvais très bien être la prochaine victime.

    Cela aurait pu me réjouir de leur présence incessante mais non. Je m’en moquais. Je ne supportais plus la présence de qui que ce soit. Lisbeth avait essayé de me faire sortir mais je refusais à chaque fois. Jusqu’au jour où elle s’est lassée et n’est plus revenue.

    Je regardais sur mon ordi les photos de moi et d’Ashley, nos délires, nos grimaces, nos fou-rires dans les cabines d’essayage, nos poses mannequins. Elle était tellement pleine de vie, je lui devais beaucoup. Elle m’avait permis de m’intégrer dans ce pays et de m’y sentir chez moi. Elle m’avait fait découvrir tellement de choses. C’était dur de savoir que je ne la reverrais plus jamais.

    En regardant son visage, je me suis rappelée des paroles des policiers. Elle avait été vidée de son sang. C’était incroyable quand même et pas banal. Mais comment avait-elle été vidé de son sang ? Je n’avais pas posé la question en fait. Est-ce qu’on lui avait tranché la gorge ?

    En cliquant ici et là sur mon ordinateur, je me suis surprise à chercher des images de Raphaël. Il me manquait mais je n’avais plus eu de nouvelles depuis notre baiser. Il m’avait dit qu’il était amoureux de moi et pourtant il ne m’avait donné aucun signe de vie.

    Les vidéos défilaient et je ne remarquais qu’il n’y avait rien de changé chez lui. Il regardait droit devant lui faisant planer le mystère à son sujet. Il avait été vu dans plusieurs boites de nuit de Berlin. Comment ne pas l’imaginer avec une fille ?

    J’en avais assez. J’ai éteint l’objet de mes tourments et je suis allée me coucher. Je me suis réveillée plusieurs fois dans la nuit. Encore des cauchemars. Je voyais Ashley se faire trancher la gorge, j’essayais nuit après nuit de la sauver, d’arriver à temps, et à chaque fois elle était sur le sol sans vie.

    J’étais essoufflée à chacun de mes réveils. J’aurais dû prendre le temps de lui parler. Mais non je lui avais tourné le dos pour un simple rendez-vous avec un garçon. Pourquoi la vie est-elle si injuste ?

    Je me levais et allais dans la salle de bain afin de boire un verre d’eau.

    A mon retour je n’étais pas seule. Mon corps avait retrouvé cette sensation qu’on le déshabillait du regard. Cette chaleur sur ma peau qui m’envoutait toujours autant.

    - Raphaël ! dis-je dans un souffle.

    - Oui. Je suis là !

    Il s’approchait de moi et me prit dans ses bras. Je le repoussais et allais dans l’autre coin de la pièce.

    - Pourquoi tu reviens me voir ?

    - Parce que tu me manquais !

    - Non. C’est faux ! Si je t’avais manqué tu m’aurais donné de tes nouvelles. Si tu t’intéressais à moi tu m'aurais demandé mon numéro de portable et alors tu aurais su que j’avais besoin de toi.

    - je ne sais pas comment m'y prendre. Je n’ai pas l’habitude.

    - Tu…. Tu n’as pas l’habitude ? ça veut dire quoi ? Que tu n’as pas l’habitude de donner des nouvelles à chacune des filles à qui tu dis que tu es amoureux d’elle ? Pas l’habitude de réconforter celle que tu aimes alors qu’elle a perdu sa meilleure amie dans des circonstances plus que suspectes ? Hein ? Dis-moi !

    - Tu es fâchée, je ferais mieux de partir. Je savais que ce n’était pas une bonne idée de reprendre contact avec toi.

    - Alors pourquoi tu l’as fait ?

    - Je ne pouvais pas m’en empêcher. J’avais envie de sentir ta peau, de reprendre notre baiser là où on l’avait laissé. J’avais envie de discuter aussi. J’avais besoin d’être avec toi.

    Il restait là dans la pénombre attendant certainement une réaction de ma part. Je savais que j’avais tort mais j’avais moi aussi besoin de lui.

    J’avais besoin que quelqu’un me prenne dans ses bras, j’avais besoin de me sentir vivante. Mais je lui en voulais de ne pas avoir été là pour moi.

    - J’avais besoin de toi, tu comprends ? lui dis-je d’une voix tremblante.

    - Je suis désolé. Je regrette de ne pas être venu te rejoindre. C’est la première fois qu’on a besoin de moi.

    - Quoi ?

    - Oui. Je me débrouille seul depuis très longtemps déjà et j’ai oublié certaines choses.

    - Embrasse-moi.

    - Quoi ? me répondit-il.

    - Embrasse-moi.

    J’ai senti sa présence auprès de moi presque automatiquement. Il avait dû avancer vers moi sans que je m’en rende compte. Il passait sa main sous mes cheveux et l’autre m’enveloppait au niveau du bas du dos. Il m’a attiré vers lui et son souffle m’enivrait jusqu’à ce que ses lèvres touchent les miennes. Cette fois-ci mes lèvres se sont entrouvertes, j’en voulais plus. Il jouait avec ma langue et passait la sienne sur mes lèvres comme pour se délecter d’un met succulent. J’étais comme une poupée de chiffon dans ses bras. Je n’avais plus de force, je me laissais porter par son baiser et j’aimais ça.

    - Arrête Léna. Je ne peux pas aller trop loin dans nos baisers.

    - Je ne comprends jamais rien à ce que tu me dis et tes paroles ont toujours l’air d’être à double sens. Je sens toujours un danger planer lorsque je suis avec toi mais je m’en moque.

    - Je ne veux pas que tu t’en moques Léna. Je veux justement que tu gardes dans un coin de ta mémoire que je suis dangereux. Promets-le moi mon amour.

    - Qui tu es Raphaël ? Est-ce qu’un jour tu auras assez confiance en moi pour me dire la vérité sur toi ?

    - Je ne préfèrerais pas. Mais je sais qu’un jour je n’aurais pas le choix.

    - Alors dis-le moi ce soir !

    - Pas ce soir. Ce soir je veux me réchauffer de tes baisers, de ta peau.

    - De mon odeur.

    - Non pas de ton odeur car elle ne m’a jamais quitté.

    Il s’est penché pour me faire quelques baisers dans le cou me consumant sur place. C’était tellement excitant et électrisant. Je lui caressais le dos puis j’ai passé ma main sous son tee-shirt afin de toucher sa peau si douce. Je le sentais aussi fébrile que moi, j’ai continué à explorer son corps de mes caresses jusqu’à ce qu’il m’arrête brusquement.

    - Laisse-moi du temps Léna. Je ne peux pas aller plus loin.

    - Tu ne veux pas aller plus loin avec moi ?

    - Ce n’est pas ça mais oh, Léna, il y a des choses que tu ne sais pas sur moi. Des choses perturbantes. Je ne voudrais pas te faire du mal.

    - Mais pourquoi tu me ferais du mal alors que tu me dis que tu tiens à moi. Je ne comprends toujours pas et ça devient très frustrant.

    - Je veux que l’on prenne un peu de temps pour nous connaitre. Je ne veux pas que tu regrettes surtout pour la première fois.

    - Com….comment tu sais que ce serait la première fois ?

    - Je le sais c’est tout.

    J’allais m’allonger sur mon lit, légèrement perturbée par sa révélation. Il est venu me rejoindre, s’allongeant près de moi. Cette sensation qu’on me touchait, qu’on me caressait a pris le relais m’empêchant de réfléchir plus longtemps. Je me demandais si c’était comme ça avec chaque garçon. Je n’avais pas entendu de filles parler de cette sensation qui m’enveloppait en ce moment.

    Je fermais les yeux me délectant encore un peu de ces caresses imaginaires. Lorsque j’ouvrais mes yeux à nouveau Raphaël me fixait souriant légèrement.

    - Tu as aimé ?

    - Nos baisers ? Bien sûr et ils m’ont manqué pendant ton absence.

    - Non pas ça. Tu as aimé ce que tu viens de ressentir ?

    - C’est toi n’est-ce pas ? Comment fais-tu ça ?

    - Par la pensée. Je m’imagine en train de caresser chacune de tes formes et je te le transmet.

    - Raphaël ! Personne ne peut faire ce que tu as fait.

    - Tu l’as ressenti n’est-ce pas ? Je sais que ça fait longtemps que tu le ressens, à chacune de mes pensées intimes tu l’as ressenti. Je te voyais fermer les yeux lorsque tu étais à ta fenêtre, je t’ai vu lorsque ton corps appelait chacune de mes caresses au Pearl et lorsque tu as mis ta lèvre inférieure sensuellement entre tes dents. Et là j’ai vu les sensations que ça te procurait.

    - Raphaël ! Je peux te poser une question ?

    - Oui. Bien sûr mon amour.

    - Es-tu humain ?

    Cette question m’était venue comme naturellement et surtout comme une évidence. Mais j’avais peur de sa réponse et surtout de ce qu’il pouvait être. Je me suis rappelée Ashley et le fait qu’elle est été vidé de son sang. Le danger que représentait Raphaël. Les rumeurs dont son groupe était l’objet. Y’avait-il dans tout ça un semblant de vérité ?

    - Raconte-moi ce qui est arrivée à ton amie, Ashley ?

    - Tu ne répondras pas à ma question ?

    Il me fixait le regard noir me glaçant sur place.

    - Tu n'as pas lu les journaux ? Ashley a été retrouvé morte dans une rue de Londres vidé de son sang.

    A mes mots Raphaël s’est raidi et a légèrement reculé. L’expression de son visage était dure et froide. Qu’avais-je dit qui le perturbait autant.

    - Comment ça vidé de son sang, me demanda-t-il d’une voix que je ne lui connaissais pas.

    - C’est tout ce qu’on m’a dit. Elle a été vidé de son sang mais il n’y en avait aucune trace autour de son corps. Les policiers supposent qu’elle a été transporté après sa mort.

    - Que t’ont-ils dit d’autres ? Je dois savoir, me dit-il en m’attrapant fermement les bras.

    - Tu me fais mal. Raphaël lâche-moi.

    - Dis-moi ce que tu sais.

    - Raphaël ! Tu me fais peur. Qu’est-ce que tu as ? Tes yeux sont bizarres. Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Qu’est-ce qu…

    J’étais pétrifiée et ne croyait pas ce que j’avais sous mes yeux. Dans sa colère, il ne s’était pas rendu compte de son état mais moi oui. J’avais vu briller quelque chose dans sa bouche, quelque chose d’impossible et pourtant j’aurais dû le savoir. J’aurais dû le deviner.

    - Oh mon dieu ! criais-je.

    C’est à cet instant il a compris et m’a lâché. Il ne m’a même pas regardé et a disparu si rapidement que je me demandais encore ce qui venait d’arriver.

    Ce n’était pas possible. Des êtres comme lui n’existaient pas. Et pourtant toutes les rumeurs qui courraient sur lui et son groupe ne disaient en fait que la vérité. Etait-ce possible que ce soit lui qui… Non ! Je n’y croyais pas ! En fait tout ce mettait en place. Toutes ses paroles, tous ces mystères, toutes ses mises en garde.

    Je vérifiais ma fenêtre, ma porte, avant d’aller me réfugier sous ma couette. J’avais peur qu’il revienne, j’avais peur de subir le même sort qu’Ashley. Mais plus que tout je voulais savoir, je voulais avoir une explication. En aurais-je la force maintenant que je savais ce qu’il était ?

    Mes sentiments sont tellement contradictoires, d’un côté la peur, de l’autre l’amour que j’ai malgré tout pour lui.

    Est-ce qu’il reviendra vers moi maintenant que je sais qui il est ?

     

     

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