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    iris
     
     
    CHAPITRE 11




    Le soleil caressait mon visage lorsque je suis sortie enfin de mon sommeil. J’étais décidé à savoir ce qui c’était passé pour Ashley. Pour la première fois depuis la mort de mon amie j’étais décidé à prendre ma vie en main, du moins j’avais enfin une raison de me bouger.

    J’ai pris une douche rapide, me suis habillée et après un rapide petit déjeuner je suis sortie pour prendre la direction du centre ville. Je voulais voir l’endroit où on avait trouvé Ashley.

    Evidemment il n’y avait plus aucune trace mais je voulais quand même visualiser l’endroit. Je marchais dans les rues avoisinantes et me suis aperçue qu’on n’était pas si loin du Pearl. Pourquoi était-elle venue ici ? Si elle avait eu des entrées elle m’en aurait parlé. A moins que c’était son rendez-vous qui avait des places pour entrer.

    J’allais à la bibliothèque je voulais savoir si il existait des livres sur les êtres comme Raphaël mais j’ai été déçu. Rien à part des romans. Comment pourrais-je faire le tri entre la réalité et l’imagination des écrivains.

    J’étais déçue de ne pas avoir avancé. En fait la seule personne qui pourrait me mettre au courant était sorti de ma vie en un éclair. Comment lui dire que j’avais besoin de le revoir, que j’avais besoin de ses explications et surtout j’avais besoin de savoir qu’il n’était pour rien dans la mort d’Ashley. Car j’en étais persuadée celui qui l’avait tué était de la même espèce que Raphaël.

    Le soir je me suis postée à ma fenêtre et j’ai attendu longtemps mais personne n’est apparu, pas même une ombre.

    Je l’ai fait pendant plus de deux semaines et toujours rien. Je pensais très fort à lui, et dans mes pensées je l’appelais à venir me voir. Oui, on ne sait jamais. Pourquoi ne m’avait-il pas donné de ses nouvelles lorsqu’il était en Allemagne. Maintenant que j’y pensais sur trois semaines il n’y a eu que six concerts. Que faisait-il pendant son temps libre ?

    C’est un matin à mon réveil que j’ai aperçu cette enveloppe sur ma table de chevet. Elle était banale, en fait elle ressemblait à celles que j’avais dans le tiroir de mon bureau.

    Je l’ai ouverte et j’ai pris la feuille rapidement car j’avais senti cette odeur, son odeur.

     

     

    05.wir.skyrock.net17



     

     
     
    Je lisais encore et encore cette unique preuve que je n’avais pas rêvé toute cette histoire avec Raphaël. Bien sûr que je voulais le voir. Mais j’avais peur d’une seule chose, ma réaction lorsque je serais en sa présence. 

    Il me disait qu’il n’avait rien à voir avec la mort d’Ashley mais comment en être certaine ? Pour cela il faudrait que j’aie une confiance aveugle en lui mais pour l’instant ce n’était pas vraiment le cas.

    Est-ce que j’avais envie de savoir toute la vérité ou simplement une partie ? Mais si je ne savais pas toute son histoire un doute subsisterait toujours.

    Qu’est-ce que je voulais en fait ? Je réfléchissais longtemps à la question et à chaque fois une seule réponse venait me frapper en plein cœur, je le voulais lui !

    La peur me faisait-elle divaguer ou maintenant j’avais un intérêt certain pour le danger ?

    Je voulais le revoir, je serais devant la fenêtre ce soir à l’attendre.

    Et c’est ce que j’ai fait dès que je me suis retrouvée seule dans ma chambre. Mes parents étaient déjà couchés il se levait tous les deux à 5 heures. Je m’en voulais de les avoir obligés à changer leurs horaires pour moi. En fait je ne leur avais rien demandé. Deux fois par semaine ils commençaient à la même heure et demain était un de ces jours. J’avais regardé une vieille série sur le canapé du salon en grignotant mon plateau repas. Je n’avais pas tellement d’appétit et laissait la plupart de mes choix intacts.

    Enfin la nuit est arrivée et je montais les escaliers la tête pleine d’espoir, mon cœur battant à un rythme irrégulier, et de légers frissons au bas de mon ventre. Je devais me reprendre, je ne devais pas flancher. Nous avions rendez-vous certes mais c’était pour avoir une discussion et non pour nous envelopper de nos sens.

    Je m’approchais de ma fenêtre et regardait dehors. Au premier regard je n’ai rien vu mais en cherchant bien je l’ai aperçu tout d’abord caché derrière l’arbre puis se dévoilant petit à petit. J’ai senti une douce chaleur, je savais qu’il allait venir. Je me rendais compte que cette sensation troublante m’avait terriblement manquée.

    Je laissais la porte de ma chambre ouverte essayant de capter des bruits anormaux dans la maison, mais rien. Comment pouvait-il être si silencieux ?
    Enfin il entra doucement n’osant pas me sourire bien que c’est yeux me montraient qu’il était ravie de me revoir. J’étais troublée mais je tenais bon. Il me fallait être forte pour ne pas lui sauter au cou et l’embrasser passionnément.

    - Bonjour ! me dit-il.

    - Bonjour Raphaël ! lui répondis-je. Assieds-toi.

    Il est allé s’installer sur ma chaise de bureau alors que j’espérais qu’il ne s’assoie près de moi sur mon lit. Mais il avait raison, cela n’aurait pas été raisonnable d’être si proche.

    - Tu veux commencer ? me demanda-t-il.

    - Si tu veux. Alors comme ça les êtres comme toi existent vraiment.

    - Oui. Depuis des siècles déjà.

    - Et… tu es un vampire depuis longtemps ?

    - Oui très longtemps. En fait depuis presque 4 siècles maintenant.

    - C’est une blague ?

    - Non. Ce que je te dis est vrai. Je t’ai promis de te dire la vérité.

    - Et comment es-tu devenu un .. enfin comme ça ?

    - Je ne le sais pas vraiment. Je me suis réveillé un matin j’étais devenu ce monstre. Certains géniteurs restent auprès de leur poulain pour les rassurer, les rallier à leur cause et d’autres s’en vont immédiatement. Je suppose que c’est ce qui m’est arrivé.

    - Tu te considères vraiment comme un monstre ?

    - Oui. La preuve, tu me vois comme ça maintenant. C’est ce que je suis, je suis un prédateur et un tueur.

    Je baissais les yeux vers mes mains qui tordaient plus ou moins ma couette nerveusement. Je devais lui poser cette question.

    - Est-ce que tu risques de me faire du mal ?

    - Je ne pense pas mais tu dois rester sur tes gardes, mes instincts ne me permettent pas toujours de réagir comme il le faudrait. Je suis sûr que je ne pourrais jamais te faire de mal mais je ne pourrais pas le jurer à 100 %.

    - Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?

    - Oui mais il y a très longtemps. Maintenant avec l’expérience et ma longévité j’ai pris de l’assurance et donc je ne suis pas obligée de tuer les personnes sur lesquelles je me nourris.

    - Comment fais-tu alors ?

    - Le pouvoir de l’iris.

    - La fleur ? Celle que tu me déposais ? Je me rappelle tu m’as dit qu’elle te représentait.

    - Oui. Elle me représente à cause de mon pouvoir et aussi par sa couleur. Nous sommes considérés comme des créatures du mal donc le noir est par déduction notre couleur. L’iris parce que c’est par le regard que l’on hypnotise nos proies afin de leur faire oublier ce dont ils ont fait pour nous. Le pouvoir de l’iris.

    - Et tu m’as déjà hypnotisé ?

    - Non. Jamais. Mais j’ai joué avec mon pouvoir pour te faire ressentir quelques sensations qui ne t’étaient pas désagréables n’est-ce pas ? me dit-il cette fois avec son petit sourire en coin qui me faisait tant craquée.

    Je rougissais et il s’en rendait compte bien évidemment. C’est alors qu’il a recommencé à m’envelopper de son pouvoir.

    - Raphaël, reste sage s’il te plait.

    La sensation agréable c’est tout de suite dissipée et j’ai pu reprendre là où j’en étais.

    - Est-ce que tu sais si c’est un vampire qui a tué Ashley ?

    - Je le crois oui. Mais n’ayant pas vu son corps je ne pourrais pas l’affirmer non plus.

    - Est-ce que tu me caches quelque chose concernant mon amie ?

    - Oui. Je sais avec qui elle avait rendez-vous.

    - Calum c’est ça ?

    - Comment …. Evidemment tu connaissais ton amie et son faible pour lui.

    - Evidemment. Alors c’est lui qui ….

    - Non. Ce n’est pas lui. Nous sommes arrivés à temps. C’est pour cela que je suis arrivé en retard ce soir là. Il allait se nourrir d’elle alors qu’ils venaient de …

    - Faire l’amour. Les policiers m’ont dit qu’elle avait eu des rapports avant sa mort. J’ai trouvé ça bizarre sur le coup mais elle n’avait pu céder qu’à ton ami. Je comprends tout maintenant. Alors elle était vivante quand tu l’as quitté ?

    - Oui, Léna je te le jure. Nous avons obligé Calum a l’hypnotisé pour qu’elle n’ait aucun souvenir de sa soirée. Elle avait vu ce qu’il était nous devions nous protéger. Ensuite nous avons attendu qu’elle démarre avec sa voiture et nous sommes tous partis pour l’Allemagne.

    - Alors que s’est-il passé ?

    - J’ai fait des recherches et pour l’instant nous n’en avons aucune idée. Il existe beaucoup d’être comme nous et certains sont très dangereux. Mais ils ne sont pas aussi organisés car la mort d’Ashley a été bien préparée et c’est ce qui m’inquiète.

    - Pourquoi ?

    - Parce que j’ai peur qu’on s’en prenne à toi. J’ai l’impression que tout ceci est un message pour nous, pour le groupe et certains de nos amis. Mais pourquoi nous n’en savons rien pour le moment.

    - On voudrait me tuer ?

    - C’est une possibilité que je ne veux pas écarter, certains vampires ne voient pas d’un bon œil que nous tombions amoureux d’un humain. Mais je te jure de te protéger jusqu’à ce que l’on sache qui est derrière tout ça.

    Je me levais et allais le rejoindre. Je me tenais debout devant lui, tremblante, pas de froid mais de peur. J’avais besoin de lui, de savoir qu’il m’entourait de sa protection. Je devrais lui en vouloir de ce qu’il était, lui en voulais de m’avoir par la même occasion mis en danger mais je n’y arrivais pas. Je mis mes mains dans ses cheveux et il s’est penché afin de poser sa tête contre mon corps. J’avais l’impression que je le réconfortais malgré ce qu’il était. Il m’enlaçait de ses bras restant lové contre moi.

    - Je t’aime Léna ! me dit-il soudain.

    - Je sais. Je t’aime aussi, lui répondis-je l’étreignant un peu plus contre moi.

    Il levait la tête me regardant intensément. Je savais que jamais il ne m’hypnotiserait sans mon accord. Il était un vampire et je l’aimais plus que ma propre vie. Et là à cet instant je voulais qu’il m’embrasse comme lui savait si bien le faire. Mais c’était plus fort que moi, il fallait que je lui pose une question.

    - Tu vas avec beaucoup de filles ?

    Il se reculait, me regardant avec la dureté de ce qu’il était.

    - Si je te réponds je peux poser une condition ?

    - Oui laquelle ?

    - Que plus jamais tu ne me la poseras.

    - D’accord.

    Il m’a pris la main et nous sommes allés nous installer sur le lit.

    - Oui j’ai été avec beaucoup de filles. Mais depuis que je m’intéresse à toi il n’y a plus eu personne.

    - Même en Allemagne ?

    - Même en Allemagne.

    - Est-ce que tu les as toutes aimées ?

    - Non. Heureusement pour moi. Avant toi il n’y en a qu’une seule que j’ai aimé.

    - Que lui est-il arrivée ?

    - Je ne veux pas en parler. C’était il y a très longtemps.

    Je n’insistais pas, il m’avait répondu franchement et je n’avais pas le droit d’aller plus loin dans l’intimité de sa vie. Mais tout d’un coup j’ai eu comme un malaise par rapport à ce qu’il m’avait dit. Il avait connu plusieurs filles alors que moi j’étais toujours vierge.

    Mes joues s’empourprèrent et Raphaël m’a levé de la main ma tête afin que je le regarde.

    - Qu’est-ce qui te fait rougir mon amour ? Oh ! Je comprends ! Ne t’inquiètes pas pour ça.

    - Comment as-tu compris que je ….

    - Ton odeur. Une jeune fille vierge a une odeur plus fruitée, plus printanière aussi. Alors que si tu avais déjà fait l’amour tu aurais une odeur plus épicée, plus sauvage.

    - C’est très perturbant.

    - Pas pour moi. Sommes-nous ensemble Léna ? Je veux le savoir.

    - Oui mon cœur, nous sommes ensemble.

    Nos lèvres se touchèrent enfin nous abandonnant à nos retrouvailles.

     

     

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    iris
     
     
     
    CHAPITRE 12




    Il avait passé la nuit avec moi jusqu’à ce que le jour commence à pointer le bout de son nez. Cette fois-ci il me réveillait et me dit au revoir.

    J’étais encore endormie mais le goût de ses lèvres me laissait rêveuse.

    Nous avions décidé de nous revoir le soir même. Nous devions parler de la meilleure façon de le présenter à mes parents afin que je puisse passer plus de temps avec lui.

    Je devais commencer à en parler à mes parents, disons juste leur dire que j’avais rencontré un garçon. Et qu’il me plaisait déjà beaucoup. J’espérais qu’ils n’allaient pas être trop protecteurs et méfiant par rapport à ce qui s’était passé pour Ashley.

    Je passais la journée à ranger ma chambre, faire le tri de mes cours et faire la liste de ce qui pourrait me manquer pour la rentrée prochaine.
    J’étais tellement pris dans mon élan que j’ai entrepris de ranger mon armoire. Je n’arrivais pas à croire que j’avais accumulé autant de bazar depuis six mois.

    Lorsque j’ai entendu mes parents rentrer je suis descendue souriante en leur demandant comment c’était passé leur journée. Ma mère m’a regardé des pieds à la tête se demandant certainement si je n’avais pas pris quelque chose d’illicite. Mon père, lui, me connaissait un peu mieux. Il avait senti qu’il y avait autre chose.

    - Tu vas mieux on dirait ? me dit mon père.

    - Oui. J’ai décidé d’aller de l’avant même si je ne suis pas encore prête à oublier mon amie. Mais je recommence à sortir, à voir du monde.

    - Et tu as rencontré de nouvelles personnes ?

    - Oui. On peut dire ça comme ça. Mais ce n’est pas vraiment des nouvelles connaissances, nous les avons déjà rencontré plusieurs fois avec Ashley.

    - De quoi tu parles ? dit tout un coup ma mère comme si on venait de la sortir de sa rêverie.

    - Et bien je crois que ta fille a un nouveau petit copain.

    - Mais… Enfin es-tu prudente ?

    - Oui maman. Je t’assure je ne risque rien. Je le connais depuis un moment, on s’était juste perdu de vue. La mort d’Ashley nous a rapproché en quelque sorte.

    - Tu sais très bien qu’ils n’ont pas trouvé le meurtrier et la police pense que tu peux être en danger.

    - Je suis plus en danger seule qu’avec des copains.

    - Elle n’a pas tort, dit mon père.

    - Et puis tu ne peux pas me garder à la maison indéfiniment, les cours vont reprendre le mois prochain, il va bien falloir que j’y retourne.

    - Tu as raison. Mais reste prudente, promets-le moi.

    - Je te le promet. Et puis il doit venir me chercher ce soir, vous pourrez faire sa connaissance. Mais attention pas de questions gênantes j’ai 19 ans pas 16.

    - Ok ! Nous essaierons d’être raisonnables.

    - Merci !

    Maintenant j’espérais que Raphaël attende de me voir à la fenêtre avant de venir me retrouver dans ma chambre. Mais je me rappelais qu’il ne viendrait qu’à la tombée de la nuit.

    - Ah et puis il va venir me prendre assez tard. Il est musicien et il a un concert ce soir.

    - Un musicien ?

    - Bon ça va, pas de commentaires. Attendez de le voir avant de juger.

    Je passais devant mes parents pour aller dans la cuisine et regardais dans le frigo ce qu’on pouvait manger ce soir. Ma mère me regardait désespérer, elle venait certainement de se rendre compte qu’elle avait encore oublié de faire les courses.

    Je la pris par l’épaule et l’embrassait sur la joue. En fait nous avons trouvé ici et là quelques ingrédients et ensemble nous avons préparé le repas. Nous avons parlé de tout et de rien, de son boulot, du rangement de ma chambre, bref un pur moment de plaisir. Je ne m’étais pas rendu compte de tout ce que j’avais loupé depuis la mort d’Ashley et j’étais reconnaissant à mes parents de m’avoir laissé panser mes plaies.

    Le repas était sous le signe de la bonne humeur et je n’ai pas vu passer le temps. Je poussais mes parents vers le salon me chargeant de débarrasser la table et ranger la vaisselle dans le lave-vaisselle. Je voulais m’occuper les mains et l’esprit en attendant la tombée de la nuit.

    Je montais me préparer choisissant un jean et un tee-shirt moulant histoire de ne pas affoler mon père si je mettais une tenue un peu plus affriolante.
    Je cherchais ma veste sans grand résultat et j’ai donc mis sur mes épaules un petit pull que j’enfilerais si j’ai froid.

    Mon cœur s’est mis à battre lorsque j’ai entendu la sonnette de la porte d’entrée. Ça ne pouvait pas être lui. Je n’avais pas eu le temps de le mettre au courant.

    Alors que je descendais fébrilement, mon père m’avait devancé et avait ouvert la porte. Je me penchais et j’en ai eu le souffle coupé, Raphaël se tenait là se présentant à mes parents.

    Il s’est montré charmant et un poil enjoleur. Je commençais à le connaitre et je savais quel jeu il jouait à ce moment précis. Lorsque nos regards se sont croisés il m’a souri en me faisant un signe de la main. Il avait un peu changé son look, enfin très légèrement quand même.

    Mon père et ma mère lui donnèrent une poignée de main alors que je faisais les présentations. Je sentais qu’ils voulaient lui dire de ne pas me ramener tard mais ils savaient aussi que j’avais passé l’âge et se sont donc abstenus.

    Raphaël leur a dit que nous allions au cinéma à la dernière séance et qu’ensuite nous irions sans doute chez des amis. Il ajouta qu’il ne me laisserait pas rentrer seule et qu’il me raccompagnerait jusqu’à la porte, ce qui rassurait mes parents et ce qui m’a fait rougir de honte par la même occasion.

    Il restait auprès de moi jusqu’à une voiture garée devant la maison. Il m’a ouvert la portière avant de prendre place à son tour à l’intérieur. Je jetais un œil vers l’entrée de chez moi pour m’apercevoir que mes parents me regardaient partir avec un être dangereux sans le savoir.

    - Comment as-tu su ? lui demandais-je.

    - Tes pensées. Tu as été très perturbante aujourd’hui. Je n’ai pas pu me reposer comme je le voulais.

    - Tu dors la journée ?

    - Oui et non. En général nous essayons de vivre au même rythme que vous mais nous devons être prudent pour sortir en plein jour.

    - Tous les mythes sur les vampires sont exactes alors ?

    - Non ce sont vraiment des mythes. L’eau bénite, l’ail, les croix ne fonctionnent pas. Je ne dors pas dans un cercueil. Mais mon rythme de sommeil est très court donc en général quelques heures me suffisent pour me reposer.

    - Comment peut-on tuer un vampire ?

    - Je devrais m’inquiéter ? me demanda-t-il subitement.

    - Non. Mais si on me veut du mal comment je peux me défendre ?

    - Tu ne le peux pas.

    Je me suis mise à trembler sachant que je ne pourrais même pas me défendre en cas de danger. La peur me gagnait et je n’arrivais plus à réfléchir.

    - Je suis désolé si je t’ai fait peur mais tu devais savoir la vérité. Et pour ton information seul un vampire peut tuer un autre vampire.

    - Comment ?

    - Je préfèrerais ne pas avoir à te le dire. Alors tu veux aller quelque part ?

    - Non. Pas spécialement. Mais ça fait du bien de se voir ailleurs que dans ma chambre. Et puis au moins nous ressemblons à un couple normal. Tu as dit à mes parents que nous allions au cinéma. Et qu’est-ce que je vais leur dire si ils m’interrogent ?

    - On regardera les critiques sur internet. Ça te dit de venir chez moi ?

    - Tes amis seront là ?

    - Non. Nous n’habitons pas ensemble. Nous avons chacun notre vie. Alors qu’est-ce que tu en penses ?

    - Oui. J’aimerais vraiment voir où tu vis. Je suis curieuse d’en apprendre un peu plus sur toi.

    - Tu n’as pas peur d’être déçue ?

    - Je te le dirais lorsque nous serons arrivés.

    J’avais l’impression que le temps avait passé si vite que je me doutais qu’il n’habitait pas si loin que ça de chez moi. Ce n’étais qu’à juste quelques pâtés de maison de mon quartier. Je me dépêchais de sortir de la voiture avant qu’il ne vienne m’aider comme si j’étais quelqu’un d’important. D’ailleurs il va falloir que l’on parle de tout ça.

    Je regardais la résidence devant laquelle nous étions garés et il m’a pris la main m’entrainant vers un petit portail. J’étais éblouie par l’endroit et incroyablement surprise par le système de sécurité. Il a sorti de sa poche une carte magnétique qu’il passait devant une borne ouvrant automatiquement la porte.

    Il allumait les lumières et je me suis retrouvée dans une vaste pièce qui devait être le salon. Je regardais autour de moi, le canapé d’angle gris foncé, le mobilier léger en laquée blanc. Une telle modernité pour un être si âgé était très déroutant.

    - Ça te plait ? me dit-il.

    - Oui. C’est magnifique et tellement moderne.

    - J’ai peut-être 400 ans mais je ne suis pas un homme préhistorique non plus. J’ai appris à vivre avec l’air du temps.

    - Est-ce que toutes les pièces sont comme celle-ci ?

    - Oui. En fait je viens tout juste de m’installer ici. J’habitais en dehors de Londres mais ce n’était pas très pratique. Et puis je peux te voir plus facilement.

    - Tu es venue habiter ici pour être plus près de moi ?

    - Oui.

    - Et si je n’avais plus voulu te voir ? Si je t’avais rejeté ?

    - Je serais resté ici et dans l’ombre je t’aurais protéger.

    - Tu es certain que je suis en danger, n’est-ce pas ?

    - Oui.

    Mais il voulait changer de conversation et m’entrainait dans la cuisine. Cette fois-ci il y avait des meubles laquées rouges et de l’électroménager en inox. Il ne me laissait pas regarder les détails et m’entrainait déjà dans sa chambre.

    Cette pièce était magnifique. Le style était masculin mais cependant l’ensemble était très doux au regard. Les murs étaient de couleur crème, le reste chocolat avec une toute petite touche de vert ici et là.

    - Waouh ! Je ne pensais pas que ta maison serait aussi coloré.

    - Tu croyais quoi que tout serait sombre avec des meubles noirs ?

    - Un peu oui.

    - Nous sommes déjà assez dans l’obscurité comme ça, je voulais voir de la couleur, faire en sorte que la lumière entre dans cette maison. Je voulais de la modernité et aussi de la normalité.

    - Je comprends. Pourquoi tu ne peux pas sortir le jour ?

    - Je le peux mais à petite dose. Pour cela il faut que je vienne de me nourrir afin que mes forces et mes capacités soient aux plus hautes. il faudrait que je me nourrisse de sang humain tous les jours.

    - Alors ça veut dire que l’on pourrait avoir une vie normale tous les deux ?

    - C’est ce que tu veux ? Léna, je ne veux pas te forcer la main. Tu ne sais pas dans quoi tu t’embarques. Et puis un jour pour je ne sais quelle raison je pourrais basculer, te faire du mal, pire te tuer.

    - Je prends le risque. Nous ferons tout pour que ça fonctionne.

    Il m’a pris dans ses bras, prenant mes lèvres d’assaut alors qu’il m’emportait sur son lit. Ses caresses étaient douces et expertes. Comment ne pas succomber à de telles sensations. J’étais envahie d’images de corps enchevêtrés ondulant dans un plaisir charnel. En fait c’était Raphaël qui m’envoyait ses pensées les plus intimes alors qu’il parcourait mon corps déjà ouvert au désir que ça me procurais.

    Il me déshabillait par la pensée et le laissais faire dans la réalité. Je ressentais un double plaisir qui anéantissait toute force mais qui me faisait déjà gémir de plaisir.

    Il était doux et prévenant, se rappelant sans doute que pour moi c’était la première fois. Il a pris son temps cherchant mon plaisir et mes désirs plus que les siens. Je n’aurais jamais pensé que ce soit si bon.

    Lorsque nous nous sommes retrouvés dans les bras l’un de l’autre, il a laissé tout d’abord le silence règner dans la pièce. C’est moi qui a ouvert la bouche en premier ne sachant pas exprimer ce que je ressentais.

    - Merci, lui dis-je doucement.

    - Merci de quoi mon amour ?

    - D’avoir été aussi prévenant et doux avec moi.

    - Je ne suis pas une brute malgré les apparences. Je voulais que tout soit parfait pour toi.

    - Est-ce que c’est toujours comme ça ?

    - Non. C’est encore mieux. La prochaine fois, nous prendrons beaucoup plus de plaisir je te le promets.

    Je n’arrivais pas à croire ce que j’étais en train de vivre, je n’avais jamais été aussi heureuse et comblée. Je pensais déjà rougissant dans l’obscurité à la prochaine fois me blotissant dans les bras de Raphaël.

    - Je peux te demander un truc ? me demanda-t-il.

    - Mmmm oui !

    - Pourquoi n’as-tu jamais fait l’amour ? Tu n’as jamais rencontré quelqu’un qui t’aurait donné envie de le faire ?

    - Il y a encore six mois je vivais en Asie où j’ai passé pratiquement toute mon existance. Les garçons là-bas ne me plaisaient pas spécialement. Nous étions installés un peu en retrait d’une grande ville et je ne rencontrais presque pas d’occidentaux. J’ai vraiment été amoureuse une seule fois. Mais il était du pays et il avait été élevé avec certaines traditions. Ses parents ont arrangés pour lui un mariage avec une fille de son milieu et de sa culture. Mes parents ont alors eu une proposition pour venir s’installer en Angleterre et je les ai suivi.

    - Tu l’aimes encore ?

    - Non. En fait je me suis tout de suite rendu compte que je ne l’aimais pas vraiment. Du moins si je l’aimais mais c’était différent. L’excitation de ma nouvelle vie ici, de découvrir tout ce que j’avais loupé, ma rencontre avec Ashley, m’a fait oublié celui que j’avais laissé là-bas.

    - Alors si je disparaissais tu m’oublierais aussi facilement, me demanda-t-il d’un air soucieux.

    - Non. Toi ce n’est pas pareil. J’aurais dû fuir loin de toi pour ce que tu es et pourtant je suis là dans tes bras. Et c’est à toi que je me suis donnée.

    Il m’embrassait fougueusement reprenant ses caresses. Mais il n’est pas allée plus loin. J’étais frustrée, j’avais tellement envie de retrouver toutes ses sensations nouvelles.

    - Doucement mon amour. Nous avons tout le temps pour ça. Et puis il est l’heure, je dois te ramener chez toi. Je voudrais pouvoir venir te chercher chaque soir alors sois raisonnable.

    Je boudais mais me levais cependant. Il me montrait la salle de bain et j’ai pris une douche éclair. Le temps que je m’habille et que je me prépare il était déjà prêt tenant dans sa main un sèche cheveux.

    Je le regardais surprise.

    - Tu ne veux pas que tes parents se demandent pourquoi tu as les cheveux mouillés au beau milieu de la nuit.

    Je haussais les épaules et prenait l’objet. Il me regardait me sècher les cheveux comme si j’étais une des plus belles merveilles du monde. Ses yeux brillants avaient quelque chose de changer. En fait je savais ce qu’il y avait de changer chez Raphaël. Il était heureux et c’était la première fois que je le voyais ainsi.

    Il s’est approché, se mettant derrière moi. Ses bras m’enveloppaient, ses mains se posaient sur mon ventre. Je me laissais aller contre son corps.

    - Tu es la plus belle chose qui me soit arriver depuis longtemps Léna.

    - Je t’aime Raphaël et rien ni personne ne pourra y changer.

    - J’ai peur de te perdre.

    - Je serais prudente lorsque tu seras loin de moi.

    - Qu’est-ce que tu veux dire ?

    - Et bien les concerts, les tournées.

    - Je ne pars plus mon amour.

    Je me retournais pour pouvoir le regarder dans les yeux.

    - Quoi ?

    - Je ne pars plus. Nous prenons des vacances enfin officiellement nous préparons notre nouvel album.

    - Et officieusement ?

    - Je profite de chaque instant avec toi et je cherche à savoir qui te veut du mal.

    - Mais je ne suis peut-être pas en danger. C’était juste une supposition parce que j’étais proche d’Ashley.

    - Nous avons eu le rapport d’autopsie, Léna, elle a bien été vidée de son sang par un vampire. Et comme tu es avec moi, tu es certainement la prochaine sur la liste.

    - Tu comptais me le dire quand pour le rapport d’autopsie ? lui dis-je légèrement excédée.

    - En fait je ne voulais pas te le dire tout de suite.

    - Je croyais qu’on devait se dire la vérité ?

    - J’ai eu tort pardonne-moi.

    - Je t’aime trop pour te faire la tête de toute façon.

    Sur le chemin du retour nous nous sommes mis d’accord sur un film. Heureusement pour moi il avait eu le temps de chercher et mémoriser l’histoire ainsi que les critiques. Donc arrivée devant chez moi j’étais prête pour un interrogatoire.

    Il m’a raccompagné jusqu’à la porte. M’a donné le plus tendre des baisers.

    - Oh j’oubliais ! Tiens voici mon numéro de portable. Je m’en suis achetée un aujourd’hui.

    - Tu deviens raisonnable ?

    - Non. Je me suis rendue compte qu’avant je n’en avais pas besoin mais si c’est le moyen pour toi de m’appeler à l’aide c’est le plus important.

    J’ai pris son portable et j’ai entré dans sa mémoire mon numéro. J’étais heureuse de voir que j’étais la seule et unique personne de son répertoire.

    Une fois seule dans ma chambre je me suis couchée et j’ai repensé à cette soirée. J’essayais de me remémorer chacun de ses gestes sur ma peau en pensant à la prochaine fois.

    J’ai pris mon portable et j’ai tapé un message.

     

    « Tu me manques ! »
     
     
     
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    CHAPITRE 13




    Je me suis préparée un sandwich que j’ai mis dans une assiette, ai pris un coca dans le frigo et est allée dans le salon où se trouvait l’homme de mes rêves.

    J’étais fascinée par son regard, par son apparence, sa beauté tout simplement. Il m’attendait sagement me faisant le plus beau des sourires se poussant légèrement pour que je m’assoie à côté de lui.

    Il était venu me chercher à la même heure que la veille et m’avait emmené directement chez lui. Il était en train de composer et j’adorais le voir noter ses notes sur du papier à musique avant de les essayer sur sa guitare.

    J’écoutais sans rien dire mangeant mon encas. Je songeais à tous les efforts qu’il avait fait en 24 heures. Tout d’abord il avait remarqué combien ça m’avait profondément blessé de ne pas avoir pu le joindre lorsque j’avais perdu ma meilleure amie et s’était acheter un portable.

    Ensuite il avait rempli son frigo et quelques uns de ses placards pour que je puisse manger comme bon me semble.

    - Je suis à toi tout de suite, j’ai pratiquement fini. Calum doit passer prendre cette partition demain pour pouvoir travailler dessus avec les autres, me dit-il me ramenant à la réalité.

    - Ce n’est pas grave. J’aime te voir comme ça.

    Après un tendre baiser il est retourné à ses occupations pendant que j’allais nettoyer et ranger la cuisine histoire de m’occuper.

    Je constatais qu’il y avait un autre frigo plus petit à l’intérieur d’un des placards du bas. Il y avait un cadenas qui le maintenait fermé et je me demandais si ce n’était pas là une réserve de nourriture pour lui, enfin pour ce qu’il était, donc une réserve de sang.

    - Tu es bien curieuse, me dit une voix derrière moi.

    - Excuse-moi ! Je n’aurais pas dû fouiller.

    - Je te l’ai dit ici tu fais comme chez toi. J’ai senti ton malaise et j’ai cru que tu avais des soucis. Tu veux voir à l’intérieur ? me demanda-t-il en sortant une clef de sa poche.

    - Euh… non ! Je ne suis pas prête à te voir engloutir du sang humain. Tu ne mords pas les gens alors ?

    - Si ! J’aime le sang frais ! Mais c’est un peu une réserve au cas où ! Tu sais si je n’arrivais pas à me contrôler.

    Il s’approchait de moi me regardant intensément. J’avais toujours peur de basculer vers autre chose. Surtout maintenant que je savais qu’il pouvait me soumettre à son emprise par le biais de son iris. Et pourtant je l’ai regardé moi aussi plongeant dans ses yeux espérant peut-être atteindre son ame.

    Il m’embrassait la joue, le menton, le coin de mes lèvres, mon cou, me rendant complètement folle.

    - J’ai enfin terminé mon amour, je peux enfin m’occuper de toi.

    Sa voix était suave et grave. Son désir se faisait ressentir et je savais où il voulait en venir. J’ai été surprise de constater que j’avais attendu cela toute la journée. Je me collais à lui, le caressant à mon tour.

    J’étais surprise de voir que je n’étais plus aussi timide que la veille et que mes sens étaient près à fondre en lui encore une fois.

    Il m’a pris dans ses bras et en moins de temps qu’il a fallu pour que je m’en rende compte nous étions déjà dans sa chambre.

    Ses caresses étaient envoutantes et les sensations qu’il m’envoyait me rendaient fébrile. Je ne connaissais pas les hommes humains mais en aucun cas j’aurais voulu à présent qu’ils me touchent. J’avais goûté aux plaisirs charnels avec un vampire et c’était exceptionnel.

    Nous nous sommes très vite retrouvés nus, toujours debout au milieu de la chambre. Ses doigts étaient experts et descendaient le long de mon dos laissant comme un léger fourmillement après leur passage. Raphaël m’embrasait fougueusement, sa langue dans ma bouche remuant à la perfection au contact de la mienne.

    Il savait s’y prendre c’était incontestable. Ses gestes, ses caresses m’emportaient inévitablement. Je sentais monter en moi une extase extrême que je n’aurais jamais imaginé en être capable. Je n’osais crier et pourtant c’est ce que je fis très rapidement.

    Il m’embrassait en remontant doucement sur ma peau brûlante. Ses lèvres s’attardèrent sur mes seins durcit alors que je m’embrasais.

    Il m’a pris dans bras me plaquant contre le mur, mes jambes s’enroulaient autour de ses hanches Je m’accrochais à son cou ne sachant comment me comporter mais c’est lui qui a fait tout le travail m’emportant encore une fois dans un délice de plaisir. Enfin il gémit à son tour laissant monter en lui un plaisir réel et intense, un plaisir dont je me délectais avec lui, la parfaite communion entre deux êtres. Sans compter que je ressentais cela doublement de mon point de vue d’abord et ensuite par le sien en m’enveloppant d’une chaleur que je connaissais si bien.

    Essoufflés nous sommes allés nous allonger sur le lit. Je me lovais contre lui, sa peau était si douce.

    - Mon dieu, Raphaël. C’est toujours comme ça ?

    - Je ne vois pas ce que dieu à avoir avec ça mais je t’avais dit qu’aujourd’hui serait meilleur qu’hier.

    Le temps passait très vite en sa compagnie et je ne voulais pas le quitter.

    J’étais bien et enfin heureuse. C’était trop beau et je me demandais si nous n’avions pas une épée de Damoclès qui s’abattrait sur nous un jour ou l’autre. J’étais sûr que ce moment viendrait tôt ou tard. Aimer quelqu’un comme lui était impossible. Enfin l’aimer était possible, rester avec lui non.

    - Tu vas bien mon amour ? me demanda-t-il inquiet. Je ressens ta tristesse, qu’est-ce qu’il y a ?

    - Je me demandais combien de temps allait durer mon bonheur.

    - J’espère toute ta vie. Léna, la vie n’est pas de tout repos mais on peut faire en sorte qu’elle soit belle.

    - Je ne vivrais pas éternellement. Et puis si quelqu’un veut me tuer ma vie risque d’être très courte.

    - Je ne le permettrais pas.

    - Comment est-ce possible qu’un être comme toi existe ? Je n’arrive toujours pas à y croire.

    - Et pourtant je t’ai prouvé que j’existais, répondit-il en souriant légèrement.

    - Oui. C’est vrai tu me l’as prouvé admirablement bien.

    - Disons que tu n’as pas d’autres comparaisons.

    - Disons que tu es unique. Est-ce que tu as cherché notre rencontre ?

    - Non. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai tout de suite sentie ta présence ce soir là, tu étais à l’extérieur. J’ai attendu dans le noir que la salle se remplisse, je savais que je devais te trouver.

    - Comment ça se fait ?

    - Je n’étais pas sûr. Je savais que j’étais attiré par toi sans te voir, sans te connaitre. Quelque chose d’invisible mais d’irrésistible. Au début j’ai cru que ce que je voulais c’est un semblant d’extase avec toi en buvant ton sang mais c’était plus que ça.

    - Un semblant d’extase ?

    - Oui. Lorsque l’on boit du sans directement sur un humain, il se passe quelque chose, une alchimie sensuel mais surtout sexuel. Aucun sentiment, aucun amour, juste du sexe.

    Je me reculais, laissant un espace vide entre nous deux.

    - Alors c’est comme ça aussi pour nous ? Juste du sexe.

    - Non ! Ne te méprends pas ! Laisse-moi finir. Lorsque nos regards se sont croisés quelque chose s’est passée. J’ai été touché par ta beauté et par ta force intérieure. Mon cœur froid s’est réchauffé tout d’un coup comme jamais je ne l’avais ressenti depuis ma transformation. Lorsque le véritable amour frappe un vampire c’est pour l’éternité. Une chose peut lui prouver la réciprocité de ses sentiments. Et j’ai su que j’avais raison au Pearl.

    - J’ai du mal à comprendre.

    - J’ai vu que tu ressentais mes pensées, mes pensées intimes.

    - Oh la chaleur qui m’enveloppe.

    - Oui. Que ressens-tu exactement ?

    - J’ai l’impression d’être toi. Je ressens tes caresses sur ma peau parcourant chaque parcelle de mon corps. J’ai envie de toi comme tu as envie de moi. Et lorsque ….. lorsque l’on fait l’amour je ressens mon propre plaisir mais également le tien.

    - Impressionnant !

    - Alors rien ne pourrait nous séparer ?

    - Si malheureusement. Ta mort, la mienne, même si pour moi ce serait beaucoup plus complexe que pour toi. Tu es mienne Léna mais tu peux encore partir.

    - Partir ?

    - Oui. Si tu ne veux plus de moi. Tu peux me rejeter mais moi non. Il y a des choses qui vont peut-être un jour te choquer et tu ne voudras plus me voir. Moi je t’aimerais pour l’éternité.

    - Ce n’est pas juste.

    - La vie n’est pas juste mais la mort ne l’est pas non plus.

    - Je ne veux pas te quitter. Jamais ! Existe-t-il un moyen pour empêcher cela ?

    - Oui, Léna il existe un moyen mais je n’ai pas le droit de le divulguer. Tu dois trouver toute seule la solution.

    - Ce n’est pas juste. Et si je ne trouve jamais ?

    - Si nous sommes fait l’un pour l’autre, ce que je crois, tu trouveras. J’ai confiance en toi Léna.

    J’étais pensive et je n’arrêtais pas de penser à ce que Raphaël venait de me dire. Pour l’instant c’était un charabia. Il fallait que je trouve, je ne voulais pas le perdre. Pas maintenant. J’avais trouvé l’amour et je ne voulais pas le laisser filer. Je savais au fond de moi que si je perdrais cet homme, enfin ce vampire, je ne m’en remettrais jamais.

    Je me disais que j’étais folle de penser à tout ça alors que ça ne faisait que quelques jours que nous étions ensemble. Mais lorsque j’étais avec lui, lorsque j’étais dans ses bras, je savais que je faisais le bon choix. Pour moi aussi ça avait été une évidence, Raphaël était à moi.

     

     

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    CHAPITRE 14





    L’été allait s’achever et j’avais repris le chemin des cours. Je trouvais ça rébarbatif mais je devais continuer, je n’avais pas le choix.

    Reprendre les cours sans Ashley à mes côtés n’avait pas été si simple au début. Bien sûr les premiers jours tout le monde compatissaient à ma peine et venaient me voir pour me demander comment j’allais. Je leur répondais poliment mais je n’avais pas envie de me rapprocher d’eux pour autant.

    J’avais décidé d’être seule bien que de temps en temps j’allais boire un verre avec les amis d’Ashley. Ce n’était pas pareil et pourtant pour eux le cours de leur vie reprenait comme si il ne s’était rien passé. C’est sûr que les rumeurs allaient bon train sur la mort de mon amie. Et plusieurs fois le mot vampire a été dit mais sans grande conviction et plutôt sous forme de groupe satanique qui voulait se faire passer pour des suceurs de sang.

    J’attendais avec impatience la fin de mes cours pour aller rejoindre Raphaël chez lui. J’avais mon pass maintenant et je pouvais aller et venir comme je le voulais. Je ne sais pas pourquoi mais à chaque fois je faisais un max de bruit pour ne pas avoir la surprise de le surprendre en train de se nourrir. Quelque part je pense qu’il m’en était reconnaissant.

    Nous passions la plupart du temps dans la chambre, tellement amoureux que nous ressentions le besoin de nous unir en un seul corps dès que nous nous retrouvions. Je pensais à mon état d’esprit il y a encore quelques mois lorsqu’Ashley se moquait de moi sur le fait que j’étais encore vierge.

    Mes weekends je les passais chez Raphaël. Mes parents avaient pris l’habitude de voir mon petit ami et ils avaient acceptés que je passe plus de temps avec lui plutôt qu’avec eux. J’étais fier de lui, il avait fait énormément d’efforts pour qu’à leurs yeux il paraisse tout à fait normal.

    Un matin je me suis réveillée, il n’était plus à mes côtés. Je me redressais brusquement car la plupart du temps si il se levait avant moi j’avais quand même le droit à quelques baisers ici et là qui me réveillait légèrement alors qu’il me disait de me reposer encore un peu. Je tendais l’oreille il n’y avait aucun bruit. Je trouvais ça bizarre car la plupart du temps j’entendais de la musique. Je suis sortie pour me diriger vers le salon et plus j’approchais plus j’entendais des voix.

    Je ne savais pas si je devais m’annoncer ou bien repartir dans la chambre.

    J’hésitais lorsque la voix de Calum a prononcé mon prénom. On parlait de moi ? Je sais que ce n’est pas bien d’écouter aux portes et encore moins lorsqu’il s’agit de vampires qui peuvent perdre le contrôle d’un moment où un autre.

    - Tu comptes lui dire quand ? disait Kéryan le batteur du groupe.

    - Laissez-moi tranquille. Vous ne voyez pas que je suis heureux, pourquoi jeter des pierres dans ce qui pour moi est parfait.

    - Parfait pour le moment. Elle est en danger. Tu le sais très bien. Je suis sûr qu’ils savent pour vous deux. Tu ne veux pas que ça recommence encore une fois. Je pense à nous tous en te mettant en garde. Je ne sais pas ce qui s’est passé la première fois, tu n’en as jamais parlé et puis aucun de nous étions transformés ni même nés mais je ne veux pas perdre ce que j’ai en ce moment pour une humaine aussi sympathique qu’elle puisse être.

    - Vous ne comprenez pas ! Vous n’avez pas encore connu cette forme d’amour. J’ai eu le plaisir de le vivre une fois et la fin a été tragique pour celle que j’aimais mais cette fois-ci je sais qui je dois combattre et je la protégerais. Je sais que je peux y arriver, elle est tout ce que j’ai voulu.

    - Tu ne peux pas avoir une vie normale, avec femme et enfants et pourquoi pas un chien pendant que tu y es. Il va falloir que tu tournes la page pour sa sécurité, pour sa vie. Si tu l’aimes vraiment tu sais que j’ai raison.

    - Non ! Il y a une solution !

    - Comme tu veux mec, on t’aura prévenu. Mais ton esprit est si embrouillé que tu n’as même pas pris conscience qu’on nous espionnait en ce moment même.

    La vache ! Ils m’avaient repéré. Je n’ai pas eu le temps de retourner en courant dans la chambre que Raphaël m’avait déjà rattrapé et me bloquait le passage.

    Ses yeux étaient d’une telle noirceur que j’en avais le souffle coupé. Mon cœur battait vite et mes mots restaient au fond de ma gorge.

    J’entendais plus loin la porte de l’entrée claquer me confirmant que j’étais seule avec Raphaël.

    Je le fixais moi aussi attendant la moindre de ses réactions. Il ne se calmait pas mais me laissait passer pour que je puisse entrer dans la pièce. J’étais en colère, je savais qu’il le ressentait. Mais j’avais peur aussi. Peur de ce que j’avais entendu. Je ne savais pas de quoi il s’agissait sauf que ça voulait dire qu’il me faudrait dire adieu à cet amour si parfait, trop parfait peut-être, j’aurais dû m’y préparer.

    Je préparais mes affaires. Je voulais rentrer chez moi. Je ne savais pas si j’étais prête à entendre ce qu’il avait à me dire.

    Il s’est approché de moi, son visage n’avait pas encore repris son calme et ses yeux étaient toujours aussi sombres. Je reculais machinalement jusqu’à ce que je me retrouve une fois de plus coincée entre le mur et lui. Mais cette fois-ci ce n’était pas pour les mêmes raisons. Je respirais fort et je sentais la soif. La soif ? La soif de quoi ? Et puis j’ai eu comme un flash je ressentais les envies de Raphaël. Je voyais exactement ce qu’il avait en tête. Et pour l’instant il avait envie de moi encore plus fort qu’à son habitude mais en même temps il avait envie de se nourrir de mon sang. Je frémissais et la peur me gagnait.

    Je savais que je ne pourrais pas me sauver. Même si je criais personne ne viendrait à mon secours et je ne courais pas assez vite pour lui échapper.

    Mais étrangement j’avais envie de goûter à cet amour plus violent, plus bestial et c’est sans doute ça qui me faisait si peur.

    Nos regards ne se lâchaient pas. Il était là devant moi, m’empêchant de partir. Enfin pas exactement, ses bras m’encadraient alors que ses mains étaient posées sur le mur. Je n’ai pas compris ce qui m’a tenté à ce moment là. J’ai posé mes mains de chaque côté de ses tempes plongeant mes doigts dans ses cheveux soyeux et noirs. Mes lèvres se sont jetées littéralement sur les siennes alors qu’il baissait la garde et me prenait dans ses bras.

    Je l’ai poussé vers le lit essayant de prendre le contrôle. Il me regardait avec envie alors qu’il était allongé sur le dos sur la couette moelleuse.

    Je me déshabillais rapidement ce qui fut très facile puisque je n’avais qu’un haut léger et une petite culotte.

    Son regard était toujours noir mais il brillait d’une lueur que je ne lui connaissais pas. Je défaisais à la hâte la ceinture de son pantalon et le retirait avec plus de facilité que je ne le pensais. Heureusement pour moi il était torse nu. Je me dirigeais avec envie vers son corps. Je crois qu’avec Raphaël j’avais acquis plus d’expérience que n’importe quelle femme en un temps record. je me suis mise à califourchon sur lui. J’ai fait en sorte que ça se passe en douceur pour commencer mais mon corps ondulait dans une danse endiablée me faisant monter mon désir par des gémissements de plus en plus soutenus. Il s’est redressé embrassant avidement mes seins.

    Je voulais qu’il me regarde et c’est à ce moment là que j’ai vu ses crocs, laissant apparaître sa soif. Je savais ce qu’il désirait, je l’avais senti depuis le début. Je me penchais vers lui, poussant mes cheveux sur le côté afin de lui présenter mon cou. Il n’a pas eu le temps de réfléchir, j’ai senti ses crocs s’enfoncer dans ma chair suivi par un effet de sucions qui nous a emporter comme jamais. L’extase à l’état pure, c’est ce qu’il avait dit et il avait raison.

    Malheureusement pour moi, la chaleur qui emplissait mon cœur a été très vite refroidit. Je me suis retrouvée allongée sur le lit rapidement et brusquement et me suis rendue compte que Raphaël avait disparu de la chambre.

    J’ai enfoui ma tête dans l’oreiller pleurant mon amour perdu. Oui c’est ce que je ressentais à ce moment là, un énorme vide, un abandon.

     

     

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    CHAPITRE 15




    J’ai attendu toute la journée mais il n’est pas rentré. Qu’est-ce qui c’était passé ? Etait-ce de ma faute ? Je n’aurais pas dû le laisser boire mon sang, c’est ça qui avait déclenché sa fuite. Pourquoi étais-je aussi conne ?

    Et pourtant je n’avais jamais rien connu de tel ! Je touchais l’endroit où ses crocs s’étaient enfoncés. Rien que ce geste me donnait encore des frissons. Et puis il y avait cette histoire, celle que j’avais entendue. Je n’avais pas eu le temps de lui poser des questions. Tout ce que je savais c’est qu’il était en colère après moi lorsqu’il a su que j’étais derrière la porte.

    Je n’arrêtais pas d’envoyer des sms et d’essayer de le joindre sur son portable mais rien. Toujours cette boite vocale à mon oreille. Je n’arrivais pas à me calmer faisant les cent pas dans cette maison vide et silencieuse.

    Je ne voulais pas dormir dans la chambre alors je me suis installée sur le canapé avec une couverture. Je zappais sans grande conviction, rien ne m’emballais. J’ai trouvé sur le meuble le dvd du dernier concert à Berlin. Je voulais le voir, entendre sa voix.

    Il était magnifique sur scène, je ne me lassais pas de le regarder, jusqu’à ce que je finisse par m’endormir.

    A mon réveil je me suis précipitée dans la chambre, elle était vide. Complètement vide. Les armoires étaient ouvertes, ses vêtements avaient disparus.

    Je m’écroulais au sol pleurant à chaudes larmes.

    Il m’avait quitté et je ne comprenais pas pourquoi.

    Je rassemblais mes affaires et prenais mon sac pour me diriger vers la porte d’entrée. Je m’arrêtais pour prendre le dvd et le mettre dans mon sac avant de déposer sur la table de salon mon pass. Je n’en aurais plus jamais besoin. Je regardais encore une fois la pièce avant de sortir le cœur brisé.

    Je n’avais pas fait deux mètres que j’étais entourée de plusieurs personnes. Je reculais machinalement mais mon dos est entré en contact avec quelque chose, enfin quelqu’un. Je n’osais pas me retourner.

    Je savais à qui j’avais à faire, j’avais appris à les reconnaitre. C’était des vampires ! Ils étaient six autour de moi, me fixant mais disant aucun mot. Puis une voix a retenti quelques mètres plus loin leur demandant de s’écarter.

    Un homme d’une quarantaine d’années s’avançait d’un pas léger et mondain vers moi. Il avait un costume gris qui visiblement devait couter très cher.

    - Bonjour ! me dit-il.

    - Bonjour, lui répondis-je peu rassurée.

    - Tu dois être le nouveau pot de miel de Raphaël ? me demanda-t-il en regardant mon cou.

    Mince j’avais oublié de mettre un foulard.

    - Non, répondis-je sèchement. Si vous voulez voir Raphaël il n’est pas là et je ne sais pas quand il réapparaitra. Excusez-moi mais je suis pressée.

    - Et bien ça attendra. Emmenez-la dans l’antre tout de suite.

    Je n’ai pas eu le temps de m’enfuir, on m’emportait déjà. Allais-je subir le même sort qu’Ashley ?

    On m’engouffrait de force dans un véhicule sombre aux vitres fumées. Je ne pouvais pas m’enfuir à cause des deux molosses qui m’encadraient me laissant peu de place pour respirer d’ailleurs.

    La peur était là, bien présente. Je n’allais plus revoir mes parents et je sentais mes larmes sur mes joues. J’avais essayé d’être forte et arrogante mais en faite je n’étais qu’une toute petite humaine insignifiante qui avait aimé un être hors du commun. On m’emmenait vers un lieu inconnu où l’on allait probablement me tuer, me vider de mon sang et me jeter quelque part comme un vulgaire déchet. Mais bizarrement je ne regrettais rien enfin je ne regrettais pas d’avoir rencontré Raphaël. J’avais connu l’amour, le véritable amour et sur ce plan je me sentais chanceuse. Je jurais silencieusement que lors de mon dernier souffle c’est à lui que je penserais.

    Un de mes deux gardes du corps me regardait avec envie et prenait régulièrement mes cheveux pour les respirer et se lécher les babines comme si j’étais une friandise. Je me sentais prise dans un étau et je n’aimais pas ça.

    Je regardais devant moi essayant de me repérer. Je me demandais où ils pouvaient m’emmener mais nous étions déjà sortis de la ville et je n’arrivais pas à me repérer. Je ne connaissais rien des environs, juste quelques endroits à Londres. J’étais déprimée et quelque peu désorientée.

    Comment me réjouir de ce moment alors que j’allais mourir.

    Nous étions dans la voiture depuis un moment déjà et il faisait nuit.

    J’avais faim mais personne ne s’est soucié de moi de toute la journée. Nous nous sommes juste arrêtés une fois pour faire le plein. Je n’avais pas osé leur demander une bouteille d’eau ou même un paquet de gâteau. De toute façon à quoi cela aurait-il servi ? Au moins je serais faible lorsqu’ils se nourriront de mon sang et peut-être que la mort viendrait plus vite.

    Je commençais à tomber de sommeil mais j’essayais de résister. Je voulais savoir où l’on m’emmenait et pourquoi l’homme avait dit de me conduire dans l’antre. Ça faisait un peu film d’horreur genre l’antre de la bête. La bête c’étaient les vampires bien entendu, du moins j’en venais à cette conclusion.

    J’essayais aussi de me souvenir de la conversation que j’avais entendu dans la maison de Raphaël. Calum ou Kéryan lui avait dit qu’ils devaient être au courant pour lui et moi. Que c’était dangereux, que j’étais en danger. Je n’y comprenais rien. Etait-ce les vampires dont ils parlaient qui m’avaient kidnappé ?

    Je n’avais pas le temps de réfléchir plus longtemps car la voiture venait de s’arrêter devant une énorme grille qui s’ouvrait devant nous très lentement laissant apparaitre une bâtisse avec ici et là des lumières dans les pièces du ré de chaussée.

    Il faisait nuit noir et c’est tout ce que je voyais malheureusement.

    On m’a tiré à l’extérieur et on me tenait fermement le bras jusqu’à l’intérieur. L’homme qui me tenait me faisait mal mais je n’osais pas me plaindre et encore moins leur faire le plaisir de gémir.

    De toute façon je ne pouvais rien tenter ni même m’échapper dans un endroit clos en plein milieu de la nuit et surtout entouré de vampires qui couraient plus vite que n’importe quel être existant sur Terre.

    On me conduisait dans une pièce éclairée par le feu de la cheminée. Si je ne m’avais pas senti si en danger j’aurais peut-être apprécié l’endroit bien que très vieillot côté déco. Les murs étaient de pierres apparentes, les fenêtres étaient telles que l’on pouvait se les imaginer dans un château. Mais oui j’étais bel et bien dans un château. Je frissonnais ça me faisait penser à un vieux film en noir et blanc sur le comte Dracula. Je regardais déjà vers la porte m’attendant à voir apparaitre un homme avec des crocs apparents et une cape noire, les cheveux gominés et peignés vers l’arrière.

    Je frottais mon bras qui me faisait encore mal et me dirigeais vers la porte d’où je venais. J’essayais de l’ouvrir, elle était comme je me l’imaginais fermée. J’étais faible et fatiguée, tellement fatiguée que je suis allée m’assoir sur un haut fauteuil près de la cheminée.

    Je ne sais pas combien de temps j’avais dormi lorsqu’une voix me tira de mon sommeil.

    - Réveillez-vous ! Nous avons à parler ! me dit l’homme en costume gris.

    - Je n’ai pas envie de vous parler, je veux que vous me rameniez chez moi, dis-je consciente que je parlais pour ne rien dire mais il fallait que je le fasse.

    - Oh…. Même aussi faible vous voulez vous révolter. Intéressant mais complètement inutile.

    - Qu’est-ce que vous me voulez ?

    - Vous bien sûr. Je vous veux jeune demoiselle.

    - Je n’appartiens à personne et plutôt mourir que de vous appartenir.

    - Mais je ne te laisse pas le choix. Tu subiras très bientôt le pouvoir de l’iris et donc tu seras mienne. Je disposerais comme bon me semble de ton sang mais aussi de ton corps.

    Je frissonnais à ces paroles. Non ! Je ne voulais pas que cet homme me touche. Je pourrais encore supporter qu’il se nourrisse mais pas qu’il pose ses sales pattes sur mon corps.

    - Je me suis trompé une fois de personne mais cette fois-ci je sais que j’ai trouvé l’âme pure que mon fils aime.

    - Votre fils ? n’osant demander si c’était de Raphaël qu’il parlait.

    - Oui. Raphaël est mon fils. Pas comme vous pouvez le concevoir vous les humains, je suis celui qui a donné l’immortalité à ce garçon.

    - Et en quoi cela me concerne ?

    - Il t’aime. Et je ne pourrais le tolérer. Il n’y a que son maitre qui a le droit à l’amour pas ses serviteurs.

    - Vous vous trompez il ne m’aime pas. Il a quitté ma vie il y a quelques jours vous avez un métro de retard sur ce coup là !

    - Je ne crois pas non ! Et puis nous allons voir si c’est toi qui a raison ou si c’est moi. J’ai fait passer le message que tu étais ma prisonnière. Nous verrons bien s’il te laisse à ton sort ou bien s’il vient à ton secours. Bien qu’inutile pour cela également puisqu’il n’a aucune autorité en ce qui me concerne. Nous n’avons plus qu’à attendre. Oh ! Et comme je veux te garder en vie je vais te faire apporter un plateau de nourriture.

    - Vous avez dit tout à l’heure que vous vous étiez trompée de personne. Ne me dites pas que c’est vous qui avez tué mon amie Ashley ?

    - Alors c’est comme ça qu’elle s’appelait. Je l’ai vu avec le groupe et Raphaël lui a fait quelques suggestions donc j’ai supposé que c’était elle l’élue. Mais elle sentait l’odeur de ce Calum et j’ai tout de suite su que nous nous étions trompés alors j’ai décidé que ce serait un message intéressant pour Raphaël. Et ça a marché à merveille. Il s’est rapproché de toi pour te protéger n’est-ce pas ? Je vous ai fait surveiller et nous avons attendu que tu sois vulnérable pour te prendre à lui.

    - Vous êtes un beau fumier ! Elle était innocente, vous comprenez ! Vous n’aviez pas à la tuer, criais-je en pleurs.

    - Vous les humains vous êtes beaucoup trop sentimentaux ce qui vous rend pathétique et agréablement vulnérables. Mais jeune fille c’est la dernière fois que vous élèverez la voix sur moi, sinon je me ferais un plaisir d’abimer ce si jolie minois. N’ayez crainte ça ne m’empêchera pas de profiter de vous, même défigurée. Ai-je été clair ?

    - Oui. Très clair.

    Un coup à la porte me faisait frissonner et une femme est apparue avec un plateau.

    - Pose-le sur la table Abbigail. Et retire-toi pour la nuit.

    - Merci maitre ! dit-elle en se courbant devant lui.

    Puis sans un mot il se retirait à son tour me laissant encore une fois seule dans cette grande pièce.

    Je n’arrivais pas à croire à ce que m’avait dit cet odieux vampire. Il était celui qui avait transformé Raphaël en ce qu’il était, un vampire. Il était celui qui avait tué Ashley, Raphaël le savait. Pourquoi ne me l’a-t-il pas dit ? Je comprenais maintenant pourquoi il avait été si protecteur alors que je croyais qu’il m’aimait sincérement et pourtant il m’a laissé seule et vulnérable sachant certainement que ça allait courir à ma perte. J’espérais sincérement qu’il ne vienne jamais. Je ne voulais pas voir son dédain en m’apercevant. Je voulais garder son souvenir intact jusqu’à ce que l’on m’enlève de ma mémoire tous mes souvenirs, tous ce qui fait de moi un être humain et non un zombie sans âme.

    Je me suis approchée du plateau. Il contenait des fruits, du pain, de la confiture et du jus d’orange. Mais je ne voulais pas y toucher. Je ne prendrais pas le risque de goûter ce qui pourrait me conduire à ma perte en ingurgitant de la drogue.

    Je retournais me recroqueviller dans le fauteuil près de la cheminée attendant que le sort s’acharne sur moi.

     

     

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    iris
     
     
     
    CHAPITRE 16




    Le soleil qui se répandait dans la pièce me faisait mal aux yeux alors qu’ils étaient encore fermés. Je m’étirais et ouvrait un œil constatant la dure réalité, je n’avais pas rêvé. J’étais bien dans un château au milieu de nulle part avec des vampires dont un qui voulait me posséder.

    Je me tournais regardant autour de moi un plus intensément que la veille.

    Il y avait deux portes qui j’en étais sûre étaient verrouillées. Je me suis levée et je me suis dirigée vers les grandes fenêtres à petits carreaux pour essayer de savoir où je me trouvais. A l’extérieur du vert partout, une étrange sensation de déjà vu. Mouis peut-être l’Irlande ou l’Ecosse mais vu que j’étais dans un château je pencherais plus sur l’Ecosse.

    Mes parents devaient s’inquiéter. Ils avaient sans doute appeler la police.
    Ils étaient à ma recherche et donc à la recherche de Raphaël par la même occasion puisque mes parents étaient au courant de ma relation avec lui.

    J’étais seule dans ce monde hostile. Je me permettais à penser à l’amour que j’avais perdu. En fait je n’aurais voulu aucun autre homme que lui. Je pensais à la chaleur qui m’entourait lorsqu’il était à proximité ou qu’il pensait à moi. Mais depuis qu’il était partie aucune sensation, rien. Que des souvenirs de nos soirées, de nos nuits. Tous ces instants où j’ai cru qu’il m’aimait, tous ces instants où j’avais été si heureuse, si comblée.

    Je lui en voulais maintenant d’être parti sans aucune explication, ni même une lettre. Il était sorti de ma vie comme il en était entré. Allait-il venir ? Quelque part je le souhaitais mais de l’autre non. Toujours ces mêmes questions qui envahissaient mon esprit.

    Je voulais m’enfuir d’ici. Je voulais revoir mes parents, revoir une dernière fois Raphaël….

    La porte de la pièce s’est ouverte et je me suis retournée brusquement regardant autour de moi ce qui pourrait me servir d’arme si on s’approchait trop près de moi. A ma droite une petite statuette qui ferait peut-être l’affaire.

    Ce n’était qu’Abigail, celle qui m’avait apporté le plateau.

    - Bonjour, lui dis-je essayant de paraitre sûre de moi.

    - Bonjour, me dit-elle sans un regard d’une voix monotone.

    - Est-ce que vous savez ce qui va m’arriver ?

    - Vous allez servir le maitre.

    - Et si je ne veux pas.

    - Le maitre est bon.

    Je m’approchais de la jeune femme. Elle ressemblait à un automate sans vie et surtout sans âme. Je reculais en prenant conscience de ce qui pouvait m’attendre. Mon dieu non ! Je vais devenir comme elle, je n’aurais plus aucun souvenir de ma vie passée, il va faire en sorte que je le serve jusqu’à la fin de mes jours. La peur m’envahissait et mon cœur battait de plus en plus fort.

    Je regardais Abigail reprendre le plateau sans un mot, et fermer derrière elle la lourde porte qui m’emmènerait vers la liberté ou la soumission.

    Je n’avais pas eu le temps de m’apitoyer sur mon compte qu’une toux s’élevait derrière moi. L’homme en costume gris se tenait dans la pièce alors que je ne l’avais pas vu ni entendu entrer.

    - Bonjour Léna !

    - Qu’est-ce que vous voulez ? Vous voyez bien que votre « fils » n’est pas là donc tout votre stratagème ne sert plus à rien. Je vous demande, non je vous supplie de me laisser partir. Je ne suis pas celle que vous pensez. D’ailleurs je ne comprends rien à votre histoire. Je ne sais pas pourquoi je suis là et pourquoi vous faites ça à Raphaël.

    - Tu t’inquiètes pour lui n’est-ce pas ? me dit-il d’une voix mielleuse.

    - Non ! Je suis juste curieuse.

    - Je sais qui tu es Léna. Je sais beaucoup de choses, plus que ce que les gens pensent. Tu veux vraiment savoir de quoi il s’agit ?

    - Oui. Si je dois mourir ou … je préfère savoir pourquoi même si c’est la dernière chose que j’aurais apprise.

    - Tu es plus sereine sur ton sort que je ne le pensais.

    - Je vais être franche, je suis morte de peur. Vous êtes content, c’est ce que vous vouliez ?

    - Si tu savais comme je me moque de ta petite personne. Je veux juste donner une leçon à Raphaël.

    - Mais pourquoi ? Que vous a-t-il fait ?

    - Il a connu l’amour et moi non. Tu comprends je suis son créateur et il n’a pas à me surpasser en quoi que ce soit. Il doit toujours m’être soumis.

    - En quoi est-ce mal de connaitre l’amour ?

    - Le pouvoir jeune Léna. Le pouvoir du sang. Si un vampire et un humain mélange leur sang, c’est à dire si l’un et l’autre boivent respectivement leur sang et bien un lien magique et indestructible les uni. Un lien qui remplacera celui que le vampire a avec son créateur.

    - C’est ça ! Vous ne voulez pas perdre Raphaël, vous le voulez encore à votre merci.

    - Bien sûr. Tu te crois tellement irrésistible qu’il me faut t’avoir comme maitresse et servante ? Tu te fais des illusions ma petite, j’ai de bien plus belle pouliche dans ma demeure.

    - Ça tombe bien je ne veux pas vous appartenir alors laissez moi partir.

    - Non ! Encore une fois tu te berces d’illusions et puis je venais t’annoncer que Raphaël est en chemin. Abigail te préparera pour ce soir, j’organise une grande fête et je suis curieux de voir vos réactions.

    - Et si je ne veux pas y assister ?

    - Tu n’as pas le choix, tu seras en première ligne d’ailleurs et tu auras le privilège d’avoir la plus belle vue de la soirée.

    Je n’avais pas eu le temps de répliquer qu’il avait déjà disparu. Je m’écroulais sur le parquet afin de me calmer. J’avais fait preuve de courage me semblait-il mais maintenant je tremblais de partout et j’avais du mal à retrouver une respiration régulière.

    Raphaël était en chemin. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Venait-il pour me sauver ou pour montrer à son maitre qu’il était obéissant ? Comment je vais faire pour le regarder en face maintenant qu’il m’a laissé tomber ?

    Je restais là pendant des heures sans voir personne. La fin de la journée approchait et le temps m’avait paru interminable. Enfin la porte s’est ouverte sur Abigail suivie de deux autres jeunes femmes plus jolies les unes que les autres. Mais en les regardant bien elles avaient la même expression sur leur visage, enfin elle n’avait plus aucune expression, ni joie, ni tristesse, rien. Pour elles aussi leurs âmes avaient disparues.

    Elles ont tourné autour de moi, me déshabillant, me lavant, m’enfilant une robe d’outre-temps, oui une qui allait avec ce château comme dans les anciennes histoires d’Ecosse. J’avais l’impression de remonter le temps de quelques siècles et j’aurais apprécié ce moment si je n’avais pas su ce qui m’attendait dans le futur. Elles finirent par me faire une de ces coiffures sophistiquées et tenues par d’innombrables pinces.

    Elles n’ont pas dit un seul mot pendant tout le temps des préparatifs. Mon cerveau ne s’en préoccupait pas, il était en ébullition, cherchant un moyen de profiter de la situation pour m’échapper. Il fallait que je sois vigilante et sur le qui-vive pour sauter sur la moindre occasion si elle se présentait.

    Je me demandais si il aurait des humains enfin des êtres tout à fait normaux à cette soirée afin que je puisse au moins faire passer un message. Bref je passais en revue toutes mes possibilités.

    Enfin deux hommes sont venus me chercher, deux vampires à toute évidence. Chacun me tenait fermement de chaque côté et m’ont emmené dans la grande pièce éclairée où tout le monde s’affairait aux préparations afin que tout soit parfait.

    Puis au fond de la pièce j’ai vu un énorme siège de velours rouge, on aurait dit le trône d’un souverain. Et en fait c’est ce que l’homme en gris devait être dans la société vampirique. A côté quelque chose qui me fit m’arrêter brusquement, une cage dorée. Les deux hommes m’ont poussé à l’intérieur avant de fermer la porte à clef. Puis ils ont soulevé la cage me laissant tanguer au dessus de la salle. On me traitait comme un animal et la seule chose à laquelle je pensais c’était que je n’avais plus aucune chance de m’échapper.

    Mes larmes ont coulés longtemps le long de mes joues mais je ne leur montrais pas. J’étais recroquevillées mes bras se joignant sous mes jambes alors que ma tête était posée sur mes genoux.

     

     

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    CHAPITRE 17




    Je n’osais pas regarder ce qui se passait dans la salle et pourtant je savais que la fête allait débuter d’un instant à l’autre. J’entendais le brouhaha des voix qui me parvenait du haut de mon perchoir.

    La musique était en fond, douce et mélodieuse. Puis elle s’est arrêtée et la voix de l’homme en costume gris a percé le silence.

    - Bonjour mes amis, mes frères, mes enfants. Encore une fois je vous remercie pour votre fidélité et votre loyauté envers moi et mon royaume.

    J’étais écœurée, son royaume. Il se prenait pour qui ? Mais en fait qu’est-ce que je savais du monde des vampires ? Il y avait certainement une hiérarchie autre que le fait des liens qui unissaient le créateur à sa progéniture. Je me disais que j’aurais dû me renseigner, je n’avais vraiment pas été curieuse sur le sujet. Si je pouvais revenir en arrière je poserais des questions à Raphaël.

    Raphaël ! Rien que son nom me faisait frémir d’une étrange douleur.
    Etait-il déjà là ? Savait-il que j’étais enfermée dans cette cage ?
    Certainement oui car jusqu’à présent il avait toujours senti ma présence.

    Le discours continuait faisant le bilan de je ne sais quelle situation dans un monde qui m’était inconnu. Puis la musique reprit alors qu’il souhaitait à tout le monde de passer une bonne soirée.

    Je n’osais pas remuer sachant que la cage bougerait également et me donnerait très certainement la nausée. Je n’avais jamais aimé les manèges alors me retrouver dans un endroit instable à plusieurs mètres au dessus du sol m’effrayait au plus haut point.

    Mais alors que j’avais décidé de ne pas me montrer afin de passer inaperçue j’ai senti cette chaleur m’envahir, m’envelopper, ce sentiment qui m’avait tant manqué. Je me suis mise debout doucement et me tenant aux barreaux j’ai scruté la salle à la recherche de celui que je désirais voir. Je l’ai repéré au fond près du buffet, il regardait autour de lui, il cherchait quelque chose. Puis j’ai vu Calum lui serrer l’épaule et me montrer du doigt, nos regards se sont croisés enfin et j’ai ressenti toute la douleur qu’il avait en lui. Ses yeux étaient à la fois apeurés et en colère.
    J’aurais pu rester ainsi si un rire n’avait pas surgit à ce moment.

    Je regardais en dessous de moi. L’homme au costume gris avait vu la scène et il s’amusait beaucoup de la situation. Il fit signe à Raphaël pour qu’il vienne le rejoindre. C’est ce qu’il a fait alors qu’il ne me regardait plus. Mais la chaleur qui entourait mon corps était toujours présente, m’enveloppant afin de me rassurer.

    Tout le reste de la soirée Raphaël était assis à côté de son créateur et moi au-dessus d’eux ne sachant comment réagir. Pas un seul instant il n’a tourné son regard vers moi. Pas un seul instant il n’a dit un mot. Ils étaient là tous les deux regardant la foule se trémousser au son de la musique. Puis l’homme au costume gris a claqué des doigts et des femmes vêtues de bouts de tissus transparents comme on pouvait se les imaginer dans les harems d’un émir se sont installées à ses pieds.

    Il en a pris une par les cheveux afin qu’elle vienne un peu plus près et d’un seul mouvement il a enfoncé ses crocs dans son cou, se délectant d’un met succulent. Puis il l’a jeté à ses pieds la laissant reprendre sa place à côté des autres. Il en a choisit une autre qu’il a montré à Raphaël et qui s’en un regard vers moi s’est lui aussi nourrit à son cou.

    J’étais désespérée et j’aurais voulu crier ma colère mais aucun son ne sortait de ma bouche, juste des larmes encore une fois. Je m’agrippais au niveau de mon ventre, je serrais le tissus de la robe jusqu’à ce que mes doigts blanchissent. Je souffrais de tout mon cœur de toute mon âme de ce que je voyais mais c’est alors qu’une chose incroyable est arrivée. Raphaël s’est mis à vomir, ses mains se crispaient au niveau du ventre, au même endroit que moi d’ailleurs. Il était à quatre pattes sur le sol et avait l’air de souffrir.

    Calum et les autres membres du groupe sont venus l’aider mais ils ont été stoppés net par l’homme qui se trouvait sur son grand siège rouge.

    Je serrais maintenant les barreaux de la cage et je regardais Raphaël tousser et essayer de se relever.

    Le silence était dans la pièce, il n’y avait plus la musique et tous les regards étaient tournés vers la scène qui se passaient sous leurs yeux. Certains avaient le regard brillant et moqueur, d’autres avaient le regard indifférents, et enfin il y avait ceux qui étaient si étonnés par ce qu’ils avaient sous les yeux.

    Je m’inquiétais pour l’homme que j’aimais. Car oui il m’avait laissé mais je l’aimais encore. Enfin il s’est levé et a essuyé d’un revers de la main le sang qui coulait le long de sa bouche. Calum m’a regardé d’un air désespéré. Qu’est-ce qu’il se passait ? Que lui était-il arrivé ? Est-ce que son créateur l’avait empoisonné ?

    L’homme au costume gris s’est levé.

    - Mes amis. Continuez à vous amuser. Je dois me retirer avec mon « fils ».

    Il a fait signe aux deux vampires qui étaient venus me chercher et ils se sont dirigés vers moi afin de me faire descendre de mon perchoir. Ils ont ouvert la cage et j’ai voulu me précipiter vers Raphaël mais c’était sans compter les sbires de monsieur le roi du château pour m’en empêcher. J’ai voulu me débattre mais la chaleur m’a enveloppé me calmant instantanément.

    Suivaient derrière moi l’homme au costume gris suivi de Raphaël.

    Nous nous sommes tous retrouvés dans une pièce, un mélange de bibliothèque et de bureau. Une odeur âcre se dégageait et me faisait grimacer. J’avais moi aussi envie de vomir mais rien ne sortait vu que je n’avais pas mangé depuis un certain temps. J’avais juste des nausées.

    - Alors Raphaël, n’as-tu rien à me dire ?

    - Non. Rien ! C’est pour m’empoisonner que tu m’as fait venir ici Hector ?

    - Non c’est juste pour avoir une confirmation.

    - Et je peux savoir laquelle ?

    - Son sang ! dit-il en me montrant du doigt.

    - Je ne comprends pas.

    - Oh si tu comprends très bien ce que je veux dire. Tu as certainement entendu parler de cette légende.

    - Quelle légende ? demandais-je soudain.

    Hector, dont je venais d’apprendre son nom, me frappait du revers de la main me faisant tomber lourdement.

    Raphaël s’est écroulé en même temps que moi. Je le regardais ahuri ne comprenant pas ce qui se passait. J’avais mal et je me tenais la joue qui me chauffait inévitablement.

    - Toi, femme, tu n’as pas le droit à la parole, et se tournant vers Raphaël, tu ne vois pas de quoi je parle et pourtant tu dois sentir ce changement en toi. Comment as-tu trouvé cette humaine ? Explique-moi !

    Raphaël s’est redressé, se tenant non loin de moi. J’avais envie de le toucher, de me blottir dans ses bras mais je le sentais distant et froid.

    Il a raconté notre histoire sans entrer dans les détails de notre intimité.

    Il lui a expliqué les sentiments qui s’étaient bousculés lorsqu’il m’a vu la première fois et qui l’avaient bouleversé le poussant à me connaitre.

    Puis j’ai enfin eu l’explication de sa disparition le matin où il avait bu mon sang. Mais ce n’était pas ce que j’aurais voulu. Il disait qu’il avait compris qu’il ne voulait plus cette vie là, qu’il voulait retrouver sa liberté et son goût pour la chasse et la luxure. Je venais de recevoir une autre claque et celle-ci me faisait beaucoup plus mal que la première, mon cœur s’était brisé en mille morceaux et je sentais le vide qui se trouvait à sa place. J’écarquillais les yeux car Raphaël avait l’air de souffrir et sa main était posée au niveau de son cœur.

    - Tu veux jouer encore longtemps les imbéciles ou bien tu ne comprends vraiment pas ce qui t’arrive ? Ressent-elle aussi tes humeurs, tes sentiments les plus intimes ?

    Je savais qu’il parlait de la chaleur qui m’envahissait lorsqu’il pensait à moi. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Je voulais moi aussi des explications mais je n’osais plus dire un mot de peur de me prendre encore une fois un coup.

    - Je ne sais pas, dit-il dans un souffle.

    - Je ne te crois pas. Mais peu importe je vais te libérer de son emprise et de cette malédiction. Je vais être obligé de la passer au pouvoir de l’iris pour te sortir de cette impasse. Je voulais te donner une leçon car je croyais que tu étais amoureux d’elle et que tu voulais faire avec elle le lien du sang afin de te libérer de mon emprise.

    - Je n’aurais jamais fait ça, père ! Je vous suis reconnaissant pour ce que vous voulez faire pour moi mais je ne crois pas que ce soit nécessaire. Je vais partir, m’éloigner d’elle, de son attraction. Dans quelques années elle ne sera plus un problème pour moi et je reviendrais.

    - Et si tu n’arrives pas à t’éloigner ?

    - Alors vous pourrez faire ce que vous vouliez au départ. La soumettre à votre pouvoir ou la tuer.

    Je n’arrivais pas à croire à ses paroles. Mes larmes étaient encore là, d’ailleurs depuis le temps que je pleurais je me demandais comment je pouvais y arriver encore. Il ne m’aimait pas ! Voilà ce que je retenais et ma souffrance était si forte que je voyais Raphaël tituber légèrement serrant ses poings contre son corps.

    - Est-ce que je peux partir maintenant ? demanda-t-il.

    - Tu ne veux pas lui dire adieu ? répondit Hector avec un sourire.

    - Non, pourquoi ? Elle a gâché ma vie et m’oblige à partir loin d’ici donc je n’ai rien à lui dire.

    - Et pourtant tu choisis pour elle la liberté.

    - Oui. C’est juste pour la remercier des bons moments que j’ai passé en sa compagnie. Elle a été une bonne distraction. Puis-je compter sur vous pour la ramener chez elle ?

    - C’est une faveur ?

    - Oui.

    - Soit ! Adieu jeune demoiselle. Je suis désolé. En fait non, je ne suis pas désolé. J’espère que vous allez souffrir de cette séparation tout le reste de votre vie. Et si d’une manière ou d’une autre vous essayez de reprendre contact avec mon fils vous savez que je ne vous donnerais pas une autre chance. Je voulais juste vous dire que j’ai été stupéfait par le sang froid que vous avez eu en notre compagnie ces derniers jours. Vous avez beaucoup de caractère et beaucoup de courage.

    - Si j’avais eu du courage j’aurais essayé de vous tuer.

    - Peine perdue !

    - Oui. Mais j’aurais pris un plaisir immense à essayer.

    En riant il a fait signe à ses deux gardes du corps qui m’ont poussé vers la sortie. Cependant avant de franchir la porte je me suis retournée et j’ai enfin croisé le regard de Raphaël.

    - De mon côté je t’aimais d’un amour pur et véritable.

    Je suis partie rapidement ne m’attendant pas à avoir une réponse de celui qui m’avait fait vibrer des nuits entières. Et surtout je redoutais que son maitre ne change d’avis à mon égard.

    Le chemin de retour m’a paru très long pourtant souvent lorsque l’on rentre chez soi les trajets nous paraissent plus courts. Cette fois-ci ce n’était pas le cas. Les deux vampires me regardaient encore avec envie comme lorsqu’ils sont venus me prendre de force devant chez Raphaël.

    Ils m’ont laissé là devant la maison de mes parents. Mais là un autre choc m’attendait. Sur la pelouse un panneau « vendu » s’y trouvait. Je courais vers la maison, la porte était ouverte et je me précipitais à l’intérieur.

    La maison était vide, totalement vide. Plus rien, plus de meubles. Mes parents avaient eu aussi disparu. Je les appelais de toutes mes forces mais il n’y avait que l’écho de ma voix pour me répondre.

    Je me suis rendue à l’hôpital, là où ils étaient sensés travaillés. J’ai été reçu par le supérieur de ma mère qui n’a pas compris pourquoi je les cherchais. Je ne comprenais plus rien. Je me suis excusée et suis partie vers le centre de la ville.

    Je regardais autour de moi et j’ai vu le nom de l’agence qui était inscrit sur le panneau devant chez moi. Je suis entrée et j’ai demandé des renseignements sur la maison. Apparemment la maison s’est vendue très rapidement et mes parents sont partis le matin même de ma disparition.

    - Melle Davis ? dit une voix derrière moi.

    - Oui. Vous me connaissez ? demandais-je d’un air ahuri.

    - Je connais vos parents. Ils m’ont donné des instructions pour vous. Si vous voulez bien me suivre dans mon bureau.

    Je me laissais faire.

    - Est-ce que vous savez où ils sont ?

    - Oui bien sûr. Vous étiez en voyage c’est ça ?

    - Si on peut dire. Mais assez parlé de moi, où sont mes parents ?

    - A Los Angeles !

    - Los Angeles ? Qu’est-ce qu’ils font là-bas ?

    - On leur a fait une superbe proposition dans une nouvelle clinique et ils devaient prendre leur poste rapidement.

    - Ça n’a pas de sens, ils ne seraient jamais partis sans m’en parler avant. Je n’y comprends rien.

    - Est-ce que vous connaissez un certain Calum ?

    - Oui, lui dis-je le cœur battant. Qu’a-t-il à voir avec mes parents ?

    - Rien. Sauf qu’il m’a demandé un service.

    - Vous…

    - Si je sais ce qu’ils sont ? Bien sûr ! Ils ont besoin de nous pour certaines choses vous savez.

    - Non justement je ne sais rien, et je ne veux rien savoir. Je ne veux plus avoir à faire avec eux. Je veux savoir la vérité sur mes parents et tout de suite.

    - Ça va ! Ne vous énervez pas ! Hector a fait en sorte que vos parents oublient votre existence. Vous n’étiez pas sensé revenir.

    - Merci ça fait plaisir.

    - Comprenez-moi. Je sais ce que fait ce personnage et je ne suis pas très fier de le connaitre. Mais heureusement pour moi il n’a aucune affaire dans le coin. Mais vous avez malgré tout des amis dans le monde des vampires je me trompe ?

    - Oui vous vous trompez encore une fois. J’avais des amis, je n’en ai plus.

    - Laissez-moi terminer s’il vous plait. Donc je disais que vos parents ne savent plus qui vous êtes. Mais avant leur départ une autre personne a pu leur faire admettre de mettre de l’argent sur un compte. Voici votre carte, vos papiers d’identité, et tout ce que vous aurez besoin pour justifier qui vous êtes.

    Il me tendit une grande enveloppe épaisse que je pris en la serrant contre mon corps.

    - Vos objets personnels, vos vêtements sont à cette adresse. L’appartement en situé dans un quartier très tranquille et sécurisé. Voici votre titre de propriété.

    - Un appartement ? On a forcé mes parents à m’acheter un appartement ?

    - Non. C’est un achat de l’autre personne.

    - Je n’en veux pas alors.

    - Je vous en pris réfléchissez. Vous ne connaissez plus personne, vous êtes seule au monde. Et puis pour être franc j’ai reçu des menaces. Ils s’en prendront à moi si vous n’acceptez pas. S’il vous plait ?

    - D’accord ! dis-je d’un air las.

    - Merci, me répondit-il d’un air soulagé.

    Au bout d’un quart d’heure je quittais l’agence et me dirigeait vers l’adresse que m’indiquait le bout de papier que je tenais dans ma main.

    Je n’arrivais pas à croire à cette histoire. Il fallait que je rentre quelque part. Je voulais évacuer mon chagrin mais sans témoin cette fois-ci.

     

     

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    CHAPITRE 18



    Je longeais la rue depuis de longues minutes cherchant le numéro 356 lorsqu’enfin je m’arrêtais devant un immeuble particulier possédant à mon avis deux ou quatre appartement seulement.

    Pour entrer il fallait un numéro que je trouvais dans mon enveloppe. Je tapais le 1729 sur le petit clavier gris et froid et la porte s’est ouverte automatiquement.

    J’entrais dans le hall sans grande conviction de peur de m’être trompée d’endroit. Le hall était lumineux et je trouvais l’ascenseur rapidement. J’étais passée devant les boites aux lettres mais j’avais tout le temps de m’y intéresser plus tard. Pour l’instant le plus urgent était de me réfugier quelque part. J’avais besoin d’évacuer mon chagrin qui restait pour l’instant au fond de ma gorge.

    L’appartement était au premier étage et mon nom était inscrit sur la plaque à côté de la sonnette. Etais-je prête à franchir le seuil ? Sur le moment j’essayais de ne pas trop réfléchir. J’ai pris la clef que j’avais glissé dans ma poche. Heureusement pour moi, j’avais réussi à me changer avant de partir d’Ecosse. Je me serais fait passer pour une folle si les gens m’avaient vu débarquer en ville habillée d’une robe d’un autre temps. Je tournais deux fois le verrou et appuyais sur la poignée me laissant apercevoir mon nouveau chez moi.

    Je fermais la porte sans prendre le temps de regarder autour de moi. Je tournais le verrou deux fois et j’ai mis les clefs dans ma poche. Je soufflais un grand coup et je me suis retournée. Stupéfiant ! j’étais éblouie par tant de luxe. Si je n’avais été au pied du mur je serais repartie au plus vite. Mais voilà je n’avais plus de chez moi. Ma maison avait été vendue et mes parents ne savaient plus qu’ils avaient une fille.

    C’est là que ça m’a pris. En pensant à eux, en voyant leurs visages. Je me suis laissée glisser sur le sol et j’ai pleuré, j’ai crié, j’ai jeté ce qui me tombait sous la main. J’avais mal, très mal. Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça ? Etait-ce parce que j’étais tombée amoureuse de la mauvaise personne que je devais expier mes pêchers ?

    Non ! Je ne le croyais pas ! Je ne suis pas très croyante ! Enfin mes parents ont été tenté dans leur vie de tester plusieurs sortes de religions. Mais ils ne se sont jamais attardés assez longtemps pour que moi-même je sois la femme d’un seul dieu. En fait j’étais plutôt la femme d’un seul démon, d’un esprit du mal, non ?

    Enfin les larmes ont cessé et je me suis relevée. J’ai posé l’enveloppe sur le meuble de l’entrée et j’ai avancé pour découvrir où j’allais vivre maintenant.

    La cuisine ressemblait à celle de Raphaël. Je l’avais trouvé belle chez lui, maintenant ça me faisait penser à de mauvais souvenirs. Malgré ça il ne manquait rien, les placards étaient pleins, le frigo aussi, j’avais tous les électroménagers les plus modernes. Je m’approchais de la fenêtre et je me trouvais sur le devant de l’immeuble avec une vue discrète sur la rue.

    Derrière un petit bar se trouvait le salon/salle à manger. Cette pièce était spacieuse mais pas trop. Chaleureuse à souhait avec tout le confort. Je passais ma main le long du canapé, des meubles, du fauteuil et des meubles en bois clair.

    J’avais même le droit à une TV à écran plat d’une dimension impressionnante et d’un lecteur dvd.

    Je continuais mon exploration et prenais le couloir qui me menait très certainement vers la chambre. En fait il y en avait deux. La première était simple, lumineuse et sans vie. La deuxième me fit reculer légèrement. C’était ma chambre ! Celle que j’avais chez mes parents. Rien ne manquait. Tout était à sa place comme si on avait pris une photo avant de les emporter pour faire en sorte de tout remettre à sa place exacte.

    Sur le lit un album photo. L’album photo de ma vie. On avait pris la peine de trier les photos de mes parents ceux qui faisaient mon histoire, des photos où j’étais seule ou avec mes parents. J’étais touchée par ce geste, c’était ma vie qui se trouvait dans ce livre.

    Lorsque je l’ai pris dans mes bras, une enveloppe est tombée.

    Je l’ai pris, tremblante je l’ai ouverte. J’ai pris fébrilement la feuille qui se trouvait à l’intérieur et je me suis mise à la lire à voix haute.

     

     

     

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    J’avais enfin un début d’explication mais ce n’était pas suffisant. Pas suffisant pour l’instant, pour que je puisse totalement lui pardonner. Parce que si ce n’est pas lui qui m’a fait du mal c’est ce qu’il est qui en est la cause et j’avais besoin de temps pour l’assimiler.

    J’ai relu plusieurs fois la lettre comme si j’attendais quelque chose sans savoir ce que c’était. Peut-être que cette lettre était comme l’album une attache à mes souvenirs, histoire de ne rien oublier.

     

     

     

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    iris
     
     
     
    CHAPITRE 19




    Cela faisait maintenant un an que toute cette histoire s’était passée. Est-ce que j’étais heureuse ? Je pouvais dire avec certitude que non. J’avais le cœur qui battait mais il n’était plus avec moi, il était parti il y a de cela plusieurs mois.

    J’avais un travail et je poursuivais encore mes études. Encore quelques semaines et j’en aurais terminé.

    Lorsque je n’étais pas en cours j’étais chez Blaise, un mec sympa, mon patron. Il avait la quarantaine, n’était pas d’une beauté fulgurante et commençait à prendre un peu de ventre sous l’œil attendri de sa femme. Il avait deux garçons, des jumeaux, Maxime et Grégory âgés d’une dizaine d’années.

    J’étais devenue experte dans la vente de maison. Ah oui je ne vous avais pas dit que je travaillais dans une agence immobilière. Pas trop ce que j’aurais voulu mais il fallait bien se nourrir et payer les factures. Et puis faire visiter des biens me laissais du temps pour aller en cours. Sans compter que j’étais en contact avec des gens ce qui me permettait de me sortir de ma solitude.

    Je n’avais pas beaucoup d’amis et le si peu je ne les voyais qu’à l’université, en dehors, ça ne m’intéressait pas plus que ça. En fait je croyais que je faisais fuir les personnes qui s’approchaient de moi.

    L’été dernier j’étais partie aux Etats Unis, j’avais besoin de revoir mes parents, besoin de me rendre compte par moi-même que je n’étais qu’une étrangère à leurs yeux. Ils avaient l’air heureux, travaillaient beaucoup et ils avaient une vie sociale….. Sans moi. Je n’étais qu’une étrangère pour eux, une gentille fille qui a demandé un jour son chemin. J’avais mis deux mois à m’en remettre.

    Mais je m’en suis sortie, encore. Ma vie se résumait à peu de choses mais je m’accrochais.
    Les hommes et moi étions ennemis. Je n’en voulais pas ! C’était un choix ! Je préférais être seule plutôt que mal accompagnée, c’est ce qui se disait je crois ! J’étais froide à leurs avances, je n’étais la femme que d’une seul personne et je l’avais perdu.


    Je n’avais jamais eu de nouvelles. Au début je regardais de temps en temps sur le net mais plus rien. C’était comme si le groupe s’était dissous. Il avait dit à Hector qu’il partirait loin et je me rendais compte qu’il avait tenu parole. Qu’est-ce qu’il devenait ? Où était-il ? Ces questions me revenaient souvent en tête. Je suis passée devant chez lui une fois ou deux par la force des choses à cause de mon travail mais rien. Ça n’avait pas l’air d’être habité et pourtant elle n’avait jamais été mise en vente. Etait-ce que je devais garder l’espoir de le revoir ? Il m’a écrit qu’il reviendrait mais quand ? Lorsque je serais vieille et toute ridée. Une vieille fille acariâtre et seule, terriblement seule. Je préférais ne pas y songer pour l’instant et continuer à regarder défiler les jours et les années.

    Et pourtant ce matin là lorsque je suis sortie de mon immeuble j’ai vu une ombre. Une ombre qui m’épiait, j’en étais certaine. Je croyais en avoir fini avec tout ça. Pendant six mois j’ai été sous surveillance vampirique comme j’aimais me le dire. Et puis un jour plus rien. Mais là, de l’autre côté de la rue, il y avait quelqu’un et ce sentiment d’insécurité est revenu me frapper.

    J’essayais de ne rien faire paraitre et j’avançais d’un pas sûr vers ma voiture. Pourquoi n’avais-je pas trouvé de place plus près hier soir ?

    Toute la journée je n’ai pas eu l’esprit tranquille. J’avais dit à mon patron que j’avais un truc urgent à faire et qu’il fallait que je rentre tôt. Ce soir je devais rentrer avant la nuit, j’en étais certaine.

    Je savais au plus profond de moi que si c’était Raphaël qui avait été tapi dans l’ombre je l’aurais su. J’ai toujours ressenti sa présence autour de moi. Il m’aurait comme à son habitude enveloppée de cette chaleur, de son intimité, de ses pensées pour moi. Et là il n’y avait que froideur et désespoir.

    La route m’a paru longue et j’ai eu la chance de trouver une place juste devant l’entrée de chez moi. J’étais rassurée et préparais mes clefs afin de ne pas perdre de temps alors que je faisais mon code.

    J’étais dans le hall, la porte s’était refermée et je me suis tout de suite sentie à l’abri. Un grand souffle de soulagement a percé le silence. Je suis montée à mon étage, les clefs dans mes mains, tremblante pour ouvrir la porte de mon appartement. Puis j’ai claqué la porte de tout mon poids, me mettant à l’abri pour la nuit.

    Mais je n’avais pas eu le temps de faire un pas que des bras m’encerclèrent et qu’une main s’abattait sur ma bouche. Un souffle froid me chatouillait les oreilles et je sentais la fin de ma vie approcher à une vitesse inimaginable.

    - Chuuuutt ! me dit la voix. C’est moi Calum. Si je te lâche promets-moi de ne pas crier.

    J’avais peur mais je lui ai fait un oui de la tête. Il m’a lâché et s’est reculé pour atteindre l’interrupteur. C’était bien lui, l’ami de Raphaël. Il avait changé. Il n’était plus aussi arrogant et pourtant n’est-ce pas lui qui s’était amusé de mon amie avant qu’Hector ou ses sbires ne la tue en la vidant de son sang ? M’en voulait-il pour Raphaël et le fait qu’il n’y avait plus de groupe ? Etait-il là pour se venger ? Je n’arrivais pas à prononcer quoi que ce soit tellement je tremblais encore de cette agression.

    - Viens t’assoir, tu es toute pâle. Je suis désolée mais il ne fallait pas que je me fasse remarquer. Je devais t’empêcher de crier. Les humains sont assez forts pour cela dans des moments d’angoisse intense.

    - J’en ai vu d’autre ! répondis-je simplement en m’écroulant sur mon canapé.

    Il ne s’est pas assis à côté de moi, mais en face de moi, dans l’unique fauteuil qui trônait dans la pièce.

    - Tu te sens mieux ? demanda-t-il.

    - Un peu oui ! Mais laisse-moi encore quelques minutes s’il te plait.

    - Je ne suis plus à ça près ! ça fait des heures que j’attends ici.

    - Quoi ? Tu es dans mon appartement depuis combien de temps ?

    - 5 heures à quelques minutes près.

    - Tu …. Mais …. Comment es-tu rentré ?

    - J’ai les clefs.

    - Quoi ?

    Cette fois j’étais en colère et me suis relevée brusquement. Mais Calum m’a attrapé le bras et m’a forcé à m’assoir.

    - Si j’avais voulu te faire du mal je crois que j’aurais agi depuis longtemps non ?

    Il avait raison. Mais je me sentais violer dans mon intimité. Jamais je n’aurais pensé qu’ils avaient la possibilité d’entrer ici comme ils le voulaient. C’était justement le seul endroit où je pouvais respirer librement et maintenant même ça on me l’avait enlevé.

    - Je n’aurais pas utilisé ce moyen si ça n’avait été urgent. Crois-moi bon sang ! Je pourrais suggérer à ton esprit de me suivre ou de faire ce que j’ai envie mais comme tu le vois je ne suis pas là pour ça. Je veux que tu aies toute ta tête pour entendre ce que j’ai à te dire. C’est grave Léna !

    - Raphaël ? demandais-je brusquement.

    - Oui. Je vois que tu es toujours liée à lui, même si ça fait plusieurs mois que vous ne vous êtes pas vu. Les autres ne voulaient pas me croire. J’avais raison, tu es la seule solution.

    - Parle bon sang ! Tes énigmes m’ennuient et m’inquiètent.

    - Raphaël est en train de mourir Léna.

    Je restais bouche bée, impossible de réagir à cette phrase qui se répétait comme dans un écho dans ma tête. C’était impossible. Un vampire ne pouvait pas mourir sauf si un autre vampire le tuait. C’est ce qu’il m’avait dit, j’en étais sûre.

    - C’est Hector qui lui a fait ça ? Il l’a attaqué ? Blessé ? Où est-il ?

    - Ohhhh ho ! Arrête avec toutes tes questions. Je vais répondre mais une seule à la fois.

    - Ok !

    - Alors non ce n’est pas Hector qui l’a attaqué. D’ailleurs personne ne s’en est pris à lui. Blessé ? oui et non. C’est plus compliqué que ça. En fait il se meurt.

    - Je ne comprends pas. Comment un vampire peut mourir comme ça ?

    - Au début nous non plus on ne comprenait pas et puis on s’est souvenu des paroles du seigneur d’Ecosse, tout part d’une légende. Seulement il y avait un problème, Raphaël ne voulait pas être sauvé, il ne voulait pas nous parler de cette fameuse légende, cette malédiction pour les vampires. Pendant des mois il a tenu le coup, se concentrant un maximum et dépensant très peu d’énergie. Nous ne comprenions pas pourquoi il ne voulait plus se nourrir. Nous l’avons questionné mais rien à faire il restait muet. Et puis les autres en ont eu marre et sont partis refaire leur vie ailleurs. Moi aussi je suis partie, le laissant seul. C’est vrai que nous pensions qu’il lui fallait une bonne leçon et surtout qu’il arriverait à dire adieu à celle qu’il avait perdu.

    - Moi ?

    - Oui. Evidemment ! Tu sais tout ce qu’il a dit ce soir là dans le château était faux. Il savait ce qu’Hector faisait et il ne voulait pas de ça pour toi. Sans compter qu’il se sentait coupable de t’avoir aimé, de t’avoir mêlée à sa vie, à sa condition.

    - Il m’a aimé ? me dis-je comme à moi-même.

    - Eperdument et il t’aime encore.

    - Alors pourquoi n’est-il pas venu me rejoindre ?

    - Tous les deux vous êtes sous surveillance. Encore aujourd’hui il faut se montrer prudent. Tu me permets de continuer ?

    - Oui.

    - Où est-il ? Tout près d’ici. Il y a six mois lorsque je suis retourné le voir il était devenu très faible mais m’a demandé de le ramener dans sa maison, ici. Depuis je lui tiens compagnie. Il ne voulait pas que je vienne te le dire. Il avait peur pour ta vie. Mais depuis ce matin il ne réagit plus et surtout il ne se réveille plus.

    - Il…. Est….

    - Non pas encore ! C’est nouveau pour moi. Jamais je n’avais entendu pareil cas. Mais une chose est sûre il a besoin de se nourrir.

    - Comment ? Il ne se nourrit plus ?

    - Plus rien depuis l’Ecosse.

    - Mais c’est impossible. C’est vital pour vous et surtout c’est dans votre nature. ça veut dire qu'il n'a rien bu depuis plus d'un an ?

    - Oui. Mais il a une force impressionnante. Et le pire c’est qu’à chaque fois que j’ai essayé il a été malade, rien n’y fait, il ne supporte plus de boire du sang.

    - Je l’ai vu au château lorsqu’il s’est nourri de cette fille. Il a vomi et s’est plié de douleur. Comment lui venir en aide ?

    - D’abord je pense qu’il faut que je l’amène ici. Il a besoin de toi Léna. Je ne sais pas par quel moyen tu peux le sauver mais cette malédiction est liée à l’amour que vous éprouvez l’un pour l’autre.

    - On va vous voir ?

    - Non. J’ai tout préparé dans le moindre détail. Je sais que je peux y arriver. A une condition !

    - Laquelle ?

    - Que ça se fasse cette nuit.

    Je n’arrivais pas à croire que j’allais le revoir, seules les larmes qui coulaient le long de ma joue et les battements de mon cœur précipités me donnaient la certitude que je réagissais à la situation.

     

     

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    iris
     
     
     
    Chapitre 20




    En attendant Calum je préparais la deuxième chambre. Celle qui aurait pu être une chambre d’amis si j’en avais eu ou pour accueillir mes parents lorsqu’ils me rendraient visite. Seulement je n’avais plus de parents, ils ne se souvenaient plus de moi.

    Un coup brusque à la porte m’a fait sursauter et je me suis précipitée pour ouvrir. J’étais à la fois inquiète et rassurée de voir Calum alors que j’avais ouvert sans vérifier qui ça pouvait être. Il portait un corps que je ne voyais que dans l’obscurité et suivait cet étrange équipée jusqu’à la chambre.

    J’étais impatiente de revoir Raphaël bien qu’il ne réagissait plus à quoi que ce soit. Calum m’avait expliqué qu’il continuerait à vivre chez son ami au cas où la maison serait encore surveillée pour garder les mêmes habitudes et ne pas se faire remarquer par d’éventuels soupçons. Il m’avait demandé de faire comme chaque jour, ne pas changer mes horaires de travail, ne pas rentrer plus tôt, ne pas me faire plus belle, ni moins belle. Rester juste moi-même. J’étais prête à le faire pour sauver celui que j’aimais.

    Le sauver ? C’était le plus important mais à l’instant présent je n’avais aucune idée sur le moyen de le guérir ou du moins le faire réagir. Calum pensait qu’il ressentirait ma présence et que ça l’aiderait à aller mieux, du moins ça l’aiderait à sortir de sa léthargie.

    Il était là allongé sur ce lit sans même se rendre compte qu’il n’était plus dans sa maison. Je ne voulais pas pleurer, pas encore, pas tant qu’on ne me dira pas qu’il n’y a plus d’espoir. Je devais être forte, je devais affronter ce nouveau défit et surtout je devais, toute seule, nous protéger d’Hector.

    Calum a pris ma main pour m’entrainer dans le couloir.

    - Léna ! Merci ! Je sais que je t’en demande trop mais je crois que j’ai fait le bon choix en te le confiant. Il y a des choses que je ne peux pas t’expliquer. Des choses qui me sont étrangères mais que je ressens pour vous deux. Garde ça dans un coin de ta mémoire, vous êtes fait pour être ensemble j’en suis certain. Moi et le groupe nous ferons tout pour vous protéger tous les deux mais nous ne sommes pas infaillibles et Hector est très puissant. Sois prudente et ne fait confiance en personne. Le pouvoir de l’iris, Léna. Pense à ce qu’ils ont fait à tes parents.

    - Au fait pour mes parents et pour moi, merci d’avoir fait tout ça.

    - Ce n’est pas moi qui l’ai fait c’est Raphaël. J’ai juste fait ce qu’il m’a dit de faire, il avait vu juste au sujet de son créateur et c’est pour ça qu’il s’est éloigné de toi précipitamment. Il aurait dû lui faire la peau avant de pouvoir boire ton sang. Mais je préfère que ce soit lui qui t’en parle un jour prochain, je l’espère.

    - Tu peux me faire un promesse ?

    - C’est à voir ! Tu sais les vampires et les promesses ne font pas bon ménage.

    - Juste que si Raphaël ne s’en sort pas de me raconter toute l’histoire.

    - C’est promis ! Mais je te préviens je ne sais pas grand chose.

    Il allait partir lorsqu’il s’est retourné vers moi.

    - J’oubliais le plus important. Il faut que tu saches que tu es en danger même avec lui. Si il s’égare, il peut te faire du mal. Il peut même te tuer.

    - C’est rassurant !

    Avec un sourire au coin des lèvres il est parti si rapidement que je me demandais encore comment ils pouvaient faire cela. J’avais envie de regarder par la fenêtre mais c’est une chose que je ne faisais plus depuis des mois et je ne devais pas me faire remarquer.

    Je me retrouvais seule avec un vampire malade et incontrôlable et pourtant je m’approchais inévitablement de sa chambre pour le voir.

    Il était encore plus pâle qu’à son habitude. Et pour la plupart il pouvait passer pour mort. Je me suis assise près de lui et j’ai pris sa main. Elle était inerte comme le reste de son corps mais la chaleur de ma peau lui redonnerait de l’espoir.

    - Raphaël, c’est moi Léna ! Je suis là avec toi. Réveille-toi mon amour, j’ai besoin de toi.

    Rien à faire ! Aucune réaction.

    Je me levais et allais éteindre la lumière de ma chambre comme si j’allais me coucher. Oui j’allais me coucher mais pas dans cette pièce dans l’autre avec lui. J’étais folle, je savais que je ne devais pas. Et s’il se réveillait sentant l’odeur alléchante de mon sang alors que ça fait des mois qu’il ne s’est pas nourri. Il me tuerait sur le champ sans même comprendre que celle qui vidait de son sang c’était moi.

    Je m’en moquais, j’avais besoin d’être près de lui. Je me suis allongée à côté de son corps, ma tête tournée vers lui et j’ai pris sa main.

    J’ai dormi d’une traite alors que j’entendais mon réveil sonner dans l’autre pièce. Au moins j’étais encore en vie. Je ne savais pas si ça devait me rendre heureuse ou non.

    Je me suis préparée et avant de partir je suis allée encore une fois voir mon colocataire clandestin.

    - Je reviens ce soir mon amour, lui dis-je en lui déposant un léger baiser sur ses lèvres.

    Sur le chemin du travail je regardais dans mon rétroviseur et je crois bien avoir remarqué qu’on me suivait, à moins qu’avec toute cette histoire je ne sois devenue parano.

    Chaque jour depuis deux semaines c’était la même routine, je dormais contre Raphaël, je lui parlais, je lui déposais des baisers lorsque j’arrivais ou lorsque je partais. Je comprenais ce que devais vivre les personnes qui ont des êtres chers dans le coma sans savoir si un jour ils se réveilleront. Sauf que moi j’avais une épée de Damoclès au dessus de ma tête en plus, je vivais avec un vampire dans le coma et il n’y avait aucun antécédent à ce fait.

    Je réfléchissais souvent à un moyen de le faire réagir, de lui faire boire du sang. Mais Calum lors de sa dernière visite m’a dit qu’il avait tout essayé, tous les groupes sanguins, même du sang animal, du sang de vampire… Raphaël ne les supportait pas, il les rejetait même.

    Un soir j’ai eu une idée. Oh bien sûr pas la meilleure, la plus dangereuse je devrais dire. Je voulais voir si il supporterait mon sang. Mais je jouais avec le feu. Si il le supporterait je le mettrais en appétit et il m’attaquerait. Tant pis ! Je n’avais pas le temps de réfléchir, il fallait que j’essaie.

    Je me suis installée près de lui et je me suis entaillée le doigt avec un couteau de cuisine. Le plus gros celui qui me sert pour la viande. Le sang est apparu et j’ai mis mon doigt sur ses lèvres. Je voyais ce tout petit filet entrer dans l’entrée étroite de sa bouche. Aucune réaction. Au bout de cinq minutes j’ai retiré mon doigt et je suis allée me désinfecter dans la salle de bain et me mettre un pansement.

    Lorsque je suis retournée dans la chambre, j’ai vraiment eu l’impression que Raphaël avait repris des couleurs. Mais c’était sans doute mon imagination car il ne bougeait toujours pas d’un pouce.

    J’ai répété mon geste pendant trois jours. Je savais que ça lui faisait du bien car pour la première fois depuis très longtemps il n’avait pas rejeté le si peu qu’il avalait.

    La fin de la semaine arrivait et j’étais enfin en weekend. Calum était en face de moi alors que je buvais un café à la table de la cuisine.

    - Tu es folle ou quoi ? criait-il alors que je venais de lui dire ce que j’avais fait.

    - Il fallait que j’essaie tu comprends. Le voir comme ça sans aucune réaction je n’en peux plus. Je me suis rendue compte que ma vie ne serait plus comme avant si je le perdais à tout jamais.

    - Tu avais réussi à te reconstruire pourtant. J’ai tout gâché je n’aurais pas dû l’emmener ici. Je vais le ramener chez lui, ce serait plus prudent.

    - Non ! Je t’en supplie ! Ne me l’enlève pas une nouvelle fois.

    - Mais il va te tuer. Tu ne comprends pas qu’il va être d’une extrême violence à son réveil. Un vampire a des besoins, il est comme un animal qui traque sa proie lorsqu’il est envahi par la soif et l’odeur du sang.

    - Je m’en moque. Plus rien ne me retiens ici de toute façon. Si je n’avais pas été si lâche je me serais tuée il y a des mois maintenant.

    - Il ne l’aurait pas supporté tu sais.

    - Quoi ? Que je meure ?

    - Oui. Enfin si tu n’avais plus été toi. Si Hector ….

    - Si Hector m’avait fait une esclave sans âme et à sa merci ?

    - Oui. C’est déjà ce qui était arrivée la première fois, pour Bérénice.

    - Bérénice ?

    - Ce n’est pas à moi de te le dire. Surtout que je ne l’ai jamais connu. C’était il y a des dizaines et des dizaines d’années. Je ne sais pas exactement.

    - Il m’a parlé d’un amour perdu c’était elle ?

    - Oui. Hector lui a fait ce qu’il tentait de faire mais c’était différent.

    - Comment ça différent ? Explique-moi s’il te plait !

    - Je ne sais pas si c’est à moi de te raconter et puis je ne sais pas l’histoire dans sa totalité. Tout ce que je peux te dire c’est qu’avec toi son amour est plus intense, plus vrai. Est-ce à cause de cette légende ? J’ai cherché tu sais.

    - Et tu as trouvé ? Tu sais de quoi elle parle cette légende.

    - Non. Rien ! C’est bizarre quand même. Il y a un lien entre toi et Raphaël qui est incompréhensible pour des personnes comme moi. Jamais je n’ai vu ni entendu un cas pareil. Je sais je me répète souvent mais ça me laisse vraiment perplexe. Tu sais je suis quelqu’un de très brute. Pas brute dans le sens violent mais brute dans le sens animal. Est-ce que tu saisis la différence ?

    - Pas trop mais je crois comprendre. Je ne peux pas te dire ce qu’il y a entre moi et Raphaël mais je sais que c’est fort, très fort. Je ressentais son regard sur moi-même si je ne le voyais pas. Il pouvait me faire passer ses sentiments les plus intimes sans même me toucher. Je sens un énorme vide depuis qu’il m’a quitté. La douleur est plus grande encore que la perte de mes parents.

    - Est-ce qu’il t’a expliqué pourquoi il devait te quitter ?

    - Il ne me l’a jamais expliqué. Je ne sais pas pourquoi et cette douleur est encore plus intense justement pour ces raisons là.

    - Est-ce indiscret si je te demande ce qui s’est passé juste avant son départ ?

    - Oui. Mais je ne suis plus à ça près maintenant. Nous venions de faire l’amour, c’était un instant si magique, si fort, que je ne l’ai pas repoussé lorsqu’il a …. Bu mon sang, mais ça tu le sais déjà.

    - Oui. Et il en a bu beaucoup ?

    - Non. Il s’est repris juste à temps. Enfin je suppose. Il avait l’air si désespéré et lorsque je me suis réveillée il n’y avait plus de trace de lui dans la demeure. Il avait pris tous ses vêtements, je restais seule sans comprendre ce qui m’arrivait. J’ai attendu mais personne n’est venu sauf lorsque je suis sortie et que je suis tombée nez à nez avec Hector et sa bande de gardes du corps.

    Le silence avait repris place dans la pièce. Je sirotais mon café qui était pratiquement froid. Calum avait éteint la lumière car il avait peur que l’on trouve bizarre que je passe autant de temps dans ma cuisine.

    Calum ne disait rien, il avait l’air de réfléchir. Je me tenais silencieuse également bien que mon plus cher désir était de m’allonger auprès de mon vampire à l’agonie.

    - Je vais rester cette nuit si tu n’y vois pas d’inconvénient.

    - Mais….

    - Les autres membres du groupe sont chez Raph, ils me couvrent. Seulement tu lui as donné ton sang et j’ai bien peur qu’il ne réagisse à un moment donné. Et je sais qu’il me pourchasserait pendant des siècles si il t’arrivait quelque chose à cause de lui.

    - J’ai un truc à te dire.

    - Pas la peine. J’ai senti ton odeur sur l’oreiller, tu dors avec lui c’est ça ?

    - Oui.

    - Tu es vraiment inconsciente. Mais j’aime ta bravoure, il n’y a pas à dire il y a vraiment quelque chose chez toi d’étranges.

     

     

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