• Dans le ciel de Londres - Chapitre 19

     

     

    ciel

     

    CHAPITRE  19

     

    J’étais si vide, si désespérée. Cela faisait trois jours maintenant que l’on m’avait arraché l’homme j’aimais. Trois jours que j’étais recroquevillée sur le canapé ne portant qu’un shorty en dentelle et un tee-shirt appartenant à mon ange.

    Son odeur s’estompait au fil des heures ce qui augmentait mon état de déprime. Je n’arrivais plus à pleurer, je restais là assise le regard dans le vague. Le téléphone avait enfin cessé de sonner. Je ne voulais parler à personne, ni voir personne. Ma vie s’était arrêtée et pourtant je respirais encore.

    Que devais-je faire ? Fuir ? Mais où ?

    Retourner aux Etats Unis était la meilleure solution. Là-bas je serais entourée de gens qui m’aiment, de ma famille. Mais aurais-je la force de confronter leurs regards ? Ils vont poser des questions auxquelles je n’ai pas le droit de répondre. Et pourtant je leur doit rien, je pourrais tout raconter ce ne serait que justice après ce qu’ils viennent de me faire. Mais si je prenais ce risque quelles en seraient les conséquences pour Simon.

    Car je sais que Simon est encore en vie quelque part. Je dois garder espoir. Si il y avait une solution qui pourrait me renseigner, qui pourrait m’aider dans cette tâche ?

    Je me levais enfin. La tête me tournait et je titubais légèrement jusqu’à reprendre mon équilibre. Je pris conscience qu’il fallait que je mange quelque chose.

    Dans la cuisine j’ai ouvert le frigo plus par survie que par envie. Il restait un peu de pâte mais malheureusement vu l’odeur qui se dégageait cela parti directement à la poubelle. J’ai pris des yaourts et quelques fruits et m’installais à table. Le silence n’était brisé que par les gestes que je faisais pour m’alimenter. Je n’avais pas faim, j’avais une boule au creux de l’estomac et j’avais l’impression de manger du plomb.

    J’avais l’impression que l’on m’épiait et lorsque j’ai baissé les yeux j’ai vu Angel qui me regardait intensément. Le pauvre je l’avais complètement oublié il devait mourir de faim. Pendant trois jours il ne s’était pas manifesté, je ne me souviens pas de l’avoir vu justement. Lui aussi devait avoir de la peine et il a dû ressentir ce qui se passait bien avant moi. Il se frottait à mes jambes en ronronnant, pendant que je lui préparais enfin son repas.

    Je montais les escaliers en me tenant fermement à la rambarde. Mes jambes manquaient de forces et tremblaient un peu.

    J’ai pris des vêtements et me suis dirigée vers la salle de bain, j’avais vraiment besoin d’une douche. J’avais retrouvé un peu de force et d’énergie. Il fallait que je me secoue, que je réagisse. J’avais peur de me retrouver face au monde extérieur. Je savais aussi que Guillaume rôdait certainement dans le coin. Savait-il que je n’étais plus protégée ?

    Enfin si, tant que je resterais ici. Mais je ne peux pas passer ma vie enfermée et ce n’est pas ici non plus que je trouverais comment sauver Simon. Mais pas aujourd’hui, je n’en avais pas encore le courage. Je regardais autour  de moi ce grand appartement vide et je sentais que mes larmes remontaient à la surface. Il fallait que je m’occupe l’esprit. J’entrepris alors de ranger et de faire le ménage. D’ailleurs c’était toujours ce que je faisais lorsque j’étais préoccupée, ça m’aidait souvent à éclaircir mes idées.

    Je terminais par l’atelier de Simon, la pièce que j’avais évité tout au long de l’après-midi. Je regardais chaque peinture, chaque sculpture. Je touchais du bout des doigts la commode qu’il était en train de fabriquer avant qu’il ne disparaisse. Lui aussi avait dû la toucher pour voir si il ne restait pas d’imperfection.

    Sur une étagère un bloc de dessin. Je l’ai pris et ai feuilleté les pages ne trouvant que des croquis de moi. J’en fus bouleversée au point que cette fois je laissais s’échapper mes larmes le long de mes joues.

    Je continuais l’exploration de cet endroit, je ne voulais rien ranger. Tout devait rester intact comme s’il devait m’apparaitre à tout instant. J’allais m’assoir à son bureau, là où il travaillait aux schémas des commandes de ses clients. J’ai ouvert le premier tiroir. Il y avait des crayons à papier, des fusains, des compas et beaucoup d’autres accessoires me faisant un peu penser au tiroir du bureau de mon petit frère. Ce qui me fit sourire enfin.

    J’ai ouvert le deuxième tiroir et j’ai découvert un dossier. J’allais le refermer en pensant que ça devait être les factures pour les clients ou autres papiers administratifs lorsque je me suis aperçu ce qu’il y avait écrit « en cas d’urgence ».

    J’ai sorti l’épaisse chemise et me suis installée plus confortablement afin de l’ouvrir devant moi. Je n’arrivais pas à croire qu’il avait tout prévu.

    J’étais stupéfaite. A l’intérieur se trouvait des papiers officiels et certifiés me désignant comme la seule et unique propriétaire du loft. Ayant fait des études de droit, je savais que tout ce que je lisais était légal. Dans une enveloppe je trouvais de l’argent liquide ainsi qu’une carte bancaire à mon nom. Ce n’était pas possible, je devais rêver. Tout m’appartenait, tout ce que Simon avait acquis pendant sa vie d’ange déchu.

    Il n’a pas voulu partir comme ça, il voulait que je sois heureuse. Mais même si je ne m’inquièterais plus sur mon avenir financier, je ne serais plus jamais la même sans lui. J’avais connu l’amour avec un grand A. Le bonheur d’être avec son âme sœur et ça personne ne pourra le remplacer, ni le combler. Aucun homme ne pourrait me faire oublier Simon, ne prendre sa place à mes côtés.

     

     

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