• dans le ciel de londres 1
     
     
     

    Chapitre 1

     

    Le temps était gris, il allait encore pleuvoir. Je regardais par la fenêtre mon café à la main et je regardais au loin la ville.

    Je n’arrivais pas encore à me faire à l’idée que maintenant je vivais à Londres. Il y a encore une semaine j’étais sous le soleil de Californie, la plage, la mer, le soleil et mes parents.

    J’avais pris la décision de prendre mon envol il y a 6 mois de cela. J’avais écrit à différents magazines américains mais rien à part des réponses négatives. C’est alors que je me suis demandée  pourquoi ne pas élargir mon horizon. J’ai postulé dans un petit quotidien londonien et me voici. Je fais enfin le métier dont je rêve depuis longtemps, je suis photographe.

    Oh bien sûr, ce n’est pas un grand journal. Il n’est pas très connu mais je commence à m’y sentir bien et je préfère commencer ainsi histoire de prendre mes marques. Je n’étais pas destinée à faire ce métier, ce n’était au départ qu’une simple passion. J’ai commencé des études pour devenir avocate mais je m’ennuyais, j’avais envie de liberté, de m’évader. Alors je me suis mise à la photographie le weekend et pendant les vacances et j’ai pris des cours pour pouvoir m’améliorer dans les différentes techniques existantes. J’ai adoré ça !

    Mes parents ont très mal pris le fait que j’arrête mes études. Ils me voyaient déjà avocate dans un grand cabinet  à New York. Mais ce n’était pas moi. Quelque chose me poussait à faire selon mon cœur et j’ai choisi la photographie.

    Mon petit frère Andrew et ma petite sœur Bethany me manquent énormément,  je ne pourrai les voir que pour les vacances de Noël. J’attends avec impatience d’avoir ma connexion internet pour pouvoir leur parler le plus possible. J’ai besoin également des mails de ma mère, c’est très dur pour toutes les deux. Nous sommes très fusionnelles et notre séparation est un déchirement pour elle comme pour moi. Mais il fallait que je le fasse, j’ai 23 ans et il est temps pour moi d’avoir ma propre vie.

    Le plus gênant pour moi à part être loin de ma famille c’est le temps qu’il fait ici. Evidemment c’est loin des températures estivales qu’il y a chez moi. Au début je croyais que le brouillard anglais n’était qu’un mythe, et bien non c’est une réalité. Ce matin est d’ailleurs une des premières fois que je vois aussi loin devant moi et ça me laisse songeuse.

    Je regarde mon appartement. Il y a encore quelques cartons pas encore défaits. Je crois que je vais profiter de ma journée de congé pour mettre toutes mes affaires en place. Hier soir j’ai reçu mes meubles, ils sont là dans les cartons, je vais devoir les monter moi-même !

    La cuisine était déjà meublée, ça aide. J’ai vidé mes boites, mes sacs et mes valises. Je cherchais désespérément  quelques outils mais rien, je n’avais rien pour monter mes meubles. Quelle galère ! Je savais qu’au coin de la rue il y avait un genre de quincaillerie, je me suis dépêchée pour me préparer  je voulais vraiment en avoir fini ce soir.

    Je me suis regardée dans la glace. "Pfff ! la tête que j’ai aujourd’hui". J’avais enfilé un jean taille basse, un débardeur blanc et une chemise totalement ouverte en lin blanc. Je me suis brossée les cheveux mais je n’ai pas voulu les attacher, je me mettrais une pince lorsque je reviendrais.

    J’ai pris mon sac, enfilé mes converses et je me suis précipitée pour descendre tous ces escaliers. Il faisait frais, j’aurai dû prendre un blouson. La boutique était au bout de la rue, je voyais déjà la vitrine. Qu’est-ce qu’il me fallait ? Je ne savais pas trop ce dont j’avais besoin. Je m’approchais du comptoir et attendit le vieux monsieur qui discutait déjà avec des clients. Heureusement pour moi il n’y avait pas grand monde. C’était une boutique à l’ancienne. Tout était rangé, classé. Il y avait beaucoup d’odeurs qui se mélangeaient.  Je regardais autour de moi, j’avais l’impression d’être au début du siècle dernier. Pas grand-chose nous indiquait qu’il y avait du matériel moderne. Je me demandais comment j’allais m’en sortir.

    Tout d’un coup la sonnette de la porte s’est mise à tinter. ça m'a fait sourire  il y avait vraiment tout de la boutique ancienne. Je me tournais pour voir qui venait d’entrer.  C’était un homme à peu près de mon âge, enfin je le supposais. Il me tournait le dos mais je pouvais remarquer ses formes qui, ma foi, me plaisaient déjà beaucoup. Ses vêtements étaient à la mode. Humm, j’aimerais qu’il se retourne ! Allez,  fais-moi voir ton visage !

    -          - Mademoiselle ? me dit une voix.

    -          - Oh pardon. Bonjour.

    -          - Bonjour. Que puis-je pour vous ?

    -          - Il me faudrait tout le nécessaire pour pouvoir monter des meubles. Je n’ai absolument aucun outil, est-ce que vous pouvez m’aider ?

    -          - Bien sûr. Je vais vous préparer une boite avec tout ce qui vous sera utile.

    -          - Mais…. Enfin, je n’ai jamais bricolé. Vous pourrez m’expliquer ?

    -          - Oui, me dit-il en riant. Ne vous inquiétez pas. Je ne vais vous mettre que des outils simples d’utilisation.

    Il est parti dans son arrière boutique et j’en ai profité pour regarder si les belles fesses que j’avais aperçues tout à l’heure étaient encore là. Au moment où je me retournais je me suis retrouvée face à  un super beau mec, brun aux yeux bleus. Oh mon dieu, comme j’aimerai me plonger dans ces yeux là. Malheureusement je me suis sentie rougir,  quelle honte. Je baissais mon regard vers mes chaussures, un peu gêné. Pourquoi lorsque les garçons étaient loin de moi je me sentais téméraire comme tout à l’heure et tellement timide lorsqu’ils se trouvaient près de moi.

    -          - Oh excusez-moi. Je vous ai fait peur ? me dit-il d’une voix douce et enchanteresse.

    -          - Euhhh…. Non. Plutôt surprise. Mais c’est de ma faute, je me suis retournée brusquement, je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un derrière moi.

    -          - Je suis désolé, j’étais plongé dans ce livre de menuiserie. Je n’ai pas fait attention.

    J’allais rajouter quelque chose lorsque je vis le vieux monsieur se diriger vers moi. Il tenait à la main une petite boite en fer avec une poignée. Il la déposa sur le comptoir et l’ouvrit. Il y avait là plusieurs outils qu’il sortit à tour de rôle afin de m’expliquer à quoi cela pouvait me servir. Il rajouta une visseuse sans fil assez petite et maniable. Après l’avoir remercié chaleureusement et avoir payé mes achats, je sortis de la boutique sans même un regard pour celui qui s’était montré très patient  en attendant son tour.

    Pourquoi l’ascenseur avait-il décidé de tomber en panne aujourd’hui ? Je me suis tapée les cinq étages et une fois arrivée à l’appartement je me suis écroulée sur le clic clac que j’avais acheté d’occasion à une collègue de travail.

    Ce n’était pas le tout mais il fallait que j’avance. Aller courage !

    A la fin de la journée mes meubles étaient montés, j’étais très fière de moi, j’avais réussi à me débrouiller seule. Je me trainais vers la cuisine et regardais dans le frigo. Il me restait du jambon et des œufs, ce n’est pas ce que je préfèrais mais ça conviendrait pour ce soir. Je m’installais dans le canapé avec mon plateau et allumais mon écran plat tout neuf, le seul luxe que je m’étais permis. Avant de partir, mes parents m’avaient offert un ordi portable et mis de l’argent sur mon compte pour réussir à me meubler rapidement. Et comme j’avais été raisonnable dans mes achats il m’en restait encore pratiquement la moitié, rien de négligeable en cas de coups durs.

    Je regardais une série TV sans m’y accrocher mais cela se regardait facilement et je n’avais pas envie de me creuser la tête à cet instant. Le lendemain il fallait que je me lève tôt, j’avais une mission, couvrir l’évènement de l’ouverture d’une nouvelle boutique dans un des quartiers chics de Londres. J’étais un peu excitée mais à la fois j’étais inquiète, il ne fallait pas que je me plante sur ce coup là.

     

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    ciel

     

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    Chapitre 2

     

    Je regardais pour la troisième fois ma sacoche. Je n’avais pas envie d’oublier quelque chose. Je me suis habillée avec soin avec une robe noire très sobre mais très actuelle à la fois. Je m’étais fait une unique tresse qui retombait au milieu de mon dos, je n’avais pas voulu d’une coiffure trop sophistiquée je réservais cela pour d’éventuelles soirée à couvrir. J’avais choisi de me maquiller très légèrement, il devait rester discret.  Je n’étais pas très à l’aise avec des talons mais je savais que je n’avais pas le choix. Heureusement pour moi, l’ascenseur avait été réparé ce matin. Je l’avais remarqué lorsque je suis allée chercher mon courrier.

    Le journaliste qui devait écrire l’article devait passer me prendre car je ne connaissais pas encore Londres et je risquais de me perdre et de ne pas être à l’heure. Je suis descendue, je savais que j’avais encore un peu de temps mais je ne voulais pas le faire attendre. Je n’appréciais pas tellement Gilbert, il avait la quarantaine passé, les cheveux poivre et sel, et la facheuse habitude de machouiller un cure-dent. Il avait toujours l’air renfrogné et parlait aux femmes assez sèchement. J’ai vu son air étonné lorsqu’il m’a vu devant  la porte du hall d’entrée. Je crois qu’il était très étonné de me voir prète à l’heure. Il ne m’a pas adressé la parole de tout le trajet, il n’avait pas trop apprécié que le boss lui demande de me prendre au passage.

    Une fois arrivée, il s’est dirigé vers la propriétaire de la boutique afin de lui poser ses questions et pouvoir se tirer de là vite fait. Je savais à peu près dans quel quartier j’étais et s’il me laissait planter là je crois que je retrouvais assez facilement mon chemin. De toute façon j’avais toujours dans ma sacoche un plan de la ville au cas où. La boutique était sublime. Dès que l’on était à l’intérieur on se sentait à l’aise. J’ai pris plus de photos que j’en avais besoin, je ferais mon tri ce soir devant mon ordi. C’était un endroit chic qui allait bien avec le quartier et le choix des matériaux était simple et  classe à la fois. Tout était en bois. Le travail effectué était magnifique. J’étais plus impressionné par le travail qui avait été fait plutôt que par ce que l’on vendait dans cette boutique. Et pourtant j’aimais ce que je voyais sur les comptoirs. Nous allons résumé cela à de la déco chic. C’était très coloré mais pas vulgaire. La boutique était lumineuse et quelque part elle avait un air féérique.  Je pense que mes photos seront sublimes, il y avait de la lumière naturelle là où il fallait et au moment où il fallait.

    J’avais terminé et rangeais mon matériel. Gilbert était toujours en train de questionner la toute nouvelle propriétaire alors je décidais d’attendre pour voir si il comptait me déposer chez moi. Je touchais délicatement les boiseries des comptoirs, le bois était lisse sans accros, un vrai travail d’orfèvre avec ses moulures travaillées.

    -          - Ça vous plait ?

    Cette voix je la connaissais, mais où ? Je me suis retournée et je me suis retrouvée encore une fois face à face avec de super yeux bleus que je voyais pour la deuxième fois en deux jours. C’était mon inconnu de la boutique de bricolage.

    -          - Oui, beaucoup. J’aime touché le bois lorsqu’il est tout juste travaillé. Avant que le temps ne l’abime, lorsqu’il est encore lisse. Celui qui a fait la boutique a fait un super travail, elle est vraiment magnifique.

    -          - Merci.

    -          - Oh ! C’est vous qui avez fait ces comptoirs ?

    -          - Oui, les comptoirs et le devant de la vitrine.

    -          - J’aime beaucoup, vraiment.

    -          - Je suis heureux que ça vous plaise. Je ne me suis même pas présenté, je m’appelle Simon Angel.

    -          - Enchantée, moi c’est Kathleen, Kathleen Anderson.

    Mais évidemment c’est à ce moment là que choisit ce cher Gilbert pour se manifester. Il était prêt à partir et m’attendait avec impatience. Je pris poliment congés de Simon ainsi que de la propriétaire du magasin et suis sortie. Gilbert marchait vite, il ne comptait pas trop m’attendre, je courrais presque et ce n’était pas facile pour moi d’accélérer le pas avec ces maudits talons hauts.

    J’étais essouflée en entrant dans la voiture. J’avais décidé de ne pas dire un mot du trajet de toute façon je ne crois pas que mon chauffeur du jour m’aurait fait la conversation. On voyait bien que d’être obligé d’écrire un article sur une boutique ne l’enchantait guère, il devait préférer les  rencontres sportives ou bien des sujets un peu plus masculin. Mais d’après  Jacklyn une collègue du journal il n’avait pas le choix, il avait eu beaucoup de problèmes de comportement et les grands journaux du pays ne voulaient plus avoir affaires à lui. Je crois que je pouvais comprendre ce qu’il ressentait  enfin juste un peu. J’espère que la prochaine fois je serais accompagné de Judith, c’est une très bonne journaliste et elle est super, un peu bizarre mais très sympa. D’ailleurs c’est elle qui m’avait vendu son canapé et qui avait eu la gentillesse de m’emmener dans un magasin de meubles vraiment pas chers. Pour aujourd’hui j’avais hâte de rentrer, l’atmosphère devenait étouffante.

    Il était 18 heures et maintenant il devait y avoir foule dans le magasin. Nous avions eu le droit de faire notre article juste avant l’inauguration. Notre journal ne cherchait pas ce genre de photo, pleins de monde et de personnalités, il recherchait les perles rares, il voulait faire de la pub pour cette nouvelle boutique mais pour ce qu’il y avait dedans et non pour les personnes qu’elles pourraient attirer. J’avais envie de prendre ma douche maintenant histoire de mettre mon vieux survêtement et de me mettre au boulot tout de suite après un repas léger. Je savais que je travaillerais tard et que je grignoterais à un moment ou un autre.

    J’étais satisfaite de mon travail. Les photos étaient sublimes, comme je me l’imaginais. La lumière naturelle de la boutique y était pour beaucoup. En fin de compte je n’avais pas trop besoin de faire des retouches. Juste gommer quelques défauts ici ou là. Le plus dur a été de choisir ce que je présenterais demain au Boss.

    Je frottais mes yeux. Il était temps pour moi d’aller me coucher, j’avais passé un peu trop de temps devant mon ordinateur. Mon dossier était clos, je me suis levée et me suis dirigée vers ma chambre. Là, je m’écroulais de fatigue et me suis endormie rapidement d’un sommeil sans rêve, enfin je crois.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 3

     

    Aujourd’hui c’est samedi et je n’ai aucune mission. J’étais plongée dans l’article que j’avais couvert avec Gilbert et admirais surtout les photos misent ici ou là sur la double page. Ça rendait vraiment bien, j’étais ravie de mon travail. Le boss aussi avait apprécié les photos et j’avais eu droit à une petite prime supplémentaire ce qui n’était pas négligeable.

    C’était le premier weekend que j’avais depuis mon arrivée et je ne savais pas ce que je pouvais faire pour passer le temps. Ma collègue et amie devait venir me chercher ce soir pour aller prendre un verre dans un pub qui faisait également karaoké. Je m’inquiétais en espérant que Judith ne m’entrainerait pas sur l’estrade afin de se ridiculiser sur une chanson. Cet après-midi j’irais faire quelques courses afin de remplir mon frigo.

    Depuis que j’étais en Angleterre, je me nourrissais très mal, je grignotais plus que je ne mangeais et il fallait que j’y remédie. Il fallait que je m’organise et que je me force à me faire de bons petits plats. J’étais assez bonne cuisinière et je préparais souvent les repas pour ma famille. C’est vrai faire à manger que pour soi-même n’est pas très motivant mais je devais me prendre en main. J’ai regardé dans la cuisine ce qui pouvait me manquer et auquel je n’avais pas encore pensé. J’étais décidé à m’acheter un wok ça faisait longtemps que je voulais essayer. J’ai fait une longue liste et je me suis dit que je ne pourrais jamais ramener tout ça du magasin. Je me suis décidée à téléphoner à ma collègue pour savoir si elle avait du temps à me consacrer pour m’emmener à la grande surface près de la gare. Malheureusement elle n’avait pas le temps mais elle m’indiqua tant bien que mal où se trouvait un magasin qui livrait tous nos achats dans la journée.

    J’allais me préparer lorsque j’entendis à ma fenêtre une plainte. Je me suis approchée et j’ai ouvert sur qui ressemblait à un tout petit balcon. Là, gisait un chat qui semblait être blessé. Le pauvre il avait dû faire une sacré chute. Je me suis souvenue que j’étais pratiquement au dernier étage et que même si il était tombé il n’aurait pas pu se blesser. C’était un chat et un chat ne retombe-t-il pas toujours sur ses pattes ? Je m’approchais doucement tendant la main vers lui. Il a ouvert les yeux et a essayé de se relever en grognant légèrement. Je l’ai laissé renifler mes doigts et il a fermé les yeux. J’ai cru qu’il était mort alors j’ai posé ma main sur son flan cette fois et j’ai senti sous mes doigts sa respiration. Je l’ai pris délicatement et je l’ai rentré à l’intérieur de l’appartement. Je ne savais pas ce que je devais faire. Il était peut-être gravement blessé. J’ai pris mon vieux pull qui se trouvait là sur la chaise et je l’ai installé dessus. Il fallait que je trouve soit l’adresse d’un vétérinaire, soit son propriétaire.

    Je suis descendue le plus vite possible pour demander à la gardienne si il y avait un vétérinaire pas très loin et j’en ai profité pour lui demander si elle pouvait me donner le nom des propriétaires de chat dans le coin. Lorsque je suis remontée le cœur battant j’avais dans la main l’adresse d’un vétérinaire à trois rues d’ici. Le chat a ouvert les yeux en me sentant approcher. Je l’ai enveloppé délicatement de mon pull, j’ai pris mon sac et mes clefs et j’ai pris le chemin de la clinique vétérinaire.

    L’endroit n’était pas très accueillant. Ils avaient dû s’installer dans une ancienne boutique. Nous arrivions tout de suite dans ce que l’on pourrait appeler une salle d’attente où se trouvaient quelques chaises en plastique marron. Dans un coin une étagère faite maison avec de vieux magazines et sur ma droite un comptoir avec une sonnette d’appel posée dessus. Je commençais à croire que je m’étais installée dans un des plus vieux quartiers de Londres et que le temps s’était arrêté aux années 40 ou 50. Mais je n’étais pas là pour ça et j’ai appuyé plusieurs fois sur cet objet sorti tout droit d’un comptoir d’hôtel.

    Je commençais à m’impatienter lorsqu’une porte s’est ouverte et qu’une femme de 45 – 50 ans s’est présentée à moi. C’était elle le vétérinaire et m’a pris mon fardeau en me demandant d’attendre là. Je n’avais pas envisagé de rester mais je n’avais pas eu le temps de lui dire que cet animal ne m’appartenait pas. Tant pis je vais attendre histoire d’avoir des nouvelles rassurantes de mon blessé clandestin. Je regardais l’heure et me demandais si ça allait encore être long, j’avais des courses à faire et à me préparer pour la soirée.

    Au bout d’une demi-heure la porte s’est ouverte sur un jeune garçon cette fois-ci qui me pria de le suivre.

    Je suis entrée dans une salle où se trouvait le vétérinaire ainsi que le chat qui avait l’air inconscient sur la table d’oscultation.

    -          - Ne vous inquiétez pas mademoiselle votre chat va très bien, il est un peu choqué par sa chute mais il s’en sort avec seulement une patte cassée. Nous lui avons platré sa patte et lui avons administré des calmants. Il faudrait le surveiller cette nuit et faire en sorte qu’il suive son traitement pendant 3 ou 4 jours.

    -          - Attendez ! Il faut que je vous explique. Ce n’est pas mon animal. Je l’ai trouvé sur mon balcon et je ne sais pas à qui il appartient. Je vais payer les frais mais si vous pouviez le garder et retrouver ses maîtres je vous en serais  très reconnaissante.

    Le vétérinaire avait l’air un peu sceptique et a voulu savoir si ce chat était fiché dans la base de données. Pour cela elle lui passa un appareil pour détecter si il est pucé. Bingo ! Il l’était. La chance était  de mon côté. Elle a pris son téléphone et a appelé le numéro qui était noté sur son ordinateur. Quelqu’un décrocha et après quelques minutes d’une conversation assez houleuse elle reposa le combiné et se tourna tristement vers moi.

    -          - Je suis désolée mais sa propriétaire est décédée il y a quelques semaines et j’ai eu son fils. Il a voulu chasser le chat en le jetant par la fenêtre et je ne sais comment il a atterri chez vous. J’aimerais porter plainte mais je sais que ça ne servirait à rien. Malheureusement pour ce chat je vais être obligée d’appeler la fourrière pour qu’ils viennent le chercher.

    -          - Et que va-t-il lui arriver ?

    -          - Si personne ne veut de lui et bien ils vont comment vous dire cela ? Ils vont faire en sorte qu’il ne soit plus un fardeau pour eux. Je suis désolée.

    Je me dirigeais vers la sortie et m’arrêtais au comptoir afin de régler les frais de l’intervention. Au moment de franchir la porte je me suis arrêtée en songeant que je ne lui avais même pas dit au-revoir. C’est à ce moment là que j’ai su que je ne repartirais pas sans lui.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 4

     

     

    J’étais dans le métro et regardais le plan ainsi que les indications que Judith m’avait donné par téléphone pour me rendre à ce magasin.

    Une fois certaine que j’étais sur le bon trajet je retournais à mes pensées. J’avais encore du mal à croire que maintenant j’étais l’heureuse propriétaire d’un chat. Je n’avais pas pu le laisser en sachant ce qui lui arriverait. Lorsque je l’ai ramené tout le long du chemin il a ronronné comme si il savait que je ne l’abandonnerais pas.

    Une fois dans le magasin j’ai voulu m’assurer qu’ils faisaient bien les livraisons je ne me voyais pas refaire le chemin du retour les bras chargés ou même prendre un taxi.

    La facture était salée mais j’étais contente d’avoir trouvé tout ce dont j’avais besoin. Nous avions convenu que la livraison s’effectuerait dans deux heures ce qui me permettrait de rentrer et de faire un peu de rangement.

    Mon chat s’est légèrement réveillé lorsque je suis rentrée. Je suis allée voir s’il allait bien et lui ai gratouillé le menton, il ronronnait de contentement. C’était très agréable de sentir que quelqu’un nous attendait en rentrant chez soi. Je me sentirais moins seule et j’aimais cette sensation.

    Je n’avais plus qu’une heure pour me préparer avant que Judith ne vienne me chercher. Je n’avais pas très envie de sortir, j’étais crevée de ma journée mais il fallait que je sorte, que je me fasse des amis. Depuis que j’étais ici, à Londres, mon réseau social en avait pris un sérieux coup. Mais j’avais fait le choix d’un nouveau départ abandonnant famille et amis et il fallait que je l’assume et que j’aille de l’avant.

    Mes placards s’étaient remplis, mon frigo aussi. J’avais trouvé un endroit discret pour mettre la litière de mon nouveau compagnon ainsi que pour son bol d’eau et sa petite assiette rigolotte.

    Il était temps pour moi de prendre une douche et de me pomponner.

    J’avais choisi la sobriété, un jean et un superbe petit haut tendance, enfin tendance en amérique. Un maquillage léger, je ne voulais pas que tout dégouline sur mon visage s’il faisait une chaleur étouffante dans la salle, et une queue de cheval haute. Je me regardais une dernière fois dans la glace avant de quitter ma chambre, parfait, ça irait comme ça. J’avais encore un peu de temps et j’en ai profité pour faire prendre ses médicaments à ce moteur ambulant qui était en boule sur mon canapé.

    La soirée était fraiche et j’attendais Judith depuis 5 minutes devant le batiment. Heureusement j’avais pris mon manteau plutôt que ma petite veste assortie à mon pantalon.

    J’essayais de sourire à la vue de la mini-austin de Judith qui était bondée. Elle ne m’avait pas dit que nous ne serions pas seules. J’espérais que là où nous allions n’était pas à une demi-heure de route car j’avais vraiment l’impression d’être comme une sardine dans sa boite. A côté de Judith se trouvait un certain Andrew qui n’arrêtait pas de parler tout en dévorant mon amie des yeux. A l’arrière avec moi, un homme et une femme, Richard et Peggy.

    J’étais rassurée de voir que la salle de karaoké n’était pas si bondée que je ne me l’avais imaginé.

    Nous nous sommes installés pas très loin de l’estrade sur une des plus grandes tables. Est-ce que nous attendions d’autres personnes ? Il fallait que j’en ai le cœur net et m’installa à côté de Judith.

    -          - Tu ne m’avais pas dit que nous serions autant.

    -          - J’avais peur que tu refuses de venir. Nous attendons encore trois autres de mes amis et nous serons prêts à faire la fête. Tu ne m’en veux pas ?

    -          - Non. Et puis tes amis ont l’air charmant. Comment sont les autres ?

    -          - Ce sont des amis français qui travaillent à Londres depuis quelques années maintenant, Rachelle une belle blonde aux yeux bleus mais avec un humour déconcertant, Charlotte une brunette petite et un peu ronde mais d’une incroyable vivacité et Guillaume un très beau garçon et …. Célibataire.

    -          - Tu n’as pas organisé tout ceci pour me caser j’espère ?

    -          - Non. Je voulais que tu rencontres des gens et pour l’instant je n’ai que mes amis à te proposer.

    Les trois retardataires sont arrivés enfin. Nous avons pu passer commande. J’essayais d’être raisonnable dans mes choix de boissons, je n’avais pas envie d’être ivre pour ma première sortie. Evidemment Judith m’a entrainé avec elle sur l’estrade afin de chanter une chanson des Beatles « Yesterday ». La soirée était un succès, nous nous amusions comme des fous et je me suis laissée prendre au jeu. J’aimais beaucoup Charlotte, elle était pleine de vie, pétillante et heureuse de s’amuser. Judith n’avait d’yeux que pour son chevalier servant. D’ailleurs il va falloir qu’elle m’en parle au boulot car je la croyais célibataire. Richard et Peggy étaient dans leur bulle et Rachelle essayait désespérément de faire chanter Guillaume. Ce dernier était charmant, un peu trop charmant. Je ne savais pas trop quoi en penser, il était beau, brun, grand, élégant avec de magnifiques yeux noisettes mais quelque chose en lui me dérangeait. Je ne savais pas ce que c’était mais dans ma tête une alarme se déclenchait chaque fois qu’il posait son regard sur moi.

    -          - Et si nous finissions la soirée au Darling ?

    -          - Au quoi ? demandais-je à Judith.

    -          - C’est une boîte branchée à quelques pâtés de maisons de ton appartement. Le DJ est super, moi je suis partante.

    Les boîtes branchées ou non ne m’avaient jamais attiré. J’aimais danser mais ces endroits me faisaient horreur.

    -          - Je suis désolée mais je ne suis pas partante. Je suis crevée, je vais rentrer. Mais allez-y et amusez-vous. J’ai vraiment été ravie de faire votre connaissance et j’ai passé une super soirée.

    -          - Tu es sûre ? me demanda Judith.

    -          - Oui, sûre et certaine. Mais ne t’inquiètes pas je vais prendre le métro, je crois qu’il y en a encore à cette heure-ci.

    -          - Tu es folle. Je vais te déposer au bout de ta rue c’est sur notre chemin.

    Après un dernier signe et un dernier regard sur les feux arrières des deux voitures me raccompagnant je pris le chemin de mon appartement. Il n’y avait personne tout était calme, trop calme peut-être. Je savais que je n’étais qu’au tout début de la rue et que j’avais encore plusieurs centaines de mètres à parcourir.

    J’essayais d’allonger le pas, je n’étais pas d’une nature peureuse mais je sentais lorsque quelque chose n’allait pas. Ce silence m’inquiétait et je ne sais pas pourquoi mais je me savais en danger. Lorsque tout d’un coup je me suis sentie happée par l’arrière. J’allais pousser un cri lorsqu’une main ferme s’est posée sur ma bouche. Je tremblais et mes larmes commençaient à se répandre abondamment sur mes joues. Ils étaient deux et pendant que le premier me tenait fermement le deuxième répandait sur le sol le contenu de mon sac. Ils trouvèrent l’argent liquide ainsi que la chaine en or de ma grand-mère sur laquelle pendait son alliance qui ne quittait jamais mon sac.

    -          - Eh vous, lâchez-la !

    Une voix et des bruits de pas. J’allais être sauvée et mon cœur tambourinait si fort qu’il allait s’en doute exploser d’un moment à l’autre.

    Les deux agresseurs prirent leurs jambes à leur cou et s’enfuirent aussi vite qu’ils étaient apparus. Seulement en me lâchant je perdis l’équilibre et tomba sur le sol en me cognant la tête contre la porte qui se trouvait là. Et ce fut le trou noir.

     

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    POV de SIMON

     

    Il faisait froid cette nuit mais quelque chose m’avait poussé à sortir. Peut-être un vieux réflexe de ma vie d’avant. Ça faisait une heure que je marchais et je me suis rendue compte que je me trouvais encore une fois dans cette rue. Cela m’arrivait de plus en plus souvent depuis que mon regard avait croisé celui de cette magnifique photographe. J’allais faire demi-tour pour rentrer lorsqu’au loin j’ai vu deux hommes agresser une jeune femme. Mon instinct se réveillait et il fallait que je lui porte secours. Je courrais comme si j’avais un besoin vital de la sauver.

    -          - Eh vous, lâchez-la ! criais-je aux agresseurs.

    Je fus surpris de voir qu’ils lâchaient prises si rapidement mais je pus remarquer que ce n’était que des toxicos qui étaient plus en recherche d’argent pour se payer leur dose plutôt que d’une bonne bagarre. Ils s’enfuirent aussitôt laissant cette jeune fille tremblante perdre l’équilibre et tomber lourdement sur le sol avant de s’évanouir.

    Plus je me rapprochais d’elle, plus mon cœur battait. Et j’ai su à cet instant que la jeune fille allongée là sans connaissance était celle qui me faisait sortir de mon atelier pratiquement chaque nuit. Je me suis approché pour voir si elle n’était pas blessée. Elle était juste évanouie mais si je ne mettais pas de la glace tout de suite sur sa tête elle aurait une jolie bosse demain matin. Je remis ses affaires dans son sac, regarda sur ses papiers son adresse exacte et mis ses clefs dans ma poche. Je la pris dans mes bras et la ramena chez elle.

    Elle était toujours inconsciente lorsque j’arrivais au milieu de son salon. J’allais l’étendre sur le canapé lorsque j’ai entendu comme un feulement. Un chat, elle avait un chat.

    -          - Désolé de te déranger mon vieux mais il me faut prendre soin de ta maitresse.

    J’allumais la lumière du salon et regardais autour de moi afin de trouver le chemin de la chambre. Je la posais délicatement sur son lit et allait chercher des glaçons en espérant qu’elle en aurait dans son freezer.

    J’avais trouvé ce que je cherchais et posais la poche glacée à l’endroit du choc. Elle tressaillit par le froid mais n’a pas ouvert les yeux. Elle respirait calmement et semblait reprendre peu à peu des couleurs. La lumière du couloir éclairait faiblement la pièce mais je pouvais distinguer ses traits et la regarder à ma guise.

    Retourner chez moi m’étais impossible, du moins tant que je n’aurais pas la certitude qu’elle aille mieux. Mais que va-t-elle penser lorsqu’elle me trouvera chez elle ? Je ne voulais pas y songer maintenant. J’ai réussi à lui enlever délicatement son manteau et ses chaussures et à la mettre sous les draps. J’aurais aimé en faire plus mais cela aurait été indescent.

    J’étais là à la regarder en tenant la poche de glace fondu dans mes mains. Ce furent des miaulements intensifs qui me sortir de ma rêverie.

    Je suis sorti de la chambre pour m’approcher du canapé. Son chat me fixait, il savait qui j’étais enfin ce que j’avais été avant.

    -          - Elle va bien. Elle a juste besoin de se reposer. Je vais te transporter auprès d’elle et je viendrais m’installer ici en attendant son réveil.

    Je pense qu’il était reconnaissant de ce que je venais de faire car à peine venait-il d’être posé auprès de sa maitresse qu’il ronronnait de plaisir.

    Je retournais dans le salon en me demandant ce qui avait bien pu arriver à ce pauvre animal et regardais autour de moi. L’intérieur était simple et accueillant. Elle n’avait pas beaucoup de meubles et le si peu avait été monté par ses soins sans doute, car la première fois que je l’avais vu elle était dans cette quincaillerie.

    C’était pas si mal, elle s’en était bien sortie.

    Je ne voulais pas entrer dans son intimité encore plus que je ne l’avais déjà fait. Je me suis installé sur le canapé et j’ai remarqué le magazine ouvert sur cette double page. C’était la boutique que j’avais retapé. Ses photos étaient magnifiques, elle avait su faire ressortir mon travail comme je l’avais imaginé. La lumière faisait ressortir chaque détail, chaque sculpture. C’était magnifique.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 5

     

    Je me réveillais doucement encore toute retournée de ce fichu cauchemars. Ma tête me faisait mal et je touchais une légère bosse. J’ai pris tout d’un coup conscience que ce n’était peut-être pas un rêve, je me souvenais de l’agression maintenant. Mais comment m’en étais-je sortie ?

    J’ai voulu me lever mais avec trop de précipitation et j’ai senti le besoin de me rassoir. J’essayais de reprendre mes esprits lorsque j’entendis les ronronnements proches de mon colocataire. Il était sur mon lit et me regardait.

    -          - Je vois que quelqu’un t’a déposé là. Merci d’avoir pris soin de moi, lui dis-je en lui grattant la tête.

    Me sentant plus forte, j’ai refait un essai et me suis relevée plus doucement cette fois. Je me demandais si la personne qui m’avait sauvé de cette agression se trouvait toujours dans mon appartement ou bien si une fois sortie de ma chambre je trouverais les pièces vides de tous mes meubles. Apparemment rien n’avait changé. Je marchais sans faire de bruit et à l’affût. On ne sait pas sur qui je vais tomber. Mais il est peut-être déjà parti en voyant que j’allais mieux et en sécurité chez moi. J’avançais vers le clic clac lorsque j’ai entendu un bruit. Quelqu’un bougeait sur mon canapé. Je m’approchais encore et je vis un homme endormi à moitié assis à moitié couché dans une posture assez inconfortable d’ailleurs. Il avait l’air paisible et dormait d’un profond sommeil. Je me baissais afin de voir son visage car ce corps, ce physique, cette couleur de cheveux me disait quelque chose. Simon ! Mais oui c’était bien lui, mon inconnu de la quincaillerie, le menuisier de la boutique de déco chic.

    Je ne savais même pas qu’il habitait dans mon quartier. Je pouvais enfin le regarder plus intensément sans honte. Il avait les traits fins mais marqués à certains endroits, ses cheveux avait l’air bien entretenus et soyeux, ses yeux étaient fermés mais pas crispés, apaisés. Sous ce tee-shirt devait se cacher un corps doux et musclés, mais pas trop. Si on m’avait demandé de décrire l’homme idéal, l’homme de mes rêves je crois que sans le savoir c’est exactement lui que j’aurais décrit. Mais il avait l’air trop parfait pour que ce soit vrai, il devait certainement y avoir quelque chose qui clochait. Un mauvais caractère ? Je ne crois pas il m’avait semblé doux et gentil à la boutique à moins que ce ne soit qu’une façade, un rôle qu’il tient pour attirer les jeunes femmes dans sa toile et qu’il ne soit trop tard pour qu’elles s’aperçoivent que ce n’est qu’un pervers.

    Je me suis dirigée vers la cuisine et j’allais préparer du café lorsque j’ai aperçu dans l’évier une poche de glace. Machinalement je touchais ma tête à l’endroit même où se trouvait une minuscule bosse. Il ne s’était pas contenté de me ramener il s’était occupé de moi. Je souriais légèrement et décidais qu’il n’était pas un pervers.

    J’étais allée chercher mon chat et le ramenait à la cuisine afin de lui donner à manger ainsi que ses médicaments.

    L’odeur du café commençait à se répandre dans l’appartement et je mis une brioche à réchauffer dans le four.

    -          - Bonjour, je vois que tu vas beaucoup mieux.

    J’ai sursauté avant de me retourner et de voir mon sauveur dans l’encadrement de la porte.

    -          - Oh pardon, je ne voulais pas te faire peur. L’odeur du café m’a réveillé et je voulais savoir si tu allais bien.

    -          - Je vais bien, merci. J’ai eu un peu de vertiges en me levant mais maintenant ça va mieux. Je voulais te remercier pour hier soir…. Enfin… pour cette nuit. Sans toi je serais peut-être à l’hôpital ou même à la morgue à l’heure qu’il est.

    -          - Ce n’est rien. Je passais par là. Il y a des nuits où j’ai des insomnies et me ballader dans le silence de la ville m’aide beaucoup. On va dire que j’ai eu la chance d’être là au bon moment. Je vais te laisser. Maintenant que j’ai la certitude que tu vas bien je vais rentrer chez moi.

    -          - Attends ! Ne pars pas, j’ai du café et de la brioche chaude. Reste pour le petit déjeuner, je te dois bien ça.

    Je lui fis mon plus beau sourire pour le persuader de rester et lorsqu’il m’a fait un signe d’acquiessement de la tête il a dû remarquer que mes yeux brillaient de joie. Je ne savais pas si j’avais raison mais je voulais en savoir plus sur lui, je voulais apprendre à le connaitre. Je voulais savoir pourquoi mon cœur battait si fort en sa présence et pourquoi son odeur  m’attirait au point que je désirais me blottir dans ses bras. Je ne le connaissais pas et on s’était vu seulement deux fois. Mais c’est comme si je le connaissais depuis toujours, comme une certitude de l’avoir déjà connu auparavant. Et pourtant si j’avais déjà croisé ce regard, ces yeux, je m’en serais souvenu pour le reste de ma vie.

    Je lui ai servi un bol de café et mis sur un plateau brioche, confiture, miel, sucre afin d’aller nous installer dans le salon.

    -          - J’ai vu les photos dans le magazine, me dit-il subitement.

    -          - Oh ! Oui ! Il va sortir dans quelques jours mais nous avons un exemplaire par le journal. Elles te plaisent ?

    -          - Oui, elles sont magnifiques. Je te suis très reconnaissant pour avoir mis en valeur mon travail.

    -          - Tu es menuisier ?

    -          - Oui. Enfin depuis peu de temps. Je bricole, je rends des services, je répare, je raffistole, enfin bref je suis mon propre chef.

    -          - Oh ! ça doit être dur, lui dis-je gênée.

    -          - Je ne suis pas un vagabond, j’ai un logement et je suis à jour dans mes factures, me dit-il sèchement en se levant.

    -          - Je ne voulais pas te blesser. Je suis désolée, j’ai manqué de tact. Je ne voulais pas être désagréable, j’ai un boulot fixe et j’ai des fois du mal à faire des projets. Oh bien sûr ça ne fait que quelques semaines que je suis à Londres mais les temps sont durs et il faut avoir une bonne mutuelle et un peu d’argent de côté pour survivre ici.

    -          - Excuse-moi, je ne voulais pas m’énerver. Mais je ne sais pas pourquoi j’ai besoin que tu ne pense pas ça de moi.

    J’avais encore ses paroles dans ma tête, il avait besoin que je pense qu’il est quelqu’un de bien. Cet attirance était-elle réciproque ?

    -          - Je crois que quelqu’un s’impatiente dans la cuisine, me dit-il en me regardant dans les yeux.

    -          - Je l’avais oublié. Je ne suis pas encore habituée, je ne suis sa propriétaire que depuis hier. Je l’ai sauvé d’une mort certaine, on voulait l’emmener à la fourrière.

    Je le ramenais et l’ai installé entre nous deux.

    -          - Tu es un peu comme son ange gardien, me dit-il d’une voix douce, tout en caressant l’animal.

    -          - Sans doute. Un peu comme toi, tu es le mien, lui dis-je sans oser le regarder.

    J’ai senti tout de fois qu’il se crispait à l’énoncé de ma dernière phrase. Sa main s’était même arrêtée un moment avant de reprendre le va et vient des caresses que j’aurais aimé sur mon corps plutôt que sur celui de mon chat.

    -          - Comment s’appelle-t-il ?

    -          - Qui ? Oh oui, le chat, lui demandais-je en rougissant.

    C’est vrai que je n’y avais pas encore songé et c’est comme une évidence lorsque j’ai laissé échapper un son de ma bouche.

    -          - Angel, il s’appelle Angel.

    -          - Pourquoi Angel ? Qu’est-ce qui t’a fait choisir ce nom ?

    -          - Et bien je dois te l’avouer je n’en avais pas encore trouvé un lorsque tu me l’as demandé mais ça m’est venu comme ça parce que c’est comme ça qu’il doit s’appeler.

    Il gardait le silence et caressait toujours l’animal et lorsque j’ai voulu moi aussi lui gratouiller le cou nos mains se frolèrent. Une chaleur a parcouru mon corps en partant de mes doigts jusqu’à la pointe de mes orteils. Lui aussi avait dû le ressentir car il regardait sa main en la tenant de l’autre. Que c’était-il passé ? Etait-ce ça le coup de foudre ? Car je venais de réaliser que depuis que j’avais croisé ce regard ce serait lui et personne d’autres. Je n’avais pas vu les signes mais maintenant j’avais retrouvé mes esprits et désirais plus que tout au monde partir à l’autre bout de la planète avec lui, seulement lui.

    Il se leva, pris son blouson et se dirigea vers la porte.

    Pourquoi s’éloignait-il de moi ?

    -          - Tu es vraiment obligé de partir tout de suite ?

    -          - Oui. C’est mieux comme ça.

    -          - Je…. Je te reverrais ?

    -          - Je ne sais pas. Je ne dois pas te revoir.

    -          - Pourquoi ? lui dis-je les larmes aux yeux.

    -          - Parce que tu aurais des ennuis et tu ne mérites pas ça.

    Il essuya une de mes larmes avec son pouce et m’embrassa tendrement sur la joue avant de descendre rapidement les escaliers sans même un regard dans ma direction.

    Je restais là un moment sur le palier sans comprendre ce qui m’arrivait, sans comprendre ses paroles.

     

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    .....ooOoo.....

     

     

    POV de SIMON

     

    J’arrivais à l’atelier que me servait aussi d’appartement assez essoufflé d’avoir couru tout le long du chemin.

    J’avais du mal à reprendre une respiration calme afin que mon cœur ait un rythme plus normal. Je savais que j’aurais dû la laisser cette nuit lorsque j’ai compris qu’elle allait bien. Pourquoi n’étais-je pas parti avant qu’elle ne sache que c’était moi qui l’avais sauvé de ces deux types.

    Pourquoi cette erreur ? Par égoïsme je suppose.

    Me réveiller par l’odeur du café, la regarder avant qu’elle ne sente ma présence avait été un pur bonheur. Mais ce qui m’avait fait chavirer le cœur c’est d’avoir enfin connu la joie de la vie à deux en partageant un petit déjeuner avec l’amour de sa vie. Une vie de couple je n’en avais pas le droit, ce bonheur m’était interdit.

    Qu’avais-je fait de si grave ? Pourquoi une telle punition ? Me faire payer mes fautes m’avait déjà couté bien cher. Ce n’était pas juste, je ne le méritais pas.

    Je sentais encore la chaleur que j’avais éprouvé en frôlant ses doigts, elle se répandait encore dans chaque partie de mon corps. Je n’avais jamais ressenti cela de toute mon existence.

    J’avais tellement désiré la prendre dans mes bras, sentir la chaleur de son corps, le parfum de ses cheveux mais je n’y avais pas droit.

    Je touchais du bout des doigts mes lèvres qui l’avaient embrassé pour une unique et seule fois. Elle n’a pas dû comprendre ma réaction. Elle était restée là devant sa porte, les yeux remplis de larmes.

    Je pris un objet qui se trouvait là et je l’ai envoyé fortement contre le mur.

    Je souffrais tellement, m’éloigner d’elle serait la première chose que je devais faire même si mon cœur se le refusait.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 6

     

    Cela faisait un mois que j’avais été agressée et un mois que je n’avais aucune nouvelle de Simon. Je sentais encore son baiser sur ma joue et son visage hantait mes nuits. J’avais même été voir si je le voyais à la quincaillerie. Le vieil homme qui m’avait si bien renseigné la dernière fois m’a dit que ça faisait un moment qu’il ne l’avait pas vu. Mais que c’était quelqu’un de très demandé.

    Je m’en voulais de lui avoir dit que sa vie devait être dure, il avait semblé très déçu que je le crois sans domicile et sans argent. J’aimerais tellement avoir l’occasion de me faire pardonner.

    Heureusement que j’avais mon boulot ça me permettait de penser à autre chose. Judith n’arrête pas de me dire de l’oublier et que je devrais accepter les invitations perpétuelles de son ami Guillaume. Mais je n’aime pas cet homme, quelque chose chez lui me perturbe et ça me fait froid dans le dos de m’imaginer seule avec lui. Et pour être franche mon cœur ne bat que pour un seul homme. Un homme beau et très énigmatique Simon.

    Chaque soir je prenais mon café à la fenêtre espérant le voir. Il m’avait dit que lorsqu’il n’arrivait pas à dormir il marchait dans les rues silencieuses. Mais chaque soir il n’y avait personne et ça me faisait mal. Il me hantait de plus en plus. Je regardais Angel qui aimait se pelotonner à côté de moi que ce soit pour la nuit ou lorsque je me mettais sur le canapé.

    Ça faisait deux semaines qu’on lui avait enlevé son plâtre et il gambadait dans l’appartement à sa guise. Le seul endroit où il n’allait jamais c’était ce petit bout de balcon où je l’avais trouvé. J’étais heureuse qu’il soit là. Chaque soir il m’attendait dans l’entrée, il était la première chose que je voyais en entrant du travail et quand nos regards se croisaient je me disais que c’était agréable d’avoir de la compagnie. Il venait sur le bureau lorsque j’étais à mon ordi pour préparer mes photos, il me regardait assis sur mes dossiers et lorsqu’il trouvait que ça faisait vraiment trop longtemps que je bossais il faisait tomber stylos, gomme ou autre objet de sa patte. Je culpabilisais de le laisser seul la journée alors l’appartement débordais de jouets et accessoires pour chat. Lorsque je regardais tout ce bric à brac je me disais que j’étais devenue complètement gaga de ce bout de poil ou bien que je devenais une vieille fille qui dans une vingtaine d’années serait entourée d’une bonne dizaine de chats. Pitoyable !

    Angel était en train de s’étirer et puis se mit à miauler en se dirigeant vers la chambre. Je souriais en songeant que je vivais en fonction de mon nouveau compagnon. Il fallait que je me reprenne en main, que je sorte, que je rencontre du monde. Mais quelqu’un occupait mon esprit, je devais le revoir. Il fallait que je le retrouve, j’avais besoin de lui, je ne sais pas pourquoi mais il me manquait. J’avais un vide dans mon cœur, un trou béant qui n’attendait qu’à être rempli. J’avais besoin d’amour, de son amour.

    Il fallait que je le retrouve. Demain je retournerais à la quincaillerie, c’est le seul moyen pour moi de le retrouver.

    J’étais devant la boutique et j’hésitais à entrer. Qu’est-ce que je pourrais raconter ? C’était plus fort que moi je suis entrée dans le magasin, la clochette tintait lorsque je refermais la porte et le vieil homme est venue me rejoindre au comptoir.

    -          - Bonjour Mademoiselle. Qu’est-ce que je peux pour vous aujourd’hui ?

    -          - Et bien vous vous souvenez l’autre jour je vous ai parlé de Simon et j’aurai besoin qu’il me fabrique et qu’il me pose des étagères. Auriez-vous une adresse, un numéro de téléphone ?

    -          - Je ne sais pas si je dois vous la donner. D’habitude je prends les numéros de téléphone d’éventuels clients et je lui donne lorsqu’il vient prendre de la marchandise.

    -          - S’il vous plait !

    J’essayais de lui faire le plus beau et le plus enjôleur de mes sourires et de le supplier du regard. Il ne mit pas beaucoup de temps à flancher et mis sur un bout de papier l’adresse tant désirée.

    Mon cœur battait et je serrais dans ma main l’adresse de Simon.

    Il était 14 heures et j’étais bien décidée à me rendre à l’adresse aujourd’hui même.

    J’avais mis par écrit tous les détails qui me permettraient de trouver où il habitait. En fin de compte, ça n’avait pas l’air compliqué à trouver mais j’en aurais sans doute pour une demi-heure à pied. Mais peu importe je voulais le revoir.

    J’étais maintenant dans une ruelle à quelques pas de chez lui. Au bout de dix mètres je me trouvais dans une cour très agréable et très lumineuse. Il y avait des fleurs et une petite table ronde en fer rouge avec quatre chaises de même couleur. J’avançais ne sachant où aller. J’étais à la bonne adresse mais je ne savais pas où se trouvait son logement exactement.

    -          - Vous cherchez quelque chose ?

    Je me retournais sur une femme qui entrait avec son bébé dans les bras.

    -          - Oui. On m’a donné l’adresse d’un menuisier mais je crois qu’on a oublié de me donner le numéro de son logement.

    -          - Ah ! Vous cherchez Simon. C’est bizarre d’habitude aucun de ses clients ne viennent jusqu’ici.

    Je me mis à rougir devant cette jeune femme qui m’avait percé si facilement à jour.

    -          - Oh ! J’ai besoin de ses services et j’ai soudoyé le quincaillier pour avoir cette adresse.

    -          - Je vois ! De toute façon ce n’est pas mon problème. Simon est assez grand pour se défendre tout seul. Vous voyez la verrière au fond de la cour ? Son loft s’y trouve. Bonne chance mademoiselle.

    -          - Merci !

    C’est le cœur battant que je me suis dirigée vers la porte en verre. J’hésitais à frapper. Quelle serait sa réaction !

    J’aurais pu y songer avant mais l’envie de le revoir avait été plus fort.

    Je frappais espérant qu’il était chez lui.

     

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    .....ooOoo.....

     

    POV de SIMON

     

    J’avais tenu un mois sans retourner dans la rue où habitait Katleen. Mais à quel prix ? Je n’avais plus envie de rien. Je ne sortais que pour faire quelques courses mais je me dirigeais toujours à l’opposé de son quartier. Pourtant je n’ai pas été très honnête j’y suis retourné deux ou trois fois mais à chaque fois au milieu de la nuit car je ne voulais pas qu’elle me remarque.

    Je désirais, à chaque fois, aller la retrouver, sonner à sa porte, la prendre dans mes bras et l’embrasser tendrement. Pourquoi je n’y avais pas droit ? Je me l’interdisais pour la protéger. Peu m’importait ce qui pouvait m’arriver mais pas pour elle. Et puis qu’elle serait sa réaction si elle savait pour moi ? Elle s’enfuirait sûrement me prenant pour un fou ne croyant pas à mon histoire.

    Je regardais mon bloc à dessin. En ce moment la plupart des pages étaient recouvertes du visage de Katleen. Ça me permettait de ne pas l’oublier, de la sentir près de moi.

    Je fus surpris d’entendre frapper à ma porte. A part le propriétaire jamais personne ne venait chez moi. Je fermais mon bloc et me dirigeait vers l’entrée de mon loft.

    Et là devant moi se trouvait la jeune femme de mes rêves. Elle me regardait, moi aussi. Toutes les barrières que j’avais mis entre nous sont tombées d’un seul coup et je me suis avancée, j’ai mis ma main sous ses cheveux derrière sa nuque et j’ai enfin goûté à ses lèvres.

    Ses mains se sont dirigées vers mon cou afin de me faire comprendre qu’elle avait autant désiré ce baiser que moi.

    Je pris sa main et la fit entrer chez moi sans un mot prenant soin de refermer la porte derrière nous.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 7

     

    Toutes mes craintes avaient disparues. Il m’avait embrassé avec une telle tendresse mais en même temps comme s’il en avait besoin.

    Il m’avait fait entrer chez lui. Je regardais tout d’abord nos mains qui se joignaient à la perfection mais aussi ce qui m’entourait.

    Le loft était magnifique. Un mélange de moderne et d’atelier d’artistes. Mais les couleurs aussi se mélangeait car on pouvait retrouver un endroit calme et pure d’un côté et de l’autre des couleurs vives et chaudes qui nous emmenaient en voyage.

    L’appartement était grand et lumineux. Il y avait même une mezzanine avec un escalier et une rambarde en fer. Ça pouvait faire penser à un style industriel chic Newyorkais.

    Nous nous sommes installés sur son canapé de cuir noir. Il continuait à me regarder.

    -          - Comment m’as-tu trouvé ?

    -          - Le vieil homme de la quincaillerie.

    -          - On ne peut plus faire confiance à qui que ce soit.

    -          - Je …. Je peux partir si tu veux.

    -          - Non ! Reste !

    -          - Il fallait que je te retrouve.

    -          - Je t’avais pourtant dit qu’on ne devait plus se revoir, que c’était mieux pour toi.

    -          - Tu ne m’as pas demandé mon avis. Et si ce qui serait mieux pour moi c’était justement toi ?

    -          - Il y a des choses que tu ne sais pas sur moi.

    -          - Je ne demande qu’à te connaitre.

    -          - Pourquoi tu me fais ça ? ça a été si dur de ne plus te revoir.

    -          - Pour moi aussi ça a été très dur.

    Cette fois-ci c’est moi qui ait pris les initiatives. Je me suis approchée et je l’ai embrassé sur les lèvres. Il s’est légèrement reculé mais j’ai continué à m’approcher. Je déposais des baisers sur ses lèvres. J’avais envie de plus. Mes mains désiraient toucher sa peau et s’engouffraient sous son tee-shirt. Il se plaquait le dos au canapé me laissant seulement caresser son torse.

    Puis fougueusement il me porta, monta les escaliers et me déposa sur le lit blanc.

    Une fois allongés, nos caresses reprenaient de plus belle, lui cherchait désespérément à retirer mon chemisier. Il était maintenant ouvert montrant mon soutien gorge en dentelle grenat qui retenait mes seins qui ne demandaient qu’à être caressés.

    Nos lèvres se cherchèrent jusqu’au moment où j’ai senti qu’il ouvrait la bouche afin de partir à la recherche de ma langue. Elle était chaude et adroite.

    Mon corps s’enflammait et appelait le sien avec beaucoup d’envie. Petit à petit nos vêtements se retrouvaient éparpillés sur le sol de la chambre. Petit à petit nous découvrions nos corps, nos désirs.

    Tout était si intense et si doux à la fois. Je n’en pouvais plus, je désirais tellement être à lui toute entière.

    Mes mains devenaient plus pressantes, les siennes étaient expertes. Et puis nous n’avons plus fait qu’un et ça a été l’apocalypse, un volcan en éruption, d’une intensité incroyable. Il était enfin en moi et le trou béant de mon cœur se refermait devant un tel délice de bonheur.

    J’ai dû m’endormir alors que nous étions depuis un moment déjà dans les bras l’un de l’autre. Je sentais ses caresses délicates sur mon corps. Je bougeais légèrement mais il se plaqua dans mon dos passant son bras autour de ma taille et posant sa main sur mon ventre. Il sentait mes cheveux et m’embrassait dans le cou. Des frissons parcouraient ma colonne vertébrale, je frémissais de bonheur.

    Il faisait nuit lorsque nous avons repris nos esprits et la réalité du moment.

    -          - Il faut que je rentre, j’ai des photos pour un article à rendre tôt demain matin, lui dis-je doucement.

    -          - Et si tu restais avec moi cette nuit ?

    -          - Non Simon je ne peux pas. Repasser à mon appartement me prendrais du temps et puis pour être honnête je ne sais pas si j’arriverais à te quitter si je reste plus longtemps ici. Est-ce que je peux prendre une douche ?

    -          - Oui. Bien sûr c’est la porte là devant toi. Tu veux que je viennes avec toi ? me dit-il d’un air malicieux.

    -          - Une autre fois car pour l’instant il faut que je reprenne mes esprits.

    Il se mit sur le dos les mains derrière sa tête et me regardait partir vers la salle de bains.

    L’eau chaude coulait sur mon corps. Je repensais à ce qui venait de se passer, j’étais heureuse, comblée.

    Lorsque je suis sortie prête à partir j’ai vu que Simon n’était plus dans la chambre. Je suis descendue, il m’attendait.

    -          - Si tu crois que je vais te laisser rentrer seule alors qu’il fait nuit tu te mets le doigt dans l’œil.

    -          - Mais…

    -          - Il n’y a pas de mais. Viens, je te raccompagne. Et puis tu sais très bien que j’aime me ballader au milieu de la nuit.

    C’est vrai que depuis mon agression j’avais peur de me retrouver seule dans les rues le soir. Mais en parler aurait été avouer mes faiblesses. Et ça je ne le voulais pas. D’ailleurs c’est pour ça que j’avais pris la décision de me trouver une voiture.

    Nous marchions main dans la main. Il était 23 heures et nous croisions encore quelques voitures, quelques passants. La plupart avec leur chien, ça devait être l’heure de leur dernière promenade de la journée. Je me suis souvenue qu’il y avait un parc non loin de là.

    Je ne voulais pas quitter Simon mais il fallait que je soit raisonnable. J’avais froid et il me prit par la taille afin que je puisse me blottir contre lui.

    J’avais l’impression que le trajet avait passé trop vite lorsque l’on s’est arrêté devant la porte de mon batiment.

    Cette fois-ci mes deux bras enlaçaient sa taille et je me collais contre lui afin de prendre encore et encore le souvenir de son odeur.

    -          - Simon.

    -          - Oui

    -          - Est-ce que tu veux me revoir ?

    -          - Oui. Je ne peux plus faire autrement maintenant. Je t’ai tellement attendu, tellement désiré.

    -          - Pourquoi tu me fuyais alors ?

    -          - Je te promets que je t’expliquerais mais pas ce soir c’est une trop longue histoire.

    -          - Je peux te voir demain ?

    -          - Hummmm….. chez moi ou chez toi ? me dit-il en m’embrassant.

    -          - Chez moi et tu viens manger.

    -          - Fais quelque chose de léger car je ne sais pas si je vais rester longtemps à table, je ne pourrais pas résister longtemps à ce magnifique corps.

    Heureusement qu’il faisait nuit car mes joues rougissaient à ces mots. Je n’ai pas osé lui dire que pour moi aussi ce sera dur d’attendre demain soir de ne faire qu’un avec lui. Que je rêvais déjà de nos corps qui se mélangeaient à la perfection. Je me suis juste contentée de lui donner un baiser passionné avant de le quitter.

    Une fois dans mon appartement je suis allée à ma fenêtre pour voir s’il était encore là. Il regardait vers mon appartement, il avait attendu jusqu’à ce que je sois en sécurité. Il me fit un signe de la main, moi aussi, avant de reprendre le chemin que nous venions de parcourir.

    J’ai fixé l’horizon même après qu’il ait disparu dans la nuit, jusqu’à ce qu’un miaulement ne me ramène à la réalité.

    -          - Angel ! Pardonne-moi, je t’ai oublié. Tu dois avoir faim.

    J’étais de retour à mon bureau et je vérifiais une dernière fois mon travail. Comme tout était ok j’ai mis mes photos sur ma clef usb et je l’ai mis tout de suite dans mon sac avant d’aller me coucher et me retrouver seule dans mon lit.

     

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 8

     

    Ma nuit avait été agité et le réveil assez pénible. J’étais à mon deuxième café et j’avais encore à m’habiller.

    Lorsque je suis arrivée au journal Judith a froncé les sourcils, elle avait remarqué ma tête et se demandais très certainement ce qui m’était arrivée.

    Heureusement pour moi elle devra attendre ce midi pour me questionner. J’avais une réunion avec le boss et j’en avais pour la matinée.

    Nous nous sommes retrouvées dans le hall du journal avec Judith car nous allions tous les midis déjeuner dans un petit café au coin de la rue. C’était un endroit qui grouillait de monde mais cependant nous avions quand même l’impression d’être au calme et tranquille grâce à des box qui encadraient chaque table.

    J’étais à peine installée que déjà Judith me questionnait.

    -          - Dis-moi qui tu ne t’es pas encore fait agressée ?

    -          - Non. J’ai juste mal dormi.

    -          - Encore ton Simon qui te tracasse ? Tu devrais l’oublier, il a dû quitter la ville voilà tout.

    -          - Non. Il n’a pas quitté la ville. J’ai réussi à avoir son adresse.

    -          - La vache ! Raconte ! Tu vas y aller ?

    -          - Euh ! Pour tout te dire j’y suis allée hier après-midi.

    -          - De plus en plus intéressant. Alors ?

    -          - Alors ? Et bien c’était à la fois magique et intense.

    -          - Et ?

    -          - Et on se revoit ce soir.

    -          - Tu es heureuse ?

    -          - Oui. Tellement que ça me fait peur.

    -          - Profites du moment présent et ne songe pas à demain. Tu verras bien ce que ça donnera.

    -          - Tu as raison. Mais Simon a l’air différent. Il y a quelque chose chez lui qui m’inquiète. Je le sens sincère mais je le sens sur ses gardes. Il me cache quelque chose.

    -          - Est-ce que tu penses être en danger avec lui ?

    -          - Non. J’ai plutôt l’impression d’être en sécurité. Qu’avec lui rien ne peut m’arriver. Mais il a peur pour moi et je ne sais pas pourquoi.

    -          - Si tu veux que ça marche, ma grande, il va falloir te montrer patiente et savoir ce qu’il te cache. Questionne-le.

    -          - Je ne sais pas. J’ai peur qu’il me quitte, qu’il s’éloigne de moi si j’insistais pour qu’il me dise ce qui ne va pas.

    Je retournais dans mes pensées et gardais le silence. Judith n’a plus rien dit me laissant s’en doute réfléchir à notre conversation.

    La journée fut longue, il était 17 heures lorsque je me retrouvais avachis sur mon canapé avec Angel planté sur mes genoux me montrant combien il était heureux de mon retour.

    Avant tout chose il me fallait une douche car avec les transports en commun j’avais l’impression de sentir la sueur et l’odeur de la cigarette.

    Je ne voulais pas faire un repas trop élaboré et trop chargé. Je regardais dans le frigo et choisis de faire une petite salade composé. Il me restait aussi du rosbeef froid, et pour le dessert et bien une salade de fruits bien fraiche nappée de ma sauce à la framboise.

    J’avais l’habitude de cuisiner et en un rien de temps tout était prêt. Je n’avais pas de salle à manger, l’appartement était petit et j’avais privilégié un salon et un bureau. Nous mangerons dans la cuisine car je ne trouvais pas pratique de faire un dîner en amoureux côte à côte sur le canapé. Je préférais être en face de lui, je voulais que l’on puisse se regarder, se parler.

    Il était 19 heures lorsque l’on frappa à ma porte. Mon cœur battait et j’avais l’impression de voler jusqu’à lui.

    Il était toujours aussi beau et je ne me lassais pas de le regarder.

    -          - Tu comptes me laisser sur le palier ? me dit-il en riant.

    -          - Oh pardon ! Excuse-moi mais je suis tellement heureuse que tu sois là. Tu m’as manqué.

    Il me prit mon visage entre ses mains et m’embrassa.

    -          - Toi aussi tu m’as manqué.

    J’allais fermer la porte derrière lui lorsqu’il me demanda d’attendre. Il me tendit un magnifique bouquet de fleurs et une boite de chocolat.

    Il avait également un objet en bois qu’il posa à l’entrée.

    -          - Merci, elles sont magnifiques. Le chocolat, hummm… comment te dire …. J’adore ! Et je peux savoir ce que c’est que ce truc, lui demandais-je en montrant l’objet dans l’entrée.

    -          - Un cadeau pour Angel. C’est un peu comme un arbre à chat mais une version plus personnelle que ce que l’on trouve dans les magasins.

    -          - Tu n’avais pas à faire ça tu sais.

    -          - Il fallait bien que j’occupe les heures qui me séparaient de toi et puis comme il partage ta vie il fallait que je m’en fasse un ami, dit-il d’un air amusé.

    -          - Et bien nous verrons s’il apprécie ton cadeau.

    -          - Mais je sais déjà qu’il l’appréciera.

    Je me demandais le sens de sa dernière phrase en mettant mon bouquet dans le seul et unique vase que j’avais et déposa le tout sur ma table de salon.

    Le repas fut exceptionnel. Nos regards intenses. J’avais raison un dîner en amoureux ne pouvait se faire que face à face. Nous avons parlé de tout et de rien. Nos doigts s’entrecroisaient souvent sur la table et il embrassait ma main de temps en temps me regardant avec ses yeux d’un bleu intense qui me faisait littéralement fondre sur ma chaise.

    Nous avons fait la vaisselle malgré le fait que j’avais insisté pour qu’il aille se détendre sur le canapé en m’attendant. Cette proximité était insoutenable, nos doigts qui s’effleuraient, nos corps qui se frôlaient, mes sens étaient en éveil mais pas autant que les siens.

    -          - Tu as fini ? me souffla-t-il à l’oreille.

    -          - Oui.

    -          - Alors nous pouvons passer aux choses sérieuses.

    Il m’embrassait dans le cou soulevant délicatement mes cheveux. Il se tenait dans mon dos ses mains caressaient maintenant mon ventre en remontant tout doucement vers mes seins qu’il titilla du bout de ses doigts.

    J’avais l’impression de fondre dans ses bras. Il me prit la main et m’entraina dans la chambre.

    -          - Désolé Angel, ce soir c’est moi qui prend soin de ta maitresse, dit-il en fermant la porte.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE 9

     

    Me réveiller auprès de Simon au petit matin était le comble du bonheur. Je me suis levée pour prendre ma douche. Je le laissais dormir encore un peu.

    J’étais décidée à faire un copieux petit déjeuner et je voulais que tout soit prêt à son réveil.

    La porte entrouverte de ma chambre m’a permis à mon retour de le regarder. Ses cheveux brillaient et les draps ne recouvraient plus tellement son corps. Je regardais la courbe de ses muscles, de ses épaules, de son … dos.

    Mon dieu mais que lui était-il arrivé ? Je m’approchais et remarquais deux cicatrices. Elles étaient de forme bizarre. Je me suis assise sur le lit et j’ai voulu passer mes doigts dessus. A ce moment là Simon se retourna, il était réveillé et me fixait.

    Il avait l’air sur la défensive alors que j’étais gênée et ne savait comment lui poser la question.

    -          - C’est quoi les cicatrices que tu as dans le dos ? lui demandais-je doucement et aussi tendrement que je le pouvais.

    -          - Rien. J’ai eu un accident, me dit-il brusquement.

    -          - Non Simon tu me mens. Depuis le début je sens que tu me caches quelque chose. On t’a fait ça et tu as peur que l’on s’en prenne à moi. Je dois comprendre.

    -          - Je ne peux rien te dire. S’ils savaient que je t’ai tout raconté il va y avoir des représailles et je ne le veux pas. Et puis j’ai peur que tu t’éloignes de moi si tu savais la vérité.

    -          - Je crois que je suis plus impliquée que tu ne le penses.

    -          - Comment ça ?

    -          - Et bien si tu es surveillé ils savent forcément pour nous deux. Et puis peu importe ce que tu peux me dire, j’ai besoin de toi et je ne compte pas m’éloigner. Je sais que tu es quelqu’un de bien.

    -          - C’est trop dur. Je ne veux pas qu’ils te fassent du mal.

    -          - Si on doit me faire du mal tu ne crois pas que je dois savoir qui ils sont. Ça me permettrait d’être sur mes gardes et puis je sais que tant que tu es prêt de moi il ne m’arrivera rien.

    Simon était désespéré. Il était assis sur le bord du lit et se tenait la tête. Je lui caressais les cheveux pour lui faire comprendre que nous étions deux maintenant.

    Il me prit dans ses bras comme un besoin vital.

    Nous sommes restés comme ça un moment puis il a soufflé et s’est écarté.

    -          - Je savais que ça allait arriver un jour, que tu devais savoir pour moi. Mais les conséquences peuvent être terribles et ils feront tout pour nous séparer. Tu es ma faiblesse.

    -          - Dis-moi ce que tu es. Tu m’as promis de me raconter, de me dire pourquoi tu me fuyais.

    -          - Ce que j’étais serait plus juste. Katleen j’étais un ange, plus précisément un ange gardien.

    -          - Qu…. Quoi ?

    Je n’arrivais pas à y croire. Comment était-ce possible ?

    Je me suis levée et je me suis positionné de façon à regarder son dos. Ma main tremblait mais je tenais à toucher ses cicatrices. Mes doigts frôlaient sa peau, il frémissait. C’était tellement bizarre je voyais les marques mais sa peau était aussi lisse qu’une peau de bébé. De mon doigt je suivais les marques, Simon gémissait de plaisir, sa tête se penchait vers l’arrière, ses yeux étaient fermés et sa bouche entrouverte. Il était d’une telle beauté que s’en était troublant.

    Une part de moi se disait que ce n’était pas possible alors que l’autre pensait qu’elle l’avait toujours su.

    -          - Tu me dis la vérité n’est-ce pas ? lui demandais-je.

    -          - Oui. Je te le jure.

    -          - Explique-moi.

    -          - Que veux-tu savoir ?

    -          - Tout. Mais commence par le début. Comment es-tu devenu un ange ?

    -          - Et bien j’ai dû être un jour un simple humain et je suis mort. Mais lorsque l’on devient un ange on n’a aucun souvenir de sa vie d’avant.

    -          - Aucun souvenir ?

    -          - Aucun.

    -          - C’est toi qui a demandé à être un ange gardien ?

    -          - Non. C’est l’archange Gabriel qui prend cette décision par ce que nous étions dans notre vie antérieure ou ce que nous avions fait dans cette vie.

    -          - Tu devrais être quelqu’un de bien.

    -          - Oui je le crois.

    -          - Alors pourquoi tu dis que tu étais un ange ? Tu ne l’es plus ?

    -          - Si en quelque sorte. Mais je n’ai plus le droit d’exercer on m’a coupé les ailes. Je suis en pénitence.

    -          - Mais pourquoi ?

    -          - J’ai enfreins les ordres, les règles.

    -          - Comment ça ?

    -          - J’ai sauvé une personne à la place de celle que je devais sauver.

    -          - Je ne comprends pas.

    -          - Viens ! Je vais essayer de t’expliquer.

    Je retournais m’assoir et me suis blottie dans ses bras.

     

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    ciel

     

    CHAPITRE  10

     

    Je savais qu’il cherchait ses mots afin de m’expliquer son histoire. Je n’ouvrais pas la bouche et me montrais patiente.

    Enfin il commença. Les années passaient très vite pour les anges, ils n’avaient plus la notion du temps. Etre un ange gardien n’était pas si mal. Généralement il devait s’occuper d’une seule personne à la fois.

    On leur donnait la charge d’un humain de sa naissance jusqu’à la date prévue de sa mort telle qu’elle soit. Jamais il n’avait désobéis aux règles. Ses ordres il les recevait un peu comme des transmissions de pensées, c’était comme ça, il ne se l’expliquait pas, chaque fois il savait ce qu’il devait faire et qui il devait avoir la charge. Tout se passait bien, il pensait être un ange heureux, il ne se posait jamais de questions. Jusqu’au jour où son chemin a croisé celui d’une enfant. Il devait protéger un homme, il le suivait déjà depuis une trentaine d’années, mais il avait fait de mauvaises rencontres et il basculait de plus en plus du côté du mal. Un démon était sur ses traces et essayait de l’enrôler dans je ne sais quelle mauvaise affaire.

    -          - Un démon ? Ils existent aussi ?

    -          - Et bien si il y a des anges il y a aussi l’équivalent pour l’autre côté.

    -          - Ce sont eux qui te veulent du mal ?

    -          - Oui et non. Mais laisse-moi reprendre l’histoire de ma vie.

    Donc cet homme avait accompli une fois de plus une mauvaise action. Simon devait le persuader de se rendre, c’était la seule solution pour qu’on lui pardonne ses actes. Il avait presque réussi mais le démon rôdait lui aussi et il provoqua cet accident.

    Une voiture arrivait à toute allure et cet enfant marchait tranquillement sur le trottoir. Il a vu le regard du démon et son sourire sur les lèvres. Il a tout de suite su ce qu’il voulait provoquer. Les pneus de la voiture crissaient sur la route, le conducteur était en train de perdre le contrôle de son véhicule qui se dirigeait tout droit vers cette petite fille d’une douzaine d’années à peu près. Elle ne se doutait de rien et marchait tranquillement sans remarquer la scène qui se déroulait à cet instant. Il tentait de faire entrer dans l’esprit de son protégé qu’il fallait qu’il se rende, que tout irait bien pour lui s’il se faisait soigner, qu’il fallait qu’il prenne conscience qu’il avait des problèmes mais qu’au fond de lui il était quelqu’un de bien. Mais il entendait la voiture, il voyait l’enfant. Elle était déjà très belle pour son âge et ne méritait pas que sa vie s’achève si vite.

    Simon avait regardé autour d’elle si il voyait l’aura de son ange mais rien. Ça arrivait que leur protégé soit sans protection lorsqu’ils étaient appelés pour aider un autre ange. C’était rare mais ça arrivait. Et là rien autour de l’enfant.

    Dans la réalité tout se passait très vite mais pour eux c’était comme si tout se jouait au ralenti.

    -          - Alors que s’est-il passé ? demandais-je fébrilement.

    -          - Je me suis retrouvée sur le trottoir d’en face, la petite fille inconsciente dans mes bras enveloppée de mes ailes protectrices.

    Je ne sais pas pourquoi mais ce fut tout d’un coup le trou noir. Quelque chose en moi s’était réveillée mais je n’avais pas eu le temps de comprendre de quoi il s’agissait.

    Je n’entendais que cette voix.

    -          - Katleen réveille-toi ! Je t’en supplie réveille-toi !

    J’ai ouvert les yeux tout doucement et j’ai vu ces yeux. Ces yeux que je prenais le temps de regarder, ces yeux qui au plus profond de moi je connaissais.

    Le sentiment que j’avais eu me revenait comme si on enlevait enfin le voile qui obscurcissait mes souvenirs.

    C’était moi, la petite fille de l’accident. Mais pourquoi je n’en avais eu aucun souvenir ?

    -          - Tu m’as sauvé, réussis-je à lui dire.

    -          - Qu…. Quoi ?

    -          - Je me souviens maintenant, c’est moi la petite fille de l’accident. Mais pourquoi je n’en ai aucun souvenir ?

    -          - Parce que mes supérieurs ont effacé ta mémoire car je n’avais pas pris de précaution et tu m’as vu. C’était une grave erreur de ma part.

    -          - De…. De m’avoir sauvé ?

    -          - Non. Non je t’assure si c’était à refaire je n’aurais rien changé. Mais vous ne devez pas nous voir en aucun cas.

    -          - C’est à cause de moi que l’on a coupé tes ailes ?

    -          - En partie oui.

    -          - Tu as toujours su qui j’étais ?

    -          - Je l’ai su lorsque tu t’es retournée brusquement à la quincaillerie. J’aurais reconnu ces yeux parmi des millions.

    Les larmes coulaient le long de mes joues maintenant.

    Je ne savais pas comment lui dire que j’étais désolée. J’étais la raison pour laquelle il était dans cette situation. Comment pourrais-je le regarder maintenant ?

    Je me levais et me dirigeais vers la fenêtre. Je regardais au loin mais rien que ce maudit brouillard.

    Simon s’avançait vers moi, j’entendais ses pas. Il m’a pris la main mais je l’ai retiré rapidement.

    -          - Ne t’éloigne pas de moi. Je t’en prie.

    -          - Comment puis-je te regarder avec ce que je t’ai fait.

    -          - Mais tu n’y es pour rien. Ce n’est pas ta faute. Et tu n’as pas entendu toute l’histoire. C’est moi seul qui ai pris certaines décisions. Je ne pourrais pas supporter que tu me rejètes, ce serait pire que d’avoir perdu mes ailes.

    -          - Pourquoi ce serait pire ?

    -          - Parce que je t’aime Katleen.

    Je me retournais à ces mots qui sonnaient si bien à mon oreille. Mes yeux étaient encore humides, mon cœur me priait de me jeter dans ses bras et c’est ce que je fis attendant qu’il me protège de ses bras comme il l’avait fait de ses ailes.

     

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    .....ooOoo.....

     

    POV de SIMON

     

    Le moment de tout lui expliquer était arrivé. Je ne savais pas si j’avais pris la bonne décision.

    Que va-t-il nous arriver maintenant ? Combien de temps nous reste-t-il avant qu’ils ne se manifestent ?

    Lorsqu’elle a retiré sa main j’ai cru que mon cœur allait se briser comme du cristal. Je devais continuer à lui raconter mon histoire. Comment lui faire comprendre que je savais  lorsque je l’ai vu sur ce trottoir qu’un jour elle ne ferait qu’un avec moi.

    J’ai tout de suite su qu’elle serait mon âme sœur. J’avais eu la conviction que je devais la sauver ce jour-là. Mais j’aurais dû effacer sa mémoire avant son réveil. Je crois que je voulais qu’elle me voit, qu’elle sache que j’existais afin de me reconnaître un jour.

    Il existe des légendes qui expliquent que des anges ont procréé avec des humaines et de cette union seraient nés des êtres mi-anges mi-humains exclus du monde. Ils vivent en secret et seuls les archanges et le grand patron savent où ils se trouvent sur terre. Souvent ces êtres ne savent pas qui ils sont. Les démons les convoitent mais pour des raisons que je ne connais pas ils n’arrivent pas à les détecter.

    Il y a une chose que je ne comprenais pas, pourquoi Katleen s’est-elle rappelée l’accident ?

    J’avais réussi à la ramener sur le canapé afin qu’elle écoute toute l’histoire. Je cherchais mes mots, et plongeait dans mes souvenirs.

     

     

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