• Dans le ciel de Londres - Chapitre 14

     

     

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    CHAPITRE 14

     

    Ce que venait de nous dire Raphaël nous laissait perplexe. Nous le regardions en silence attendant certaines explications. Il souriait nous regardant l’un après l’autre.

    -          - Pour la mémoire de Kathleen c’est simple à comprendre. Simon tu as fait un acte d’amour en sauvant cette enfant au lieu de celui que tu protégeais, tu as su en la regardant dans les yeux qu’elle était ton âme sœur. Tu n’as pas compris ce qui t’arrivait n’est-ce pas ? Pour toi c’était impossible d’être amoureux d’une enfant de 12 ans et tu as accepté ta pénitence pour te punir de tes sentiments et non de tes actes. C’est un autre ange qui a effacé sa mémoire mais il n’a pas effacé ce regard que tu avais posé sur elle car il ne pouvait pas deviner ce qui s’était produit entre vous deux.

    -          - C’est pour ça que j’ai toujours su pour Simon, j’ai toujours su qu’on me protégeait. Lorsque je l’ai revu j’ai eu la conviction que j’avais déjà vu ce regard, ces yeux. Et lorsqu’il a parlé de cet accident c’est comme si on enlevait un voile de ma mémoire et je me suis rappelée.

    -          - Oui très chère. Exactement. Maintenant j’aimerais que vous me parliez de ce démon.

    Je recommençais mon récit et ma description de Guillaume. Simon paraissait nerveux, Raphaël concentré. Il me posa différentes questions sur le déroulement de la soirée, nos sujets de conversation, ce que je lui avais dit, ce que j’avais appris sur lui. Mais en fait je ne connaissais pas grand-chose de cette personne et nous avons vite fait le tour de la question.

    -          - La seule chose que l’on ne sait pas c’est pourquoi s’est-il intéressé à toi si tôt. Tu n’avais pas encore parlé à Simon n’est-ce pas ?

    -          - Nous nous étions rencontré à la quincaillerie et nous avions échangé quelques mots lors de l’ouverture d’une boutique.

    -          - Ça doit être une coïncidence. Je ne vois pas comment ils auraient su pour vous deux. C’est tout bonnement impossible. Par contre je sais certaines choses sur ce démon.

    Il nous raconta que Guillaume était un démon séducteur. C’est d’ailleurs pour ça qu’il se faisait passer pour un français. Encore une fois nous tombions sur des clichés. Il aimait corrompre les femmes surtout des femmes mariées qui n’auraient plus leur âme aussi pure lorsqu’elles passeraient dans ses bras et surtout dans son lit. Il aimait se fondre la masse, vivre comme n’importe quel humain et avoir son cercle d’amis. A une époque il se faisait appeler Don Juan. Quel horreur ! C’était pathétique.

    Je lui demandais si Judith étaient en danger mais Raphaël ne savait pas quoi me répondre. En général il ne flirtait jamais avec un membre de son cercle cependant ils ne devaient pas lui mettre des batons dans les roues, ou pour les hommes jouer sur son tableau de chasse.

    Guillaume a un sixième sens et sait au premier regard qui sera sa proie. Quelque chose l’attirait chez moi c’était indiscutable. Avait-il ressenti que mon cœur appartenait à Simon avant que je ne m’en sois rendu compte moi-même ?

    Raphaël n’avait que cette hypothèse, seulement maintenant ce démon savait que j’étais en couple et il va essayer de me conquérir. Je suis sa nouvelle proie, Simon et Raphaël en étaient persuadés.

    Super ! Et un problème supplémentaire !

    Pourquoi ma vie prenait un tournant si compliqué ? Comment vivre normalement maintenant que je sais qu’autour de nous rôdent des démons et des anges ? Est-ce que j’en valais la peine ? En tout cas Simon en valait la peine. J’étais prête à tout abandonner pour lui, à me battre pour rester avec cet homme qui me tenait la main.

    Au lieu de me préoccuper de Guillaume c’est autre chose qui me sorti de la bouche.

    -          - Pourquoi vous m’avez dit tout à l’heure que j’avais fait le bon choix ? dis-je en fixant Raphaël.

    -          - Je croyais que tu allais me poser cette question plus tôt. Es-tu croyante ?

    -          - Plus ou moins. Enfin plutôt moins que plus. Bien que maintenant je crois en certaine chose et puis Simon m’a demandé de ne pas l’appeler tout haut, répondis-je en montrant le plafond avec mon doigt.

    -          - C’est pourquoi tu t’es méfiée en voulant faire une prière. Tu n’as pas voulu prendre de risque.

    Raphaël souriait et me dévisageait d’un air rieur. Il avait le don de me destabiliser. Il savait beaucoup de choses mais il aimait donner quelques réponses énigmatiques. Je n’avais pas tout à fait tord de le prendre pour un détective d’outre-temps.

    -          - Je n’ai pas fait de prière. J’ai juste pensé qu’elle pourrait nous mettre sous sa protection.

    -          - Une dure tâche. Mais ne perd jamais espoir. Si elle vous accorde sa protection elle ne le fera que si vous arrivez au bout du chemin.

    -          - Ce qui veut dire ?

    -          - Tu comprendras à ce moment-là. Je ne fais qu’interpréter des pensées, des intuitions ainsi que des faits existants. Je ne peux pas voir l’avenir j’en suis désolé. Il vous faut partir maintenant pendant que le brouillard reste intense. Prenez soin de vous.

    -          - Je peux vous poser une dernière question ?

    -          - Pourquoi il y a du brouillard en Angleterre ?

    Simon et Raphaël se mirent à rire en voyant ma tête ahurie. Je sentais que ma bouche était restée ouverte et je la refermais brusquement.

    -          - Oui, dis-je gênée.

    -          - Ma chère Kathleen vous êtes tellement prévisible. Et votre curiosité l’emporte très souvent. Je suis ici depuis très longtemps et j’aime être dans cette chapelle. Je vous ai dit tout à l’heure que j’étais une cible de grande importance. Je sais beaucoup de choses. Seulement grâce à ce brouillard que je créé ils n’arrivent pas à me détecter que ce soit le bien comme le mal. Je veux qu’on me laisse effectuer ma pénitence tranquillement. Ne me demande pas ce que j’ai fait pour que l’on me coupe les ailes. Je ne l’ai jamais raconté et je ne le raconterais jamais. C’est entre moi et mon….. supérieur.

    Simon m’entraina vers la porte. Raphaël paraissait si fatigué, si âgé. J’ai stoppé mon élan et j’ai lâché la main de Simon. Je suis revenue vers le vieil homme et je lui ai déposé un baiser sur la joue. Il m’a regardé et a seulement dit.

    -          - Merci !

    Nous étions dans la chapelle et je pensais à la solitude de ce vieil ange déchu. Il me faisait beaucoup de peine. Le brouillard était encore très dense et pourtant nous devions nous approcher de midi vu comment  mon estomac faisait de drôle de bruits. Simon s’est arrangé pour que le brouillard nous enveloppe comme ce matin et nous avons rapidement rejoint la voiture.

    De retour à l’appartement j’étais épuisée par ce que j’avais appris. L’inquiétude me gagnait et je me suis écroulée sur le canapé. Simon est venu me rejoindre. D’une main il me caressait le visage.

    -          - C’est un peu lourd à encaisser, me dit-il de sa voix douce.

     

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    .....ooOoo.....

     

    POV de SIMON

     

    J’étais à la fois heureux que Kathleen sache tout de moi mais inquiet de ce qui pouvait lui arriver. Je la savais en danger et encore plus certainement depuis notre discussion avec Raphaël.

    Avais-je eu raison de l’emmener à la chapelle ?

    Je ne savais pas quoi en penser je m’attendais à avoir plus de réponses. Pourquoi le destin nous rattrape toujours ? J’étais enfin heureux. Kathleen vivait avec moi maintenant et elle remplissait mon cœur de joie. L’avoir à mes côtés était un réel plaisir. Nous vivions comme un couple normal si ce n’est toutes ces intuitions que j’avais chaque jour, ce sentiment d’être suivi et qui me quittait lorsque Kathleen et moi étions séparés. J’en étais sûr c’était elle qui était suivie. C’est en partie ce qui m’a conduit vers Raphaël.

    Et Guillaume, pourquoi avait-il jeté son dévolu sur elle ? Son instinct lui avait soufflé de se méfier de lui. En général il arrive à ses fins à chaque fois. Etait-ce justement le fait qu’elle ne lui cède pas qui excite ses actes ? Sa proie n’est pas si facile et il prend quelques plaisirs à jouer. Car pour les démons tout n’est qu’un jeu, ils n’ont aucun sentiment. Je savais qui il était, je l’avais déjà croisé lorsque j’étais encore un ange. Evidemment cela allait également dans l’autre sens, lui aussi savait qui j’étais.

    Je savais que nous le rencontrerons dans peu de temps car il va se demander pourquoi il ne voit pas où Kathleen demeure. Mon appartement est comment on dit déjà ? En mode camouflage ! Au moins ici elle est en sécurité du moins des démons. Pour ce qui est de ceux de ma race et bien je me demande pourquoi ils ne se sont pas encore manifestés. Combien de temps me reste-t-il de bonheur ? J’étais sûr que Raphaël aurait une solution, mais rien, toujours rien !

    Si le jour de ma mort on a fait de moi un ange c’est que j’étais quelqu’un de bien et je n’ai fait qu’une seule erreur qui pour moi n’en étais pas une puisque j’avais sauvé cet être magnifique qui dormait à présent dans mes bras.

    J’avais pris la décision de sauver une enfant à l’aube de son existence plutôt qu’un homme au bord du gouffre qui écoutait plus facilement un démon plutôt qu’un ange. J’avais fait tout ce que je pouvais à son sujet et mes supérieurs le savaient. Mon vieil ami a raison j’ai fait en sorte que ma punition soit sévère pour plusieurs raisons. D’abord j’avais perdu définitivement mon protégé et puis c’est vrai mes sentiments pour cet enfant m’avait perturbé, ce n’était pas normal. Bien sûr je ne l’imaginais avec moi qu’une fois adulte, je ne suis pas aussi pervers. Mais un ange avec une humaine c’était impossible, inimaginable.

    La certitude qu’elle était mon âme sœur ne me quittait pas. Je devais m’éloigner et faire pénitence très loin d’ici. Quelque part je ne voulais plus être un ange, je ne voulais plus que l’on me confie des protégés. J’avais trop peur que l’on me confie quelqu’un qui pourrait lui ressembler, ou quelqu’un qui serait proche d’elle. Depuis que j’étais un ange déchu ma vie n’était qu’obscurité et tristesse. Elle me manquait. Je l’ai réalisé lorsque nos regards se sont croisés à la quincaillerie, la lumière a jailli et mon cœur si je ne l’entendais plus s’est mis à cogner si fort que j’en fus surpris.

    Méritait-elle cette vie ? Non. Elle ne le méritait pas.

    Elle avait peur. Elle pensait aussi à sa famille. Je la sentais si triste à chaque fois qu’elle avait parlé avec eux. Devais-je la laisser partir ? Oui, je ne devais pas être aussi égoïste.

    Dès que nous aurons règlé le problème de Guillaume je partirais et j’implorerais l’archange pour qu’il m’envoie dans les abîmes de la mort car là est ma place.

    Avec le temps elle reprendra une vie normale sans moi. Et cette fois il faudra que ce soit moi qui lui efface la mémoire.

    Je la regardais, elle était en train de sortir de son sommeil. Elle leva les yeux vers moi et me souria.

    Noooonnnnn !!!!! Je suis trop égoïste. Je l’aime tellement.

    Comment pourrais-je m’éloigner de ce si grand bonheur ? J’avais besoin de l’embrasser, de la prendre dans mes bras, de sentir sa peau délicate contre mon corps. Je désirais me fondre en elle jusqu’à ne faire qu’un.

     

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